Affichage des articles dont le libellé est hippocrate. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est hippocrate. Afficher tous les articles

dimanche 23 mai 2021

Série télé - Hippocrate, retour gagnant


Après plus de deux ans d’attente, la saison 2 de la série hospitalière française Hippocrate débarque en coffret DVD chez Studiocanal. Une suite très attendue et qui n’a pas déçu les très nombreux fans de la série créée par Thomas Lilti, lui-même médecin en plus d’être cinéaste. 

À la base Hippocrate a pris la forme d’un film avec Vincent Lacoste et Reda Khateb. Puis l’univers s’est enrichi pour devenir une série. Quatre personnages principaux pour raconter le quotidien d’un hôpital. Trois internes Chloé (Louise Bourgoin), Hugo (Zacharie Chasseriaud) et Alyson (Alice Belaïdi) ainsi que d’Arben (Karim Leklou), médecin légiste. Le quatuor revient alors que l’hôpital est en pleine effervescence. Une vague de froid s’abat sur la ville et une canalisation explose provoquant l’inondation du service des urgences dirigé par le docteur Olivier Brun (Bouli Lanners). Ce dernier décide d’investir le service de médecine interne et de réquisitionner les trois internes. 

Un changement radical pour les trois jeunes toubibs. Si Alyson adore, vivant intensément cette course effrénée, Hugo est plus mitigé car cantonné au rôle de médecin chargé du tri à l’arrivée des patients. 

Quant à Chloé, c’est la plus en difficulté. Gravement malade, une main quasiment paralysée, elle ne peut se charger que des petits bobos. Elle sent sa motivation l’abandonner. La vie dans les urgences permet de découvrir d’autres personnages comme Igor (Théo Navarro-Mussy), un jeune urgentiste à peine entrevu dans la saison 1 et qui tente de rassurer les internes. Quant au chef, interprété par un Bouli Lanners d’une incroyable véracité, il tente de maintenir le bateau à flot. Malgré le changement de local, l’absence de lits et de médecins. Une force de la nature, toujours sur la brèche, qui sait être compréhensif mais qui fait peur quand il pique une gueulante. 

C’est tout le malaise de l’hôpital français actuel qui est raconté dans cette seconde saison, avec des hommes et des femmes dévoués, qui font le maximum mais qui ne peuvent pas faire de miracles quand on est obligé de pratiquer la médecine dans des services en « mode dégradé ».

vendredi 5 septembre 2014

Cinéma - "Hippocrate" ou comment soigner à s'en rendre malade

Médecin et cinéaste, Thomas Lilti a puisé dans sa propre expérience hospitalière pour écrire et réaliser « Hippocrate », film sur les débuts d'un interne.


De nos jours, quasiment tout le monde a déjà franchi les portes d'un hôpital. Pour s'y faire soigner ou rendre visite à un proche. On connait donc tous ces longs couloirs où des dizaines de personnes en blouses blanches s'activent, telles des fourmis travailleuses. Mais le personnel hospitalier n'a rien de l'insecte dénué de personnalité, de jugement, d'empathie et de problème. Au contraire ce sont des hommes et des femmes qui ont simplement la chance de se retrouver de l'autre côté de la barrière. Temporairement. « Hippocrate » de Thomas Lilti est un film hommage sur l'abnégation de ces hommes et femmes qui passent souvent plus de la moitié de leur journée à soigner. Et le réalisateur sait de quoi il parle puisqu'il est lui-même médecin et que c'est dans l'établissement où il officie qu'il planté ses caméras.

Film vérité, à fort contenu social, « Hippocrate » est l'antithèse des séries médicales multidiffusées sur les chaînes de télévision.
Pour plonger dans ce microcosme si particulier, le spectateur suit les débuts de Benjamin (Vincent Lacoste), interne nouvellement nommé dans ce service. Encore très jeune, il semble emprunté et peu sûr de lui. Il n'a certes pas d'expérience mais surtout il est dans le service de son père. Si les premières minutes ont presque l'air d'une comédie, rapidement le ton change. Notamment quand Benjamin reçoit le renfort d'un autre interne, Abdel (Reda Kateb). De 15 ans son aîné, il est médecin dans son pays, l'Algérie. Mais pour obtenir l'équivalence de son diplôme en France, il doit lui aussi passer par l'internat. Il arbore sur sa blouse ces trois lettres que les malades remarquent rarement : FFI, faisant fonction d'interne.

L'exploitation des médecins étrangers
Entre Benjamin et Abdel, le courant a du mal à passer. Le premier, encore dans l'esprit étudiant et carabin, est parfois insouciant. Il se la raconte aussi quand il se regarde dans la glace et explique à un interlocuteur imaginaire « Oui je suis médecin. J'ai sauvé des vies... » Pour Abdel cette étape est loin derrière lui. Il doit être irréprochable pour espérer obtenir son diplôme. Alors avec ses collègues venus comme lui d'Afrique ou d'Amérique latine, il enchaîne les gardes, vit dans une petite chambre dans l'hôpital, s'investit corps et âme. Mais c'est aussi cette expérience qui l'empêche de tout accepter. Notamment la douleur des patients et l'acharnement thérapeutique. Le film glisse alors vers une critique du système où certains chefs de service, loin de leur engagement premier, cherchent avant tout à rentabiliser les lits. Un film porté par les deux acteurs principaux. Vincent Lacoste, en fils à papa parfois dépassé est étonnant, l'acteur ayant surtout joué dans des comédies (Les Beaux gosses). Reda Kateb porte pour sa part une humanité contagieuse. Si tous les médecins avaient sa compétence et sa gentillesse, le monde de la santé en France se porterait certainement mieux...

_______________________


Même si la promotion du film est essentiellement portée par Vincent Lacoste, acteur comique qui change de registre, le véritable personnage principal d'« Hippocrate » est Abdel Rezzak, le médecin algérien interprété par Reda Kateb. Ce rôle fort donne une nouvelle occasion à ce comédien passé par le théâtre d’imposer son talent.
Il est lumineux dans sa composition d’un homme habitué à prendre des décisions dans son pays, rabaissé au simple exécutant dans l’hôpital français qui l’exploite de façon éhontée. On sent sa force contenue, sa rage éteinte sous la contrainte sociale. Jusqu’à la rupture. Benjamin, carrément hostile au début, va finalement comprendre quel est le vrai but de cette profession. Et quand il doute et explique à Abdel que peut-être il n’est pas fait pour ce métier, le « faisant fonction d’interne » a cette réplique définitive : « Mais médecin ce n’est pas un métier. C’est une malédiction. »
Si certains des infirmiers intervenant dans le film le sont véritablement danse la vie active, ce n’est pas le cas de Philippe Rebbot, excellent second rôle récurrent du cinéma français actuel.