vendredi 3 juillet 2026

BD - Flânez dans le Port de la Lune avec François Ayroles


Si vous avez un jour acheté le journal Sud-Ouest à Bordeaux, vous aurez certainement remarqué une petite rubrique dans les pages locales joliment titrée "Le piéton…". Un petit écho sur la ville, entre billet d'humeur, réflexion sur le devenir de la cité ou anecdote sur un habitant.

Les éditions Glénat ont repris cette appellation pour une collection de BD signées des meilleurs auteurs. Deux premiers titres sont disponibles, Lyon par Didier Tronchet et Bordeaux, ville de résidence de François Ayroles. Dans ce titre, la longue balade dans le Port de la Lune débute gare Saint-Jean. Le point de départ des milliers de visiteurs de la capitale d'Aquitaine au riche passé. Ayroles se met en scène devant les monuments et autres originalités cachées de cette ville qu'il semble connaître (et aimer) parfaitement.


Une promenade savante qui a son côté loufoque grâce aux interventions de son compagnon : un brave chien aux réparties souvent cinglantes. Cela adoucit le côté didactique de l'ensemble. Notamment dans les premiers chapitres, très historiques et architecturaux, de Saint-Michel à Saint-Pierre, noms des quartiers du centre. Mais Bordeaux ce n'est pas que du passé glorieux, ce sont aussi des œuvres d'art en plein air (de la soucoupe volante à la Cité du vin) et des quartiers modernes comme Mériadeck. Des zones vertes aussi comme le superbe Jardin public ou l'aménagement de la Rive Droite avec l'ouverture du nouveau pont Chaban-Delmas.

On appréciera aussi les nombreuses références à l'origine de la fortune de plusieurs familles bordelaises : pas le vin mais la traite des esclaves. Il faut parfois explorer son passé et reconnaître certaines erreurs avant d'accepter son héritage.

"Le piéton de Bordeaux", Glénat, 152 pages, 20 €


jeudi 2 juillet 2026

BD - La Belgique de la jeunesse d'Annie Cordy


Impossible de faire plus belge ! Cet album écrit par Bernard Swysen et dessiné par Christophe Alvès est le summum de la belgitude. Le cadre : Bruxelles. L'héroïne : Annie Cordy. L'époque : la fin de la seconde guerre, quand l'Europe commençait à espérer un avenir de paix et de progrès. A cela se rajoutent le média : la BD et le style : franco-belge, tendance Jacobs et Jacques Martin, parfaitement maîtrisé par Christophe Alvès qui a déjà signé plusieurs albums des aventures de Guy Lefranc sur des scénarios de Corteggiani.

En 1949, Annie Cordy est encore totalement inconnue en France. Par contre dans son pays de naissance, c'est déjà une vedette, même si elle n'a que 20 ans. Il faut dire qu'elle a débuté très jeune. Issue d'un milieu modeste, (mère épicière, père ébéniste), elle aime chanter et amuser la galerie. Adolescente elle remporte un radio crochet et découvre le music-hall. En 1949, le petite Léonie Cooreman est connue sous le nom de Nini Cordy. Elle est meneuse de revue au Bœuf sur le toit

C'est dans les coulisses de ce célèbre cabaret bruxellois que l'intrigue débute. Un des musiciens de l'orchestre est poursuivi par deux hommes parlant russe. Ils l'abattent mais ne trouvent pas le document qu'ils cherchent. La suite, entre polar et roman d'espionnage en pleine guerre froide, fait la part belle à Nini, dépositaire du dernier message, codé, du musicien. Il y est question d’œuvre à protéger, d'un musicien en danger… 

Les péripéties sont multiples, permettant à Bernard Swysen de s'amuser à placer la future vedette dans des situations qui rappellent aux plus anciens ses grands succès populaires comme la trépidante et pittoresque la bonne du curé. Nini qui recevra l'aide de son amoureux du moment, un dompteur de fauves et croisera la route de ceux qui l'aideront à faire carrière à Paris, de Francis Lopez à Maurice Chevalier en passant par Pierre-Louis Guérin, le patron du Lido. Un album qui passionnera les amateurs d'Histoire, de chansons populaires et de biographie. 

Un dossier de huit pages en fin de volume permet de mieux comprendre l'époque (la guerre froide), la ville (Bruxelles en plein bouleversement architectural) et découvrir la suite de la carrière de Nini, transformée en Annie Cordy, artiste protéiforme excellant tant sur les planches que devant un micro ou une caméra.

"Nini Cordy 1949", Éditions Anspach, 56 pages, 16,50 €

mercredi 1 juillet 2026

BD - Dada bouge encore dans cet album racontant l'histoire du Cabaret Voltaire


Alors que l'Europe se déchire dans une guerre de tranchées particulièrement meurtrière, quelques poètes, artistes et autres hurluberlus ne pensant pas comme la majorité tentent d'inventer une nouvelle façon de vivre l'art. Ainsi naît le mouvement Dada, sublime pied de nez aux psycho-rigides. Hugo Ball, Tristan Tzara, Emmy Hennings, Hans Arp ou Sophie Taeuber composent en partie l'avant-garde de cette avant-garde artistique. D'origine diverses, incompris chez eux, souvent réfractaires à l'armée et déclarés déserteurs, ils sont réfugiés dans cette Suisse neutre. Guindée mais tolérante. A Zurich, sans le sou, ils tentent de gagner quelques sous en se produisant sur les scènes des cabarets. Ils décident finalement de créer leur propre établissement, le Cabaret Voltaire. Nous sommes en décembre 1915, la première représentation a lieu le 5 février 1916. Le succès est au rendez-vous. mais cela ne durera que quatre mois.

Ce bouillonnement culturel, donnant naissance à une des plus étranges modes artistiques, est au centre de ce roman graphique écrit par José-Louis Bocquet et dessiné par Kent. Découpé par tranches relativement courtes, cet album présente dans un premier temps les protagonistes. Hugo Ball et sa compagne chanteuse, Emmy Henning, le poète Tristan Tzara, encore connu sous son véritable nom, Samuel Rosenstock, Hans Arp, sculpteur en devenir et sa future femme, Sophie Taeuber, danseuse maniant aussi les pinceaux et révolutionnant la broderie.

La BD est avant tout pédagogique. La rigueur historique est sans faille. Bosquet connaît parfaitement son sujet et on sent qu'il est en admiration, depuis ses jeunes années, face à la folie et la démesure et ces grands anciens qui n'avaient peur de rien, surtout pas de froisser les bourgeois. Pour illustrer cette tranche de vie artistique, il a choisi Kent. Un dessinateur qui connaît parfaitement la scène et la provocation. A la fin des années 70, jeune rocker tendance punk, il a créé Starshooter. Son dessin, parfois rigide, sa mise en page, déstructurée, participent à amplifier cette immersion dans un monde entre étrange, mystère et profonde déprime. Un gros dossier termine cette BD avec le programme de la quarantaine de soirées zurichoises et les biographies des intervenants, permettant au lecteur de savoir ce qu'ils sont devenus une fois le cabaret fermé pour cause de couvre-feu imposé à la ville fin juin 1916

"Le Cabaret Voltaire", Delcourt, 224 pages, 26,99 €

vendredi 22 mai 2026

Thriller - Le "Bureau 26" d'Interpol face à la violence de l'intelligence artificielle

Un agent d'Interpol cherche un lien après une série d'attentats contre des politiciens européens.


Comment fonctionne Interpol et quelle est son utilité ? La lecture de « Bureau 26 », roman noir d'Elie Maucourant apporte en partie des réponses. En partie seulement car l'auteur centre son intrigue autour du Bureau 26. Le seul de la structure qui est opérationnel. En clair, Interpol n'est qu'une « agence centralisant le renseignement ». Le bureau 26 est « un corps dédié à la mise en lien des affaires, autorisé à repasser au peigne fin les dossiers ouverts à Interpol. Ce nouveau bureau a plus de prérogatives que le reste de l'administration. » Le seul problème c'est l'effectif du Bureau 26. Une chef et un seul agent de terrain : Gabriel d'Amore, titularisé essentiellement pour sa parfaite maîtrise d'une dizaine de langues.

Un franc-tireur toujours sur la corde raide. Car s'il a le droit d'aller où il veut, armé, en renfort des policiers locaux, il ne doit pas intervenir directement. Alors qu'il rentre de Barcelone après une mission où il a plus qu'aidé les Mossos d'Esquadra à interpeller un suspect, il est sollicité par le Vatican. Un homme a tenté d'assassiner le Pape ? Ce dernier est dans le coma. Qui en veut à sa Sainteté ? Et y a-t-il un lien avec la mort d'un homme politique français retrouvé dans la Seine et le suicide d'un leader indépendantiste écossais ?

Avec ténacité et souvent sans l'aval de sa hiérarchie, d'Amore plonge dans ce fatras de rapports de police et décide de se faire une meilleure idée de la situation en se rendant sur place. D'abord en banlieue parisienne pour le passage le plus sordide, réveillant de sombres souvenirs au flic d'Interpol, passé par la case famille d'accueil et sévices à tous les étages.

Ensuite c'est l'Irlande avant de devoir tout arrêter pour se rendre au Liban en tant que superviseur d'une grosse opération de démantèlement d'un réseau fournissant du Captagon, médicament interdit devenu drogue très recherchée dans tous les pays en guerre. C'est la partie la plus musclée du roman. On continuera de voyager avec Gabriel, en Allemagne, en Suisse et en Écosse.

Ce roman, très actuel, aborde frontalement les questions d'éthique autour de l'utilisation de l'intelligence artificielle pour manipuler l'opinion et prévoir l'avenir. Dépaysant, technologique et malgré tout profondément humain, ce premier roman noir d'Elie Maucourant (il a déjà signé une saga d'anticipation) est une excellente surprise.


« Bureau 26 », Elie Maucourant, Métailié, 256 pages, 20 €


jeudi 23 avril 2026

Thriller - Terreur sur Malaven

Une petite île au large de la Bretagne est la véritable héroïne  du roman. Malaven, quelques centaines d'habitants à la fin des années 80, zéro en 2007, année où se déroule le final de ce thriller signé Olivier Bal. En 1987, après une tempête, presque tous les îliens ont été retrouvés morts. Explication officielle : un raz-de-marée. Pour les quatre rescapés, des adolescents, les souvenirs sont flous. 

Quand, 20 ans plus tard, ils se rendent sur Malaven à l'invitation d'un célèbre écrivain, la mémoire va leur revenir. Lentement. Au gré d'une chasse aux indices risquée. Ce gros volume est un tour de force d'Olivier Bal. Il jongle au gré des époques, multiplie les fausses pistes et rebondissements, tout en jouant avec la puissance de l'imagination. Le lecteur se laissera happer sans rechigner par la malédiction de Malaven et frissonnera jusqu'à la dernière page pour découvrir le fin mot de cette étrange affaire.      

« Malaven », Olivier Bal, Pocket, 512 pages, 9,90 €

samedi 4 avril 2026

Polar - Fantaisie canine pour clore "Le Grand livre des animaux"


Dans « Chiens », roman noir provincial, troisième et dernier tome du « Grand livre des animaux », Sébastien Gendron met les chiens à toutes les sauces. Daniel Pabst a la belle vie. Il vit toujours chez sa maman, très riche. A 40 ans, il n'a jamais travaillé et abuse d'une application permettant les rencontres sexuelles d'un soir. Sa mère, un peu vieux jeu, le fait surveiller par une agence de détective privé. 

Déshérité, Pabst va devoir dormir dans sa voiture et trouver un job. Il postule alors dans l'agence de détectives qui a causé sa chute. L'imbroglio ne fait que commencer. Entre le patron autoritaire, la secrétaire, gironde mais trop intelligente, le factotum magouilleur et les politiques corrompus, c'est une belle meute d'assoiffés de fric qui se met à graviter autour de Daniel Pabst. Même s'il n'en a pas véritablement conscience au début du récit, plus obnubilé par ces chiens qui n'arrêtent pas de le dévisager. Un polar fantaisiste à savourer lentement, tel un chien rongeant patiemment son os.


« Chiens », Sébastien Gendron, Gallimard, 320 pages, 20 €


jeudi 2 avril 2026

Science-fiction - Explorez « Les jardins du temps » d'Emilie Querbalec


Sillonnez le Japon d'antan et du futur dans ce roman inclassable d’Émilie Querbalec.

Dragons, religion, technologie et voyage dans le temps. Ce roman d’Émilie Querbalec offre de multiples occasions au lecteur de franchir les limites de l'imaginaire. Mais le thème principal, celui qui permet au texte d'être cohérent dans sa longueur, c'est le Japon. Un pays que l'autrice connaît parfaitement. En plus d'y être née, elle y a vécu une partie de son enfance, s'imbibant de ses traditions pour mieux les raconter dans « Les jardins du temps ».

Quand un roman s'aventure dans l'exploration du voyage dans le temps, la grande difficulté pour l'auteur (comme pour le lecteur) est de trouver une sorte de logique pour passer d'une époque à l'autre avec les mêmes personnages. Dans ce texte fascinant, certains héros vont d'un cercle du temps à un autre. Le concept des cercles permet de casser la continuité temporelle. Il n'existe pas un seul temps dans ce monde japonais imaginaire mais plusieurs, parallèles, parfois imbriqués les uns dans les autres. Normalement, seuls les dieux peuvent passer d'un cercle à un autre. Mais quand un seigneur de guerre trop ambitieux à la fin de notre XVIe siècle extermine les Gardiennes du temps, des brèches se créent. Dès lors, des interférences vont apparaître, bousculant le quotidien en divers lieux du Japon.

Il faut un peu s'accrocher au début pour comprendre le concept des cercles du temps. Mais après une première partie dans le passé lointain, la suite, quasiment de nos jours, avec le renfort de démonstrations scientifiques, permet de mieux s'immerger dans cette farandole des siècles et des époques. Quand Émilie Querbalec entreprend de raconter le Japon du futur, c'est d'une beauté et d'une grâce extraordinaire. Car dans cette temporalité alternative, après le saccage de la planète, un retour de bâton démographique permet de retrouver l'équilibre des éléments. Une utopie résumée par une des gardiennes à un homme venu d'une époque où la violence était la seule réponse aux problèmes : « Nous n'avons pas d'ennemis. Cette notion nous est totalement étrangère. (…) S'entretuer est à la portée de n'importe qui. (…) Nous pourrions créer des armes formidables. Des humains, sur d'autres cercles, en d'autres temps, les ont conçues et fabriquées. Mai ici, nous n'en avons pas besoin. » On retiendra donc surtout de ce roman cette vision optimiste de notre avenir. En espérant qu'un jour, nos descendants, parviendront à se passer des armes, anciennes, actuelles ou du futur.

« Les jardins du temps » d’Émilie Querbalec, Albin Michel, 352 pages, 21,90 €. 

Émilie Querbalec fait partie des auteurs invités au Festival Méditerranée polar et imaginaire du 12 au 14 juin sur le Lydia au Barcarès dans les Pyrénées-Orientales.


mercredi 25 mars 2026

Thriller - Sinistre Hameau sur le Danube

En décrivant les agissements des habitants du Hameau sur le Danube, Niko Tackian raconte aussi les errements guerriers de l'Europe.

Deux lieux et trois destins composent le menu de ce thriller signé Niko Tackian. Les lieux : le hameau, réplique d'un village français du XVIIIe siècle et le Danube, immense fleuve traversant toute l'Europe, chemin naturel des guerres et des exils. Les destins : Paul, un Français moyen, rattrapé par son histoire familiale à la mort de son père, Léna, jeune Allemande à la recherche des meurtriers de sa jeune sœur et Dmitri, virtuose russe, obligé d'aller se battre contre les Ukrainiens dans une guerre qu'il va fuir. Ces trois parcours parallèles permettent à l'auteur de donner une grande diversité de ton et de style à ce roman haletant. Le lecteur passe donc des transports en commun parisiens (Paul est chauffeur à la RATP), aux salons de massage de Berlin (Léna survit péniblement en esquivant les propositions salaces des clients et de son patron) au front du Donbass, entre boue, neige fondue, chairs putréfiées et snipers sans pitié, terrifiant quotidien de Dmitri, soldat russe qui a miraculeusement conservé son seul bien de valeur : un violon.

Trois solitaires qui arrivent à un tournant de leur vie. Paul apprend la mort de son père qui l'a abandonné quand il était bébé. Il va hériter d'une fortune. Léna est contactée par la police car sa jeune sœur vient d'être découverte assassinée, son corps malmené après des mois passés dans les eaux du Danube . Dmitri, enfin, n'en peut plus. Il va déserter, troquer son violon contre un passage vers l'Ouest dans une péniche qui remonte le Danube de la Roumanie à l'Allemagne en passant par Vienne en Autriche. Ce fleuve est au centre du roman : « On appelait le Danube le fleuve noir, car son lit, profond et chargé de limon, absorbait la lumière comme une gueule affamée. Dmitri fixait ses eaux, hypnotisé par son mouvement(...) Il se demanda combien de gens comme lui il avait transporté. Combien d'amoureux, de fuyards, de soldats... combien d'espoirs brisés charriait-il dans son ventre d'ombre ? »

Des trois atmosphères décrites par Niko Tackian, celle de la fuite de Dmitri est la plus prenante. En se plongeant dans la détresse, les doutes et la détermination du soldat russe déserteur, on comprend mieux cette guerre qui ravage le sol européen, à quelques centaines de kilomètres de chez nous.

Finalement, ces trois errants solitaires, ballottés par les événements, vont s'échouer sur une petite île isolée du Danube, pas loin de Vienne en Autriche. Là où a été construit la réplique du Hameau de Marie-Antoinette, petit village édifié dans le parc du château de Versailles, lieu où elle aimait jouer à la paysanne avec ses amis de la Cour. Une partie historique du roman, comme pour démontrer que la folie guerrière des peuples européens est une constance de notre Histoire

« Le hameau » de Niko Tackian, Calmann Lévy, 360 pages, 20,50 €

jeudi 19 mars 2026

True crime - Le feuilleton Eugène Weidmann en quatre fascicules chez 10/18

Le genre du « true crime » associé au feuilleton : simple mais il fallait trouver la matière pour transformer l'idée en expérience éditoriale et littéraire convaincante. Cyril Gay a relevé le défi et inaugure une nouvelle collection chez 10/18. Un fait divers raconté dans quatre fascicules hebdomadaires. 

Découvrez « L'affaire Eugène Weidmann » qui a passionné le public avide de morts violentes à la fin des années 30. Cet Allemand, parlant parfaitement l'anglais et le français, a tué plusieurs personnes à Paris et dans les environs. Pour des butins dérisoires la plupart du temps. Des femmes seules trop naïves et des hommes attirés par de fausses opportunités financières. 

Le texte est incisif, direct, entre récit journalistique et historique. Il est renforcé par une importante iconographie : photos des tueurs, des victimes et des lieux des drames. Un tout petit prix (4,95 euros chaque numéro), pour  se souvenir que côté délinquance et meurtres gratuits, non, ce n'était pas mieux avant.

mercredi 18 mars 2026

Thriller - Confinement puissance 1000 dans ce thriller de Michaël Mention


Le Covid et le confinement ? La bonne blague ! Pour s'en persuader il vous suffit de lire « Qu'un sang impur », thriller horrifique signé Michaël Mention. Dans ce thriller, la France (comme le reste de la planète), est frappé par un mal mystérieux. Les arbres sont les premiers à souffrir en perdant leurs feuilles. Mais quand les humains se transforment en tueurs assoiffés de sang, le gouvernement décrète... le confinement. 

Le roman raconte ces quelques jours de folie meurtrière en suivant une famille française basique, Matt, Clem et leur fils Téo de quatre ans. Entre belle solidarité, trahison, opportunisme, sacrifices et coups tordus, ce sont tous les aspects de l'Humanité qui sont passés à la moulinette par le romancier, imaginant le pire de jour en jour. Les survivalistes vont adorer, les amateurs de frissons se poser bien des questions.

« Qu'un sang impur » de Michaël Mention, Belfond noir, 336 pages, 20 €  L'auteur fait partie des invités du Festival Méditerranée polar et imaginaire du 12 au 14 juin sur le Lydia au Barcarès.