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vendredi 16 octobre 2026

BD - La fin de la fuite pour le Vagabond des Limbes ?


"La réconciliation" marque le retour en grâce d'Axle Munshine au sein du conseil de la Guilde. Axle, le renégat, recherché mort ou vif dans tous les univers explorés par des milliers d'hommes en armes, doit endosser du jour au lendemain la tunique de sauveur de l'humanité. Car l'heure est grave. Un météorite de panspermyth se dirige tout droit vers une étoile à neutrons. La collision se transformera en big bang. Toute matière actuelle sera absorbée avant que tout ne recommence. La matière mais également la vie. 

Le contact est imminent. Seul Axle avec son fabuleux vaisseau le Dauphin d'argent pourra se rendre sur place en un minimum de temps et tenter de dévier la trajectoire de la météorite. En échange, le conseil lui promet une amnistie complète. Le bel aventurier, qui en a un peu marre d'errer dans l'espace (29e album tout de même...), accepte la mission. De la SF classique, avec vaisseaux, robots et extraterrestres par un duo de vétérans : Godard et Ribera. 

"Le Vagabond des Limbes" (tome 29), Dargaud. (Album paru en 2000. Chronique initialement publiée le dimanche 15 octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


samedi 10 octobre 2026

BD - Dorison et Lauffray, le duo gagnant à la tête de "Prophet



Prophet
fait partie de ces bandes dessinées trop rares. D'abord parce qu'elles sont particulièrement réussies mais aussi (et surtout) car il a fallu trois ans aux auteurs pour achever les 46 premières planches et on devra donc prendre son mal en patience pour connaître la suite. Et pourtant Dieu sait qu'en refermant l'album on est pressé de se plonger dans la suite des aventures de Jack Stanton.

Cet archéologue est le seul rescapé d'une expédition dans l'Himalaya. A plus de 5 000 mètres d'altitude, il a découvert un monolithe de 400 mètres de haut, preuve qu'une  civilisation très avancée était sur terre bien avant l'apparition des hommes. Il en a fait un livre qui va totalement bouleverser l'ordre des choses.

Stanton sera emporté dans une contrée mystérieuse. II devra déjouer bien des pièges pour rester en vie.

Dorison au scénario et Lauffray au dessin, le nouveau duo gagnant de la BD fantastique. 

"Prophet" (tome 1), Les Humanoïdes associés. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement le 1er octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron.)


samedi 26 septembre 2026

BD – Milane et Arlov en fâcheuse posture


Sur la planète Kobadia, Milane et Arlov sont en bien mauvaise posture. Les deux adolescents sont emprisonnés dans des cages sur l'ordre de l'immonde Metcalf, un mutant de la pire espèce, passionné par les manipulations génétiques, pour le meilleur et souvent le pire.

Mais la situation n'est pas désespérée. Ils sont deux à tenter de libérer le jeune couple : le professeur Stroker qui réactive le commando noir et le lance à l'assaut de la forteresse de Metcalf et la belle Stonia, prisonnière elle aussi mais qui réussit à prendre en otage le maître des lieux. Au moment même où le commando noir attaque,  Stonia, Milane, Arlov et Metcalf sous la contrainte plongent dans les profondeurs de la base, cœur des cellules dans lesquelles des cobayes très agressifs prennent également la poudre d'escampette.

Un peu de SF, un brin de manga et beaucoup de gore dans cette série signée Djian (scénario) et Rouan (dessin). 

« Milane et Arlov » (tome 2), Soleil. Album paru en 2000. Chronique publiée initialement dans Centre Presse Aveyron le 24 septembre 2000.


mardi 8 septembre 2026

BD - Police omniprésente… dans le futur de « Téléportation inc. »


En inventant la téléportation, une société, la compagnie de téléportation galactique, se retrouve aux commandes de machines idéales pour permettre à quelques aigrefins de disparaître aux confins du cosmos. Mais c’est sans compter sur les agents de retour, la police d’élite de l’entreprise. 

Lubia Thorel, héroïne de cette série de SF écrite par Latil et dessinée par Sordet, est la plus efficace. Pas forcément la plus délicate ni la plus diplomate. Flanquée d’un lézard qui ne peut s’empêcher de tomber amoureux, Lubia se retrouve impliquée dans un vaste complot. Beaucoup d’inventivité dans ce premier tome bourré d’action et truffé de gags. 

Une belle réussite du nouveau label Drakoo de chez Bamboo.  

« Téléportation inc. » (tome 1), Bamboo Drakoo, 14,50 € (Album paru en 2021)

samedi 5 septembre 2026

BD - Monde caché sur Europa


La conquête spatiale, en plus de la dimension « dépassement de ses limites technologiques », implique de façon sous-jacente une volonté des Humains de tenter de trouver une autre espèce de la même trempe. 

Dans Europa, premier tome d’une série écrite par Léo et Rodolphe (le must en matière de SF) et dessinée par Janjetov (successeur de Moebius sur l’Incal), une expédition part pour Europa, 4e lune de Jupiter. 


Dans ses entrailles, sous une épaisse couche de glace, un océan tempéré. Les militaires et scientifiques plongent au cœur de ce monde inconnu, là où visiblement œuvrent des entités qui ne sont pas totalement pacifiques. Le réalisme du voyage et des technologies utilisées sont tempérés par l’incroyable inventivité de ce milieu insoupçonné.  

« Europa » (tome 1), Delcourt, 12 € (Album paru en 2021)


mardi 25 août 2026

BD - "SOS Bonheur", chef-d'oeuvre de Van Hamme et Griffo en intégrale


Avant de connaître le succès phénoménal de XIII et de Largo Winch, Jean Van Hamme a dû batailler ferme. Ainsi il avait dans ses cartons une idée de série TV explorant divers aspects d'un monde à la Orwell. Rien à voir avec le Big Brother de M6, d'ailleurs le projet n'aboutira jamais.

Mais ces synopsis serviront de base aux deux premiers tomes de SOS Bonheur, une BD. des années 80, emblématique de la collection Aire Libre. Les éditions Dupuis ressortent cette histoire de science fiction prémonitoire en version intégrale. Force est de constater que cette bande dessinée n'a pas pris une ride.

Le scénario, noir et pessimiste à souhait, n'en a que plus de force en ce début de III° millénaire. Au dessin, Griffo jetait les bases de ce style réaliste très fouillé qui s'épanouira quelques années plus tard dans Giacomo C. 

Un classique à redécouvrir d'urgence.

"SOS Bonheur", Dupuis, 176 pages. (Album paru en 2001. Chronique publiée initialement dans Centre Presse Aveyron en juin 2001) 


BD - A la recherche des derniers colons


Le space opéra n’a pas dit son dernier mot. «Colonisation» de Denis-Pierre Filippi (scénario) et Vincenzo Cucca (dessin, et bien évidemment Italien...) reprend les bases du genre. Des vaisseaux spatiaux, quelques aliens, gentils et dotés d’une technologie très avancée, des pirates, des nef perdues au fin fond de  la galaxie et une mission de secours périlleuse. Le compte est bon, surtout si l’on rajoute à cela un équipage mené par une forte tête, la rousse, mignonne mais pas commode, Milla Aygon. 

Dans un futur assez éloigné, la terre au bord de l’asphyxie, envoie des dizaines de nefs dans tout l’espace pour tenter de trouver des planètes à coloniser. Quelques années plus tard, une nouvelle technologie permet de trouver ces lieux à coloniser sans les années de voyage.Des missions sont alors lancées pour retrouver les nefs. 

Milla est à la tête d’une de ces expéditions et retrouve dans un vaisseau en ruines un seul corps encore en vie, celui de l’officier Clarence Sternis.

Un peu complexe dans ses premières pages, cette série est pourtant prometteuse pour les fans de ce genre d’histoires. Et ils n’auront pas à attendre trop longtemps pour découvrir la suite puisque le tome 2 devrait se poser le 11 avril prochain dans toutes les bonnes librairies de la galaxie.

«Colonisation» (tome 1), Glénat, 13,90 €

dimanche 23 août 2026

BD - Mars peut sauver la Terre


Dès le début du 3e tome d’Olympus Mons, écrit par Christophe Bec, Aveyronnais vivant dans le Tarn et dessiné par Stefano Raffaele, un Italien, le ton est donné : l’apocalypse semble inévitable. A moins qu’une cosmonaute russe, bloquée sur Mars, trouve une entrée dans le vaisseau spatial gigantesque découvert que Olympus Mons. Là pourrait se trouver la solution pour empêcher la fin prochaine de notre planète. 

Rythme de parution soutenu, multiplication des lieux où  se déroule l’action, aller-retours dans le temps, premières apparitions de ce qui semble être des extraterrestres (ou des robots, on ne sait pas encore trop pour l’instant) : il n’y a rien à jeter dans cette  BD caractéristique de l’univers foisonnant et toujours très imaginatif de Christophe Bec. 

«Olympus Mons» (tome 3), Soleil, 14,50 €

mercredi 5 août 2026

BD - Caledonia, ses guerriers, ses dieux et ses… monstres


Suite et fin de Caledonia, série historico-fantastique écrite par Corbeyran et dessinée par Despujol. Débutée comme une histoire sur la conquête avortée du nord de la Grande-Bretagne par les légions romaines, elle a glissé vers le fantastique et cette ultime partie lorgne clairement vers la science-fiction. On découvre qui sont véritablement les Fomôres, ces êtres gigantesques, entre dieux et monstres sanguinaires, prêts à tout pour préserver leur tranquillité et la paisible coexistence avec les tribus locales, les Caledonii. Quand les soldats romains arrivent en conquérants, en colonisateurs, ils sortent de leurs cachettes et déciment les envahisseurs. On comprend assez rapidement que les Fomôres sont des extraterrestres échoués sur terre en attente, depuis des siècles, d'une hypothétique mission de secours. 

C'est dans ce contexte que l'amour vient bousculer toutes les certitudes. Lucius Karus, officier œuvrant pour la gloire de Rome, infiltre une tribu Caledonii. Il y retrouve une ancienne prisonnière, Leta, fille du chef et déterminée à le tuer. Sauf que Cupidon est le plus rapide et décoche quelques flèches dans les cœurs d'artichaut des deux héros plus habitués à tailler dans la chair vive des ennemis qu'à se faire des câlins. Le couple va tout faire pour sauver le plus d'Humains, pris entre Romains et Caledonii, avec la menace des Fomôres en plus. 

Un dernier acte particulièrement violent permettant à Despujol de multiplier les scènes de combats au corps à corps. Un genre dans lequel il excelle.    

"Caledonia" (tome 3), Soleil, 56 pages, 15,95 €


mardi 4 août 2026

BD - Larkia, dure-à-cuire


Ingrid Chabbert, lasse d’être cantonnée aux histoires destinées à la jeunesse, a décidé de frapper un grand coup en imaginant Larkia. Dans un monde post-apocalyptique, cette jeune femme, seule, va se déchaîner quand on va tenter de lui dérober son bébé. 


Dessiné par Patricio Angel Delpeche, un Argentin, ce gros livre de 112 pages a des airs de Mad Max au féminin. Beaucoup de combats, du sang à gogo, des morts à foison et un petit espoir pour l’avenir de l’Humanité, même si le bébé de la fougueuse Larkia est plus une menace qu’un futur joyeux.  

« Larkia », Glénat, 19,95 €

lundi 3 août 2026

BD - Action totale et sans limite dans le tome 1 de Blood and Thunder


Certains scénaristes, de cinéma, de série ou de BD, ont déjà suggéré que le héros donne un petit nom à son arme favorite. Dans le cas de Blood, la policière (en freelance) de cette série imaginée par Robert Kirkman, écrite par Benito Cereno et dessinée par E. J. Su, son gros flingue, en plus de répondre au nom de Thunder, est doté d'une intelligence artificielle et peut répondre à la femme qui a le doigt sur la gâchette. "Blood and Thunder", soit "le sang et la foudre", les deux ingrédients essentiels à tout comic book digne d'intérêt selon le maître du genre, Jack Kirby. Une anecdote racontée par Kirkman qui revient sur la longue gestation de cette série cyberpunk hyper violente mais avec quand même de gros morceaux de philosophie (entre les bouts de cervelles et d'os broyés par les méchants). 

Dans un futur très lointain, les Humains tentent de coloniser le maximum de planètes habitables. Les indigènes y subissent le même sort que les Indiens d'Amérique il y a quelques siècles. Futur lointain, mais en fait rien n'a changé en profondeur. Et comme la violence prospère, des agents indépendants sont missionnés par la police pour intercepter voleurs, tueurs et autres monstruosités dangereuses. Blood, surnom de Akeldama Bledsoe, est d'une rare efficacité. Elle traque le rebelle armée de son vieux Thunderhead de classe Fulminator. 


Une pétoire révolutionnaire à l'époque. Abandonnée depuis. Son intelligence artificielle était un peu trop pacifique. Ce modèle rechigne ainsi à tirer à balles réelles sur de simples suspects. Et comme le flingue est doté de la parole, il ne se prive pas de dire ses quatre vérités aux flics un peu trop zélés. De telles armes de nos jours et les bavures seraient éliminées en deux semaines… 

Si Blood refuse de se séparer de Thunder, c'est pour la simple raison que c'est l'arme de son père, un ancien policier. Père adoptif. Car Blood n'est pas humaine à 100 %. La jeune femme n'a pas de cheveux. A la place, un nuage de sang flotte au sommet de son crâne. 

Le duo est la meilleure trouvaille de la série, donnant lieu à des dialogues savoureux, entre une Blood soucieuse de coffrer les méchants pour faire honneur à son père et un Thunder finalement assez couard, préférant de loin abandonner toute velléité agressive dès que le danger est trop important. Et quand Blood se lance à la poursuite d'un alien géant quasi indestructible, trois fois plus grand qu'un humain, plus intelligent et doté de tentacules en guise de chevelure, le danger augmente de façon exponentielle.  

C'est une série de pure SF, avec combats incessants entrecoupés de dialogues teintés de philosophie sur les croyances des peuplades primitives (mais primitives par rapport à qui ?). Le lecteur amateur de baston à sa ration de gnons, alors que l'intello pourra cogiter des heures sur les véritables motivations de l'alien. Et comme d'habitude dans ces gros albums reprenant six fascicules US de la série, une galerie de toutes les couvertures alternatives permet de prolonger cette plongée dans un monde futuriste attrayant. 

"Blood and Thunder", Delcourt, 160 pages, 17,95 €


samedi 1 août 2026

BD - Vénus steampunk


Le Château des étoiles d’Alex Alice voit son univers s’étoffer de cette série écrite par Alain Ayroles et dessinée par Jung. On suit les aventures du bagnard Aurélien et de son amoureuse, l’actrice Hélène Martin. Le premier est utilisé comme main d’œuvre gratuite pour construire une ville nouvelle sur Vénus, nouvelle colonie française. 

Hélène rejoint la planète sauvage pour tenter de le libérer. Cet univers steampunk fera rêver petits et grands. Inventions géniales, dinosaures agressifs, forêt vierge hostile et mystérieux Vénusiens : cette trilogie s’annonce palpitante. 

« Les Chimères de Vénus » (tome 1), Rue de Sèvres, 15 €

vendredi 12 juin 2026

Science-fiction – Faites escale à Central Station


La littérature de science-fiction, quand elle ose s'affranchir de combats spatiaux et autre guerre intergalactique, est idéale pour faire passer quelques messages à ses lecteurs contemporains. Lavie Tidhar, auteur israélien vivant à Londres, en est l'exemple avec ce roman, « Central Station », se déroulant dans un lointain futur. Central Station c'est le nom de cette gigantesque ville-base spatiale qui permet à des centaines de navettes de quitter la Terre pour s'élancer vers les nouveaux mondes que sont la Lune, Mars ou la Ceinture. 

Une ville autonome, coincée entre Tel Aviv la juive et Jaffa l'arabe. Une zone foisonnante de vie. De toute sorte. Humains basiques ou augmentés, robots déclassés, aliens égarés... La religion est omniprésente et ce ne sont plus deux confessions qui s'affrontent mais des dizaines qui tentent d'exister. « Chaque saison, un nouveau dieu apparaissait dans les rues et les ruelles de Central Station. Ils apparaissaient sans tambour ni trompette. Presque en catimini. » Le jeune Kranki en est-il un ? A vous de le découvrir en dévorant ce texte ambitieux et sans doute un peu visionnaire.

« Central Station » de Lavie Tidhar, Pocket, 288 pages,8,90 €


mercredi 13 mai 2026

Science-fiction - Les arbres rouges du futur

Les arbres rougissent dans ce roman de Marie-Lorna Vaconsin qui raconte « Les plus jeunes années du monde ».

Pas de longue mise en bouche ni d'introduction poussive dans ce roman de science-fiction de Marie-Lorna Vaconsin. Dès la première page elle dévoile ce qui va conditionner toute son histoire : Tracy Bones, ranger dans l'Utah, tôt le matin en forêt, « repousse de la main quelques branches envahissantes lorsque son œil accroche une chose qui n'a pas de sens commun. A une cinquantaine de mètres se dresse un arbre rougeoyant. C'est un chêne dont les feuilles semblent illuminées d'une lueur électrique, presque fuchsia par endroits. » Un premier arbre aux USA. Puis un second finalement des massifs entiers deviennent rouge et luminescents. Les scientifiques analysent le phénomène et découvrent que les plantes mutent. Une évolution pour améliorer la photosynthèse. Peut-être une solution trouvée par Mère Nature pour contrer le réchauffement climatique. C'est aussi une nouvelle source d'énergie. Encore plus propre que propre...

Si la toile de fond du roman au nom prophétique de « Les plus jeunes années du monde » est éminemment scientifique, se greffe dessus le parcours de plusieurs Humains aux vies chaotiques.

Fille enfermée, garçon martyrisé

En premier Tracy Bones. Petite fille transformée en esclave sexuelle, devenue adulte elle vit seule, toujours armée d'un fusil hypodermique. Pour endormir les animaux agressifs. Ou de jeunes promeneurs. Afin de leur prélever du sperme et tenter une insémination artificielle. Tracy rêve d'avoir un bébé après ses nombreux avortements contraints à l'adolescence. Voilà comment apparaît dans l'histoire Edita, petite fille, prisonnière de Tracy, enfermée dans une folie provoquée par ses sens amplifiés grâce aux arbres rouges.

A l'opposé d'Edita, Joshua. Lui aussi réside en Utah, l’État des Mormons. Mais dans une secte religieuse masculiniste rigide. Petit garçon élevé dans la violence par son père, gourou d'une communauté soudée mais particulièrement dangereuse. Ranger lui aussi, comme Tracy.

A mesure que le rougeoiement des arbres progresse, fracture l'Humanité et change radicalement paysages et vie sur Terre, les deux enfants grandissent. Jusqu'à leur improbable rencontre, au cœur de la première forêt rouge, la Fish Lake Forest. Joshua découvrira dans Edita une force supérieure à ce Dieu qui le terrorise. Edita en touchant Joshua, rencontre enfin un être qui parvient à l'apaiser. Le chemin sera long avant leurs retrouvailles. Jusqu'au dénouement provisoire de l'évolution majeure de la Nature qui se déroule, roman américain oblige, à Las Vegas.

« Les plus jeunes années du monde », Marie-Lorna Vaconsin, Actes Sud Exofictions, 320 pages, 22 €


jeudi 2 avril 2026

Science-fiction - Explorez « Les jardins du temps » d'Emilie Querbalec


Sillonnez le Japon d'antan et du futur dans ce roman inclassable d’Émilie Querbalec.

Dragons, religion, technologie et voyage dans le temps. Ce roman d’Émilie Querbalec offre de multiples occasions au lecteur de franchir les limites de l'imaginaire. Mais le thème principal, celui qui permet au texte d'être cohérent dans sa longueur, c'est le Japon. Un pays que l'autrice connaît parfaitement. En plus d'y être née, elle y a vécu une partie de son enfance, s'imbibant de ses traditions pour mieux les raconter dans « Les jardins du temps ».

Quand un roman s'aventure dans l'exploration du voyage dans le temps, la grande difficulté pour l'auteur (comme pour le lecteur) est de trouver une sorte de logique pour passer d'une époque à l'autre avec les mêmes personnages. Dans ce texte fascinant, certains héros vont d'un cercle du temps à un autre. Le concept des cercles permet de casser la continuité temporelle. Il n'existe pas un seul temps dans ce monde japonais imaginaire mais plusieurs, parallèles, parfois imbriqués les uns dans les autres. Normalement, seuls les dieux peuvent passer d'un cercle à un autre. Mais quand un seigneur de guerre trop ambitieux à la fin de notre XVIe siècle extermine les Gardiennes du temps, des brèches se créent. Dès lors, des interférences vont apparaître, bousculant le quotidien en divers lieux du Japon.

Il faut un peu s'accrocher au début pour comprendre le concept des cercles du temps. Mais après une première partie dans le passé lointain, la suite, quasiment de nos jours, avec le renfort de démonstrations scientifiques, permet de mieux s'immerger dans cette farandole des siècles et des époques. Quand Émilie Querbalec entreprend de raconter le Japon du futur, c'est d'une beauté et d'une grâce extraordinaire. Car dans cette temporalité alternative, après le saccage de la planète, un retour de bâton démographique permet de retrouver l'équilibre des éléments. Une utopie résumée par une des gardiennes à un homme venu d'une époque où la violence était la seule réponse aux problèmes : « Nous n'avons pas d'ennemis. Cette notion nous est totalement étrangère. (…) S'entretuer est à la portée de n'importe qui. (…) Nous pourrions créer des armes formidables. Des humains, sur d'autres cercles, en d'autres temps, les ont conçues et fabriquées. Mai ici, nous n'en avons pas besoin. » On retiendra donc surtout de ce roman cette vision optimiste de notre avenir. En espérant qu'un jour, nos descendants, parviendront à se passer des armes, anciennes, actuelles ou du futur.

« Les jardins du temps » d’Émilie Querbalec, Albin Michel, 352 pages, 21,90 €. 

Émilie Querbalec fait partie des auteurs invités au Festival Méditerranée polar et imaginaire du 12 au 14 juin sur le Lydia au Barcarès dans les Pyrénées-Orientales.


dimanche 16 mai 2021

Cinéma en streaming - « Oxygène » en fait des caisses


Alexandre Aja fait partie des rares cinéastes français ayant réussi aux USA. Son dernier film, « Oxygène », il l’a réalisé en France pour Netflix avec Mélanie Laurent en vedette unique. Un film de genre, prouesse technique, puisque 80 % de l’histoire se déroule dans un caisson de cryogénisation. 

À l’intérieur, une femme (Mélanie Laurent). Elle vient d’être réveillée par l’intelligence artificielle (voix de Mathieu Amalric) car une défaillance est détectée. Problème, il reste moins d’une heure d’oxygène et le caisson est bloqué. Mélanie Laurent se débat dans cet espace réduit, tentant de se souvenir qui elle est. 

L’exercice cinématographique est périlleux. Alexandre Aja s’en tire avec les honneurs même si, parfois, l’actrice en fait des caisses dans son caisson et que le spectateur, lui aussi, a envie de prendre la fuite. Heureusement, il lui suffit d’appuyer sur sa télécommande pour mettre fin au calvaire.

dimanche 2 mai 2021

Cinéma en streaming - The Soul


Il est beaucoup question d’ARN messager dans ce film taïwanais.
Une technique qui est désormais connue de tous les Français qui chantent les louanges des vaccins nouvelle génération. Dans The Soul, film inédit diffusé sur Netflix, le patron d’une société pharmaceutique d’avant-garde est assassiné dans sa villa luxueuse. Deux suspects : son fils et sa nouvelle femme. Un flic, taciturne et souffrant d’un cancer, va tenter de comprendre l’enchaînement des événements de cette nuit tragique. 

Un thriller très sombre, entre science et fantastique, qui risque de donner du grain à moudre aux complotistes de toute sorte. Car visiblement, on peut faire des trucs pas très catholiques avec ce fameux ARN.

mardi 20 avril 2021

Roman - Marseille, centre d’une France blessée

Marseille défigurée, coupée par une frontière, brisée par une guerre civile sans fin. Tel est le décor de ce roman d’Aurélien Manya. En 2054, un futur proche donc (qui nous pend au bout du nez si l’on en croit les derniers sondages sortis récemment à propos de la prochaine présidentielle ou si l’on extrapole à la situation de la ville de Perpignan, tombée tel un fruit mûr dans l’escarcelle du parti de Marine Le Pen), l’extrême-droite a quasiment pris le pouvoir en France. Certaines villes ont résisté puis ont fait sécession comme Paris, d’autres sont coupées en plusieurs zones, comme à une triste époque du XXe siècle.  

Le texte, construit en trois parties, suit le parcours dans cette Marseille terrorisée, désespérée, de trois personnages ne pouvant plus vivre dans cette ambiance liberticide. Sohan, un résistant ayant pris les armes, Layla, la femme qu’il aime, cinéaste passionnée et Stella qui dans un passé récent était dans un corps d’homme. Sohan combat les milices de la France Brillante, trop souvent protégées par la police et l’armée. Des néofascistes qui veulent fédérer toutes les nations d’Europe pour épurer la population. Couvre-feu, attentats, rationnement… Sohan dans une dernière opération spectaculaire, veut quitter Marseille et rejoindre avec Layla ce Maroc, devenu phare du monde libre et tolérant. Stella aussi rêve de rejoindre Agadir. Mais avant elle doit s’évader de ce camp de concentration où sont entassés tous les transsexuels de la ville. Stella qui a été l’amant de Layla. 

L’espoir au-delà des Pyrénées

Cette dernière est une cinéaste du réel. Elle filme les habitants de cette ville exsangue, leur demande ce qu’ils aimeraient retrouver de leur vie d’avant… 

Aurélien Manya, avec une science de la construction littéraire qui doit sans doute beaucoup à son premier métier, monteur dans le cinéma, fait se chevaucher ces trois histoires. Tragique pour Sohan, heureuse pour Stella, remplie d’espoir pour Layla. 

Pour quitter ce pays qu’elle ne reconnaît plus, comme des milliers d’hommes et de femmes, Layla tente de rejoindre la Catalogne, devenue indépendante, passerelle vers le Maroc rêvé. Alors elle se réfugie à Oms, dans les Pyrénées-Orientales, au pied du Canigou. Elle doit déjouer la surveillance de tous ces habitants gagnés à la cause sécuritaire. Certains de ses amis d’école se retrouvent responsables de la police, chargés de faire la chasse à ces migrants qu’elle, au contraire, accueille dans son mas catalan. « Toute la famille dort profondément dans le même lit. Leurs bras sont accrochés les uns aux autres. Je prie furtivement pour leur succès. Que la chance pyrénéenne leur sourie, que la Catalogne les accueille comme il se doit. » Telle est cette France racontée dans le roman d’Aurélien Manya. Un cauchemar que tous les démocrates devraient lire pour comprendre que la menace est à nos portes. Après, ce sera trop tard. Comme un des personnages, seul le Mistral (ou la Tramontane), quand il se met à souffler, permet aux étoiles d’apparaître. « Elles, au moins, on ne nous les enlèvera pas. » La liberté par contre…

« Trois cœurs battant la nuit », Aurélien Manya, L’Arpenteur, 15 €

 


dimanche 18 avril 2021

Cinéma en streaming - "Cosmic Sin", difficile de faire pire…


Un film de SF avec Bruce Willis. On se dit qu’après Le 5e élément il va faire un peu mieux. Perdu ! Cosmic Sin d’Edward Drake, disponible sur Amazon Prime ainsi qu’en VOD, fera sans doute partie des cinq films les moins bien notés de cette année 2021. 

Tout est caricatural dans cette histoire de menace d’invasion extraterrestre. On a l’impression de voir un mauvais film de propagande pour un régime politique dictatorial qui estime que la force est la seule réponse au moindre problème. Quitte à provoquer un génocide. Et on s’étonne en Europe que Trump ait gagné une élection présidentielle ? 

Si les scénaristes de Cosmic Sin accédaient un jour à la Maison blanche, on ne leur donne pas une semaine avant de raser les 2/3 de la planète. 


jeudi 1 avril 2021

SF - "Derniers jours d’un monde oublié", les débuts de Chris Vuklisevic

Il y a 20 ans, Folio a lancé sa collection de science-fiction. Pour marquer cet anniversaire, la filiale poche de Gallimard a organisé un concours ouvert aux jeunes écrivains. Le manuscrit de Chris Vuklisevic devient donc le 660e titre Folio SF, un inédit qui plaira aux amateurs de Fantasy. Sur une île perdue au milieu de l’océan, une sorcière et un marchand font la loi. Mais quand arrive un navire au large, tous les équilibres sont remis en cause. Notamment à cause de Erika, une jeune pirate qui voit dans ce rocher austère et aride l’occasion de quitter son monde fait de meurtres et de violence gratuite. 

Une œuvre puissante aux personnages travaillés et forts. On s’attache au destin d’Erika, on aime détester Arthur le marchand et on craint de croiser la route de la Main, la sorcière qui donne la vie mais surtout la retire au gré de ses humeurs.   

« Derniers jours d’un monde oublié », de Chris Vuklisevic, Folio SF, 8,10 €