Affichage des articles dont le libellé est dead hunters. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est dead hunters. Afficher tous les articles

jeudi 1 janvier 2026

Polar - Bourbon Kid face à Hitler

Bourbon Kid, tueur sans vergogne et héros imaginé par un auteur "Anonyme", affronte Hitler en personne dans « Noir comme l’enfer », nouveau volet de ses tribulations.

Pourquoi être raisonnable et réaliste quand on peut faire voler en éclats toutes les conventions par sa seule imagination ? Ce concept a servi de base pour tous les romans noirs écrits par un auteur britannique qui conserve encore son anonymat. Dans ces romans d'action entre fantastique, érotisme et humour, toute une ribambelle de personnages se croisent, s'aiment, se massacrent et sauvent le monde quand ils ne tentent pas de le détruire. Tout a commencé dans Le livre sans nom et dans le sillage du Bourbon Kid. Un sacré gaillard, immortel, toujours armé, tuant ses prochains comme vous respirez : naturellement et sans réfléchir. Après quelques péripéties en solo, il rejoint une officine secrète, les Dead Hunters. C'est dans ce cadre qu'il se rend dans la petite ville de Desespoir au fin fond des USA. Un fou furieux a massacré deux flics. Son analyse ADN a matché avec des échantillons trouvés sur les haillons de plusieurs prostituées anglaises. Celles assassinées quelques décennies auparavant par… Jack l'éventreur.  

Il est souvent question de voyage dans le temps dans ce gros roman qui ne décevra pas les amateurs de série B. Car le romancier n'y va pas avec le dos de la cuillère. Pour l'outrance, Frédéric Dard aurait trouvé un sacré concurrent. Notamment dans les personnages secondaires. Tant amis du Kid que ennemis. 

Dans la première catégorie, Sanchez, barman très prétentieux, peureux et voleur, remporte la palme. Avec Jasmine, ancienne prostituée, belle à damner les morts, ayant tendance à se dévêtir à la première alerte. Il n'y a pas meilleure diversion pour frapper. 

Chez les méchants, c'est encore ce qui se fait de mieux. Après le Diable, c'est Hitler (merci au voyage dans le temps…) qui tente de se mettre en travers de la route du Bourbon Kid. Un dictateur ridiculisé avec brio. Et il retrouvera sa place en enfer où, selon les gardiens, ils n'y vont pas « de main morte avec lui. Il se fait gazer tous les matins au réveil puis sodomiser au déjeuner par une bande de démons. » La décence nous interdit de raconter ici ce qu'ils lui réservent au dîner. Mais il l'a mérité, « et deux fois le dimanche ». Rajoutez au menu un cyborg, des clones et des fous religieux et vous avez au final quelques heures de pure évasion, sans la moindre limite.     

« Noir comme l’enfer » par Anonyme, Sonatine, 464 pages, 23,90 €