samedi 29 mai 2021

BD - Nautilus sauvé des eaux


Série grand spectacle pour Mathieu Mariole, scénariste aguerri et Guénaël Grabowski, jeune dessinateur. Ils ont décidé de raconter la vie du Capitaine Nemo 10 ans après la fin de 20 000 lieues sous les mers.

Et pour accompagner le vieux navigateur, Kim, héros imaginé par Kipling. Une forte ambition littéraire pour cet album qui fait pourtant la part belle à l’action. Kim, toujours aussi déchiré par ses origines (petit Irlandais élevé dans les rues de Bombay) est devenu espion pour la couronne anglaise. Pour tenter d’éviter une guerre, il doit faire évader Nemo d’une prison russe en pleine Sibérie.

60 pages de toute beauté, entre Inde et Russie, avec en point d’orgue la découverte du Nautilus, superbe navire qui sera au centre du tome 2 annoncé pour octobre de cette année.    

« Nautilus » (tome 1), Glénat, 14,95 € 

mercredi 26 mai 2021

De choses et d’autres - Train de nuit, vol de jour

Trop de communication tue la communication. Jean Castex, Premier ministre, en a fait les frais cette semaine. Si son café pris en terrasse avec le président Macron a été moyennement moqué sur les réseaux sociaux pour sa mise en scène, son voyage vers Nice en train de nuit a été la goutte qui a fait déborder le vase rempli de sarcasmes.

Sur le coup, son annonce du départ aux voyageurs a plus fait sourire que grogner. Normal, tout le monde a un jour rêvé de prendre le micro (dans un train ou un supermarché) pour faire une déclaration. Non, le souci est apparu vendredi matin quand des passionnés d’aviation ont révélé qu’un Falcon du gouvernement avait fait le voyage lui aussi vers Nice.

Car une fois arrivé, au petit matin, au bord de la Méditerranée, le Premier ministre n’en a pas profité pour prendre un week-end prolongé au soleil (lundi c’est férié). Il a en fait sauté dans le jet privé et a décollé immédiatement vers le nord.

Beaucoup plus vite qu’avec un train, il a rejoint Valence dans la Drome pour une visite au pas de course. Et en début d’après-midi retour sur le tarmac et cap vers la capitale qu’il a rejoint à 16 heures. Prendre un train de nuit c’est bien, mais revenir en jet privé, c’est très moyen.

Le plus délirant dans cette affaire d’aller-retour train avion, c’est que Jean Castex est attendu aujourd’hui en Cerdagne. Mais cette fois il ne viendra pas en train, un trajet de nuit ça va, deux, bonjour les dégâts. 


mardi 25 mai 2021

De choses et d’autres - Un trésor dans les vignes

En cette période de pandémie, pour voir des œuvres d’art on peut, depuis mercredi, aller dans des musées, mais aussi profiter de quelques opérations en plein air. Comme ce Festival d’art contemporain et de land art, en Champagne, intitulé Vign’Art.

Sur une quinzaine de sites, des artistes proposent des performances à découvrir en pleine campagne. Une des installations a eu beaucoup de succès. L’œuvre intitulée les « Nids de raisin » posée sur les hauteurs de Pierry par l’artiste néerlandaise Marie-Louise J.A. van den Akker a tellement plu que des amateurs ont carrément  subtilisé l’œuvre cette semaine.

L’artiste, selon le site de Vign’art, voulait « attirer l’attention sur le rôle du soleil qui fait mûrir les raisins. Les nids ressemblent à des boîtes de trésor, mais le trésor n’est plus là. » Une phrase prémonitoire, puisqu’effectivement, quelques jours après le vernissage, l’œuvre (ou le trésor) n’est plus là. Envolés les neuf nids de raisin. Pourtant, ils étaient assez volumineux.

Le pire, dans cette histoire, c’est que les voleurs ne sont certainement pas des amateurs d’art. Ils ont simplement constaté que « chaque nid est composé des deux quarts d’un tronc d’arbre, et revêtu d’une feuille de cuivre », comme l’explique l’artiste. Du bois. Parfait pour se chauffer en ce printemps frileux. Du cuivre. Sans doute le métal le plus recherché par les ferrailleurs.

Je serais Nicolas Triboulot, créateur d’« Éloge des dessous » exposé en lisière de forêt à Chavot, je m’inquiéterais pour mes « parallélépipèdes entourés d’un film doré ». Après le cuivre, un peu d’or ?  


lundi 24 mai 2021

De choses et d'autres - Enchères de stars

Le cinéma fait rêver. Les enfants, les adultes, mais aussi les spéculateurs qui profitent de cet engouement pour faire quelques ventes aux enchères peu banales. Ainsi, le chapeau d’Indiana Jones, fait sur mesure pour Harrison Ford, sera mis en vente à Hollywood, le 29 juin. Estimation des experts : entre 150 000 et 250 000 dollars. Un peu cher pour un couvre-chef assez usé, mais le produit de la vente ira à une association caritative.

On pourra, aussi, acquérir un sabre brandi par Tom Cruise dans Le dernier samouraï.

Cette mode des vestiges du cinéma pourrait traverser l’Atlantique. Pourquoi ne pas organiser, sur ce même modèle, la vente d’objets mythiques des grandes comédies françaises. Par exemple, la tour Eiffel en allumettes que Jacques Villeret montre avant Le Dîner de cons. Ou, toujours avec Jacques Villeret, sa combinaison d’astronaute dans La soupe aux choux. Plus récent, à combien pourrait partir le sac banane de Jeff Tuche alias Jean-Paul Rouve ? Ou le kart conduit par Philippe Lacheau dans Babysitting ?

Personnellement, je rêve de posséder une des broches vues dans Star Trek et qui permet, d’un simple clic, de se téléporter loin, très loin, dans la galaxie.

Mais, on ferait encore plus d’argent en étendant le champ des objets mis en vente. Je suis sûr qu’il y a quantité de Marcheurs qui seraient prêts à signer un gros chèque pour acquérir les tasses utilisées par le président Macron, le Premier ministre, Jean Castex, ce mercredi 19 mai, en terrasse, à Paris. Même si, finalement, ce sont aussi des ustensiles de cinéma. 


dimanche 23 mai 2021

De choses et d’autres - La star du moment  

Elle est sur toutes les lèvres, hante tous les esprits, participe aux rêves les plus fous, est associée à ces plaisirs qui se sont raréfiés. C’est la star absolue et indétrônable de ce 19 mai. Vous avez bien évidemment reconnu la terrasse.

Oui, une simple terrasse de bar ou de restaurant qui accapare la moitié de la presse française et les deux-tiers des conversations. Il y a quelques semaines, on a vu sur les réseaux sociaux des images de ces jeunes qui faisaient la fête, buvant, chantant, s’embrassant, sur les terrasses des bars de Tel-Aviv.

Ensuite, les mêmes scènes se sont reproduites, mais sous une pluie froide et drue. Normal, c’était la Grande-Bretagne qui permettait à ses pubs de servir les clients en extérieur.

La terrasse de bistrot ou de restaurant va permettre à tout Français en mal de relation sociale d’avoir un peu l’impression de vivre de nouveau, comme avant. Tout le monde sait parfaitement que cet assouplissement n’est pas sans risque. Il faudra encore et toujours respecter les gestes barrières.

Mais le temps d’un café, le matin, ou d’un verre de rosé, à l’apéro, voire de tout un repas pour ceux qui n’en peuvent plus des boites de conserve, on pourra, enfin, parler avec des gens sans masque. échanger, plaisanter. Tout simplement montrer son sourire. Voir ceux des autres. Car ces masques, s’ils nous protègent, occultent aussi une partie de ce fameux art de vivre à la française, caractérisé par sa convivialité et sa jovialité.

C’est tout cela que l’ouverture des terrasses permet, ce mercredi 19 mai. Profitons-en.  


samedi 22 mai 2021

Cinéma - Au pays des fous, la mouche est reine

Grâce à deux idiots et une mouche géante, Quentin Dupieux signe une fable absurde réjouissante.


Aller voir un film de Quentin Dupieux, c’est accepter de s’extraire de la réalité, d’être constamment étonné, de prendre le parti de ne pas tout comprendre et avoir la certitude de passer un moment unique. Mandibules, son nouveau film est la quintessence de ce cinéma de l’absurde à la française.

Il s’appuie cette fois sur le duo du Palmashow, David Marsais et Grégoire Ludig, pour concocter un petit bijou bizarre et inclassable. Jean-Gab et Manu sont deux paumés survivant sur la côte d’Azur. Le premier est pompiste dans la station essence de sa mère, le second quasi clochard puisqu’il dort sur la plage. Manu vole une vieille Mercedes et part en vadrouille avec Jean-Gab. En route, ils remarquent du bruit en provenance du coffre. Ils ouvrent et découvrent, totalement espantés, une mouche géante.

C’est Jean-Gab qui a l’idée de génie. Il faut l’apprivoiser puis la dresser pour la transformer en drone. Elle pourra alors voler ce qu’ils veulent tout en restant tranquilles à ne rien faire. Et en plus, il n’y a pas de piles à changer… 

Les hurlements d’Adèle 

Déjà, le raisonnement du duo montre combien ces paumés sont largués. Après quelques péripéties, ils se retrouvent en panne et sont secourus par une jeune femme persuadée que Manu est un ami d’enfance.

La suite du film se déroule dans une belle villa sur les hauteurs, entre cuisine et piscine, en compagnie de Cécile (India Hair), son frère Serge (Roméo Elvis) et Agnès interprétée par Adèle Exarchopoulos. On retrouve tout le génie de Quentin Dupieux dans ce casting car la comédienne révélée par La vie d’Adèle est utilisée à contre-emploi complet. Exit le côté sexy, Adèle joue la dérangée mentale qui ne parle pas mais hurle. Même pour dire bon appétit. La confrontation entre les deux idiots toujours persuadés que la mouche géante (baptisée Dominique entre-temps) va les rendre riche et cette folle qui plus est complètement paranoïaque est un grand moment de rigolade.

Ce n’est pas le seul car le réalisateur a voulu conserver la complicité entre les deux membres du Palmashow.  Ils s’en donnent à cœur joie dans les habits de ces deux débiles finis, dignes de Dumb and Dumber
Finalement, ce film à mille lieues de tout formatage, est la meilleure façon de se réhabituer au cinéma, un art libre inventif.

Comédie française de Quentin Dupieux avec David Marsais, Grégoire Ludig, Adèle Exarchopoulos, India Hair

 

vendredi 21 mai 2021

Cinéma - Les dérapages de « Slalom »


Dans le ski de haut niveau, il ne faut surtout pas sortir de la piste ou rater une porte en slalom au risque d’être disqualifié. Ce n’est pas Lyz (Noée Abita) qui dans ce film fait un écart malheureux, mais Fred (Jérémie Renier) son entraîneur. Ce premier film de Charlène Favier puise beaucoup dans ses souvenirs de sportive.
Sans être une pure autobiographie, le scénario utilise certains événements vécus par la réalisatrice quand elle était adolescente. 

Dans Slalom, on découvre le quotidien de Lyz, jeune skieuse prometteuse. Elle intègre un lycée sport-études ou la compétition entre jeunes est féroce, poussée par un entraîneur dur et exigeant. Entre Lyz et Fred, rapidement la tension est forte. Il menace de la virer si elle n’obtient pas de bons résultats.

Elle va alors tout faire pour le satisfaire et poursuivre ses propres rêves de podium. Fred, constatant qu’elle progresse, va s’occuper d’elle de plus en plus, la coachant personnellement. La proximité totale et permanente de Fred et de Lyz va faire basculer la situation. Comme le souligne Charlène Favier, « Peu à peu, Lyz perd la propriété de son corps, d’abord outil de performance puis objet de désir. »
Cette histoire d’emprise puis d’abus sexuel dans le milieu du sport de haut niveau vient à point nommé. Comme en écho aux nombreuses affaires actuelles. Le film, sans être trop grave, permet aux deux comédiens de briller dans des rôles compliqués, de filmer les compétitions de ski avec brio et de montrer aussi toute l’immensité et beauté de la montagne en hiver

Film français de Charlène Favier avec Noée Abita et Jérémie Renier

 

mercredi 19 mai 2021

De choses et d’autres - Travailler (trop) tue

Va-t-il bientôt falloir, comme sur les paquets de cigarettes, marquer en gros dans des cadres noirs sur les bulletins de salaire : « Travailler tue ». Le message de santé publique serait plus exactement « Travailler trop tue ».

Selon une étude publiée lundi 16 mai par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation internationale du travail (OIT), si vous travaillez plus de 55 heures par semaine vous augmentez de façon exponentielle vos risques de faire un AVC (accident vasculaire cérébral) ou une crise cardiaque. Des chiffres qui feraient peur s’ils étaient un tant soit peu réalistes. Car franchement, qui, en France travaille plus de 55 heures par semaine ?

Étonnamment, ils sont sans doute beaucoup plus nombreux qu’on ne le croit. Car 55 heures hebdomadaires cela ne représente que 11 heures quotidiennes sur 5 jours ouvrables. Contrairement aux idées reçues qui prétendent que les Français et leurs fameuses 35 heures ne se tuent pas à la tache, les exemples sont légion des professions qui dépassent allègrement la limite dangereuse.

Les agriculteurs, par exemple, travaillent en trois jours autant qu’un fonctionnaire en une semaine (en un mois disent les plus médisants). Actuellement, tout métier dans le secteur de la santé explose sa durée de travail. Les policiers aussi sont sur la brèche, sans oublier les politiciens, surtout en période d’élection. Dans cette catégorie, plaignons ceux qui incapables de se positionner avec clarté, soutiennent deux listes et doivent faire le double de travail de persuasion.

Dans le bâtiment, la foire aux heures sup va être de mise pour rattraper les retards et même dans l’enseignement tout le monde va devoir travailler plus, toujours pour rattraper le retard dans les programmes causés par les confinements successifs.

En fait, il ne reste plus qu’une catégorie de métier qui n’a aucune chance de faire un AVC pour cause de surmenage : les patrons et employés de boîtes de nuit. Eux, cela fait plus de 18 mois qu’ils ne font plus rien. Mais pas sûr que cela leur procure la moindre satisfaction. 


mardi 18 mai 2021

De choses et d'autres - Étrange pénurie de boissons sucrées

Parfois, je m’imagine être dans la tête d’un complotiste, conspirationniste ou autre énergumène qui doute de tout et reste persuadé « qu’on nous ment ». Hier matin, en faisant mes courses dominicales, je constate, comme tous les autres jours de la semaine passée, que le rayon du Coca Zéro est désespérément vide. Même le cola sans sucre de la marque du supermarché est désert.

C’est là que je me transforme en paranoïaque de première. Quel est l’ingrédient qui manque à ce point pour provoquer la paralysie des chaînes de production ? Je pense, évidemment, à l’édulcorant.

Et dans ma tête de complotiste temporaire, par cette mécanique étrange et complexe, mêlant bêtise et ignorance, je me dis que cela a forcément un rapport avec la pandémie. Première hypothèse, celle du gravement atteint : l’édulcorant permet de soigner le Covid-19. Et comme on est persuadé, dans notre délire de persécution, que cette maladie a été inventée par les puissants qui dirigent le monde en secret, logique qu’ils retirent du marché ce médicament si bon marché.

Dans ce cas, vu les litres qu’on a ingurgité, mon épouse et moi, depuis l’apparition du virus, on est immunisé pour deux siècles.

Les cerveaux moins dérangés se demandent si l’édulcorant n’est pas un des ingrédients nécessaire à la fabrication des vaccins. D’où la rupture de stock de Coca, moins « essentiel » que le vaccin.

À moins que, plus prosaïquement, mais les complotistes détestent cet adverbe, l’absence de Coca Zéro dans mon supermarché découle d’un vieux conflit commercial, en cours de règlement, par chance, entre le fabricant et le distributeur. 

(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant)


lundi 17 mai 2021

BD - Tatouages magiques


La magie a besoin d’un support. Dans Marqués, série de comics de David Hine et Brian Haberlin, ce sont les tatouages. Les jeunes qui ont un potentiel, sont marqués d’un glyphe leur donnant un pouvoir particulier.

On découvre cette école particulière grâce à Saskia. Elle vient d’être marquée, mais a fait confiance à Liza, une Marquée dissidente. Liza qui doit fuir et offrir ses services au gouvernement qui voit dans les glyphes des armes redoutables. 

«Marqués» (tome 1), Delcourt, 15,95 €

dimanche 16 mai 2021

BD - Tarzan, version originale


La mode est aux gros albums. Le premier tome de l’adaptation fidèle du roman d’Edgar Rice Burroughs, Tarzan, par Bec et Subic fait 84 pages. Cela permet au dessinateur de multiplier les scènes où grands singes et seigneur de la jungle s’apprivoisent. Ensuite, arrive Jane et l’expédition menée par son père.


Là, ce sont les combats avec les anthropophages qui permettent des planches sombres et musculeuses.

La dernière partie voit Tarzan découvrir le monde civilisé. Une diversité graphique qui fait aussi l’attrait de cet album.

« Tarzan » (tome1), Soleil, 17,95 €  

samedi 15 mai 2021

BD - « Contrapaso », une enquête sous Franco


Attention, cette BD de 150 pages grand format en couleurs place la barre très haut. Teresa Valero, autrice espagnole, a mis beaucoup d’elle-même dans ce polar digne des meilleures séries noires. L’action se déroule en 1956 à Madrid.


Un journaliste blasé tente de démasquer un tueur en série. Mais, dans cette Espagne franquiste, c’est peine perdue. Seuls les faits divers sans envergure sont repris dans les pages de son journal. Il reçoit l’aide d’un jeune franco-espagnol à l’esprit plus ouvert.

Leur enquête va se déplacer vers les notables aux mœurs douteuses, prêts à tout pour avoir une descendance.   

« Contrapaso », Dupuis, 23 €  

vendredi 14 mai 2021

BD - Les ados connectés de « Alienated »


Ils sont trois à avoir un prénom commençant par les trois mêmes lettres : Samuel, Samantha et Samir. Les trois Sam (un neerd introverti, une fille idéaliste et un musulman gay) deviennent les confidents d’une entité extraterrestre. 
Ils peuvent communiquer entre eux par la pensée mais Chip (ils l’ont baptisé ainsi), leur permet également d’avoir des pouvoirs. 
Que vont-ils en faire ? Une réflexion très pointue sur les dérives des ados américains signée Spurrier et Wildgoose.
 « Alienated », Hi Comics, 17,90 €

jeudi 13 mai 2021

BD - Quand l’amour fait boum dans le "Canonnier de la Tour Eiffel"


Une fois construite, il a fallu trouver une utilité à la Tour Eiffel. Les autorités ont pensé y mettre un petit canon qui tire tous les jours à midi pile permettant à tous les Parisiens de mettre leurs montres à l’heure. Sur ce petit métier d’antan, Manini et Richez ont écrit une belle histoire d’amour dessinée par David Ratte.

Célestin, ancien militaire, sculpteur sur bois, rêve d’une jolie fille. Quand il la croise, il n’en croit pas ses yeux. Le coup de foudre fonctionne à merveille, mais les deux tourtereaux auront les pires difficultés à se retrouver.

Frais et optimiste, juste ce qu’il nous faut en ces temps troubles.

« Le canonnier de la Tour Eiffel », Bamboo, 15,90 €  

mercredi 12 mai 2021

BD - Aliens contre nazis


Certains auteurs sont fascinés par la seconde guerre mondiale. Plus exactement par les nazis. A se demander parfois s'ils ne regrettent pas d'avoir vécu à cette période. Nolane, scénariste prolifique, aime placer ses récits guerriers dans ces années 30 et 40, quand l’Allemagne dominait une bonne partie du monde. Il a lancé plusieurs séries dans cette mouvance comme Wunderwaffen ou Space Reich.


Cette fois c'est un roman de science-fiction qu'il adapte pour le dessinateur croate Vladetic. Le château des millions d'années de Stéphane Przybylski, paru au Bélial, raconte comment Freidrich Saxhäuser, un espion allemand, sert d'agent de liaison entre Hitler et une civilisation alien qui vit cachée au fin fond de l'Irak. De Berlin à Bagdad en passant par le désert, on suit les déambulations de Saxhäuser, sorte de James Bond nazi, qui a toujours un coup d'avance et met dans son lit d'un claquement de doigts tout ce qui a une jupe et des seins.

L'ensemble est assez indigeste. On ne sait pas si c'est à cause du machisme totalement déplacé du héros, de la mise en avant de l'idéologie fasciste ou de l'invraisemblance de ce peuple extraterrestre. 

« Le château des millions d'années » (tome 1), Soleil, 14,95 €

mardi 11 mai 2021

BD - Venise dans la tourmente fasciste


Le titre de la série, « Fleur de nuit », est en réalité celui d'une pièce de théâtre qu'écrit en cachette Ester, jeune Italienne de Venise. Comme sa mère, d'origine allemande, elle rêve d'être dramaturge. Pour interpréter les deux rôles principaux de cette histoire entre une prostituée et un bourgeois, elle pense à Jacopo, son frère jumeau pour l'homme et Hans, un ami allemand, pour la femme.

Une histoire impossible qui l'est également dans la vraie vie. Car Jacopo et Hans sont amants. Mais dans cette Italie fasciste de la fin des années 30, les homosexuels sont déportés dans des camps dans le sud du pays. Hans, blond comme les blés, fils d'un dignitaire nazi, est promis à un grand avenir après son admission dans les rangs des SS. Jacopo, de son côté, veut devenir chirurgien. Mais il est juif et chaque jour qui passe lui complique la tache.

Cette histoire de Giovanna Furio est superbement mise en image par Marco Nizzoli. Cette jeunesse idéaliste est croquée avec grâce et tendresse. Pourtant la suite de l'histoire entre Hans et Jacopo sera dramatique. Entre l'amour ou le parti, le jeune SS devra choisir. 

« Fleur de nuit » (tome 1/2), Glénat, 14,50 €

lundi 10 mai 2021

De choses et d’autres - Alors dansez maintenant !

Dans la « guerre » contre le coronavirus, il est des batailles plus médiatiques que d’autres. Des étapes qui marquent les esprits, comme si la victoire, enfin, montrait le bout de son nez. Oui, la vie d’avant est de nouveau possible avec la réouverture des terrasses des restaurants, de nouveaux films au cinéma et, samedi dernier, un concert de 5 000 personnes.

Un spectacle test organisé par le gouvernement. Car aujourd’hui, c’est la ministre de la Culture en personne qui donne ou non l’autorisation au public de danser… Le groupe Indochine a donc été désigné.

Pourtant les véritables guerriers et aventuriers n’étaient pas sur scène mais dans la fosse. Assister à un concert d’Indochine c’est avoir la certitude d’entendre autant de fausses notes dans la bouche du chanteur que de spectateurs dans la salle.

Les 5 000 cobayes, tirés au sort, étaient tous testés avant et après le show. Dans le nez. Dommage que cela ne passe pas par les oreilles. Un petit bouchon provoqué par l’écouvillon aurait permis de supporter l’épreuve plus facilement.

Au début je voulais m’indigner car ce concert était réservé aux moins de 45 ans. Mais finalement, tous les membres de ma génération, ceux qui écoutaient Indochine quand ils avaient 20 ans, ont accepté de bon gré cette expérimentation sanitaire, sans doute plus dangereuse que de se faire vacciner avec une dose d’AstraZeneca.

Et pour le second concert test, Jean Castex milite pour un spectacle de sa chanteuse préférée : Sheila. 


BD - Quand Guy Delisle fabriquait du papier


Canadien installé à Montpellier, Guy Delisle a marqué la bande dessinée avec ses longs récits où il racontait ses voyages aux quatre coins du monde. Des chroniques de Jérusalem ou birmanes dans lesquelles il dessinait une réalité politique passée au crible de sa subjectivité. Lassé des périples au long cours, il a posé ses valises dans le sud de la France mais a continué à raconter son quotidien de « Mauvais père ». Avec ce album, il repart en voyage, mais du côté de son enfance.

Guy, encore étudiant aux Beaux-Arts, pour payer ses études, travaille l'été dans l'usine où son père est dessinateur industriel. Une fabrique de papier, sorte de cathédrale industrielle qui broient depuis plus d'un siècle les troncs d'arbres de la forêt canadienne. Ce récit est une plongée dans le monde ouvrier québécois des années 90.

On apprécie ces portraits d' hommes épuisés par le bruit et la chaleur, mais qui pour rien au monde troqueraient leur boulot pour un autre. Le jeune étudiant, profite de ces 150 pages pour lâcher quelques confidences sur ses rapports avec son père ou comment il a décroché son premier vrai job dans l'animation.

« Chroniques de jeunesse », Delcourt, 15,50 € 

dimanche 9 mai 2021

De choses et d'autres - Trop d'intelligence artificielle tue l'intelligence artificielle, allo, vous êtes un robot ?

Les robots cachent bien leur jeu. Ils sont partout et finissent même par se suspecter entre eux de malversations. L’histoire m’a été racontée par une amie. Son fils projetant d’acheter une maison, elle décide de l’aider financièrement et fait un transfert de plusieurs milliers d’euros de son compte en banque à celui du futur propriétaire.

Un transfert par ordinateur, en pleine nuit, la maman généreuse est insomniaque. Le lendemain, la banque l’appelle. Comme elle fait la grasse matinée, normal quand on est insomniaque, elle n’entend pas l’appel.

Un conseiller lui laisse un message, elle doit le rappeler pour confirmer que le virement de la nuit est bien d’elle et pas une malversation d’un quelconque usurpateur virtuel de compte bancaire numérique.

Réveillée, elle s’exécute. Et tombe sur une voix masculine presque trop chaleureuse pour être honnête. « Bonjour, je suis votre nouvel assistant téléphonique, quelle est la nature de votre appel ? » Surprise, elle bafouille « ben, vous m’avez demandé de vous rappeler… enfin pas vous, mon conseiller… » Quelques secondes de blanc et la voix synthétique signale qu’elle va faire suivre l’appel.

Paradoxe des nouvelles technologies. Une banque, pour vérifier qu’une de ses clientes n’est pas victime d’une escroquerie en ligne pilotée par une intelligence artificielle, passe elle-même par une autre intelligence artificielle chargée d’apporter la bonne réponse.

Messieurs les robots, si on vous dérange, dites-le, on vous laissera entre vous ! 


Série télé - Maroni, outre-mer fantomatique


Chaud et froid avec les deux saisons de Maroni, ambitieuse série policière à forte tendance fantastique imaginée par Aurélien Molas et Olivier Abbou. La première saison se déroule en Guyane, la seconde à Saint-Pierre et Miquelon. Les deux saisons seront disponibles dès ce jeudi 13 mai, gratuitement, sur Arte.tv alors que les six épisodes de la saison 2, inédite, seront proposés en prime time dès le 20 mai sur la chaîne franco-allemande. 

Maroni est une idée d’Aurélien Molas qui depuis a plusieurs autres créations à son actif dont l’île sur Arte et La Révolution sur Netflix. Avec son réalisateur, Olivier Abbou, il a imaginé la dérive de deux policiers dans la moiteur de la Guyane française. Les quatre épisodes de la saison 1 font parfois penser à True Detective


Chloé Bresson (Stéphane Caillard) vient d’être affectée au commissariat de Cayenne. Une mutation sanction pour cette jeune flic qui n’aime pas l’autorité et les procédures. Dès son premier jour elle est chargée de l’enquête d’un double meurtre sur un voilier. Un couple d’Européens, massacrés. Elle doit composer avec Joseph Dialo (Adama Diane), un local encore plus rétif aux ordres directifs. Un duo dépressif et explosif, confronté à une histoire qui dérive lentement vers le fantastique.

Pour la seconde saison, écrite et réalisée par Olivier Abbou, Chloé est de retour chez sa mère, à Saint-Pierre et Miquelon. Elle vit avec le fantôme de Dialo et doit organiser les obsèques de cette mère autoritaire, chef des gendarmes de cette petite communauté glacée au large de Terre-Neuve, retrouvée pendue dans sa maison. L’enquête est plus classique, avec trafic de drogue et vengeance. Mais le volet fantomatique est aussi omniprésent avec les apparitions de la mère mais aussi d’une jeune Indienne violée et tuée quelques années auparavant. 

Si on sentait la chaleur et l’atmosphère étouffante de la saison 1, on frissonne au cours de la saison 2, tournée en plein hiver par des températures sans doute largement en dessous de zéro. Maroni est une très belle réussite, preuve que l’originalité paye quand l’écriture et la distribution sont de qualité.

BD - Oiseaux loufoques


Jean-Luc Garréra, scénariste audois, a sans doute beaucoup rigolé en écrivant cette quarantaine de gags ayant pour sujet les bizarreries des oiseaux.

Une seconde livraison de gags dessinés par Alain Sirvent et qui nous permettent de découvrir pourquoi certains fous ont les pieds bleus (non, ce n’est pas parce qu’ils mangent des Schtroumpfs), quel oiseau se nourrit des larves capturées par les fourmis et quel autre niche près des essaims de guêpes pour éloigner les prédateurs. 

« Les oiseaux en bande dessinée » (tome 2), Bamboo, 10,95 €

samedi 8 mai 2021

BD - La face noire du Sphinx


Ce lundi 10 mai, on célèbre les 40 ans de l’élection de François Mitterrand. Un président de la République de gauche mais loin d’être un novice en politique.

Il a longtemps été au centre du pouvoir durant la IVe République. Cette BD écrite par Patrick Rotman et dessinée par Jeanne Puchol revient sur trois affaires louches qui ont longtemps semé le trouble même parmi les plus farouches partisans de Mitterrand.

Les affaires des fuites, du bazooka et de l’Observatoire n’auront plus de secrets pour vous à la fin de ces 140 pages richement documentées. 

« Mitterrand et ses ombres », Delcourt, 17,95 € 

De choses et d’autres - Un lion dans mon colis

La Metro Goldwyn Meyer vient d’être acheté par Amazon. Une maison de production cinématographique quasi centenaire avalée par la start-up de Jeff Bezos. Pour un peu plus de 8 milliards de dollars : une broutille pour la société de vente par correspondance.

Désormais, le lion qui ouvrait tous les génériques de ces films immortels en rugissant pourrait être offert en mini-peluche dans chaque colis reçu par les acheteurs. La MGM n’est pas le studio le plus productif, mais il a quand même un catalogue de plus de 4 000 films, dont les James Bond ou, les Rocky.

Plus loin dans le temps, on trouve à l’actif de cette maison de production Autant en emporte le vent, Ben-Hur ou 2001, l’odyssée de l’espace.

Le rachat du studio américain par Amazon marque une nouvelle étape dans les grandes manœuvres actuelles dans ce milieu très profitable de l’audiovisuel. Notamment du côté des offres de streaming. C’est la course à l’échalote entre plate-forme pour avoir le mieux-disant culturel et patrimonial.

Il va falloir maintenant trouver des passerelles entre ces deux métiers si différents du divertissement et de la vente par correspondance. Pour les James Bond à venir c’est facile, la saga de l’agent secret anglais est la championne du placement produit. Je sens que les prochains gadgets de l’agent 007 seront livrés par des drones, siglés, comme les paquets, du logo de la maison mère.