Dans le genre violent et réservé aux adultes, la série Hellboy imaginée par Mike Mignola fait partie des maîtres étalons. Mais pourquoi se priver de la vaste audience des plus jeunes fans de comics ? Avec pas mal d'audace, le créateur du diable les plus rouge et cornu de l'enfer ose la version "young". Avant de faire parler son poing surdimensionné, le petit démon a vécu une enfance (presque) normale.
Pour raconter ces débuts, on retrouve le duo Thomas Sniegoski (scénario) et Craig Rousseau (dessin). L'histoire revendique une certaine naïveté couplée à une intrigue faisant la part belle à quelques célèbres chimères, du gorille géant à la femme vampire en passant par l'île mystérieuse cachée de tous. Rien de bien nouveau, mais force est de constater que le tout mélangé prend comme une mayonnaise (un aïoli pour les Sudistes) ferme et goûteuse. En compagnie du professeur Bruttenholm, son protecteur et tuteur, Hellboy, dix ans, est très excité à l'idée de prendre l'avion pour aller visiter un site de fouilles en Amérique du Sud.
En plein vol, un illuminé religieux, persuadé que sa mission sur terre est d'éliminer ce démon rouge, tue les pilotes. L'avion se crashe, Hellboy et le professeur survivent et s'échouent sur la plage d'une île. Premier problème : l'attaque de crabes géants. Heureusement, un gorille monumental aux yeux mauves surgit de la jungle et passe au court-bouillon les crustacés XXL. Un peu plus tard, Hellboy, sur le point d'être enseveli dans des sables mouvants, est sauvé par une sauvageonne qui semble être l'amie d'un peuple de singes évolués. La suite ? Des dinosaures, une malédiction, une femme vampire et pas mal de baston pour un Hellboy pas encore au top de sa force mais déjà courageux face à l'adversité.
Les plus critiques diront que c'est simplet. Les autres reconnaîtront l'hommage permanent à une certaine BD, passée de mode mais qui a façonné l'imaginaire de millions d'adolescents des cinq dernières générations.
"Young Hellboy" (tome 1), Delcourt, 120 pages, 15,95 €

















