dimanche 12 novembre 2000

Enquête - La politique en famille

Claude Angéli et Stéphanie Mesnier livrent une passionnante enquête dans les couloirs de l'Élysée dans "Chirac, père et fille".

"On ne gagnera pas en 2002 si on se dit de droite ». Ce conseil, fait à Jacques Chirac, héritier du gaullisme et candidat naturel de la droite classique aux prochaines présidentielles, pourrait faire hérisser les poils de l'actuel président de la République. Pourtant il y a de fortes chances pour qu'il s'y plie car ce n'est pas moins sa fille, Claude, qui lui donne. Claude Chirac, une « dangereuse gauchiste » pour certains pontes du RPR, mais avant tout une conseillère officielle de l'Elysée qui a son bureau à quelques mètres de celui de son père. Claude également mère du petit Martin, le rayon de soleil qui donne un peu de baume au cœur à Chirac et qui lui permet, au passage, d'humaniser son personnage sur les plages de France.

Loin d'être de la psychologie de bazar entre deux membres d'une même famille, Chirac père et fille de Claude Angeli et Stéphanie Mesnier est une analyse pertinente des soubresauts de la politique française de ces deux dernières années, notamment autour des affaires de la Ville de Paris et des tensions apparues depuis peu dans la cohabitation avec Lionel Jospin.

La dent dure

Les relations entre le père et la fille ont pris une nouvelle dimension après la dissolution de l'Assemblée nationale. Une erreur politique qui a poussé le président à renouveler ses con-seillers. L'occasion pour Claude, encore un peu dans l'ombre, d'officialiser son rôle d'éminence grise. Et souvent, la fillette ne mâche pas ses mots. Elle a parfois la dent dure pour les leaders de la droite. De Séguin à Madelin en passant par Bayrou et Giscard, il n'y en a pas un seul qui trouve grâce a ses yeux. Elle affirme à qui veut l'entendre que cette « élite » politique est totalement déconnectée de la réalité du pays.

Claude désire guider son père vers les véritables préoccupations des Français.

C'est elle qui a suggéré au président de demander au gouvernement d'utiliser au mieux la fameuse cagnotte fiscale pour en faire bénéficier le maximum de contribuables. Jospin, pris au dépourvu, s'est retrouvé empêtré avec ses milliards tant et si bien que ce qui devait initialement être une de ses principales armes dans le duel programmé de 2002, se retournait contre lui et provoquait une vague d'incompréhension des Français.

Autre initiative de «Madame la fille », comme Claude est parfois sur-nommée, couper tous liens avec les Tibéri. Elle est persuadée que ce couple doit être banni des relations du président. Elle sera en première ligne pour faire exclure l'actuel maire de Paris du RPR. Mais également pour empêcher à Séguin de remporter l'Hôtel de ville.

Regorgeant d'anecdotes et de citations parfois croustillantes, ce livre permet également de découvrir quelques secrets de l'Élysée comme, par exemple, la gestion à l'emporte-pièce, du référendum sur le quinquennat.

"Chirac père & fille", Claude Angeli et Stéphanie Mesnier, Grasset. (Livre paru en 2000. Chronique publiée intialement dans Centre Presse Aveyron le 12 novembre 2000)

dimanche 29 octobre 2000

BD – Nuit compliquée pour le tueur John Doe


Tueur à gages n'est pas un métier de tout repos. L'instant crucial ne dure pas longtemps mais la préparation est longue. John Doe est une pointure dans sa catégorie. Efficace et discret. Sauf ce soir. Il a bien descendu le nain comme demandé par son patron d'un soir mais il a totalement oublié de récupérer l'œil de verre comme stipulé dans le contrat. II doit donc dans un premier temps déterrer le cadavre pour récupérer la précieuse preuve. Un chat de gouttière qui passait malheureusement par là est persuadé qu'il s'agit d'une baballe et s'en empare. 

A partir de ce moment tout foire pour John Doe. Une course poursuite dans les bas-fonds de la ville qui lui feront croiser en plus du félin un livreur de pizza, un trio de prostituées, deux groupes de supporters, un souteneur, quelques flics et une retraitée monumentale.

Récupérer le fameux œil ne se fera pas sans casse...

Premier album hilarant de très maîtrisé de Baloo, scénariste, et Henriet, dessinateur jonglant brillamment avec les ombres. 

« John Doe », (tome 1), Delcourt. (Chronique publiée dans Centre Presse Aveyron le 29 octobre 2000.)

dimanche 22 octobre 2000

Récit - Gros excès de vitesse de Jacques Mellick

Le maire de Béthune revient sur son faux témoignage en faveur de Tapie.


De 1993 à 1995, la justice a déployé d'énormes moyens pour résoudre l'affaire de corruption du match de football OM-Valenciennes. Au final c'est tout le système mis en place par Bernard Tapie qui va s'écrouler. La fin de la gloire pour cet aventurier de la politique et de la grande finance.

La faute à Jacques Mellick qui a reconnu devant les juges, en pleine audience, avoir menti pour couvrir son ami. Pourquoi ce mensonge, puis ce revirement de bord ?

Jacques Mellick, maintenant retiré de la vie politique et vivant à l'étranger, donne sa version des faits dans "Excès de vitesse !", témoignage qui vient de paraître chez Calmann-Lévy.

Tapie, grande gueule et un peu aventurier, sur les bords a besoin d'un alibi en béton pour se disculper. Dans les couloirs de l'Assemblée, Jacques Mellick, ancien ministre et député du Pas-de-Calais lui propose de l'aider. Le maire de Béthune lui doit bien cela,

Tapie a sauvé l'entreprise Testut et a régulièrement injecté des millions de francs pour maintenir l'emploi. Au cours de quelques réunions secrètes les deux hommes se mettent d'accord. Tapie ne pouvalt pas avoir rencontré l'entraîneur adverse le 17 juin 1993 puisqu'il était avec Jacques Mellick dans ses bureaux parisiens. Une version qui au fil des investigations prendra de plus en plus l'eau. Jacques Mellick aurait ainsi fait le trajet entre Paris et Béthune en moins d'une heure. Un excès de vitesse source de nombreuses blagues qui a bien fait rire la France profonde.


Sincérité

Cette nouvelle version de faits, cinq années après le début de l'affaire, n'apporte pas grand-chose de plus. Tapie décidait tout, l'Elysée semblait au courant des dessous de l'affaire. Jacques Mellick tente surtout de justifier sa position mensongère.

Deux raisons majeures ont guidé sa défense : la parole donnée à Tapie et l'impression que la Justice était impartiale, bien décidée à se «faire un ministre ». Il a décidé de changer d'attitude quand les gardes à vue pleuvaient sur le personnel de la mairie, sommé par tous les moyens d'infirmer les premières déclarations du maire.

« Excès de vitesse » permet également à Jacques Mellick de revenir sur sa carrière politique, des jeunesses socialistes au ministère de la Défense, ainsi que sur ses origines modestes et le formidable travail de son père, simple fonctionnaire mais faisant partie de la toute première équipe ayant participé à la construction européenne dans les années 50 autour de Jean Monnet.

Parfois un peu trop véhément, Jacques Mellick arrive cependant la plupart du temps à trouver un ton juste et sincère. Une sincérité qui lui a douloureusement. fait défaut au moment de la fameuse affaire...

« Excès de vitesse », Jacques Mellick, Calmann-Lévy. (Livre paru en 2000. Chronique publiée initialement en octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron.)


Roman - A la découverte du Guyana des années 70

« Les secrets du manguier », un roman épique, violent et très épicé d'Oonya Kempadoo.


Lula est une adolescente en pleine croissance. Elle découvre la vie, son corps en mutation et ces envies qui vous prennent d'un coup au bas-ventre. Car il fait chaud à Tamaring Grove, une petite ville du Guyana dans les années 70. Lula, avec ses copines, mène une vie insouciante rythmée par l'école, les jeux et les travaux ménagers. Elle rêve également beaucoup. Et adore observer les petites manies des autres habitants de la localité. Lula qui semble être le portrait craché de la mère de l'autrice, Oonya Kem-padoo, née en Angleterre de parents guyanais et résultat éclatant du mélange de toutes les races qui vivent au Guyana: indienne, africaine, européenne, chinoise et amérindienne.

Régulièrement perchée dans les arbres (pour jouer, cueillir les fruits ou tout simplement voir sans être vue), Lula a pourtant une sainte horreur de l'immense manguier qui pousse à quelques mètres de la maison. Elle ne supporte pas que des branches de l'arbre affleurent partout. Persuadée qu'il est au courant de tout, « il en savait trop. Les chamailleries dans la cuisine, les chuchotis dans les chambres, même nos pensées intimes sur le siège des toilettes». Un manguier tout gonflé de secrets.

Émeutes raciales

Et pas seulement les secrets de la maison de Lula. Sa haute stature lui permet de surveiller toute la ville. Et même plus selon Lula. Le manguier voit parfaitement les horreurs qui se trament dans le palais présidentiel du dictateur Burnham. Après son indépendance, le Guyana est passé par une période très troublée - qui atteint son paroxysme au cours des émeutes raciales. Burnham a poussé les Noirs contre les Indiens. Car ce roman mêle harmonieusement les deux facettes de l'éducation de Lula.

Le côté sexuel, très osé et sensuel, à ne pas mettre entre toutes les mains, mais également le côté politique avec la dénonciation des excès, de tous les excès.

Quelques scènes d'une incroyable violence donnent toute l'ampleur des déchirements qui ont meurtri ce petit pays. Pour beaucoup la solution est passée par l'exil vers des contrées plus tolérantes. Souvent l'Angleterre. Comme les parents d'Oonya Kempadoo.

« Les secrets du manguier »,  Oonya Kempadoo, Grasset. (Roman paru en 2000. Chronique publiée initialement le 22 octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron)

dimanche 15 octobre 2000

Roman - Stephen King vous invite à faire un "Tour sur le Bolid"

Stephen King a toujours été en avance. Ses récits d horreur presque ont inventé un genre. Avec l'arrivée d'internet, l'auteur du Maine (USA) a sauté sur l'occasion pour diffuser le plus largement possible ses écrits. Il a fait une première expérience avec cette longue nouvelle. 

L'internaute pouvait directement télécharger le texte dans son ordinateur pour un dollar symbolique Mais comme il y a eu plusieurs centaines de milliers de connections, King a gonflé un petit peu son immense fortune. 

En France ce sont les éditions Albin Michel avec le Livre de Poche qui proposent « Un tour sur le Bolid » pour la modique somme de 15 francs. Alors vous aussi foncez à tombeau ouvert. 

dimanche 8 octobre 2000

Humour - « La vie est courte » selon Larcenet et Thiriet

Le dessin d'humour ou cartoon a besoin d'un dépoussiérage. Les histoires de maris trompés ne font plus beaucoup rire. Excepté quand Thiriet et Larcenet se mettent à délirer sur ces standards de l'humour franchouillard. 

L'amour virtuel par exemple est brocardé dans un gag qui devrait rester dans les annales de l'humour absurde. Une femme est surprise, nue, au lit, avec son amant dont la tête est remplacée par un écran d'ordinateur. Le mari vient d'entrer dans la chambre. Lui aussi a un écran à la place de la tête. Et la femme de s'exclamer : « Ciel !! Le site de mon mari! ». 

Des délires de ce type il y en a en moyenne trois par page. On atteint des sommets dans le non-sens. Airbag anticambriolage, funambule en grève, jacuzzi pour mouche, WC photomaton, ascenseur micro-ondes, casting pour l'homme invisible ou « va-chercher-la-baballe » virtuel, les inventions du duo sont toutes plus délirantes les unes que les autres. 

« La vie est courte », tome 3, Dupuis. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement le 8 octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron)

BD – Quand Dallas Barr envisage de mourir

Un million de livre pour devenir immortel. Du moins pour acquérir une portion d'immortalité. Un million c'est le coût d'un traitement Stileman. Cela garantit dix années de sursis, dix années durant lesquelles vous ne prenez par une ride. 

Dallas Barr use et abuse de ce traitement. Il a largement plus de 100 ans mais n'en paraît que 35. Aussi quand une femme débarque un matin dans sa maison de Floride, il a du mal à croire que c'est sa fille. Elle a 58 ans. Anna a beaucoup souffert. Dallas n'a même pas le souvenir d'avoir connu sa mère. Anna veut rattraper ce temps perdu. Elle réclame elle aussi une part du gâteau et demande à Dallas de lui donner la somme nécessaire pour qu'elle se paye un traitement Stileman. Mais l'apparition de ce fantôme fait encore plus douter Dallas. Pourquoi continuer à s'accrocher ? Et s'il arrêtait tout ? S'il ne renouvelle pas le traitement, le temps reprendra le dessus, il ne survivrait pas longtemps. 

Cette série de SF de Marvano et Haldeman s'impose de tome en tome comme une des plus novatrices. 

« Dallas Barr », tome 5, Dupuis. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement le 8 octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


BD - « Hard core lycée », l'établissement scolaire cauchemardesque

Pénétrer dans le lycée imaginé par Eric Omond n'est pas une mince affaire. Il est vrai que cet établissement n'est pas modèle. On y trouve quelques spécimens assez gratinés de la jeunesse de France. Exemples : Ben, laid et libidineux, c'est un obsédé du cul mais encore puceau pour son plus grand malheur; Tim, maladivement timide, il n'arrive pas à déclarer sa flamme à la belle Lara ; cette dernière est une sportive explosive qui est raide dingue de son... punching-ball. 

On trouve également dans cette classe de terminale très typée Pam la pétasse, Fouad l'intello costaud, Jordy le keupon rebelle, Sam le dealer ou Marie-Sophie la collectionneuse de lingerie fine.

Au premier abord on trouve que la caricature d'Omond est un peu forcée mais il faut bien reconnaître que les vrais lycéens sont beaucoup plus proches de ceux-là que des images véhiculées dans les séries télé.

« Hard core lycée », tome 1, Glénat. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement le 8 octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron)

BD - « Nexus », légende du Mont Saint-Michel

Le Mont Saint-Michel cache bien son jeu. Du moins dans le premier tome de cette série fantastique signée par un maître du genre, Froideval, et un jeune dessinateur prometteur, Bournay. Encerclé par la mer, le Mont Saint-Michel abrite de nombreuses portes vers d'autres mondes. Cette passerelle sert de refuge pour les âmes martyrisées.

Un gardien, désigné par l'archange, est seul habilité à ouvrir ou fermer ces portes. Le gardien actuel devine que son heure est venue. Il va devoir rendre sa charge. Le chevalier Tristan devrait le remplacer. Mais dans l'ombre, un ambitieux religieux essaie d'imposer un de ses hommes de main. Tout se complique car l'actuel gardien a une fille qui endosse l'armure symbole et prend possession du Mont. Au moment même où une horde de démons, chassés par le Diable en personne, trouve refuge dans le sanctuaire.

Le dessinateur, entre des planches de facture très classiques, s'autorise quelques tableaux en couleurs directes particulièrement spectaculaires.

« Nexus », tome 1, Zenda. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement le 8 octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


Roman jeunesse - La vie à sa source

« La rivière à l'envers » de Jean-Claude Mourlevat, une histoire pour les jeunes, jubilatoire, autant que l'écriture.

Modeste, on peut dire qu'il l'est. Jean-Claude Mourlevat, plusieurs romans et de nombreux prix à son actif, s'écrie d'emblée : « On n'invente pas grand-chose, nous les auteurs, on marche plutôt sur des traces littéraires très anciennes ».

Un peu trop modeste sans doute. Son nouveau livre, « La rivière à l'envers » représente la preuve tangible de son talent. Tomek, jeune garçon de 13 ans, soupire d'ennui dans l'épicerie qu'il tient dans son village.

Un beau matin, il tombe raide amoureux d'une fille qui veut lui acheter de l'eau de la rivière Qjar. Le vieil homme qui compte autant qu'un grand-père dans la vie de Tomek, lui explique qu'il s'agit d'une rivière d'un genre très spécial. Non seulement elle coule à l'envers mais surtout, l'eau puisée à sa source garantit l'immortalité. Au revoir l'ennui, bonjour l'aventure ! Tomek décide de partir sur les traces de la petite fille, à la recherche de la fameuse rivière, sur un chemin semé d'embûches.

«Je voulais m'offrir un vrai roman d'aventure avec les passés simples là où il faut », explique en souriant Jean-Claude Mourlevat. «Mes trois premiers romans avaient tous quelque chose d'un peu oppressant, ici la tonalité est plus claire, plus légère. »

Le merveilleux

Tomek vit des aventures rocambolesques qui ne sont pas sans rappeler les univers merveilleux du Magicien d'Oz ou d'Alice au pays des merveilles. Jean-Claude Mourlevat le reconnaît en toute simplicité, « je me sens enrichi de tout ce que j'ai lu par ailleurs ». Et de fait, l'histoire foisonne de personnages tous plus farfelus les uns que les autres et de rebondissements incroyables. « J'ai voulu entrer dans l'univers du merveilleux avec la liberté et la fantaisie que cela implique », confirme Jean-Claude Mourlevat. « Et j'ai pris plaisir à mettre en scène des personnages très courtois, très gentils. Ce respect d'autrui et cette gentillesse universelle, cela va un peu à contre courant de ce qui se fait aujourd'hui», explique-t-il d'une voix dont la douceur ressemble à ses paroles.

Le résultat, un roman attachant et imaginatif. « En fait, c'était tout à fait jubilatoire, résume-t-il, j'ai éprouvé un grand plaisir à écrire ». Et bien nous, Monsieur Mourlevat, on a éprouvé un égal plaisir à vous lire !

« La rivière à l'envers » de Jean-Claude Mourlevat, Pocket Jeunesse. (Chronique publiée en octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron et signée Fabienne Huart)


dimanche 1 octobre 2000

Polar - "Je suis très beau" mais c'est surtout très méchant !

Dans la catégorie « noir de chez noir », Christophe Mager impose sa plume dans ce roman policier à deux voix. Le premier narrateur, le fils, raconte comment il vient de faire un hold-up sanglant mais efficace. 

En écho, sa mère raconte la vie de cet homme qu'elle déteste au plus haut point. Une mère abominable, qui a empoisonné le chien de son fils, juste pour l'empêcher d'être un peu heureux. Elle fait semblant d'être impotente pour ne plus rien avoir à faire à la maison. 

Mais le fils n'est pas mieux. Loin d'être gentil avec sa maman. Espérons qu'une telle famille n'est que fiction. 

"Je suis très beau", Christophe Mager, Baleine. (Roman paru en 2000, chronique publiée initialement le 1er octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


Roman - "Auréline" et les amours d'antan

Qui est Auréline ? Catin de luxe, artiste ratée, folle paranoïaque ? Dans les premières pages du roman, au cours de l'enterrement de l'héroïne, le lecteur se pose la question. Elle restera sans réponse tout au long de ce roman de Jean-Pierre Milovanoff.

Maxime est un adolescent complexé. Il se sou-vient. Dans les dunes de Camargue, il a vu une femme, merveilleuse. Il en tombe amoureux fou. Cette femme c'est Auréline. Il la retrouve quelques mois plus tard derrière le comptoir d'une mercerie. Elle semble s'y ennuyer ferme. Maxime n'ose pas lui déclarer sa flamme.

Auréline qui va quitter Nîmes pour faire carrière aux USA, faire-valoir d'un magicien dans un premier temps puis actrice et chanteuse.

Mais la gloire est éphémère. De retour au pays, elle croise à nouveau le chemin de Maxime. Il est devenu musicien. Pas un grand concertiste. Simplement un pianiste de jazz qui officie dans les bars, les palaces voire les maisons de retraite.

Au fil des pages on s'identifie à Maxime, le narrateur. On idéalise cette femme, on se met à l'aimer.

"Auréline", Jean-Pierre Milovanoff, Grasset. (Roman paru en 2000, chronique publiée initialement le 1er octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron)

Polar - L'antiquaire escroc et le "Bric à braque"

Arnold Hopkins fait partie de ces personnes qui n'ont pas de chance. Mais alors vraiment pas...

Cet antiquaire n'a pourtant pas beaucoup de scrupules pour s'approprier des objets de façon illégale. Avec son cousin Maurice, qui lui ressemble trait pour trait, il se lance dans une drôle de combine. Cambrioler la maison de sœurs excentriques.

Un travail de longue haleine qui permet à Arnold de disparaître du circuit durant quelques temps. Cela tombe bien car ils sont plusieurs à le rechercher, et pas pour lui parler du beau temps. Mais même à l'abri des coups, cela ne tourne plus rond. Arnold se demande alors s'il a bien fait de vendre son âme pour 3 000 dollars à un vieux fou, persuadé d'être le diable....

Russell Greenan en rajoute dans les invraisemblances, mais l'intrigue est particulièrement vicieuse et au moment de l'explication finale tout s'éclaire.

"Bric-à-braque", Russell Greenan, éditions Murder Inc.  (Roman paru en 2000, chronique publiée initialement le 1er octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron)

Roman - Amour destructeur dans "Mercure" d'Amélie Nothomb

Amour fou, amour total et destructeur. Amélie Nothomb, quand elle ne raconte pas son enfance ou ses premiers pas dans le monde du travail japonais, aime aborder ce sujet grave et romantique. Dans « Mercure », un couple vit retiré sur une île au large de Cherbourg. Hazel est une jeune fille qui ne doit jamais se regarder dans un miroir. Sa moitié est un vieillard. Fran-çoise, une infirmière, vient rompre le fragile équilibre.

Elle va tenter de découvrir le secret d'Hazel et tenter de comprendre pourquoi la jeune femme accepte, la nuit venue, les caresses du vieil homme. Ce roman est un peu morbide et pervers mais l'écriture légère doublée d'un humour souvent présent permet de faire passer la pilule pour les plus sensibles. 

"Mercure", Amélie Nothomb, Le Livre de Poche. (Roman paru en 2000), chronique publiée initialement le 1er octobre 2000 dans Centre Presse Aveyron)

dimanche 24 septembre 2000

BD – Achille Talon, une reprise compliquée


Si Greg a rejoint ses grands maîtres au paradis des bulles bien remplies, son héros lui n'a pas encore déclaré forfait. Après un album hommage écrit par Godard, c'est Brett qui se risque au difficile jeu de la succession impossible. Côté dessin, Widenlocher a parfaitement su se couler dans le moule.

Restait à retrouver l'esprit de notre Chichille national, roi des tirades pompeuses, redondantes et interminables. Ce 44e volume est bien dans l'esprit. Des gags en deux planches, qui laissent un peu de place au modernisme de ces années 2000, tout en respectant l'univers un peu suranné dans lequel évolue Talon, son détestable voisin Lefuneste ou Virgule, noble chic et choquée.

On retrouve en guest-stars un illustre ancien, René Goscinny, directeur du fameux journal Polite et un nouveau personnage qui promet, l'agent de police Armand Goisse, nouvelle victime très consentante des délires talonesques.

« Achille Talon » (tome 44), Dargaud. Album paru en 2000. Chronique publiée initialement dans Centre Presse Aveyron le 24 septembre 2000.

Nouvelles - Frédéric Beigbeder présente plusieurs "Nouvelles sous ecstasy"

Avant de vendre sa prose « 99 francs » à des dizaines de milliers d'exemplaires, Frédéric Beigbeder a signé quelques nouvelles écrites sous ecstasy. Une drogue dont il déconseille formellement l'usage. 

Il en raconte d'ailleurs les effets dévastateurs dans « La première gorgée d'ecstasy ». Il est également beaucoup question de sexe dans ces courts textes précédemment publiés dans des revues branchées. De la dérision, des déceptions, mais aussi une formidable capacité à analyser les envies et désirs des hommes trentenaires de cette fin de siècle.

« L'homme qui regardait les femmes » est à ce point de vue un témoignage incontournable de cette période.

"Nouvelles sous ecstasy", Folio. (Chronique parue le 24 septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron.)


Romans historiques - Napoléon, l'épopée belle

« L'armée de Sainte-Hélène » et « Il neigeait », deux romans autour de l'empereur, en 1812 pour Patrick  Rambaud, en 1820 pour Davide Pinardi.

L'Europe unie, on en parle de plus en plus, mais l'idée ne date pas d'aujourd'hui. D'autres ont déjà essayé d'unifier le continent. Napoléon y avait presque réussit. En 1811, l'Empereur avait conquis par les armes l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et l'Autriche. II avait passé un accord avec le Tsar. Il ne restait que les Anglais... Isolés, coincés par le blocus, ils ont retourné la Russie pour se donner un peu d'air. Se sentant pris en tenaille, Napoléon a levé une armée de 500 000 hommes et en juin 1812 il la lance sur Moscou. Mais ce qui devait être une victoire expéditive s'est transformée en catastrophe militaire.

Patrick Rambaud raconte cette campagne dans « Il neigeait » roman qui constitue le deuxième volet de sa trilogie impériale commencée par « La bataille » (prix Goncourt en 1997). Moscou tombe, mais Moscou est une ville déserte. Un incendie transforme la ville en piège. 

L'armée française doit se replier, harcelée par les cosaques qui sont sans pitié pour les égarés et les attardés.

Patrick Rambaud explique qu'il a « voulu raconter comment des femmes et des hommes ont supporté cette aventure extrême, civils et militaires mélangés. Au-dessus d'eux, Napoléon planait. Il rêvait à l'Europe, à sa monnaie unique, à sa dynastie. Il ne voyait plus la réalité. »

Tentative d'évasion

La suite on la connaît. Napoléon est battu, la France mise à genou. Après Waterloo, le grand militaire est exilé sur l'île de Sainte-Hélène. Il a régné sur la moitié de l'Europe, terrorisant l'autre moitié puis est tombé dans l'oubli. Du moins pas par tout le monde. Quelques fidèles ont tenté de le faire évader de cette île sous haute surveillance au cœur de l'Atlantique sud

Un épisode romanesque raconté par Davide Pinardi dans « L'armée de Sainte-Hélène ». Napoléon n'est plus que l'ombre de lui-même. Sa déchéance se passe mal. Il fait régulièrement des cauchemars, persuadé que les fantômes des milliers d'hommes morts sur les champs de bataille viennent le réveiller la nuit.

Il se confie de plus en plus à son serviteur, Petit-Jean, un ancien esclave haïtien. C'est ce dernier qui le réveille en pleine nuit. L'empereur a de la visite. Un groupe de jeunes officiers français vient de déjouer la surveillance des Anglais. Un bateau à moteur, un des premiers, attend l'empereur dans une baie. Il lui suffit de monter à bord et de prendre la direction de l'Afrique. Là, l'Aigle pourrait à nouveau déployer ses ailes, trouver des appuis militaires et se lancer à nouveau à la conquête du monde. Un projet fou qui séduit l'homme d'action, mais...

Cet épisode imaginaire de la vie de Napoléon est parfaitement plausible. L'auteur a tout vérifié, de la météo à la topographie des lieux. A l'arrivée on a presque l'impression que cette tentative de fuite a véritablement eu lieu, que le Napoléon décrit par Pinardi, sage ayant tiré des leçons de ses erreurs passées, est authentique.

« Il neigeait », Patrick Rambaud, Grasset

« L'armée de Sainte-Hélène », Davide Pinardi, Calmann-Levy Romans parus en 2000. (Chronique parue le dimanche 24 septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)

dimanche 17 septembre 2000

Récit - Marie Rouanet nous fait voyager en ville

Que cela soit Béziers ou Camarès, une rue commerçante ou un cimetière, en hiver comme en été, Marie Rouanet aime la ville. Du moins elle apprécie ce grouillement de vie qui permet d'être exposé, de partager avec d'autres, en opposition au privé des maisons. Publié dans la collection "Voyageurs" de chez Payot, ce récit intitulé "Dans la douce chair des ville" ne vous emmène pourtant pas très loin. Car les villes que Marie Rouanet nous offre c'est tout simplement celles de tous les jours, lorsqu'on les arpente en faisant son marché, en conduisant les enfants à l'école ou en allant acheter le journal. Mais de ce quotidien que certains pensent sans intérêt, la romancière du Sud-Aveyron en tire des pages d'une grande poésie.

Marie Rouanet semble avoir écrit ce livre comme on déambule dans une cité que l'on ne connaît pas. Au hasard, la tête en l'air, les sens aux aguets, laissant son attention se faire accrocher par une statue, un arbre particulier, un passage caché ou un bâtiment plus imposant que les autres. Elle nous explique le bonheur qu'il y a à flâner de la sorte. Elle ne fait que raconter ce qu'elle vit, ce que nous vivons, tous les jours. 

Avouez, vous aussi en allant simplement acheter le pain vous vous arrêtez parfois longuement à discuter de tout et de rien avec un voisin ou une connaissance. Et quand vous vous rendez d'un point à l'autre de la cité, admettez qu'inconsciemment vous avez un itinéraire préféré. Pas forcément le plus court, mais un qui vous raconte quelque chose.

Aventure et hasard

L'auteur nous entraîne également dans quelques quartiers ou villes plus typés, essentiellement en Languedoc-Roussillon. Elle nous raconte les histoires de ces personnalités érigées en statues et qui souvent sont d'obscurs inconnus pour le commun des mortels, donne ses trucs pour mieux apprécier certains musées, nous fait partager ses errances dans les cimetières, vitrines mortuaires de la vie passée.

De longs passages concernent bien évidemment les commerçants, ciments de cette vie urbaine. Tel cet incroyable vendeur de vin, poète publicitaire à ses heures. Elle regrette les anciennes épiceries tout en avouant le plaisir éprouvé à se fondre dans l'anonymat d'un immense centre commercial. Un livre jubilatoire, à lire dans un café bruyant ou assis sur le banc d'un petit square calme.

« Dans la douce chair des villes », Marie Rouanet, Payot.  (Livre publié en 2000. Chronique parue le 17 septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)

Roman - « La répudiée » ou l'épouse jetable

« La répudiée » d'Eliette Abécassis est un roman contemporain. Ce court récit d'amour nous fait plonger dans un passé que l'on pensait révolu. Et pourtant... Certains estiment que la tradition est plus forte que tout. Ainsi chez les Hassidim, juifs orthodoxes de Jérusalem, tout doit être fait selon la Torah, un livre sacré datant de plusieurs siècles. Les hommes étudient les textes religieux, les femmes ne sont là que pour procréer, tenir la maison et élever les enfants.

Sarah n'a pas choisi. Elle a découvert le visage de son mari, Nathan, le jour de son mariage. Pourtant Sarah meurt d'amour pour cet homme qui est devenu du jour au lendemain le centre de sa vie. Sarah transie d'amour mais également d'angoisse. Elle n'est toujours pas mère. Or la Torah est formelle: un homme peut répudier sa femme si au bout de dix années aucun enfant n'est né de cette union. Une possibilité que le père de Nathan veut transformer en obligation.

Quels que soient votre sexe ou votre degré de sensibilité, au bout de quelques pages vous "êtes" Sarah.

Magie de l'écriture inégalable, ses pensées seront les vôtres, vous partagerez ses doutes et ses résignations.

Une plongée vertigineuse dans les profondeurs de l'âme, de la religion et de l'amour.

"La répudiée", Eliette Abécassis, Albin Michel. (Roman paru en 2000. Chronique initialement publiée le 17 septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)

dimanche 10 septembre 2000

Poche - "Un cas de conscience" raconté par Frances Fyfield

Helen West est contrariée. Procureur de la Couronne, elle vient de perdre un procès et comble de tracasserie, son ami Bailey, haut gradé dans la police, trouve son affaire de meurtre plus intéressante que sa petite personne. Qu'à cela ne tienne, Helen prend une décision capitale: repeindre son appartement en jaune ! Elle se fait aider par Cath, une femme de ménage recommandée par une de ses amies et est bien trop occupée par ses problèmes d'intendance et de cœur pour s'intéresser à la pauvre Cath. Qui pourtant astique bien trop pour être honnête... 

Frances Fyfield a trouvé le bon filon avec son personnage d'Helen, qui colle tellement bien à notre petite vie à nous qu'on la retrouve chaque fois avec plaisir. 

"Un cas de conscience", Frances Fyfield, Pocket. (Roman paru en 2000)


Poche - Amy, petite fille de l'île Maurice

Amy n'a pas d'amie… Jusqu'au jour où, au croisement de la route qui mène à sa case, elle entrevoit une petite fille blanche dans une grande voiture noire. Noire, elle l'est complètement, Amy et même si elle réussit mieux que tout le monde à l'école, elle se rend bien compte que le bonheur, ce n'est pas d'aller supplier le Chinois de faire crédit à maman encore une fois.

Alors, dans sa petite case de Paille-Rousse à l'île Maurice, Amy rêve au bonheur que seuls les Blancs connaissent...

Marie-Thérèse Humbert, sans jamais tomber dans le gnan-gnan, aborde des sujets de société tels que préjugés, racisme et problèmes de l'enfance face au monde des adultes. Une belle histoire, vraiment.

"Amy", Marie-Thérèse Humbert, Le Livre de Poche. (Roman paru en 2000)


Poche - "Le chat qui volait une banque", nouvelle aventure de Yom-Yom et Koko

Prenez deux chats, Siamois de préférence, un chroniqueur de gazette d'une petite ville des États-Unis, située à « six cents kilomètres au nord de partout » et un cadavre et vous aurez les ingrédients de base du petit dernier de Lilian Jackson Braun. Laquelle nous peaufine comme d'habitude des portraits travaillés  et des descriptions de la vie dans une minuscule ville de province comme si vous y étiez. Et comme d'habitude, on passe d'excellents moments avec Jim Qwilleran (le chroniqueur), sa compagne Polly et leurs nombreux amis, dont évidemment Yom-Yom et Koko, les célèbres Siamois.

"Le chat qui volait une banque", Lilian Jackson Braun, 10-18 (roman paru en 2000)


BD - "Le moine fou" laisse la place à He Pao


He Pao signifie « Le joyau du Fleuve ». He Pao, c'est l'héroïne de la série « Le Moine fou » de Vink. La série s'arrête, mais la belle héroïne existe toujours. « La montagne qui bouge » est le premier tome de cette nouvelle série. He Pao en compagnie de Petit Li est très énervée. Elle a perdu la trace de son père. Résultat elle passe sa mauvaise humeur sur quelques brigands et même une statue monumentale de Boudha.

La destruction de ce symbole met en émoi les communautés des Yao et des Miao. Un mauvais signe de plus pour ces villages qui voient leurs jeunes filles disparaître mystérieusement. Pour se calmer, He Pao goutte un vin d'Europe, du chianti. Une bien mauvaise idée, l'alcool décuple sa mauvaise humeur et sa force...

Le talent de Vink, virtuose des couleurs pastel, est encore plus flagrant dans un format supérieur. 

"Les voyages de He Pao" (tome 1), Dargaud. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement le 10 septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


BD - Dernier épisode de la saga des "Eaux de Mortelune"


Dixième et dernier volume de la saga des « Eaux de Mortelune ». Cette série de science-fiction qui a traversé près de deux décennies revient sur les traces de ses débuts. Le prince Jérôme, en passant par la porte de la grande horloge revient dans le Paris de ses débuts, en 2060. Le lecteur retrouve donc cette ville en ruines, asséchée, brûlée par les pluies acides, la belle Violhaine et le prince Malik, l'incarnation du mal. Un dernier affrontement, telle une spirale ou une bande de Moebius qui n'en finit pas de se mordre la queue.

Avouons-le, les considérations philosophiques de Cothias ne sont pas toujours à la portée de tous. Mais chacun y trouve « son » explication. Par contre le dessin d'Adamov est toujours aussi brillant. Il garde une unité infaillible dans cet univers créé de toute pièce.

"Les eaux de Mortelune" (tome 10), Glénat. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement le 10 septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


BD - Le retour du vieux fou, Arsène Lupin du 3e âge


Javier Burgos, surnommé le «vieux » l'a échappé belle. Après avoir kidnappé le gosse d'un riche mafieux, il a réussi à se faire la belle sur un beau tapis de billets.

Mais le méchant n'a pas dit son dernier mot. Il lance quelques tueurs sur les traces du vieux. Pour l'instant, il s'ennuie ferme au bord de la plage de Biarritz. A dépenser ses petites coupures. Une amie l'entraîne au casino. Là, un éclair de génie lui traverse l'esprit.

Pourquoi ne pas dévaliser ce temple du fric ? Avec quelques amis il se lance dans ce grand projet. Seul contretemps, la réapparition de Joaquim, sa jeune victime, qui s'est lié d'amitié avec son ravisseur.

Le personnage imaginé par Dieter et dessiné par Moynot est très sympathique. Sorte d'Arsène Lupin du troisième âge, il a fort à faire. 

"Le retour du vieux fou", Delcourt. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement le 10 septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


dimanche 3 septembre 2000

BD - Docteur Monge et les religieux


Quel mal ronge l'abbaye Sainte-Croix-des-Champs ? Les jeunes séminaristes sont faibles, vomissent tripes et boyaux et deux meurent dans d'atroces souffrances. Les religieux se décident à faire appel au docteur Monge.

Ce dernier, ivrogne et blasphémateur, face à l'ampleur du mal, s'installe dans l'abbaye, en compagnie de Ninette, sa servante... et maîtresse. Monge découvre que les malaises des jeunes séminaristes sont le résultat d'une alimentation insuffisante. Pourtant l'abbaye semble avoir les moyens. Une rapide enquête permet à Monge de délier les langues : un indélicat puise dans les caisses de l'abbaye. Mais malgré l'épaisseur des murs, d'autres secrets vont tomber face à la perspicacité du toubib.

En plein XIXe siècle, Bardet dresse le portrait peu reluisant d'une petite communauté religieuse de province. Chabbert, le dessinateur, multiplie les contre-plongées vertigineuses. 

« Docteur Monge » (tome 3), Glénat.  (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement en septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


BD – Les adieux à Jimmy Tousseul


Sur internet, plusieurs forums de discussion réservés à la BD ont abordé le problème de manière frontale : certaines séries doivent s'arrêter. Les lecteurs donnent leur avis et ils sont plusieurs à réclamer la fin de XIII, Thorgal ou Astérix...

Ils étaient certainement moins nombreux à vouloir l'arrêt de Jimmy Tousseul. Pourtant le douzième titre est le dernier. Desberg (scénario) et Desorgher (dessin) prennent congé de leur jeune héros africain. Jimmy qui file le parfait amour avec Suzy s'est exilé en France. Pourtant ils meurent d'envie de revenir en Afrique avec Schatzy qui a tout perdu, chassé de son domaine par des mercenaires. 

Ils n'auront plus le choix quand Suzy sera enlevée et ramenée au pays par les hommes de main du dictateur. On reste un peu sur sa faim mais on écrase quand même une larme sur la dernière planche. 

« Jimmy Tousseul » (tome 12), Dupuis. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement en septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)