mercredi 31 mars 2021

DVD - Rupture et conséquences avec "La voix humaine"

En cette période de disette en bons films, la sortie en DVD et en VOD chez Pathé d’un nouveau Pedro Almodovar ne peut que réjouir les cinéphiles. Mais attention, « La voix humaine », librement inspirée d’une pièce de théâtre de Jean Cocteau, est un court-métrage expérimental (30 minutes) avec une seule actrice : Tilda Swinton. Une femme, triste et malheureuse, parle pour la dernière fois avec l’homme qu’elle aime toujours mais qui vient de la quitter. Une rupture qui n’est pas sans conséquence. Ce texte a près d’un siècle mais semble incroyablement actuel. 

Tilda Swinton est extraordinaire dans les multiples sentiments qui traversent l’esprit de la femme délaissée. Une impression de bizarre et d’étrangeté renforcée par le parti pris du réalisateur de montrer l’envers du décor.

mardi 30 mars 2021

Roman - Jeu de massacre sur l’île sombre

Ecrit en anglais, mais pour une maison d’édition française, L’île sombre est le premier roman de Susanna Crossman. Cette Anglaise vivant depuis longtemps en Bretagne, signe un huis clos où la tension va crescendo jusqu’au final libérateur. Le tout au rythme de la marée car l’action se déroule sur une île qui, comme le Mont Saint-Michel, n’est accessible qu’à pied, quand la mer s’est retirée. Sur ce bout de terre, six hommes et femmes vont vivre un week-end qui restera longtemps dans leurs mémoires. 

Josh est la puissance invitante. Ce trentenaire, riche et ambitieux, a obtenu l’exclusivité de la vente de cette île si particulière. Avant de la mettre sur le marché de l’immobilier de luxe, il décide d’y passer un week-end avec quelques amis. Ils seront six donc à profiter de la tranquillité de cette propriété inhabitée depuis une dizaine d’années. Josh, au dernier moment, a invité Katherine, une jeune chirurgienne rencontrée deux jours plus tôt. Il embarque dans l’aventure deux autres couples. Clarice, une amie d’enfance et Charlie, son fiancé. Kevin, le local de l’étape (il allait sur l’île quand il était enfant), employé de Josh et sa petite amie, Sarah, esthéticienne. Six vies, six parcours différents, comme un condensé de la jeunesse actuelle.

La cage du singe

La jeune romancière a soigné la description des naufragés volontaires, détaillant la complexité de leur personnalité. Clarice, par exemple, toujours pas remise du suicide de la sœur de Josh quand elles étaient adolescentes et inséparables. Sarah, se cache de son côté derrière les apparences. Toujours belle et apprêtée. Kevin, son compagnon, tente encore et toujours d’oublier un traumatisme de l’enfance. Mais comment faire quand on comprend qu’il s’est déroulé de nuit sur cette même île ? Un lieu à la sinistre réputation. Avant de partir, un cousin l’a prévenu : « Kevin, la marée remonte vite. Tes copains de la ville, ils connaissent rien à la mer. Et tu sais ce qu’on raconte, comme quoi cette île est maudite. Une vraie saleté. » Une impression de malédiction renforcée après la marche harassante entre rochers et algues pour atteindre le solide portail d’entrée. Une fois solidement verrouillé, « plus personne ne pouvait entrer et plus personne ne pouvait sortir. Ils étaient enfermés ici pour vingt-quatre heures. » Le moment est venu pour Josh de raconter l’histoire de la Française (dernière habitante de l’île) et de son singe. Tout en montrant la grande cage où elle l’enfermait. 

Puis de revenir sur la fin tragique d’Alphonse, le simple d’esprit qui a été exilé par les habitants du village sur cette île coupée du monde. Le jeu de massacre est lancé. Reste à savoir qui va s’en tirer, qui mène la danse et si les fantômes de l’île vont s’en mêler. Un roman court d’une rare densité d’émotion.  

« L’île sombre » de Susanna Crossman, La Croisée, 16 €

 

 


dimanche 28 mars 2021

BD - Femmes élémentaires dans le second tome de "V-Girls"


Casting de choix pour cette série imaginée par Pécau et dessinée par Ukropina. Car les personnages principaux de V-Girls, histoire fantastique se déroulant à la fin des années 30, sont les gloires cinématographiques de l’époque. 

Notamment Hedy Lamarr, actrice allemande ayant fui le régime nazi pour faire carrière à Hollywood. Elle a un pouvoir. Une entité élémentaire a trouvé refuge dans son corps et son esprit. Une arme qui intéresse les Allemands mais aussi les Russes. 


Si Hedy maîtrise l’eau, Frances, une Américaine a plus de difficultés avec le feu. Le second tome de cette ambitieuse série donne le beau rôle aux femmes et à quelques célébrités du moment, de Dashiell Hammett à Peter Lorre en passant par Fritz Lang ou Howard Hugues. Sans oublier le volet européen avec Luis Bunuel et Picasso, pour une tout autre explication du célèbre tableau de Guernica.  

« V-Girls », tome 2, Soleil, 14,95 €


samedi 27 mars 2021

Série télé - L’autre Alice


Sur Netflix, les Alice asiatiques sont à la mode. Après la série japonaise Alice in Borderland adaptée su manga, voici Alice (tout court), série coréenne mêlant romanche, histoire familiale et… voyage dans le temps. Comme toujours dans ces dramas coréens, tout débute sur les chapeaux de roues, déroutant un peu le spectateur européen plus habitué à une mise en place lente et didactique des personnages et de la situation. 

On plonge donc directement dans l’action avec deux agents (un couple) venus du futur, à la recherche d’un livre maudit. Ils le trouvent, mais quand la femme apprend qu’elle est enceinte, elle décide de rester à cette époque, s’éclipsant et se fondant dans la Corée des années 90. 

30 années plus tard, elle est morte assassinée et son fils est devenu policier. Un jeune homme dénué de tout sentiment (presque une marque de fabrique des séries coréennes) décidé à retrouver les assassins (venus du futur, mais il ne le sait pas encore), de sa mère. Il va se retrouver sur leurs traces en enquêtant sur l’enlèvement d’une fillette. Cette dernière, après trois jours de disparition, prétend qu’elle était avec sa mère. Mais cette dernière était à l’étranger. 

Premier paradoxe temporel dans cette série emberlificotée dans les passages entre différentes époques. Cela se complique quand le policier croise la route d’une scientifique ressemblant trait pour trait à sa mère décédée. Si l’on oublie la longueur de certaines scènes (la série s’étale sur 16 épisodes de plus d’une heure), on se trouve face à une production ambitieuse visuellement, soignée au niveau de l’intrigue et pleine de rebondissements. Les amateurs de SF apprécieront.   


vendredi 26 mars 2021

Série télé en DVD - Paris Police 1900, nouvelle réussite signée Fabien Nury

Scénariste de bande dessinée réputé, Fabien Nury est en train de délaisser le 9e art pour s’imposer dans le monde encore plus concurrentiel de la série télévisée. Il a fait ses premières armes dans Guyane sur Canal + et récidive avec ce Paris Police 1900 toujours sur la chaîne payante. 

Nous sommes en 1899. Le président Félix Faure vient de mourir. La République, épuisée par l’affaire Dreyfus, prise en étau entre les ligues nationalistes et antisémites et la menace anarchiste, n’a jamais paru si faible. Le cadavre d’une inconnue retrouvé dans la Seine entraîne Antoine Jouin, inspecteur ambitieux de la criminelle, et Jeanne Chauvin, une jeune avocate, au cœur d’une enquête complexe. 

Ces huit épisodes d’une heure viennent de sortir en DVD et Blu-ray chez Studiocanal. Parfait pour plonger dans le Paris d’antan, reconstitué avec brio dans une histoire palpitante.

jeudi 25 mars 2021

DVD - Le temps perturbé dans « Synchronic »

Film indépendant manquant de moyens mais pas d’ambition, « Synchronic » est une intéressante parabole sur le voyage dans le temps. Pas de machine complexe mise au point par un savant fou mais simplement une drogue synthétique aux pouvoirs étranges. 

Deux ambulanciers des urgences, Steve (Anthony Mackie) et Dennis (Jamie Dornan) se retrouvent au chevet de consommateurs mal en point. Quand la fille de Dennis disparaît, Steve absorbe un cachet et se retrouve propulsé dans le passé pour tenter de la retrouver dans les méandres du Temps. 

Réalisation épurée et cadrages serrés donnent au film, qui vient de sortir directement en DVD et blu-ray chez Universal un air angoissant supplémentaire. La meilleure trouvaille étant de donner le rôle principal à un Noir pour montrer combien quelques décennies auparavant il était compliqué d’avoir une vie normale dans cet état profondément raciste qu’est la Louisiane.   


mercredi 24 mars 2021

Roman - Le portrait d'une femme déterminée brossé par Armel Job

Il y a du Simenon dans les romans d’Armel Job. Ce Belge (de Liège exactement), croque les petites vies de la bourgeoisie avec une rare acuité. Dans « Sa dernière chance », il raconte quelques mois de la vie d’Élise, 39 ans, célibataire, vivant chez Marie-Rose, sa sœur, brillante gynécologue, mariée à Édouard, agent immobilier. Élise s’occupe à plein temps des quatre enfants du couple. 

Une tatie bienveillante, effacée, qui vient de prendre une grande décision : elle aussi veut connaître l’amour. Sur le net, elle dégote un bel antiquaire, un peu vieux jeu mais charmant. 

Cela débute comme un roman à l’eau de rose, mais le récit dérape rapidement car tout ce beau monde à beaucoup à cacher. Un simple rendez-vous va déclencher une cascade d’événements lourds de conséquence pour Élise et sa famille.      

« Sa dernière chance » d’Armel Job, Robert Laffont, 20 €


lundi 22 mars 2021

Série Télé - La Cape et l’épée sauvent la Nouvelle-Orléans

Certains titres de série semblent hermétiques pour le commun des mortels. Prenez Cloak & Dagger de l’univers Marvel dont les deux saisons sont disponibles sur Amazon Prime. Le Français moyen ne lit dans le premier mot que «Cloaque». Pas très engageant. Une fois traduit, il comprend qu’en fait la série pourrait se nommer la cape et la dague. Il pense alors Cape et épée. Et les plus anciens de se remémorer les piteuses aventures des Robins des Bois dans leur feuilleton délirant. Bref, parfois, on ne sait pas du tout à quoi s’attendre en se contentant du titre. 

En réalité Cloak & Dagger est une excellente série, différente des autres car se déroulant à la Nouvelle-Orléans. Pour les francophones c’est l’assurance de quelques dialogues en cajun et aussi quelques références au vaudou. Tout débute quand Tyrone et Tandy manquent de mourir. Ils viennent d’assister à l’assassinat de son frère pour le première, de son père pour la seconde. 

Des années plus tard, devenus de grands ados, Tyrone (Obrey Joseph) malgré la réussite de ses parents, reste un Noir dans un monde dominé par les Blancs. Sa rage est forte, d’autant que son frère a été tué par un policier. Tandy, devenue voleuse et arnaqueuse, compense la perte de son père dans la drogue, comme sa mère dans l’alcool. Les deux vont découvrir que depuis cette nuit fatidique ils ont un pouvoir. Encore plus grand quand ils sont réunis. 

Classique dans ses ressorts, la série devient plus forte avec les scènes de rue de la Nouvelle-Orléans, notamment durant le carnaval. Et s’approche de la perfection quand l’action se déroule dans les limbes, lieux fictifs des peurs et des espoirs des humains, que Tyrone et Tandy arpentent eux en pleine conscience. 

dimanche 21 mars 2021

Cinéma en streaming - "Vanguard" sur Prime Video


Jackie Chan a 66 ans mais conserve un excellent jeu de jambes quand il s’agit de botter les fesses aux méchants. Dans ce film chinois sorti directement sur Amazon Prime Video, il interprète le patron d’une agence de surveillance, Vanguard. 

Un film de pure action, avec décors luxueux, combats à gogo et cascades spectaculaires. Les agents de Vanguard tentent d’empêcher l’attaque d’un porte-avions américain. L’action se déroule  à Londres, en Afrique (avec d’étonnants lions de synthèse), dans une vieille cité arabe puis à Dubaï. 

La dernière partie s’apparente plus à un clip publicitaire pour la ville qu’à un film. Dommage. Mais cela devrait faire rêver quelques millions de Chinois et pas mal de Français attirés par ce nouvel eldorado du tourisme. 

samedi 20 mars 2021

Série télé - Embrouilles à Baghdad Central


Arte propose  sur son site l’intégralité de la série anglaise Baghdad Central. Les six épisodes seront également diffusés les 8 et 15 avril à 20 h 55. Cette fiction, tirée d’un roman d’Elliot Colla, est un polar classique dans sa forme, exceptionnel par son contexte. L’action se déroule dans la capitale de l’Irak en 2003 quelques mois après la chute du régime de Saddam Hussein. La coalition menée par les Américains tente de reconstruire le pays. 

Le combat d’un père

Mais il est loin l’enthousiasme de la population pour les « libérateurs ». Les Américains sont devenus des envahisseurs et le chaos règne dans le pays. Dans ce contexte, certains Irakiens tentent de se faire discrets. C’est le cas de Muhsin Kadr al-Khafaji (Walleed Zuaiter), ancien policier et surtout père de famille. Du moins ce qu’il en reste. 

Sa femme est morte d’un cancer, son fils a été exécuté par le régime. Il vit avec ses deux filles. Mjour, souffrant de diabète à la santé fragile et Sawsan, étudiante travaillant comme traductrice dans la zone verte aux mains des Américains. Quand cette dernière disparaît, Mushin retrouve ses réflexes d’inspecteur pour mener l’enquête et la retrouver. 

Le personnage de ce policier, au passé honteux, domine la série. Désabusé, voyant son pays sombrer dans le chaos le plus total avec milices, corruption et exactions au sommet, il s’accroche à la seule chose qui l’anime : sa famille. Il va accepter de collaborer avec la coalition pour que Mjour soit soignée. Et aussi pour enquêter sur son autre fille. 

On croise dans Baghdad Central d’autres « égarés » de ce monde façonné sur la vengeance, la rancœur et la désillusion. Une professeur d’université, constatant que les femmes sont rabaissées alors qu’auparavant ce pays laïque leur donnait une chance, un Anglais persuadé que Mushin est l’avenir de l’Irak, un militaire américain imposant son ordre avec ses grosses bottes et un chauffeur de taxi, philosophe amateur de poésie. Tous jouent un rôle. Même Mushin. Car rien n’est simple et manichéen dans la vie. Encore plus en période de guerre dans un pays en ruines. 


De choses et d’autres - L’actualité vire au gag

Hier, en découvrant différentes informations venant de France et de Navarre, je me suis demandé une paire de secondes si je n’avais pas fait un saut dans le temps. Tout me laissait penser qu’on était le 1er avril et que les canulars occupaient la une. Sur France Culture, une émission expliquait comment l’armée française avait enrôlé des écrivains de science-fiction pour imaginer les conflits du futur.

Parmi les scénarios évoqués, l’attaque terroriste en 2042 de la base de Kourou pour prendre le contrôle de l’ascenseur spatial. Incroyable et pourtant 100 % vrai.

Suite de mes pérégrinations invraisemblables à Saint-Domingue. Un mafieux italien en cavale vient de se faire arrêter par Interpol. Ses tatouages l’ont trahi. Tatouages vus dans ses tutos de recettes qu’il partageait sur YouTube. Il n’est pas précisé avec quel type de farine il fabriquait des cookies.

Cap sur les USA où je découvre qu’un magasin de chaussures a décidé de customiser des Nike. Des Air Max « sataniques ». 666 paires où de l’encre rouge est rajoutée dans leur bulle d’air, additionnée d’une goutte de sang humain. Nike, qui ne veut pas apparaître comme une société « soutenant le satanisme », a déposé plainte contre le rappeur derrière cette idée marketing.

Des informations complètement farfelues et pourtant authentiques, comme ce monde qui perd de plus en plus ses repères. Pour preuve, le 6 avril sera organisé en ligne une dictée en écriture inclusive.

Mais ça non plus ce n’est pas un poisson d’avril même si ça en a le goût et la couleur. Par contre, si demain 1er avril on annonce que l’écriture inclusive sera obligatoire pour remplir son attestation de sortie, là, pas de doute, ce sera un canular. 

 

vendredi 19 mars 2021

De choses et d’autres - Un sandwich difficile à digérer

Il s’attendait, sans doute, à un retour en Formule 1 plus glorieux. Fernando Alonso, au volant de la toute nouvelle Alpine, a été contraint à l’abandon, en fin du premier grand prix de la saison, à Bahreïn, alors qu’il stagnait vers la 10e place.

Un abandon qui va sans doute entrer dans les annales, car la raison en est des plus étonnantes. Constatant que ses freins arrière chauffaient plus que de mesure, le champion espagnol rentre aux stands. Là, l’équipe décide d’arrêter les frais en réalisant que l’écope permettant le refroidissement était bouchée.

Quelques heures plus tard, le maudit bouchon était extrait et les techniciens n’en ont pas cru leurs yeux en retirant du système de très haute technologie un emballage de sandwich. Un simple emballage et le bolide valant plusieurs millions d’euros et élaboré par des ingénieurs surdiplomés, se retrouve immobilisé.

Maintenant, il va falloir retrouver l’identité du sagouin qui a jeté son emballage de sandwich sur la piste. A priori, ce n’est pas un pilote, difficile de manger en conduisant ces F1 qui filent à plus de 250 km/h. Un spectateur ? C’est possible. Ils n’étaient cependant pas nombreux, car obligatoirement vaccinés contre le coronavirus.

À moins que cela ne soit une nouvelle technique malveillante dans la guerre des écuries. Discrètement, mine de rien, un mécanicien concurrent aurait laissé traîner un emballage de sandwich à côté du paddock d’Alpine. Le vent et la chance (pour le mécano, pas Alonso) auraient fait le reste.

Difficile à digérer pour les débuts en Formule 1 de la nouvelle écurie française. 


VOD - Angoisse au bureau avec "The Exception"


Vous vous méfierez de vos collègues de bureau après avoir vu « The Exception », film danois de Jesper W. Nielsen qui sort directement en vidéo à la demande (VOD) sous la bannière de Wild Side.

Ann-Lise (Sidse Babett Knudsen en photo, vue dans Borgen) vient d’être embauchée dans une association qui s’occupe de crimes contre l’Humanité. Cette documentaliste a des difficultés à s’intégrer à la petite équipe. Malene et Iben font des messes basses dès qu’elle arrive.

Quant à Camilla, la secrétaire, derrière son sourire personne ne sait ce qu’elle pense. Rapidement la tension monte entre les trois anciennes et la nouvelle. Et quand des mails de menace arrivent sur, Anne-Lise est suspectée. Un thriller subtil sur la cruauté, la méchanceté, le mal et les faux-semblants. 


jeudi 18 mars 2021

De choses et d’autres - Maîtres du temps

Le génie humain permet, deux fois par an, de nous transformer en maîtres du temps. Au printemps on fait disparaître une heure, à l’automne on en crée une. Pour des millions de Français et d’Européens, dans la nuit de samedi à dimanche, le passage à l’heure d’été a signifié la disparition dans les limbes de soixante minutes.

Les animaux ne comprennent pas ce concept. Ils sont définitivement réglés sur le soleil. Du début à la fin de leur vie.

Cette heure d’été, tant espérée chaque année, car elle marque le rallongement spectaculaire des jours, est-elle une bonne chose ? Je me garderai d’avoir une opinion arrêtée, je constate simplement que c’est l’exemple le plus flagrant de la toute-puissance de la bureaucratie et du suivisme de mes concitoyens. Tout a été imaginé un jour dans ces hautes sphères qui planifient la vie du peuple.

Peut-être juste pour tenter quelque chose de nouveau, un énarque, par ailleurs chercheur en sociologie et amateur d’expériences hasardeuses, décide qu’« entre samedi et dimanche, tout le monde devra avancer sa montre d’une heure. »  Soit-disant pour économiser du pétrole. En réalité pour tester le degré d’asservissement de la populace.

Le résultat a sans doute dépassé ses espérances puisque le troupeau continue à jouer des aiguilles chaque année avec une docilité teintée de plaisir. Normal, on a fait disparaître une heure, mais la majorité a l’impression d’en avoir gagné une le soir venu.

Attention, avec le couvre-feu à 19 heures, le gain est minime. Et si la prochaine victime du coronavirus était l’heure d’été ?  


Série télé - Jean-Pascal Zadi est "Carrément craignos"

Avant de remporter un César, Jean-Pascal Zadi a fait parler de lui dans la série comique « Craignos ». Logiquement il signe la suite de cette histoire de banlieue avec un « Carrément Craignos » atteignant parfois des sommets dans l’absurde et le délirant. Mis en ligne sur le site de France Télévisions et sur la plateforme Salto, ces 9 épisodes d’une vingtaine de minutes racontent la suite des aventures d’Ernesto, le grand black nonchalant joué par Jean-Pascal Zadi. Il est toujours en galère, à la recherche des 100 000 euros confiés par Joe, un petit truand. 

Un fil rouge prétexte pour raconter les incroyables galères de ces potes et permettre à de nombreux invités de faire un petit passage dans la série. Le casting est très éclectique d’Éric Judor (en photo avec Jean-Pascal Zadi) à Amelle Chahbi en passant par Esteban, Patrick Puydebat et Rossy de Palma.  

mercredi 17 mars 2021

De choses et d’autres - La pelleteuse et le canal

Le symbole est fort. Une simple pelleteuse tente depuis deux jours de rétablir 12 % du commerce mondial. Cette pelleteuse c’est celle qui s’active près de l’étrave du porte-conteneurs bloqué dans le canal de Suez.

Long de 400 mètres, le navire empêche tout trafic. Des millions de containers, bloqués dans cet étroit passage. Et pour tenter de supprimer le bouchon, une simple pelleteuse, sorte de minuscule fourmi face à un éléphant embourbé.

Capture écran Twitter

On en rit aujourd’hui, mais dans quelques semaines ce ne sera pas le même scénario. Car par ce fameux canal de Suez transitent quasiment tous les produits manufacturés en provenance d’Asie. Quand les magasins seront en rupture de stock de barbecues, de smartphones, de chaussures de basket ou de pneus de rechange pour votre voiture, vous aurez moins tendance à ricaner.

Sans parler de l’envolée du prix de l’essence pour cause de pétrole bloqué à des milliers de kilomètres des raffineries.

Alors au lieu de se moquer de cette pauvre pelleteuse, on ferait mieux de l’encourager à trouver d’autres volontaires pour désensabler le monstre maritime.

Par contre c’est une bonne nouvelle pour certains margoulins qui ne voient dans cet accident qu’une excuse pour repousser des chantiers. Je me souviens d’un artisan qui avait prétendu que la chaudière qu’il devait installer le matin même était bloquée depuis la veille à Orléans. Le client lui demande des précisions et lui de prétendre, avec aplomb, que le camion a eu un accident et que les deux chauffeurs sont morts sur le coup. Une rapide recherche sur le net démontrait que ce n’était que pure invention.

Avec ce cargo bloqué, je prédis qu’ils seront nombreux à prétendre que c’est la cause de ce retard de livraison. La petite pelleteuse aura bon dos. 


mardi 16 mars 2021

De choses et d’autres - La Dominique s’offre aux télétravailleurs

Marre de bosser dans la chambre d’amis reconvertie en bureau provisoire ? Provisoire qui dure depuis plus d’un an… Les télétravailleurs du Covid-19 cherchent de plus en plus un cadre de vie plus agréable.

Alors, pourquoi ne pas répondre à cet appel de la Dominique, petite île tropicale nichée dans la mer des Caraïbes, exactement entre Martinique et Guadeloupe ?

Ce petit pays verdoyant, épargné par le tourisme de masse, propose aux télétravailleurs de s’y installer durablement. La Dominique a créé, depuis cette semaine, un visa de longue durée allant jusqu’à 18 mois. Au lieu de devoir subir la tramontane glaciale, bénéficiez plutôt des alizés rafraîchissants. Plongez dans des spots gorgés de poissons multicolores, baignez-vous dans des cascades gigantesques.

La carte postale semble parfaite, mais quelques surprises pourraient refroidir votre enthousiasme. Membre du Commonwealth, on y parle donc anglais, mais, surtout, on y roule à gauche… avec des voitures prévues pour rouler à droite. Compliqué, mais, de toute manière, il n’y a que 375 km de routes goudronnées sur l’île.

Autre particularité de la Dominique : la totale absence de plage. Par contre, on compte 365 rivières. Enfin, ce visa longue durée n’est pas automatique. Il faut, dans un premier temps, déposer sa candidature et débourser 100 dollars sur le site dédié. Ensuite, si vous êtes retenu, les frais de visa sont de 800 $ pour un individu seul et de 1 200 $ pour les familles. Et, mieux vaut bien prévoir son coup, car vous avez trois mois pour déménager. Finalement, je ne suis pas si mal dans ma chambre d’amis. 


lundi 15 mars 2021

De choses et d’autres - Allô maman dodo…

Depuis un an, la pandémie a des conséquences directes sur la vie quotidienne des Français. Sur leurs nuits aussi, le sommeil devenant de plus en plus compliqué à trouver quand on sait que le lendemain sera identique à la veille…

Il n’y a pas encore d’études récentes sur le sommeil en temps de crise sanitaire, mais les chiffres de ces dernières années nous éclairent sur les différences nationales face au dodo. Ainsi, si l’on considère qu’une nuit pour être réparatrice doit être de 8 heures, on constate qu’en France, on dort 3 minutes de plus. Sans doute le temps au cours duquel on se dit, « allez, encore une petite minute avant de me lever ». Minute qui triple comme de bien entendu.

Mais nous ne sommes pas les plus gros dormeurs de la planète puisqu’aux Pays-Bas ce sont plus de cinq minutes que les dormeurs s’octroient en supplément. Mais alors, qui dort le moins sur Terre ?

Vous ne serez pas étonné d’apprendre que la palme revient à deux pays asiatiques : les habitants de Singapour se réveillent plus de 36 minutes avant les fatidiques 8 heures suivis des Japonais qui dorment en moyenne 7 heures et 30 minutes.

En Europe, ce sont les Allemands qui sont les plus économes en sommeil grignotant leur quota de 19 minutes en moyenne.

Ces quelques chiffres du monde d’avant sont forcément différents actuellement. J’en connais certains (moi notamment), qui, en s’endormant le soir, espèrent ne se réveiller que quatre mois plus tard, quand tout ce bazar sera terminé. Car finalement, quitte à être traité d’ours en société, autant à en avoir les avantages, l’hibernation en premier lieu. 


dimanche 14 mars 2021

De choses et d’autres - Chiffres romains en voie de disparition ?

Grosse indignation, la semaine dernière, en Italie. Les musées français, honte à eux (che si vergognino en italien) seraient sur le point d’abandonner les chiffres romains au profit des plus connus chiffres arabes.

En exemple, la reproduction d’une gravure montrant Louis 14, roi de France.

Finalement, ce ne serait qu’une partie des explications fournies dans un seul musée (Carnavalet à Paris dans le IIIe arrondissement) qui serait concerné. Et pas les rois, juste les siècles. Une réforme déjà entreprise par le musée du Louvre qui ne parle plus du XIXe siècle mais du 19e.

Sans être un fervent défenseur des traditions, j’avoue avoir du mal avec les évolutions typographiques. Pour moi, un siècle, comme un roi ou un pape, sera toujours en chiffres romains.

Par contre, force est de constater qu’une partie de la population a des difficultés à comprendre cette numérotation. Le plus célèbre exemple étant cet homme demandant comment aller à l’hôtel Georges V, prononcé Georges « Vé » au lieu de « Cinq »…  

Une petite polémique qui a donné l’idée à un fan de BD de reprendre la charte graphique des couvertures de la série d’espionnage de Vance et Van Hamme, XIII. En chiffres arabes, tout de suite, ça a moins de classe.

De toute manière, dans notre région, tout le monde sait lire en chiffres romains. Pour la bonne et simple raison que dès le berceau on nous explique qu’il n’y a pas un seul mais deux rugbys : le XIII et le XV. 


samedi 13 mars 2021

Album jeunesse - Le petit cow-boy et son courageux Desperado


La parution de « Desperado », album à partir de 3 ans, marque le retour d’Ole Könnecke au catalogue de l’École des loisirs. On apprécie toujours autant son trait simple et lumineux, tout en grâce et efficacité ». L’histoire est en réalité une adaptation, pour les plus petits, du film « La prisonnière du désert », de John Ford. 

Roy est un petit garçon vivant dans un ranch dans le désert. Tous les matins il va à l’école en chevauchant son cheval, Desperado. Un matin, alors qu’il est en retard, il trouve l’école déserte. Des brigands ont enlevé sa maîtresse, la très gentille Heidi. N’écoutant que son courage, aidé par le brave Desperado, il se lance sur les traces des méchants kidnappeurs. 

« Desperado » d’Ole Könnecke, L’École des loisirs, 13 €

De choses et d’autres - Du goût et du coût de la fraise Tagada

Rien de tel qu’une gaffe de la police pour détendre l’atmosphère. Mercredi, la Préfecture de police, sur son compte Twitter, se réjouissait d’avoir démantelé un atelier de conditionnement de produits stupéfiants. Et pas n’importe lesquels puisque les photos montraient des pilules roses et de la poudre. De la MDMA et de l’ecstasy selon le communiqué officiel.

Mais hier, deux jours plus tard, soit le temps nécessaire pour analyser le plus précisément possible les produits saisis, un autre communiqué du parquet de Bobigny indiquait que finalement, la poudre était « neutre ». Un terme vague pour dire qu’il ne s’agit en aucun cas de stupéfiant.

Finalement, une indiscrétion a donné le véritable résultat des tests. Ce que les policiers ont saisi dans cet appartement de Saint-Ouen était en réalité des fraises Tagada concassées.

La préfecture de police indiquait que la saisie représentait une valeur de 1 million d’euros. Cela ferait un excellent exercice de Nation apprenante, l’opération de l’Éducation nationale durant le premier confinement.

Premier énoncé « Si la police saisit 5,47 kg de fraises Tagada représentant une valeur marchande de 1 million d’euros, combien coûte chaque bonbon pesant environ, 3,5 grammes ? » (réponse : un peu plus de 639 € la fraise Tagada, ça fait cher la carie…)

Second énoncé. « Si la police saisit pour un million d’euros de fraises Tagada, combien de camions faudra-t-il pour transporter toute la marchandise si le prix au kilo de cette confiserie est de 5,77 € ? » (réponse : 4 semi-remorques de 44 tonnes…) 

Enfin, je lance le débat : le sucre est-il une drogue ? Pour quelques enfants, oui. Mais pas au point de mettre en place un laboratoire de conditionnement clandestin. De toute manière, qui préférerait avaler des comprimés au lieu de faire fondre les goûteuses et moelleuses fraises Tagada dont on s’est forcément régalé à un moment de notre enfance.

(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le samedi 20 mars) 

vendredi 12 mars 2021

Polar - Les rennes se moquent des frontières

La frontière entre la Norvège et la Russie a toujours été très surveillée. Elle est moins hermétique depuis la chute de l’URSS mais reste sensible. Par contre, dans cette zone de Laponie, les troupeaux de rennes eux ne font pas la différence entre pâturage norvégien ou russe. Quand une cinquantaine de bêtes passent à l’Est, c’est le début des ennuis pour le propriétaire mais surtout Klemet, éminent membre de la police des rennes. 

Dans cette quatrième aventure du héros récurrent imaginé par Olivier Truc, la politique se mêle à l’enquête. Une nouvelle épreuve pour Klemet, d’autant qu’il retrouve son ancienne coéquipière Nina. Leurs relations sont toujours aussi tendues, même si on devine que ces deux luttent contre une attirance réciproque. 

« Les chiens de Pasvik » d’Olivier Truc, Métailié, 21 €


De choses et d’autres - Identité renforcée

À partir de cet été, nous aurons la possibilité d’avoir des cartes d’identité dernier cri. Biométriques, dotées d’une puce, au format d’une carte bancaire, elles sont à la pointe de la technique si l’on en croit les cocoricos des responsables gouvernementaux.

Enfin c’est le discours officiel mais qui tombe comme un château de cartes dès que l’on passe les frontières. Ces cartes nouvelle génération aux capacités renforcées sont en circulation aux Pays-Bas depuis 2004. La Belgique a fait la bascule en 2009 et l’Allemagne en 2010.

En réalité, rien de glorieux dans cette nouvelle carte d’identité française car nous avons dix ans de retard par rapport à nos voisins.

Sur ces nouvelles cartes, il est toujours interdit de sourire quand on fait la photo. Une spécificité tricolore car sur la carte spécimen allemande trouvée sur le net, une certaine Erika Mustermann, blonde aux yeux bleus, arbore un sourire très jocondien.

Cartes allemandes qui sont en trois langues. L’Allemand bien évidemment, mais aussi l’anglais et le français. On ne leur a pas rendu la politesse, rajoutant simplement par rapport aux précédentes cartes en circulation, l’anglais.

Dernière petite particularité de cette innovation administrative, la carte d’identité française spécimen publiée dans certains journaux est celle de Gisèle Chevallier, 26 ans de Bordeaux. Il est précisé dans la rubrique nom d’usage « veuve Dubois ». Si jeune et déjà veuve, ça ne transpire pas la joie et la bonne humeur chez les fonctionnaires de l’état-civil.

(Chronique parue le vendredi 19 mars en dernière page de l'Indépendant)

jeudi 11 mars 2021

Série Télé - Avec les caïds des cités de Marseille


La grammaire des séries télé en est encore à ses balbutiements. Il n’existe pas de format ultime. L’effervescence de la catégorie, notamment depuis l’arrivée en masse de nouveaux acteurs comme Netflix, permet toutes les expérimentations. C’est le cas de Caïd, série française se déroulant entièrement dans une cité chaude de Marseille. Nicolas Lopez et Ange Basterga, les deux jeunes cinéastes à l’origine du projet testent un format court et percutant. Dix épisodes de 10 minutes pour, selon leurs déclarations sur la radio Le Mouv’, «tendre encore plus le récit, d’avoir une immersion encore plus forte que dans le film. En fait ce format de 10 minutes sert à ne pas respirer. » 

Tout va effectivement très vite dans le premier épisode. Franck (Sébastien Houdami) est envoyé par un label de musique dans la cité pour tourner le clip d’un rappeur prometteur, Tony (Abdraman Diakité). Problème, Tony est également le boss et caïd du trafic de drogue de ce quartier. Franck et son cameraman vont devoir filmer l’artiste en plein travail. Et comme ils arrivent en pleine guerre des gangs, ils vont avoir leur dose d’action, de fusillade et de course-poursuite. 

Filmé caméra à l’épaule, Caïd a parfois des airs de reportage sur le trafic de drogue. Notamment sur l’organisation minutieuse de l’accueil des clients et de la vente au plus vite des doses. Une infrastructure performante qui pourrait faire envie à nombre de managers rêvant d’équipes aussi efficaces pour leur business. Courte et percutante, la série se voit en une soirée. Seul bémol, une fin pas totalement assumée. Mais c’est de plus en plus la loi des séries qui espèrent une suite sans oser le dire trop fort. 

De choses et d’autres - La supplique de la chenille

Vendredi dernier, pendant que sur Canal + Corinne Masiero se déshabillait en direct à la cérémonie des César, sur TF1, une autre séquence sujette à polémique était diffusée. Pas de problème de nudité cette fois, mais de bien-être animal.

Les aventuriers de Koh-Lanta, pour se nourrir, doivent pêcher. Un certain Arnaud, maraîcher dans le civil, a tout tenté pour rapporter un peu de protéines aux membres de sa tribu. Simplement armé d’une machette et d’un bâton, il s’est attaqué à des raies qui nageaient près du rivage, puis à une murène repérée dans des rochers.

Espérons qu’Arnaud est meilleur avec ses légumes qu’avec les poissons, car il est rentré bredouille. De peu, puisqu’il a touché une raie avec la machette et la murène, avant de s’enfuir dans l’océan, a été un peu écrabouillée à coups de talon.

Un scandale pour l’association de protection des animaux PETA qui a solennellement protesté contre « ces scènes d’une telle barbarie ». Mais quel méchant cet Arnaud. Et la prochaine fois, il va écorcher vif un chaton et le cuire au barbecue ?

Non, il faut raison garder, mais au vu des images diffusées pour annoncer l’épisode suivant, il rentre fièrement au camp avec des crabes plantés sur la fameuse machette. De quoi encore plus énerver les militants de PETA.

Et je ne vous raconte pas leur indignation quand arrivera l’épreuve dite des chenilles. La seule où j’aurais peut-être pu briller : on ne doit pas courir, sauter, nager ou soulever, pour l’emporter, juste avaler vivante une grosse chenille se tortillant dans tous les sens. Il faut cependant être sourd à la supplique de la chenille.  


mercredi 10 mars 2021

Série télé - Les trois renardes de "Sky Rojo"


Alex Pina et Esther Martínez Lobato reviennent frapper un grand coup sur Netflix. Les géniaux créateurs de La Casa de Papel proposent depuis vendredi Sky Rojo, série trépidante se déroulant aux Canaries près de Ténérife. Un décor quasi désertique de western pour ce thriller hyperviolent que Tarantino ne renierait pas.

En huit épisodes de 30 minutes chacun, Sky Rojo se propose de raconter comment trois jeunes femmes vont prendre leur destin en main. Trois héroïnes nommées Coral (Veronica Sanchez), Wendy (Lali Esposito) et Gina (Yani Prado). Une Espagnole, une Argentine et une Cubaine. Elles ont en commun de travailler pour le même patron, Roméo (Astier Etxeandia vu dans quelques films de Pedro Almodovar). Le pire patron possible puisque Roméo, contrairement au romantisme de son nom, est proxénète. 

Les trois belles sont donc prostituées dans ce bordel isolé en bord de route. Au cours du premier épisode, l’établissement est fermé pour cause de décès. Un premier mort qui va en appeler d’autres. Car Gina, en voulant racheter sa liberté, va provoquer un enchaînement de contrariétés susceptible de rendre Roméo très méchant. Sky Rojo raconte cette fuite en avant, laissant une grosse traînée de sang derrière elle. Les trois amies sont chassées comme de vulgaires lièvres. Mais arrivées à un point de non-retour, elles changent d’attitude et endossent le rôle du prédateur en devenant des renardes enragées. 

Si les premières images font un peu mal aux yeux en raison de l’esthétique très vulgaire et clinquant avec corps féminins dénudés à foison, la suite permet à ces femmes de quitter vêtements riquiquis et maquillage à paillettes pour redevenir des humaines à part entière. Car le message principal de la série, en dehors d’une volonté de distraire avec actions et gags, est de dénoncer la prostitution. Les souteneurs mais aussi, et surtout, les clients. 

Cette première saison trépidante se termine avec son lot d’incertitudes (signature d’Alex Pina, expert en suspense et retournement de situation), donnant encore plus envie de retrouver ces trois femmes.