Un agent d'Interpol cherche un lien après une série d'attentats contre des politiciens européens.
Comment fonctionne Interpol et quelle est son utilité ? La lecture de « Bureau 26 », roman noir d'Elie Maucourant apporte en partie des réponses. En partie seulement car l'auteur centre son intrigue autour du Bureau 26. Le seul de la structure qui est opérationnel. En clair, Interpol n'est qu'une « agence centralisant le renseignement ». Le bureau 26 est « un corps dédié à la mise en lien des affaires, autorisé à repasser au peigne fin les dossiers ouverts à Interpol. Ce nouveau bureau a plus de prérogatives que le reste de l'administration. » Le seul problème c'est l'effectif du Bureau 26. Une chef et un seul agent de terrain : Gabriel d'Amore, titularisé essentiellement pour sa parfaite maîtrise d'une dizaine de langues.
Un franc-tireur toujours sur la corde raide. Car s'il a le droit d'aller où il veut, armé, en renfort des policiers locaux, il ne doit pas intervenir directement. Alors qu'il rentre de Barcelone après une mission où il a plus qu'aidé les Mossos d'Esquadra à interpeller un suspect, il est sollicité par le Vatican. Un homme a tenté d'assassiner le Pape ? Ce dernier est dans le coma. Qui en veut à sa Sainteté ? Et y a-t-il un lien avec la mort d'un homme politique français retrouvé dans la Seine et le suicide d'un leader indépendantiste écossais ?
Avec ténacité et souvent sans l'aval de sa hiérarchie, d'Amore plonge dans ce fatras de rapports de police et décide de se faire une meilleure idée de la situation en se rendant sur place. D'abord en banlieue parisienne pour le passage le plus sordide, réveillant de sombres souvenirs au flic d'Interpol, passé par la case famille d'accueil et sévices à tous les étages.
Ensuite c'est l'Irlande avant de devoir tout arrêter pour se rendre au Liban en tant que superviseur d'une grosse opération de démantèlement d'un réseau fournissant du Captagon, médicament interdit devenu drogue très recherchée dans tous les pays en guerre. C'est la partie la plus musclée du roman. On continuera de voyager avec Gabriel, en Allemagne, en Suisse et en Écosse.
Ce roman, très actuel, aborde frontalement les questions d'éthique autour de l'utilisation de l'intelligence artificielle pour manipuler l'opinion et prévoir l'avenir. Dépaysant, technologique et malgré tout profondément humain, ce premier roman noir d'Elie Maucourant (il a déjà signé une saga d'anticipation) est une excellente surprise.
« Bureau 26 », Elie Maucourant, Métailié, 256 pages, 20 €










