Marc-Antoine Mathieu aime innover. Après des albums de BD où il jouait avec les formes, le papier, les surimpressions voire la 3D, il revient au récit plus classique. Format à l’italienne, un seul personnage, pas de dialogues mais un texte narratif sous chaque case. C’est un peu austère au premier abord, mais rapidement on plonge dans cette histoire de recherche d’identité. Un artiste contemporain, après une nouvelle performance dans un musée, se retrouve sans inspiration. Il découvre dans la maison de ses parents récemment décédés une malle contenant du matériel informatique. Ce sont toutes les minutes de ses sept premières années. Il se retire dans un lieu isolé et se plonge dans ce passé dont il ne se souvient pas. Une naissance à rebours qui lui permet (au lecteur également) de se demander « pourquoi sommes-nous celui que nous sommes ? » Un peu prise de tête parfois, mais édifiant quant à la démarche artistique de l’auteur et, en creux, de tout artiste voulant laisser une trace. ➤ « Otto, l’homme réécrit », Delcourt, 19,50 €
Un homme en pardessus, avec un chapeau, suit imperturbablement ces multitudes flèches dans des décors grandioses ou minuscules, où les lignes droites se croisent, les courbes ondulent et l'obscurité et la lumière se complètent sans jamais se mélanger.
250 pages rectangulaires, en noir et blanc, se succédant comme autant d'étapes dans ce chemin de croix hanté par la perspective et les faux-semblants. On pourrait se perdre en chemin, mais l'auteur a pensé aux errements du lecteur et a inséré en cours de récit une immense carte se dépliant pour savoir où il est exactement. Cette recherche expérimentale se double d'une exposition présentée en décembre et janvier à Bruxelles puis de mai à octobre à Saint-Nazaire.