mercredi 29 juillet 2026

BD - L’Afrique n’a rien d’un conte pour enfants


Textes de Paule Constant, dessins de Barroux, ce roman graphique sous des airs de graphisme naïf et de couleurs vives est un véritable cauchemar. Celui que vivent depuis des décennies les habitant de ce continent ravagé par les guerres, l’exploitation et les maladies. Cela commence comme un conte pour enfants. 

Dans la brousse, près d’une rivière, une fillette recueille un bébé chauve-souris. Au même moment une une jeune française vient vacciner les populations locales. Elle croise un gentil compatriote et un drôle de médecin. Cela pourrait être pittoresque si l’action ne se déroulait pas près de la rivière Ebola...

➤ "Des chauves-souris, des singes et des hommes», Gallimard , 18 € 

mardi 28 juillet 2026

BD - Procès religieux


Si l’on en croit la préface signée du scénariste, JD Morvan, cette série en trois tomes a mis bien des années avant d’être réellement lancée. Un problème de dessinateur réglé avec l’arrivée de Scietronc, Rémois comme Morvan. 

Le moine mort est un récit d’héroïc fantasy qui ressemble plus à une pièce de théâtre qu’à une saga. Un moine meurt et laisse dans sa cellule un livre où il raconte le combat de sa vie. 


Il a tenté de faire innocenter un simple d’esprit capturé par hasard sur un champ de bataille. Il est question d’hérétiques, de justice, divine et expéditive. 

Malgré le minimum de décors et d’action, Scietronc parvient à sublimer l’histoire avec des flash-back et une grande science de la mise en scène. Un récit « surprenant », comme le décrit Morvan, très éloigné des sentiers battus de la fantasy.   

« Le moine mort », Glénat, 13,90 €

lundi 27 juillet 2026

BD - Dangereux taxis


Matz, scénariste renommé qui a imaginé Le Tueur, série qui va prochainement être adaptée par David Fincher pour Netflix, lance un nouveau personnage de taiseux. Zoli est un tatoueur hongrois. Il se cache à paris. La nuit, il va chez des particuliers pour réaliser des fresques à même leur peau. Payé en liquide, il rentre en taxi. 

Un soir, le chauffeur se confie à lui, raconte comment un complot est en train de se mettre en place par de nombreux chauffeurs ayant décidé de nettoyer la France. Zoli, qui veut avant tout rester discret, pense aux délires d’un paranoïaque. Mais il se met à douter après l’assassinat de plusieurs célébrités. 

Drôle d’ambiance dans cette BD dessinée par Futaki, lui-même Hongrois et grand amateur de tatouage. Un album où deux professions très spéciales se percutent.  

« Le tatoueur », Bamboo Grand Angle, 14,50 €

dimanche 26 juillet 2026

BD - Succession compliquée à la Cour des Miracles


Julien Maffre, passé par les Beaux-arts de Perpignan, se lance dans une nouvelle série avec Stéphane Piatzsek au scénario. En cinq tomes ils entreprennent de raconter les grandes heures de la Cour des Miracles

Le premier tome présente Anacréon, le roi des gueux. Il règne sur ces voleurs, infirmes et orphelins. Mais la retraite approche. Il compte passer le flambeau à son fils, trop jeune et imprudent, malgré la protection efficace de sa sœur, la Marquise.

➤ « La Cour des Miracles » (tome 1), Soleil Quadrants, 15,50 € 

samedi 25 juillet 2026

BD - Tata Alice contre les barbus


Oser rire du terrorisme islamique ! Le concept est risqué, mais Dodo et Cha s’en tirent à merveille. Normal car ces deux nanas n’ont jamais supporté que les mecs s’arrogent des droits sur le sexe opposé. Or, dans le genre « la femme est une marchandise dont on dispose comme on l’entend », les terroristes de Daesh en imposent. Raconté sous le prisme féminin, ce récit replace ces supposés combattants à leur place : celle de débiles misogynes. 

Tout débute à Paris. Gina, employée dans une ONG, apprend que sa cousine Pauline, encore adolescente, s’est rendue en Syrakie. Pour dénoncer le dictateur en place, mais elle a été enlevée par les rebelles du Grand Khalifat et est retenue prisonnière. Gina va faire croire aux recruteurs qu’elle aussi veut rejoindre la lutte. Elle retrouve Pauline, mais est elle aussi emprisonnée. 

Le dernier espoir réside dans la venue de la tante, Tata Alice. Une passionnara qui a fait Mai 68 et qui va mettre un sacré bazar chez les barbus. 

Action, aventure, politique et surtout humour pour une BD très actuelle et par des autrices qui se mouillent.

➤ « Le voile noir », Casterman, 13,95 € 

vendredi 24 juillet 2026

BD - Un curé irlandais et ses étranges ouailles


Histoire bucolique et champêtre imaginée par Crisse et mise en couleurs par Paty. Dans un petit village d’Irlande, au début du XXe siècle, un curé répète ses prêches tôt le matin devant un troupeau de moutons. 

Ce que le religieux ne sait pas, c’est que les ovins le prennent pour Dieu. À la fin de son discours, il offre quelques friandises aux bêtes. 


Panique dans le troupeau quand il ne vient pas. Le curé a été attaqué, la nuit, dans son église. L’histoire se transforme en enquête policière menée par un écureuil et un hibou insomniaque

Une jolie fable, un peu à la Pagnol, avec tension chez les animaux et les humains. Car accolé à l’église, un pub serait à l’origine du malheur arrivé au curé.   

« Le pré derrière l’église », Soleil, 14,50 €

jeudi 23 juillet 2026

BD - Troll de mariage


Les histoires de Trolls permettent toutes les variations possibles et imaginables tant le petit monde imaginé par Arleston et Mourier est riche de personnages singuliers et irrésistibles. Dans ce 25e album de la série, les auteurs mettent en vedette Puitepée, la trolle mère de Waha. 

Deux mages, qui conspirent pour prendre le pouvoir à la place du vénérable Rysta Fukatou, ensorcellent ces deux protagonistes que tout oppose provoquant une passion réciproque et dévorante. 

Les conspirateurs croient que les trolls vont démembrer Fukatou. Mais Puitepée le protège et la belle histoire d’amour se prolonge au palais. 

L’occasion pour Arleston de brocarder les phénomènes de mode, la cour s’entichant pour le mode de vie des Trolls, notamment des mouches domestiques…  

« Trolls de Troy » (tome 25), Soleil, 14,50 € 

mercredi 22 juillet 2026

BD - Le mafieux évolue


Les truands d’aujourd’hui n’ont rien à voir avec les grands voyous du passé. Ce roman graphique écrit par Loulou Dedola, par ailleurs auteur compositeur lyonnais, dessiné par le Sicilien Lelio Bonaccorso, raconte la trajectoire violente et semée d’embûche de Giacomino surnommé le Sarde.


Il règne sur le trafic de drogue à Lyon et n’hésite pas à attiser les tensions entre bandes pour mieux contrôler la situation. Passionné de foot, il fait aussi dans les paris truqués et vient de découvrir un jeune surdoué du ballon rond. Mais en l’aidant (le jeune et sa mère, belle et célibataire), il rompt son premier principe de vie qui consiste à ne jamais avoir de moyen de pression contre lui. 

Cela finit assez mal, comme toutes les histoires de gangsters. Ça, cela ne change pas quelle que soit l’époque. 

« Le Sarde », Glénat, 19 €

mardi 21 juillet 2026

BD - "La peau de l'autre" : horrible et célèbre


La collection Grand Angle de chez Bamboo s’enrichit chaque mois de grandes signatures. Serge Le Tendre semble avoir trouvé un écrin idéal pour ses histoires réalistes. Il offre à Gaël Séjourné (L’appel des origines), cette histoire se déroulant durant les années 40 aux USA. 

Harvey et Ross travaillent sur une comédie musicale. Mais quand la guerre éclate en 1941, Harvey se retrouve pilote en Europe. Accidenté, il revient défiguré. 


Une gueule cassée qui va tenter de rentabiliser son infirmité en devenant un des visages du cinéma de l’horreur en plein développement à Hollywood

Une histoire sombre où il est question de vengeance, de folie et du désespoir de ces blessés rejetés alors qu’ils ont sauvé le monde libre face à l’horreur nazie. 

« La peau de l’autre » (tome 1), Bamboo Grand Angle, 14,90 € 

lundi 20 juillet 2026

BD - De l’éducation des sorcières avec l'exemple de Zora


Zora, petite sorcière, est furieuse. Sa grand-mère vient de la priver de ses pouvoirs (en nouant ses longs cheveux) et l’oblige d’aller à l’école avec les non-sorciers. Judith Peignen, spécialiste du monde sorcier (elle a longtemps dirigé le magazine Les p’tites sorcières) a imaginé cette histoire toute simple d’une sorcière ado obligée de vivre comme les humains.

Un premier tome dessiné par Ariane Delrieu, illustratrice qui manie la couleur avec dextérité. La première partie montre une Zora déboussolée par ce monde où elle n’a aucun repère. A la cantine, par exemple, elle demande un « coulis de fourmi rouge » pour agrémenter son dessert. Ensuite, elle rencontre une autre sorcière et se sent immédiatement moins perdue et seule.  

« Les sortilèges de Zora » (tome 1), Vents d’Ouest, 11,50 €