Dans « Chiens », roman noir provincial, troisième et dernier tome du « Grand livre des animaux », Sébastien Gendron met les chiens à toutes les sauces. Daniel Pabst a la belle vie. Il vit toujours chez sa maman, très riche. A 40 ans, il n'a jamais travaillé et abuse d'une application permettant les rencontres sexuelles d'un soir. Sa mère, un peu vieux jeu, le fait surveiller par une agence de détective privé.
Déshérité, Pabst va devoir dormir dans sa voiture et trouver un job. Il postule alors dans l'agence de détectives qui a causé sa chute. L'imbroglio ne fait que commencer. Entre le patron autoritaire, la secrétaire, gironde mais trop intelligente, le factotum magouilleur et les politiques corrompus, c'est une belle meute d'assoiffés de fric qui se met à graviter autour de Daniel Pabst. Même s'il n'en a pas véritablement conscience au début du récit, plus obnubilé par ces chiens qui n'arrêtent pas de le dévisager. Un polar fantaisiste à savourer lentement, tel un chien rongeant patiemment son os.
« Chiens », Sébastien Gendron, Gallimard, 320 pages, 20 €

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