mardi 25 août 2026

BD - "SOS Bonheur", chef-d'oeuvre de Van Hamme et Griffo en intégrale


Avant de connaître le succès phénoménal de XIII et de Largo Winch, Jean Van Hamme a dû batailler ferme. Ainsi il avait dans ses cartons une idée de série TV explorant divers aspects d'un monde à la Orwell. Rien à voir avec le Big Brother de M6, d'ailleurs le projet n'aboutira jamais.

Mais ces synopsis serviront de base aux deux premiers tomes de SOS Bonheur, une BD. des années 80, emblématique de la collection Aire Libre. Les éditions Dupuis ressortent cette histoire de science fiction prémonitoire en version intégrale. Force est de constater que cette bande dessinée n'a pas pris une ride.

Le scénario, noir et pessimiste à souhait, n'en a que plus de force en ce début de III° millénaire. Au dessin, Griffo jetait les bases de ce style réaliste très fouillé qui s'épanouira quelques années plus tard dans Giacomo C. 

Un classique à redécouvrir d'urgence.

"SOS Bonheur", Dupuis, 176 pages. (Album paru en 2001. Chronique publiée initialement dans Centre Presse Aveyron en juin 2001) 


BD - A la recherche des derniers colons


Le space opéra n’a pas dit son dernier mot. «Colonisation» de Denis-Pierre Filippi (scénario) et Vincenzo Cucca (dessin, et bien évidemment Italien...) reprend les bases du genre. Des vaisseaux spatiaux, quelques aliens, gentils et dotés d’une technologie très avancée, des pirates, des nef perdues au fin fond de  la galaxie et une mission de secours périlleuse. Le compte est bon, surtout si l’on rajoute à cela un équipage mené par une forte tête, la rousse, mignonne mais pas commode, Milla Aygon

Dans un futur assez éloigné, la terre au bord de l’asphyxie, envoie des dizaines de nefs dans tout l’espace pour tenter de trouver des planètes à coloniser. Quelques années plus tard, une nouvelle technologie permet de trouver ces lieux à coloniser sans les années de voyage.Des missions sont alors lancées pour retrouver les nefs. 

Milla est à la tête d’une de ces expéditions et retrouve dans un vaisseau en ruines un seul corps encore en vie, celui de l’officier Clarence Sternis.

Un peu complexe dans ses premières pages, cette série est pourtant prometteuse pour les fans de ce genre d’histoires. Et ils n’auront pas à attendre trop longtemps pour découvrir la suite puisque le tome 2 devrait se poser le 11 avril prochain dans toutes les bonnes librairies de la galaxie.

«Colonisation» (tome 1), Glénat, 13,90 €

lundi 24 août 2026

BD - Les premiers pas de l'Agence Hardy


Après avoir beaucoup exploré le futur et le présent, Pierre Christin, scénariste de Valérian et de quelques légendes oubliées illustrées par Bilal, a volontairement décidé de se plonger dans le Paris de son enfance. 

Mme Hardy est détective privé, près des entrepôts de Bercy, en 1955. Cette belle et grande bourgeoise travaille en indépendante pour oublier son veuvage, comme d'autres iraient à la messe. 

Cela ne marche pas très fort mais un gros client pourrait renflouer les caisses. Un industriel s'inquiète de la disparition d'un jeune chimiste qui venait de mettre au point un nouveau parfum.

Aidé de son jeune assistant Victor, Mme Hardy va vite être plongée dans une sombre affaire d'espionnage industriel entre Russes et Américains.

Finement illustrée par Annie Goetzinger, cette histoire bien ficelée est pleine de charme.

"Agence Hardy - Le parfum disparu", Dargaud. (Album paru en 2001. Chronique publiée initialement en mai 2001 dans Centre Presse Aveyron)


dimanche 23 août 2026

BD - Mars peut sauver la Terre


Dès le début du 3e tome d’Olympus Mons, écrit par Christophe Bec, Aveyronnais vivant dans le Tarn et dessiné par Stefano Raffaele, un Italien, le ton est donné : l’apocalypse semble inévitable. A moins qu’une cosmonaute russe, bloquée sur Mars, trouve une entrée dans le vaisseau spatial gigantesque découvert que Olympus Mons. Là pourrait se trouver la solution pour empêcher la fin prochaine de notre planète. 

Rythme de parution soutenu, multiplication des lieux où  se déroule l’action, aller-retours dans le temps, premières apparitions de ce qui semble être des extraterrestres (ou des robots, on ne sait pas encore trop pour l’instant) : il n’y a rien à jeter dans cette  BD caractéristique de l’univers foisonnant et toujours très imaginatif de Christophe Bec. 

«Olympus Mons» (tome 3), Soleil, 14,50 €

samedi 22 août 2026

BD - « Oblivion Song », l’autre monde de Robert Kirkman


De tous les scénaristes de BD américains, Robert Kirkman est sans doute le plus connu. Normal, on lui doit la série «The Walking Dead», série ultime sur les zombies au succès démultiplié depuis qu’il l’ adapté à la télévision. Aussi quand il décide de lancer une nouvelle série, les fans sont aux anges. 

«Oblivion Song», dessiné par l’Italien Lorenzo De Felici est remplie de monstres. Mais pas du tout humains. A Philadelphie, en quelques secondes, une partie de la ville est vidée de 300 000 de ses habitants.Ils ont basculé dans une autre dimension peuplée de monstres. Nathan Cole, le héros, a trouvé un moyen pour aller récupérer les rares survivants.

Double intrique pour ce premier tome de 160 pages. Sur terre avec les manigances de l’armée US et dans l’autre dimension, Oblivion, où tout le monde ne veut pas revenir. Un univers très addictif, tant par ses rebondissements que sa beauté graphique.

«Oblivion Song» (tome 1), Delcourt, 16,50 € (Album paru en 2018)

vendredi 21 août 2026

BD - L’énigme Lapérouse


Fantastique expédition scientifique destinée à mieux connaître notre monde, le périple de Lapérouse et de ses deux navires n’est pas allé au bout. Que s’est-il passé au large d’îles isolées et totalement sauvages du Pacifique ? 

Peter Dillon, plusieurs décennies après le drame, affirme avoir la réponse à cette interrogation qui passionne encore la France. Le récit de Boris Beuzelin s’appuie sur des documents certifiés, mais se permet d’extrapoler. 

On suit donc ce marin anglais, aventurier aux faux airs de Corto Maltese, cherchant avant tout à faire fortune en ramenant les derniers vestiges de l’aventure maritime royale de la fin du XVIIe siècle. On entre avec une grande facilité dans cette histoire où les sauvages ne sont pas forcément là où on les attend. 

« Peter Dillon », Glénat, 17,50 €

jeudi 20 août 2026

BD - Tombelaine ou un Français chez les Boxers

En 1900, la Chine s'éveille. La révolte des Boxers marque la déroute des puissances coloniales pensant pouvoir se partager les richesses de l'empire du Milieu.

Cet épisode capital de l'histoire de l'Asie sert de toile de fond au premier volume d'une nouvelle série écrite par Chaillet et dessinée par Capo. Tombelaine c'est le nom d'un domaine de Normandie, propriété familiale de Quentin Fortune un jeune instituteur frais émoulu de l'école normale. Mais les ruines du château ont été rachetées par Lebeuf, le père d'Amélie, une jeune fille amoureuse de Quentin. Un amour contrarié car Quentin découvre les trafics de Lebeuf.

Victime d'un odieux chantage, il doit oublier Amélie, quitter la France, et s'engager dans le corps expéditionnaire mis en place pour mater la révolte des Chinois. Chaillet, sans justifier la violence des Boxers, dénonce le climat d'affairisme et de pillage organisé mis en place par les colonisateurs. Bernard Capo s'en tire à merveille grâce à son trait réaliste très précis.

"Tombelaine" (tome 1), Casterman (Album paru en 2001. Chronique publiée initialement en mai 2001 dans Centre Presse Aveyron


Rentrée littéraire – La folie Van Gogh


Exemple parfait de l'artiste torturé, Vincent Van Gogh s'invite dans cette rentrée littéraire de 2026 en devenant le personnage principal du premier roman de Vincent Vigneron, « Rien que de grands tournesols ». Une phrase prononcée par le peintre quelques mois avant sa mort. Installé en Provence, il envisage de décorer la chambre de son ami Gauguin. En déclinant à l'infini cette fleur jaune qui le rendra mondialement célèbre longtemps après sa disparition à l'issue d'une vie de misère et d'incompréhension. En s'attaquant à la vie de ce monument de la peinture européenne, l'écrivain semble avant tout laisser parler son cœur. Car il raconte la folie qui a saccagé la vie sociale de Van Gogh avec beaucoup d'empathie. Fils de bourgeois hollandais, Vincent tente de s'intégrer. Son père est pasteur. Il essaie de le devenir à son tour. En vain. Il donne des cours en Angleterre, vend des tableaux à Paris, vit d'expédients en Belgique. Une errance avec toujours son frère Théo pour l'aider, le sauver en dernier recours. Jusqu'à cet exil dans le Sud, là où son talent éclate, où la folie explose. Le style de Vincent Vigneron se cherche encore un peu (premier roman oblige), mais certaines envolées, aussi épiques que tarabiscotées, valent bien des tableaux longtemps incompris.

« Rien que de grand tournesols », Vincent Vigneron, Robert Laffont, 304 pages, 21 €


mercredi 19 août 2026

BD - Une énergie nouvelle pour aller encore plus vite et plus loin


Le petit génie qui travaille depuis des années sur un moteur à eau et qui pense arriver au bout de ses recherches doit se mordre les doigts. Paradoxalement, l'eau que l'on croyait présente en énormes quantités partout sur la planète se raréfie au même rythme que le réchauffement climatique explose… Il n'y a pas d'engin doté d'un moteur à eau dans "L'équipée du siècle", BD écrite par Dominique Latil et dessinée par Romain Sordet. Dans un passé légèrement remanié (fin du XIXe siècle), la révolution industrielle bat son plein. Les premières voitures permettent de raccourcir les distances. 

Le plus grand des pays, les USA, lance une gigantesque compétition pour encourager l'innovation et décider quelle sera la prochaine source d'énergie privilégiée par l'Etat. Il faut tout simplement traverser le continent, d'Est en Ouest, de l'Atlantique au Pacifique, le plus rapidement possible. Des grandes firmes engagent des bolides novateurs. Mais dans cette cohorte de voitures ou camions avançant grâce au pétrole ou au charbon, une moto compacte semble peu apte à l'emporter. Et pourtant, elle est conduite par Lewis Carver, as du guidon et des cabrioles (il survit en effectuant des cascades dans un cirque ambulant). Il aurait largement sa place dans le championnat national, mais il a le handicap d'être Noir. Dans ce passé déformé, si certaines énergies sont nouvelles, les préjugés et le racisme sont anciens et toujours d'actualité. Derrière Lewis, la rousse au yeux verts, Maddie Clarke, jeune ingénieure qui a trouvé dans un minerai rare la possibilité d'alimenter un générateur électrique portable. Le GEAR (générateur d'électricité aérobique récursif) lui permet de faire rouler la moto durant plusieurs jours d'affilée sans avoir besoin de ravitailler, contrairement aux autres concurrents. 

Histoire complète menée à 100 à l'heure, L'équipée du siècle, après la présentation scientifique du GEAR et des deux héros que tout oppose en dehors de la soif de victoire, est une trépidante course dans les USA en pleine construction. Les embûches sont nombreuses. En provenance des locaux croisés, mais surtout des autres conducteurs, souvent plus payés pour saboter les adversaires que pour faire avancer leur prototype. Romain Sordet prend beaucoup de plaisir à dessiner ces belles mécaniques imaginaires et les grands espaces américains. Il a aussi très réussi les portraits de Lewis et Maddie. Un régal pour les yeux.   

"L'équipée du siècle", Bamboo Drakoo, 64 pages, 16,90 €


mardi 18 août 2026

BD - Pilotes sous contrôle


Tanguy et Laverdure, les chevaliers du Ciel imaginés par Charlier et Uderzo, volent toujours pour l’armée française. Dans ce 9e album de la nouvelle série, dessiné par Sébastien Philippe et scénarisé par Buendia et Zumbiehl, le duo est aux prises avec un savant fou qui, en implantant des nano-robots dans le cerveau d’un pilote, peut prendre le contrôle de sa volonté. 

Un de nos héros va être victime de cette piraterie des temps modernes. Combats en Bretagne, survol de Guernesey, attaque d’une base secrète par un commando : beaucoup d’action dans cette histoire qui verra sa conclusion dans le 10e titre.  

« Les chevaliers du Ciel » (tome 9), Dargaud, 13 €