mardi 2 mars 2021

De choses et d’autres - Le job de l’impossible

Trouver un boulot de nos jours n’est pas toujours facile. Pourtant certaines sociétés recrutent à tour de bras et ne demandent pas le moindre diplôme pour postuler. La difficulté consiste simplement à aller au bout du parcours d’embauche. Jugez sur pièce.

Une boîte qui fait dans le coaching détaille les étapes avant de recevoir le « Welcome aboard ! » Il n’est même pas nécessaire de déposer son CV, la première étape consiste simplement à répondre à un questionnaire de 7 à 8 minutes puis d’enregistrer une vidéo de 3 minutes maximum.

Ensuite vous recevez un premier appel de 15 minutes suivi de deux entretiens (culture et technique) d’une heure. Après, gros morceau avec un « entretien final : call en visio de 3 heures avec notre CEO pour retracer ton parcours. » C’est déjà énorme, mais en plus, les recruteurs exigent que le postulant organise trois entretiens en visio avec d’anciens managers. Mieux vaut éviter le petit chef ignare que vous avec envoyé se faire f… en démissionnant avec pertes et fracas.

Alors qui va aller au bout de ce « process de recrutement » ? Pas grand monde, juste les plus avides ou désespérés.

Sur le net quelques voix dénoncent ces méthodes excessives. D’autres sont plus alarmistes et critiquent des pratiques dignes des pires sectes. Avec raison car les sociétés de coaching ont déjà été épinglées à plusieurs reprises par la Miviludes, l’organisme chargé de surveiller les dérives sectaires.

Car un chômeur, même pauvre, est un pigeon comme un autre pour ces nouveaux requins du marché du travail.

 

lundi 1 mars 2021

De choses et d’autres - Éloge de la procrastination 

Hier soir, à l’heure du couvre-feu, une bonne partie de la France a suivi le nouvel épisode de la série à succès du moment : « Jean Castex vs la pandémie ». Le Premier ministre, toujours aussi raide et docte (beaucoup trouvent qu’il ressemble à Gargamel, le « méchant » des Schtroumpfs), a joué la franchise en reconnaissant que la situation se détériore et qu’il faut tout mettre en place pour « retarder le confinement ». Et là, on comprend qu’en fait, c’est mort. Le confinement semble déjà acté. La seule inconnue réside dans sa date de mise en œuvre. Jean Castex veut le retarder.

Comme si en procrastinant un peu, on repoussait ce mauvais moment à passer sans comprendre que les jours perdus ne seront jamais rattrapés. Le début de la campagne de vaccination était l’exemple parfait de cette procrastination érigée en méthode de gouvernement. Mais qu’on se rassure, le gouvernement agit. Ou plus exactement place 20 départements sous surveillance renforcée. Des mesures de reconfinement localisé pourront être prises. Dans une semaine. Peut-être.

En procrastinant sans cesse, la France est de plus ne plus en retard par rapport à ses voisins. Le virus, lui, ne remet pas au lendemain ses ravages, notamment à Nice. Mais là aussi, face à l’urgence, les autorités décident de reconfiner… à partir de samedi. À l’opposé, si le président Macron annonce qu’il va faire une allocution début mars, oubliez la procrastination et foncez illico dans une grande surface pour reconstituer les stocks de papier toilette. 

(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le vendredi 26 février)