dimanche 2 août 2026

BD - Partir en création


Les éditions Gallimard, submergées de manuscrits confinés, ont demandé aux auteurs en herbe de cesser leurs envois. Voilà qui ne va pas arranger le héros de Partir un jour, BD de Manu Boisteau

Une autofiction où un homme blanc la quarantaine, décide de quitter son emploi de bureau avec mutuelle et 13e mois pour entrer en écriture. Le roman n’avance pas, sa vie personnelle plonge dans les bas-fonds. 


Cela pourrait être sinistre et sans espoir, c’est enjoué, parfois caustique, toujours marrant et édifiant. Tous les grands écrivains méconnus (et grands dépressifs assumés), soit un tiers de la population totale de la France, doivent lire ces 128 pages pour enfin comprendre le sens de leur vie.  

« Partir un jour », Casterman, 21 € (Album paru en 2021)

samedi 1 août 2026

BD - Vénus steampunk


Le Château des étoiles d’Alex Alice voit son univers s’étoffer de cette série écrite par Alain Ayroles et dessinée par Jung. On suit les aventures du bagnard Aurélien et de son amoureuse, l’actrice Hélène Martin. Le premier est utilisé comme main d’œuvre gratuite pour construire une ville nouvelle sur Vénus, nouvelle colonie française. 

Hélène rejoint la planète sauvage pour tenter de le libérer. Cet univers steampunk fera rêver petits et grands. Inventions géniales, dinosaures agressifs, forêt vierge hostile et mystérieux Vénusiens : cette trilogie s’annonce palpitante. 

« Les Chimères de Vénus » (tome 1), Rue de Sèvres, 15 €

vendredi 31 juillet 2026

BD - Faites vos premiers achats dans le "Magasin général" de Loisel et Tripp


L'histoire de Magasin général se déroule dans un village du Québec rural à partir du début des années 1940. Elle gravite autour d'un personnage féminin, Marie, veuve avant l'heure et héritière du principal commerce local (le « Magasin général » qui donne son titre au récit), que l'irruption d'un étranger dans la petite communauté va progressivement réconcilier avec le bonheur; bonheur d'aimer, bonheur d'être aimé(e), mais pas exactement de la manière que l'on pourrait imaginer...

Écrit et dessiné à quatre mains, cet album d'une extraordinaire sensibilité est dû au talent conjugué de Loisel et de Tripp. Loisel crayonne, Tripp encre. Au final le dessin est d'une étonnante beauté, totalement au service d'une histoire profondément humaine, plongeant le lecteur dans un univers dépaysant. Le Québec rêvé.

"Magasin général" de Loisel et Tripp, Casterman, 82 pages, 18 € (Chronique parue initialement dans Centre Presse Aveyron le dimanche 14 mai 2006)


jeudi 30 juillet 2026

Secret de tournage à Hollywood dans la BD "La bobine d'Alfred"


Alfred Hitchcok a-t-il laissé un film inachevé en guise de testament cinématographique ? Cette interrogation est au centre de cet album de BD écrit par Malika Ferdjoukh et Nicolas Pitz. Ce film, tiré d’une pièce de J. M. Barrie, est passé entre les mains de Harry, fils du cuisinier de Lina Lamont, ancienne gloire du cinéma muet. A Hollywood, Harry va assister au tournage secret de ce film racontant une histoire de fantôme. Il y rencontrera la star et va en tomber amoureux. 

C’est en partie pour elle qu’il dérobe la pellicule. Cette histoire complète, en plus de l’intrigue, nous plonge avec réalisme sur un plateau de tournage mais aussi dans les fêtes organisées par des magazines, parfaites pour récolter des potins quand l’alcool coule à flot.

➤ « La Bobine d’Alfred », Rue de Sèvres, 14 € (Album paru en 2018)

mercredi 29 juillet 2026

BD - L’Afrique n’a rien d’un conte pour enfants


Textes de Paule Constant, dessins de Barroux, ce roman graphique sous des airs de graphisme naïf et de couleurs vives est un véritable cauchemar. Celui que vivent depuis des décennies les habitant de ce continent ravagé par les guerres, l’exploitation et les maladies. Cela commence comme un conte pour enfants. 

Dans la brousse, près d’une rivière, une fillette recueille un bébé chauve-souris. Au même moment une une jeune française vient vacciner les populations locales. Elle croise un gentil compatriote et un drôle de médecin. Cela pourrait être pittoresque si l’action ne se déroulait pas près de la rivière Ebola...

➤ "Des chauves-souris, des singes et des hommes», Gallimard , 18 € 

mardi 28 juillet 2026

BD - Procès religieux


Si l’on en croit la préface signée du scénariste, JD Morvan, cette série en trois tomes a mis bien des années avant d’être réellement lancée. Un problème de dessinateur réglé avec l’arrivée de Scietronc, Rémois comme Morvan. 

Le moine mort est un récit d’héroïc fantasy qui ressemble plus à une pièce de théâtre qu’à une saga. Un moine meurt et laisse dans sa cellule un livre où il raconte le combat de sa vie. 


Il a tenté de faire innocenter un simple d’esprit capturé par hasard sur un champ de bataille. Il est question d’hérétiques, de justice, divine et expéditive. 

Malgré le minimum de décors et d’action, Scietronc parvient à sublimer l’histoire avec des flash-back et une grande science de la mise en scène. Un récit « surprenant », comme le décrit Morvan, très éloigné des sentiers battus de la fantasy.   

« Le moine mort », Glénat, 13,90 €

lundi 27 juillet 2026

BD - Dangereux taxis


Matz, scénariste renommé qui a imaginé Le Tueur, série qui va prochainement être adaptée par David Fincher pour Netflix, lance un nouveau personnage de taiseux. Zoli est un tatoueur hongrois. Il se cache à paris. La nuit, il va chez des particuliers pour réaliser des fresques à même leur peau. Payé en liquide, il rentre en taxi. 

Un soir, le chauffeur se confie à lui, raconte comment un complot est en train de se mettre en place par de nombreux chauffeurs ayant décidé de nettoyer la France. Zoli, qui veut avant tout rester discret, pense aux délires d’un paranoïaque. Mais il se met à douter après l’assassinat de plusieurs célébrités. 

Drôle d’ambiance dans cette BD dessinée par Futaki, lui-même Hongrois et grand amateur de tatouage. Un album où deux professions très spéciales se percutent.  

« Le tatoueur », Bamboo Grand Angle, 14,50 €

dimanche 26 juillet 2026

BD - Succession compliquée à la Cour des Miracles


Julien Maffre, passé par les Beaux-arts de Perpignan, se lance dans une nouvelle série avec Stéphane Piatzsek au scénario. En cinq tomes ils entreprennent de raconter les grandes heures de la Cour des Miracles

Le premier tome présente Anacréon, le roi des gueux. Il règne sur ces voleurs, infirmes et orphelins. Mais la retraite approche. Il compte passer le flambeau à son fils, trop jeune et imprudent, malgré la protection efficace de sa sœur, la Marquise.

➤ « La Cour des Miracles » (tome 1), Soleil Quadrants, 15,50 € 

samedi 25 juillet 2026

BD - Tata Alice contre les barbus


Oser rire du terrorisme islamique ! Le concept est risqué, mais Dodo et Cha s’en tirent à merveille. Normal car ces deux nanas n’ont jamais supporté que les mecs s’arrogent des droits sur le sexe opposé. Or, dans le genre « la femme est une marchandise dont on dispose comme on l’entend », les terroristes de Daesh en imposent. Raconté sous le prisme féminin, ce récit replace ces supposés combattants à leur place : celle de débiles misogynes. 

Tout débute à Paris. Gina, employée dans une ONG, apprend que sa cousine Pauline, encore adolescente, s’est rendue en Syrakie. Pour dénoncer le dictateur en place, mais elle a été enlevée par les rebelles du Grand Khalifat et est retenue prisonnière. Gina va faire croire aux recruteurs qu’elle aussi veut rejoindre la lutte. Elle retrouve Pauline, mais est elle aussi emprisonnée. 

Le dernier espoir réside dans la venue de la tante, Tata Alice. Une passionnara qui a fait Mai 68 et qui va mettre un sacré bazar chez les barbus. 

Action, aventure, politique et surtout humour pour une BD très actuelle et par des autrices qui se mouillent.

➤ « Le voile noir », Casterman, 13,95 € 

vendredi 24 juillet 2026

BD - Un curé irlandais et ses étranges ouailles


Histoire bucolique et champêtre imaginée par Crisse et mise en couleurs par Paty. Dans un petit village d’Irlande, au début du XXe siècle, un curé répète ses prêches tôt le matin devant un troupeau de moutons. 

Ce que le religieux ne sait pas, c’est que les ovins le prennent pour Dieu. À la fin de son discours, il offre quelques friandises aux bêtes. 


Panique dans le troupeau quand il ne vient pas. Le curé a été attaqué, la nuit, dans son église. L’histoire se transforme en enquête policière menée par un écureuil et un hibou insomniaque

Une jolie fable, un peu à la Pagnol, avec tension chez les animaux et les humains. Car accolé à l’église, un pub serait à l’origine du malheur arrivé au curé.   

« Le pré derrière l’église », Soleil, 14,50 €