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mardi 25 août 2026

BD - A la recherche des derniers colons


Le space opéra n’a pas dit son dernier mot. «Colonisation» de Denis-Pierre Filippi (scénario) et Vincenzo Cucca (dessin, et bien évidemment Italien...) reprend les bases du genre. Des vaisseaux spatiaux, quelques aliens, gentils et dotés d’une technologie très avancée, des pirates, des nef perdues au fin fond de  la galaxie et une mission de secours périlleuse. Le compte est bon, surtout si l’on rajoute à cela un équipage mené par une forte tête, la rousse, mignonne mais pas commode, Milla Aygon

Dans un futur assez éloigné, la terre au bord de l’asphyxie, envoie des dizaines de nefs dans tout l’espace pour tenter de trouver des planètes à coloniser. Quelques années plus tard, une nouvelle technologie permet de trouver ces lieux à coloniser sans les années de voyage.Des missions sont alors lancées pour retrouver les nefs. 

Milla est à la tête d’une de ces expéditions et retrouve dans un vaisseau en ruines un seul corps encore en vie, celui de l’officier Clarence Sternis.

Un peu complexe dans ses premières pages, cette série est pourtant prometteuse pour les fans de ce genre d’histoires. Et ils n’auront pas à attendre trop longtemps pour découvrir la suite puisque le tome 2 devrait se poser le 11 avril prochain dans toutes les bonnes librairies de la galaxie.

«Colonisation» (tome 1), Glénat, 13,90 €

lundi 24 août 2026

BD - Les premiers pas de l'Agence Hardy


Après avoir beaucoup exploré le futur et le présent, Pierre Christin, scénariste de Valérian et de quelques légendes oubliées illustrées par Bilal, a volontairement décidé de se plonger dans le Paris de son enfance. 

Mme Hardy est détective privé, près des entrepôts de Bercy, en 1955. Cette belle et grande bourgeoise travaille en indépendante pour oublier son veuvage, comme d'autres iraient à la messe. 

Cela ne marche pas très fort mais un gros client pourrait renflouer les caisses. Un industriel s'inquiète de la disparition d'un jeune chimiste qui venait de mettre au point un nouveau parfum.

Aidé de son jeune assistant Victor, Mme Hardy va vite être plongée dans une sombre affaire d'espionnage industriel entre Russes et Américains.

Finement illustrée par Annie Goetzinger, cette histoire bien ficelée est pleine de charme.

"Agence Hardy - Le parfum disparu", Dargaud. (Album paru en 2001. Chronique publiée initialement en mai 2001 dans Centre Presse Aveyron)


dimanche 23 août 2026

BD - Mars peut sauver la Terre


Dès le début du 3e tome d’Olympus Mons, écrit par Christophe Bec, Aveyronnais vivant dans le Tarn et dessiné par Stefano Raffaele, un Italien, le ton est donné : l’apocalypse semble inévitable. A moins qu’une cosmonaute russe, bloquée sur Mars, trouve une entrée dans le vaisseau spatial gigantesque découvert que Olympus Mons. Là pourrait se trouver la solution pour empêcher la fin prochaine de notre planète. 

Rythme de parution soutenu, multiplication des lieux où  se déroule l’action, aller-retours dans le temps, premières apparitions de ce qui semble être des extraterrestres (ou des robots, on ne sait pas encore trop pour l’instant) : il n’y a rien à jeter dans cette  BD caractéristique de l’univers foisonnant et toujours très imaginatif de Christophe Bec. 

«Olympus Mons» (tome 3), Soleil, 14,50 €

samedi 22 août 2026

BD - « Oblivion Song », l’autre monde de Robert Kirkman


De tous les scénaristes de BD américains, Robert Kirkman est sans doute le plus connu. Normal, on lui doit la série «The Walking Dead», série ultime sur les zombies au succès démultiplié depuis qu’il l’ adapté à la télévision. Aussi quand il décide de lancer une nouvelle série, les fans sont aux anges. 

«Oblivion Song», dessiné par l’Italien Lorenzo De Felici est remplie de monstres. Mais pas du tout humains. A Philadelphie, en quelques secondes, une partie de la ville est vidée de 300 000 de ses habitants.Ils ont basculé dans une autre dimension peuplée de monstres. Nathan Cole, le héros, a trouvé un moyen pour aller récupérer les rares survivants.

Double intrique pour ce premier tome de 160 pages. Sur terre avec les manigances de l’armée US et dans l’autre dimension, Oblivion, où tout le monde ne veut pas revenir. Un univers très addictif, tant par ses rebondissements que sa beauté graphique.

«Oblivion Song» (tome 1), Delcourt, 16,50 € (Album paru en 2018)

vendredi 21 août 2026

BD - L’énigme Lapérouse


Fantastique expédition scientifique destinée à mieux connaître notre monde, le périple de Lapérouse et de ses deux navires n’est pas allé au bout. Que s’est-il passé au large d’îles isolées et totalement sauvages du Pacifique ? 

Peter Dillon, plusieurs décennies après le drame, affirme avoir la réponse à cette interrogation qui passionne encore la France. Le récit de Boris Beuzelin s’appuie sur des documents certifiés, mais se permet d’extrapoler. 

On suit donc ce marin anglais, aventurier aux faux airs de Corto Maltese, cherchant avant tout à faire fortune en ramenant les derniers vestiges de l’aventure maritime royale de la fin du XVIIe siècle. On entre avec une grande facilité dans cette histoire où les sauvages ne sont pas forcément là où on les attend. 

« Peter Dillon », Glénat, 17,50 €

jeudi 20 août 2026

BD - Tombelaine ou un Français chez les Boxers

En 1900, la Chine s'éveille. La révolte des Boxers marque la déroute des puissances coloniales pensant pouvoir se partager les richesses de l'empire du Milieu.

Cet épisode capital de l'histoire de l'Asie sert de toile de fond au premier volume d'une nouvelle série écrite par Chaillet et dessinée par Capo. Tombelaine c'est le nom d'un domaine de Normandie, propriété familiale de Quentin Fortune un jeune instituteur frais émoulu de l'école normale. Mais les ruines du château ont été rachetées par Lebeuf, le père d'Amélie, une jeune fille amoureuse de Quentin. Un amour contrarié car Quentin découvre les trafics de Lebeuf.

Victime d'un odieux chantage, il doit oublier Amélie, quitter la France, et s'engager dans le corps expéditionnaire mis en place pour mater la révolte des Chinois. Chaillet, sans justifier la violence des Boxers, dénonce le climat d'affairisme et de pillage organisé mis en place par les colonisateurs. Bernard Capo s'en tire à merveille grâce à son trait réaliste très précis.

"Tombelaine" (tome 1), Casterman (Album paru en 2001. Chronique publiée initialement en mai 2001 dans Centre Presse Aveyron


mercredi 19 août 2026

BD - Une énergie nouvelle pour aller encore plus vite et plus loin


Le petit génie qui travaille depuis des années sur un moteur à eau et qui pense arriver au bout de ses recherches doit se mordre les doigts. Paradoxalement, l'eau que l'on croyait présente en énormes quantités partout sur la planète se raréfie au même rythme que le réchauffement climatique explose… Il n'y a pas d'engin doté d'un moteur à eau dans "L'équipée du siècle", BD écrite par Dominique Latil et dessinée par Romain Sordet. Dans un passé légèrement remanié (fin du XIXe siècle), la révolution industrielle bat son plein. Les premières voitures permettent de raccourcir les distances. 

Le plus grand des pays, les USA, lance une gigantesque compétition pour encourager l'innovation et décider quelle sera la prochaine source d'énergie privilégiée par l'Etat. Il faut tout simplement traverser le continent, d'Est en Ouest, de l'Atlantique au Pacifique, le plus rapidement possible. Des grandes firmes engagent des bolides novateurs. Mais dans cette cohorte de voitures ou camions avançant grâce au pétrole ou au charbon, une moto compacte semble peu apte à l'emporter. Et pourtant, elle est conduite par Lewis Carver, as du guidon et des cabrioles (il survit en effectuant des cascades dans un cirque ambulant). Il aurait largement sa place dans le championnat national, mais il a le handicap d'être Noir. Dans ce passé déformé, si certaines énergies sont nouvelles, les préjugés et le racisme sont anciens et toujours d'actualité. Derrière Lewis, la rousse au yeux verts, Maddie Clarke, jeune ingénieure qui a trouvé dans un minerai rare la possibilité d'alimenter un générateur électrique portable. Le GEAR (générateur d'électricité aérobique récursif) lui permet de faire rouler la moto durant plusieurs jours d'affilée sans avoir besoin de ravitailler, contrairement aux autres concurrents. 

Histoire complète menée à 100 à l'heure, L'équipée du siècle, après la présentation scientifique du GEAR et des deux héros que tout oppose en dehors de la soif de victoire, est une trépidante course dans les USA en pleine construction. Les embûches sont nombreuses. En provenance des locaux croisés, mais surtout des autres conducteurs, souvent plus payés pour saboter les adversaires que pour faire avancer leur prototype. Romain Sordet prend beaucoup de plaisir à dessiner ces belles mécaniques imaginaires et les grands espaces américains. Il a aussi très réussi les portraits de Lewis et Maddie. Un régal pour les yeux.   

"L'équipée du siècle", Bamboo Drakoo, 64 pages, 16,90 €


mardi 18 août 2026

BD - Pilotes sous contrôle


Tanguy et Laverdure, les chevaliers du Ciel imaginés par Charlier et Uderzo, volent toujours pour l’armée française. Dans ce 9e album de la nouvelle série, dessiné par Sébastien Philippe et scénarisé par Buendia et Zumbiehl, le duo est aux prises avec un savant fou qui, en implantant des nano-robots dans le cerveau d’un pilote, peut prendre le contrôle de sa volonté. 

Un de nos héros va être victime de cette piraterie des temps modernes. Combats en Bretagne, survol de Guernesey, attaque d’une base secrète par un commando : beaucoup d’action dans cette histoire qui verra sa conclusion dans le 10e titre.  

« Les chevaliers du Ciel » (tome 9), Dargaud, 13 €

lundi 17 août 2026

BD - Femmes puissantes ou simples sorcières


Les féministes luttant de nos jours seraient traitées de sorcières au Moyen Âge. Ce constat évident est au centre du roman graphique Sorcières ! disent-ils de Juliette Ihler et Singeon. 150 pages où les auteurs retracent l’histoire de la chasse aux sorcières en racontant ce qui s’est passé dans un petit village de France profonde, Sauzelle, en 1489. 


Les villageois vivent en bonne intelligence. Le soir venu, les femmes aiment à se retrouver ensemble. Il y a Yolanda, diseuse de bonne aventure, Ermentrude, guérisseuse, Theodora, forgeronne, célibataire et libertine et Boussarde, mariée et excellente cuisinière. Des femmes qui pensent par elles-mêmes, ne sont pas inféodées aux hommes. 

Trop puissantes pour l’époque. Cela ne plaît pas à deux inquisiteurs chargés de prouver que ce sont des sorcières et qu’il faut les brûler en place publique après des procès qui s’apparentent plus à des séances de tortures pour esprits sadiques qu’à de la justice. Même divine.      

« Sorcières ! disent-ils », Delcourt, 18,95 €

dimanche 16 août 2026

BD - Candélabres, êtres merveilleux aimant le feu


Un peu de fantastique, une touche de psychologie et beaucoup de poésie, tel est le cocktail savoureux que nous propose Algésiras dans le deuxième tome de "Candélabres ».

Algésiras est une jeune dessinatrice au trait d'une incroyable élégance. Si un des héros est danseur, ce n'est certainement pas par hasard. Les personnages, jeunes et élancés, ne semblent jamais toucher le sol, comme en état d'apesanteur. Une grâce qui illumine en permanence ces 46 pages.


Pour ce qui est de l'histoire, relativement compliquée, elle met en lumière des êtres merveilleux, les candélabres, qui n'apparaissent qu'à certains élus. Ils savent utiliser le feu et dans un monde parallèle une lutte acharnée se déroule pour contrôler ce pouvoir.

Julien, le héros, a été sauvé des flammes par Solédango, un candélabre. Depuis ce dernier vient régulièrement le hanter, l'aider et le guider.

"Candélabres" (tome 2), Delcourt. Album paru fin 2000, chronique publiée initialement en avril 2001 dans Centre Presse Aveyron 


samedi 15 août 2026

BD - Les "Rapaces" à l'oeuvre


Avez-vous un petit kyste derrière l'oreille ? Si oui, mauvaise nouvelle, Camilla et son frère rodent dans les parages et ont décidé de faire le ménage. Ce kyste est le signe distinctif d'une petite élite au pouvoir qui ne craint pas la mort.

Un grand financier, un acteur connu, le chef d'un gang black, le principal policier, ils ont concentré toutes les formes de pouvoir entre leurs mains, s'assurant mutuellement une impunité éternelle. Mais voilà, les deux oiseaux noirs du malheur ont percé le secret de la caste et tuent à tour de bras, en plantant une aiguille d'argent dans ce kyste magique.

Du fantastique de premier ordre signé Dufaux au scénario et Marini au dessin. Ce dernier utilise au maximum les couleurs directes pour meure en place une ambiance oppressante. Son travail sur le rouge est du grand art. Les deux exterminateurs sont les personnages principaux mais il ne faut pas négliger le rôle de l'inspecteur Lenore, une femme-flic en quête de vérité et qui ne se laisse pas démonter par les tours de magie de ses adversaires.

Un peu de pragmatisme pour mieux faire passer l'irréel. 

"Rapaces" (tome 1), Dargaud, 56 pages, 17,50 € (Album paru en 1998, chronique publiée initialement en septembre 1998 dans Centre Presse Aveyron)

jeudi 13 août 2026

BD - Adorable Imbattable


Ce serait le plus fort des super-héros. C’est en tout cas le plus gentil et le plus original de ces justiciers masqués. Imbattable, création de Pascal Jousselin, est avant tout un inventeur de génie. Pas de machines compliquées pour arrêter les méchants mais de sauts quantiques dans la narration. Cette BD est un laboratoire d’expériences graphiques. 

En passant d’une case à l’autre, Imbattable a souvent un coup d’avance. Mais certains ennemis ont aussi des pouvoirs bousculant la linéarité d’une histoire. On adore ces expériences où la logique est mise à rude épreuve mais où l’imagination se révèle essentielle. 

Dans ce 3e recueil d’histoires courtes parues dans l’hebdomadaire Spirou, se niche une aventure de Jean-Pierre (le gendarme qui aide Imbattable dans ses enquêtes) d’une tendresse et d’une force émotionnelle totalement inattendue dans ce type d’album. Tout ça par la force d’un peu de vernis et en modifiant légèrement l’angle de lecture. Génial ! 

« Imbattable » (tome 3), Dupuis, 10,95 €

mercredi 12 août 2026

BD - Lockwood & associés chassent les fantômes


Jonathan Stroud, romancier britannique, a tiré le gros lot en publiant les aventures des membres de l'agence Lockwood. Des romans au succès considérable, portes d'entrée vers d'autres horizons culturels. Une première adaptation en série télé (toujours en ligne sur Netflix) puis cette transposition en bande dessinée par une dessinatrice italienne, Rachele

Dans cet univers anglais bourré de magie, l'Angleterre se retrouve confrontée à un étrange phénomène : les âmes des défunts ne trouvent plus le repos et reviennent hanter les vivants. Le moindre contact avec un fantôme peut être mortel. Pour combattre la menace, la police découvre que les plus efficaces sont les enfants. Ainsi des agences d'extermination de fantômes sont créées, un filon pour de grands groupes de sécurité. 


Dans ce milieu dangereux à tous les niveaux, l'Agence Lockwood est à part. Antony, encore adolescent, en est le patron et principal enquêteur. Il est secondé par un petit génie en technologie, George Cubbins, un peu trouillard sur les bords. Le boss cherche un renfort. C'est dans ce cadre que la jeune Lucy Carlyle vient sonner chez Lockwood. Un entretien d'embauche mouvementé pour finalement débuter son contrat le soir même dans une vieille maison désertée après qu'un spectre y sème la zizanie la nuit venue. 

L'esprit du roman est parfaitement préservé par l'adaptation de Rachele. Lockwood est arrogant et prétentieux au risque de se retrouver dans des situations inconfortables, Lucy intrépide et trop souvent inconsciente, ce qui n'arrange pas toujours son patron. La petite agence tente de se faire une réputation dans un Londres qui vit dans la terreur le soir venu. Mais c'est tout sauf sans risque…  

Le récit convient aux adolescents qui apprécieront le dessin dynamique et rond de Rachele, au service de l'intrigue et de l'action. Une série prévue en cinq tomes indépendants les uns des autres. 

"Lockwood & associés" (tome 1), Rue de Sèvres, 64 pages, 14 €


mardi 11 août 2026

BD - Hommage à Greg et Achille Talon


Il y a donc les grand anciens qui continuent et puis certains dont c'est le dernier album. Greg est mort en octobre 1999. Les éditions Dargaud, tout en ayant confié le personnage d'Achille Talon à un autre dessinateur (Widenlocher), ont tenu à rendre un dernier hommage à ce maître de la bande dessinée.

«Le maître est Talon » est le dernier album de Michel Greg. Les fans de Chichille trouveront quelques gags inédits en albums (notamment le premier) des histoires complètes parues dans les Super Pocket Pilote, quelques travaux publicitaires et les seules planches dessinées par Greg du dernier album de Talon. Des planches qui datent de 1992. Lefuneste et Talon viennent de gagner une île paradisiaque dans le Pacifique... Un album voulu et coordonné par Benoît Mouchard, auteur (toujours chez Dargaud) d'une biographie très complète «Michel Greg, dialogues sans bulles ».

Mouchard donne notamment quelques clés pour mieux comprendre les caricatures de l'équipe du journal Pilote de grande époque, de Goscinny à Reiser.

"Achille Talon, le maître est Talon", Dargaud (Album paru en 2001. Chronique publiée initialement en avril 2001 dans Centre Presse Aveyron)

lundi 10 août 2026

BD - "Le chant d'Excalibur" pour une jeune fille intrépide

Peu après l'an Mil, Merlin l'enchanteur se réveille après cinq années de sommeil dans un dolmen. Son Irlande a bien changé. La secte des chrétiens a pris de l'ampleur et est sur le point d'éradiquer la magie, les fées, lutins et autres forces des forêts. Merlin voudrait profiter de la vie après sa longue éclipse, mais il est temps de réagir pour la fée Viviane. Elle demande à Merlin de confier l'épée Excalibur à un guerrier courageux qui saura réunir l'Irlande et chasser les moines.

Mais cela ne se passe pas comme le vieux sorcier le voudrait. Contre toute attente, la fée désigne la jeune Gwyned, descendante de Galahad. La damoiselle, colérique et batailleuse, accepte la mission. Enfant, elle parlait aux arbres, mais depuis la montée en puissance du catholicisme, ces derniers se taisent, perdent leur conscience.

Nouvelle série du scénariste Scotch Arleston, pilier des éditions Soleil, on rit beaucoup dans cet album dessiné par Eric Hübsch et  qui fait la part belle à Merlin. 

"Le chant d'Excalibur" (tome 1), Soleil, 48 pages, 15,50 €. (Chronique parue en août 1998 dans Centre Presse Aveyron)

dimanche 9 août 2026

BD - Makyo auteur complet avec "Le cœur en Islande"


Envie d'air frais par cette chaleur étouffante ? Montez donc à bord de «L'hirondelle des mers » et mettez le cap vers l'Islande. Mais ne vous attendez pas à une croisière d'agrément. L'action du second album du «Cœur en Islande» se déroule presque exclusivement à bord de ce bateau de pêche à voile qui part pour de 1'Islande remplir ses cales de morue. 


Le capitaine, Emest, emmène pour la première fois son fils adoptif, Moïse, mais également, Xas, son second imposé par l'armateur et fauteur de trouble. En pleine mer, Moïse tombe malade suscitant une grande tension au sein de l'équipage certains craignant une possible contagion. Le drame se noue dans le froid et la tempête.

Makyo, surtout connu pour ses scénarios (Balade au bout du monde ou Jérôme K. Jérôme), signe cet album inspiré de la vie son grand-père et qui lui tenait à cœur. Il propose là un chef-d'œuvre d'émotion et de sentiments forts. 

"Le coeur en Islande" (tome 2), Dupuis, Aire Libre, 64 pages. (Chronique parue en juillet 1998 dans Centre Presse Aveyron)

samedi 8 août 2026

BD - Les premiers regards de Violine


Violine tient son prénom de la couleur de ses yeux. Magiques et fascinants. II suffit que Violine fixe intensément une personne pour qu'elle devine ses pensées les plus profondes.

Ce don permet à la fillette de s'échapper avant qu'il ne soit trop tard quand elle tombe entre les mains d'un satire, mais le pouvoir ne fonctionne pas sur sa mère. Une très rigide et acariâtre maman qui a totalement oublié ce qu'aimer veut dire.

La chance de Violine c'est d'aller à l'école. Elle peut se faire quelques amis et surtout reporter tout son amour sur Belphégor, une adorable souris blanche qu'elle sauve du scalpel de la vivisection.

Ce premier album de Tronchet (scénario) et Tarrin (dessin) offre en vrac et à gogo des péripéties, des gags, de la poésie, du mystère, quelques robots, des chasseurs idiots et des chiens un tout petit plus intelligents, mais guère plus...

"Violine", tome 1, Dupuis, 48 pages (Chronique parue en mai 2001 dans Centre Presse Aveyron)


vendredi 7 août 2026

BD - Blake et Mortimer, du passé faisons l'avenir avec "L'étrange rendez-vous"


Prolonger la vie des héros de bande dessinée au-delà de celle du créateur est un pari risqué. Quand les éditions Dargaud ont décidé de faire une suite à Blake et Mortimer, la série culte de Jacobs, beaucoup criaient à l'hérésie et au casse-pipe.

Aujourd'hui, le troisième titre de la seconde vie de ces héros « so british » explose les ventes. Il est vrai que le duo Jean Van Hamme au scénario et Ted Benoit au dessin est une assurance de qualité.

L'étrange rendez-vous se passe presque exclusivement aux USA, dans les années 50. Sur fond de guerre froide et de recrudescence d'apparitions d'Ovni, un soldat anglais, le major Macquarrie, disparu en 1777, est retrouvé mort dans l'État du Colorado. Peu avant la découverte, des témoins ont aperçu un étrange rayon jaune, bleu et rouge venant du ciel. Le mystère réside dans le fait que le major est mort d'asphyxie quelques minutes auparavant. Il semble avoir fait un saut dans le temps de 177 ans. Sur sa ceinture est gravé un mystérieux message codé parlant d'un roi jaune, de peupliers et de plutonium.

De plus, il a des lunettes noires d'une matière inconnue sur terre. Comme il s'agit d'un lointain aïeul de Mortimer, le savant britannique est convié aux USA pour enquêter sur ce cas extraordinaire. Là, il devra faire face à une machination machiavélique mettant en péril l'avenir de la planète.


Parmi les méchants on retrouve Olrik mais également un nouveau personnage, le docteur Z'ong, petit par la taille mais immense par son pouvoir de nuisance. Blake n'intervient qu'en fin d'histoire, en compagnie de Jessie Wingo, intrépide agent du FBl, métisse indienne qui ne semble pas indifférente au charme bourru de Mortimer.

Souvenirs d'enfance

Cet album de 64 pages est une totale réussite. Au niveau du dessin, Ted Benoit, tout en restant fidèle au maître Jacobs, apporte beaucoup de sa connaissance de l'Amérique. Il a longuement sillonné le centre des USA en repérages pour retranscrire parfaitement l'ambiance de l'Amérique profonde. Désert et plaines sans fin amènent une horizontalité au récit, en opposition à la verticalité du rayon vecteur de bouleversement.

Van Hamme explique sans honte qu'il a écrit cette histoire pour retrouver une partie de la magie de son enfance. Le secret de l'Espadon est le titre déclencheur dans son itinéraire de créateur. En proposant une sorte de suite à cet album, il espère prolonger son émerveillement et par ricochet celui du lecteur. Mais que les plus jeunes se rassurent, cet Etrange rendez-vous peut tout à fait se lire indépendamment. La seule conséquence sera de vous donner envie de redécouvrir les premiers titres de cette série définitivement hors du commun.

"L'étrange rendez-vous" de  Jean Van Hamme et Ted Benoit, Dargaud, 68 pages, 17,5 € (Chronique parue le 14 octobre 2001 dans Centre Presse Aveyron)


jeudi 6 août 2026

BD - Mystérieux crimes commis durant la Commune


Dans le cadre des 150 ans de la Commune de Paris, voici un roman graphique qui tout en permettant de revivre cette formidable et triste aventure politique et sociale de l’intérieur, donne aussi l’occasion de se distraire avec une enquête policière trépidante. Raoul, jeune artiste peintre, fait partie des insurgés

Une fois les Versaillais chassés de la capitale, il est bombardé commissaire de police. Il entend assurer la sécurité des communards et se retrouve confronté à plusieurs crimes aussi sanglants que spectaculaires. 


Il va enquêter durant les quelques semaines où il occupe son poste, pressé de démasquer ce tueur en série alors que Thiers châtie durement le peuple qui a osé défier l’État. Le scénario est signé de Carole Trébor aidée par Jean-Louis Robert, grand spécialiste de cette période de l’Histoire de France. 

Les dessins, en noir et blanc, rehaussés parfois de rouge, sont de Nicola Gobi, illustrateur italien installé en France qui multiplie les œuvres politiques majeures (Tropiques toxiques).   

« Rouges estampes », Steinkis, 19 €

mercredi 5 août 2026

BD - Caledonia, ses guerriers, ses dieux et ses… monstres


Suite et fin de Caledonia, série historico-fantastique écrite par Corbeyran et dessinée par Despujol. Débutée comme une histoire sur la conquête avortée du nord de la Grande-Bretagne par les légions romaines, elle a glissé vers le fantastique et cette ultime partie lorgne clairement vers la science-fiction. On découvre qui sont véritablement les Fomôres, ces êtres gigantesques, entre dieux et monstres sanguinaires, prêts à tout pour préserver leur tranquillité et la paisible coexistence avec les tribus locales, les Caledonii. Quand les soldats romains arrivent en conquérants, en colonisateurs, ils sortent de leurs cachettes et déciment les envahisseurs. On comprend assez rapidement que les Fomôres sont des extraterrestres échoués sur terre en attente, depuis des siècles, d'une hypothétique mission de secours. 

C'est dans ce contexte que l'amour vient bousculer toutes les certitudes. Lucius Karus, officier œuvrant pour la gloire de Rome, infiltre une tribu Caledonii. Il y retrouve une ancienne prisonnière, Leta, fille du chef et déterminée à le tuer. Sauf que Cupidon est le plus rapide et décoche quelques flèches dans les cœurs d'artichaut des deux héros plus habitués à tailler dans la chair vive des ennemis qu'à se faire des câlins. Le couple va tout faire pour sauver le plus d'Humains, pris entre Romains et Caledonii, avec la menace des Fomôres en plus. 

Un dernier acte particulièrement violent permettant à Despujol de multiplier les scènes de combats au corps à corps. Un genre dans lequel il excelle.    

"Caledonia" (tome 3), Soleil, 56 pages, 15,95 €