mercredi 26 octobre 2016

Cinéma : La ronde qui ne compte pas pour des prunes

La bande dessinée jeunesse a longtemps eu un problème avec le sexe féminin. Il a fallu attendre longtemps pour que des héroïnes s’accaparent les premières pages des magazines. Les éditions Dupuis ont ouvert la voie avec la pulpeuse Natacha. Dans les années 90, une autre fille a percé dans le 9e art : Tamara. Elle aussi avait des formes généreuses comme l’hôtesse de l’air de Walthéry, mais l’adolescente imaginée par Zidrou et Darasse se désespère de ces courbes un peu trop marquées.

Tamara est grosse, sa quête de l’amour en devient plus compliquée. Sur grand écran, cette BD beaucoup moins superficielle qu’il n’y paraît, devient une comédie entre leçon de vie, romance à l’eau de rose et scènes de la vie scolaire en milieu hostile. Moins osé que la BD, le film d’Alexandre Castagnetti, fait une première infidélité au physique de Tamara. Héloïse Martin, l’interprète de la replète jeune femme est tout sauf grosse. Un petit peu enveloppée peut-être. A moins que cela ne soit les gros pulls qui faussent son apparence. Mais une fois cet aspect occulté, on se retrouve face à un divertissement très prenant. Le casting y fait beaucoup. Car à côté de la « star » Rayanne Bensetti, belle gueule découverte sur TF1 et parfait dans le rôle de Diego, l’amoureux de Tamara, on trouve de très bons comédiens, judicieusement utilisés pour des respirations très réussies dans l’intrigue.
La mère de Tamara, Sylvie Testud, est touchante dans sa recherche d’amour perpétuelle. Son petit ami, beaupère de Tamara et père de la petite Anaïs, Cyril Gueï évite la caricature. Nos deux préférées restent Blanche Gardin, irrésistible dans le rôle de la voisine alcoolique et surtout Jelilah, meilleure amie de Tamara, interprétée par Oulaya Amamra, jeune comédienne surdouée, à mille lieues de son rôle de dealeuse désespérée dans Divines. 
Redécouvrir la BD

Pour la sortie du film, les éditions Dupuis proposent un album hors série de la série de Zidrou et Darasse reprenant les histoires à l’origine du long-métrage. L’occasion de retrouver la Tamara originelle, beaucoup plus enveloppée qu’Héloïse Martin, mais tout aussi craquante.
➤ « Tamara, la revanche d’une ronde », Dupuis, 10,60 €

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