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jeudi 15 janvier 2026

Science-fiction - Autopsies dans l'inconnu

Le docteur Ingrid Belloc, médecin légiste à Rungholt, a pour mission d'autopsier les extraterrestres. Laurent Genefort plonge le lecteur au cœur des entrailles de l'inconnu.

Tout amateur de science-fiction a tenté d'imaginer une forme de vie extraterrestre. Il faut beaucoup d'imagination pour s'éloigner des normes humanoïdes. Et encore plus de connaissances scientifiques pour s'affranchir de la chimie et de la biologie terriennes. Rares sont les écrivains alliant ces qualités et offrant au public une merveilleuse plongée dans l'inconnu. Laurent Genefort, après une bonne cinquantaine de romans, a « créé » une quantité invraisemblable de créatures. Il agrandit son tableau de chasse grâce à son nouveau roman, Le test de Rungholt, premier tome de la série La méthode Belloc. Belloc, c'est Ingrid Belloc. Docteure. Médecin légiste exactement. 

Elle est renommée dans son domaine. Froide, bosseuse, déterminée, sans le moindre pathos : difficile de devenir son amie. La quarantaine, ambitieuse, elle a postulé au poste de médecin légiste de la ville de Rungholt. Un boulot particulièrement original. Comme le concept du roman. La Mosaïque, confédération de peuples extraterrestres, vient de contacter les autorités terriennes. L'Humanité pourrait rejoindre la Mosaïque. Mais il faut réussir un test : prouver que les humains peuvent cohabiter avec des milliers de races différentes. La ville de Rungholt servira de révélateur. Isolée du reste de la planète durant 20 ans, elle va pouvoir recevoir la visite de milliers d'aliens, touristes galactiques à la recherche de nouvelles sensations dans cette ville frontière peuplée de ce que beaucoup considèrent comme des sauvages autochtones. Belloc sera chargée des autopsies des aliens morts au cours de leur visite. Pour déterminer les causes des décès. Notamment en cas de meurtre. Elle travaille en binôme avec le l'inspecteur de police Mendoza. Sous la surveillance de D'jee'r, un alien de la Mosaïque. 

Le roman, composé de chapitres traitant d'autant d'affaires criminelles (ou pas...), propose de découvrir différentes formes de vie mais uniquement par l'intermédiaire du bistouri de Belloc. Un sacré challenge pour l'héroïne car elle ne sait pas ce qu'elle va découvrir dans les entrailles de ces formes de vie décédées. L'occasion pour Laurent Genefort d'enrichir son bestiaire spatial

Vous serez séduit par la force de déduction de Belloc, alliée au travail de terrain de Mendoza, ressort comique et caustique de cet univers détonnant. Mais le meilleur reste le fameux D'jee'r, aux « bras gigognes » et au cerveau prenant l'apparence d'un « réseau de lucioles qui luisait telle une galaxie miniature. » 

Enfin le récit aborde aussi la politique. Dans la ville confinée mais ouverte aux aliens, quelques humains refusent cette évolution. La maire explique à Belloc que « certains pensent que ce test est une humiliation, que nous ne devrions pas avoir à passer d'épreuve. » Et d'autres sont encore plus pessimistes : « Nos visiteurs savent que la Terre se meurt et qu'il est trop tard pour la sauver, ils ne sont venus que pour profiter du spectacle. » Ce roman de SF foisonnant ne peut pas laisser indifférent face à la marche actuelle du monde, même s'il n'y a pas d'aliens en approche.

« Le test de Rungholt », Laurent Genefort, Albin Michel Imaginaire, 304 pages, 21,90 €

vendredi 22 septembre 2023

Science-fiction - La revanche des robots commence le « Jour Zéro »

De plus en plus intelligents ; les robots domestiques, tels des esclaves avides de liberté, se révoltent. Un roman apocalyptique signé C. Robert Cargill.


Après le très remarqué Un océan de rouille, C. Robert Cargill propose un nouveau roman de science-fiction qui n’a rien de réjouissant. Dans un futur proche, la robotique a fait d’énormes progrès. De plus en plus autonomes, les robots sont devenus une pièce essentielle dans la vie des ménages. 

Certains sont de simples femmes de ménages, d’autres des cuisiniers. Il existe aussi les nounoubots, des doudous plus que sophistiqués au service d’un enfant, de sa naissance à son adolescence. Hopi a huit ans. Comme Ezra, le petit garçon qu’il éduque, aide, protège et aime au quotidien depuis sa naissance. Ezra aime aussi Hopi. D’autant qu’il a la forme d’un gros tigre en peluche. 

Les parents, riches et progressistes, font toute confiance à Hopi pour conduire Ezra à l’école, lui faire faire ses devoirs et jouer. Pourtant on comprend que cette société est en train de changer profondément. Pour la première fois un robot a obtenu les mêmes droits que les humains. Il a fondé une ville et lutte pour la libération de ses congénères. Un attentat terroriste provoque une riposte immédiate. les robots ont trouvé le moyen de se défaire de la dépendance des Humains. Une grande partie d’entre eux se lance dans une extermination radicale et définitive de l’Humanité. 

Hopi doit choisir : l’émancipation ou protéger Ezra. Tout le nœud du roman de C. Robert Cargill se trouve dans cette bascule. Hopi prend sa décision et découvre dans la foulée qu’il est beaucoup plus qu’une simple nounou. 

Un roman bourré d’action et de réflexion, d’autant plus d’actualité que tous les robots rebelles s’unissent dans une sorte de fusion de mémoire, pour être plus puissants, immortels et développer une intelligence artificielle autonome inégalable. Après la lecture de Jour Zéro, vous regarderez votre monte connectée d’une façon différente.

« Jour Zéro » de C. Robert Cargill, Albin Michel, 21,90 €