mercredi 30 mai 2018

De choses et d'autres - Lâcher de bretzels dans l’espace

Certains écologistes s’alarment de la recrudescence d’objets dans l’espace. La dernière expérience scientifique de l’école catholique des Arts et métiers de Strasbourg ne les rassurera certes pas.

Les futurs ingénieurs parmi les plus brillants dans leur branche ont envoyé dans l’espace... deux bretzels. Déjà, un lâché de bretzels dans l’espace interpelle, mais quand on découvre la raison du geste, on se demande si on ne se trouve pas de nouveau confronté à l’une de ces fake news chers aux sites parodiques.

La nacelle accrochée à un gros ballon gonflé à l’hélium contenait un appareil photo, des appareils de mesures et deux bretzels. En plus du cliché de la spécialité alsacienne dans la stratosphère, l’opération « Apollo Bretzel » avait pour mission de trancher définitivement sur le genre de chacun.e. Verdict délivré une fois les « boîtes noires » décryptées. Car chaque biscuit a été identifié. Bretz’il et Bretz’elle comme monsieur et madame. L’emportera au final celui qui sera allé le plus haut. Rien de bien scientifique, mais on ne peut pas être sérieux tout le temps dans les écoles d’ingénieurs.

Le lancement, sponsorisé par une marque de... bretzels, s’est déroulé en public, d’une place du centre de Strasbourg, accompagné d’une dégustation gratuite. Le vol a duré deux heures et les ballons ont dépassé les 34 000 mètres d’altitude.

Maintenant la balle est dans le camp des autres régions. Par exemple, qu’attendent les Catalans pour propulser dans l’espace des rousquilles ? Et les Audois ont l’occasion de régler définitivement la querelle de qui concocte le véritable cassoulet entre Castelnaudary et Carcassonne. Celui qui ira le plus haut emportera l’appellation. Il me tarde le lancement... et la dégustation qui va avec.

Thriller - "Vérité", des Cathares aux Nazis

Après sa série « Damné », Hervé Gagnon, écrivain canadien, prolonge sa saga mystique au cœur de la seconde guerre mondiale. D’un côté les nazis, à la recherche du Graal, de l’autre le Vatican qui tente toujours de cacher une « Vérité » qui donne son titre au premier volume et au milieu de tout cela Roland Sentenac, fils d’un notaire ariégeois, ramené de l’enfer malgré plusieurs meurtres et un suicide avec la même mission que Gondemar de Rossal jadis. L’écriture fluide et imagée permet au lecteur de véritablement s’immerger dans cette intrigue fantastico-historique. On retrouve quelques paysages bien connus de la région et quelques expressions en occitan. Et puis l’auteur sait donner une dimension forte à des hommes terrifiants dont le redoutable Himmler. Le chef suprême des SS dans le rôle du méchant. Quoi de plus normal ?

➤ « Vérité », Hervé Gagnon, Hugo, 17,95 €

mardi 29 mai 2018

BD - Un dragon fidèle à son maître


Grosse frayeur pour Schtroumpf Costaud. Alors qu’il fait de l’aviron sur le lac du barrage, il devine dans la brume un animal énorme. Un dragon ! Panique dans le village car la bête a suivi le petit bonhomme bleu et risque d’écraser les maisons. 

Un dragon pas si méchant que cela. Vieux, il ne peut plus cracher de flammes. Et le Grand Schtroumpf le reconnaît. Il a été adopté par le baron Florimond. Il se lance donc dans une expédition pour rendre l’animal à son maître. Mais une surprise les attend arrivés au château. Fidélité absolue des auteurs à l’univers de Peyo. Idéal pour les enfants rêveurs.

«Les Schtroumpfs» (tome 36), Le Lombard, 10,95 €

De choses et d'autres - Un kit de survie, au cas où...

La Suède n’est pas une nation belliqueuse. Voilà plus de deux siècles que le pays n’a pas connu de guerre. Nonobstant, le gouvernement envisage quand même le pire. Notamment depuis que la Russie manifeste à nouveau des ambitions territoriales fortes (annexion de la Crimée).

Aussi, d’ici le mois de juin, un livret sera distribué dans près de 5 millions de foyers. Dedans, les Suédois découvriront en 13 langues, des indications pour trouver des abris, quels aliments stocker ou s’informer de façon fiable sur la situation réelle. Au XXIe siècle, des gouvernements européens envisagent donc ouvertement le déclenchement d’une guerre sur leur territoire.

Certes en France, nous ne sommes pas à l’abri d’un tel scénario. De là à distribuer des livrets à la population… Néanmoins les sites du gouvernement ont déjà planifié une grave crise provoquée par un risque majeur. Pollution, météo, incendies, mais aussi attentats ou attaques chimiques.

Donc téléchargez le manuel pour « préparer son kit d’urgence en situation de crise ». En plus de vos papiers, radio à pile et autres lampes de poche, il faut conserver sous le coude dans un sac à dos des conserves, de l’eau, des affaires de toilettes et autres couvertures de survie (un peu comme une maman sur le point d’accoucher, nourriture en plus). De la même façon il est recommandé de « construire son plan d’urgence de quartier » en collaboration avec les voisins. Mais qui va le faire à part quelques survivalistes totalement paranoïaques, capables de vous découper en morceaux (pour vous manger plus tard) s’ils se sentent en danger ?

La Suède se prépare, alors cher Vladimir, si l’envie vous prend de bomber le torse, ne vous trompez pas de cible, mon sac n’est pas prêt. 

samedi 26 mai 2018

De choses et d'autres - Je suis Laurel, tu es Yanny

Sur les réseaux sociaux, friands de ces énigmes, circule en ce moment le petit jeu intitulé « Laurel ou Yanny ? ». Avant de comprendre de quoi il retournait, je suis parti sur deux pistes totalement erronées. Ma première idée était « Laurel ou Hardy ». Mais il ne s’agit pas de classement de vieux comiques du cinéma muet. Autre hypothèse, Laurel (dessinatrice française de bande dessinée longtemps exilée en Californie) aurait été mise en concurrence avec une autre artiste nommée Yanny. Encore perdu.

En vérité il s’agit d’un court message audio. Et chacun de dire ce qu’il entend. Les versions diffèrent. Certains comprennent Laurel, d’autres Yanny. Une illusion sonore liée à notre perception plus ou moins forte des aigus. Les jeunes oreilles comprennent Yanny, les plus vieilles (ou usées), Laurel...

Très binaire, l’interrogation a coupé le monde en deux. A chacun sa vérité, tout le monde a raison pour le coup. La meilleure illustration de cette perception subjective est expliquée dans la métaphore découverte dans un tweet de @Lazarre : « ces personnes qui entendent « Droite » ou « Gauche » à l’écoute d’un discours de Macron. »

L’affaire a encore pris de l’ampleur avec l’intervention de la Maison Blanche. Plusieurs collaborateurs ont donné leur avis, choisissant leur camp et l’argumentant avec une bonne dose de mauvaise foi et de dérision.

C’est Donald Trump en personne qui a clos le sujet par une pirouette inattendue : « J’entends covfefe ». Il avait utilisé ce mot inexistant le 31 mai 2017 dans un tweet (supprimé depuis) devenu célèbre, sujet à interrogations et sarcasmes. Trump aurait-il de l’humour ? Voici la nouvelle énigme à résoudre.

De choses et d'autres - Il faut être motivé pour continuer ses études

Les dernières nouvelles de Parcoursup, le nouveau programme informatique pour orienter les bacheliers vers les bonnes universités ne sont pas fameuses. Beaucoup de candidats stagnent encore en liste d’attente. Certes, plus de 450 000 savent où ils iront à la rentrée, mais 300 000 sont encore en plein doute. Pire, 3% n’ont reçu que des réponses négatives. N’empêche, pour une première année, ce n’est finalement pas si mal. On a connu pire comme situation.

Si Parcoursup a été mis en place, c’est pour pallier les nombreuses déficiences du fameux APB (Admission Post Bac). Entièrement informatisé, le dossier du candidat doit maintenant comporter des « lettres de motivation ». Comme pour leur donner un avant-goût de leur carrière professionnelle. Mais beaucoup ont mis en doute l’utilité de ces textes. Pour la bonne et simple raison que le classement des étudiants est effectué par un algorithme. Et que par essence, une lettre de motivation ne peut pas se résumer à des chiffres ou un code informatique.

D’ailleurs des petits plaisantins ont osé la provocation dans cet exercice de style imposé. Notamment dans les filières économiques où l’un voulait « cramer le capitalisme », et un autre « libérer les prolétaires de l’oppression bourgeoise » (sic). Et oui, les premiers de classe font parfois preuve d’humour. Dans les deux cas, ces révolutionnaires en herbe ont été acceptés car pourvus d’excellentes notes. En réalité ces lettres ne seront évaluées qu’en dernier ressort.

On a donc l’espoir de découvrir à l’avenir quelques perles. J’espère par exemple qu’un aspirant archéologue a justifié son choix par le désir de « de fouiller les tombes de nos ancêtres pour avoir une chance de rencontrer Lara Croft ». Indiana Jones peut manger son chapeau.

De choses et d'autres - De la longueur d'une pièce à conviction

Les humoristes ont beau s’escrimer à imaginer les situations et gags les plus cocasses, jamais ils n’arriveront à la cheville de la vraie vie. Prenez « Le tribunal des flagrants délires » sur France Inter au début des années 80. La bande de Claude Villers (Pierre Desproges et Luis Régo notamment), nous faisait hurler de rire en brocardant les invités-accusés.

Quelques décennies plus tard, un tribunal de Nouvelle-Zélande va beaucoup plus loin dans l’absurde. L’histoire en elle-même n’a pourtant rien d’humoristique puisqu’elle concerne une affaire d’attouchement sexuel. Une jeune femme, employée du District de Kapiti, affirme qu’un homme, un élu local de 72 ans, a frotté son sexe contre ses fesses. Elle précise même que « l’engin» entré en contact avec son anatomie mesure entre 10 et 12 centimètres.

Le juge émet alors l’idée saugrenue de vérifier par lui-même. Enfin façon de parler. Il demande au médecin de l’accusé de relever la longueur exacte de son pénis. Pas en public, encore heureux, mais quand même au tribunal, dans une cabine fermée. Le magistrat a ainsi pu estimer si la dimension « ressentie » par la plaignante était identique à la réalité.

Pour info, la longueur de la pièce à conviction n’a pas été dévoilée devant la plaignante. Une histoire scabreuse à souhait, d’autant que l’avocat du prévenu prétend qu’il ne s’agissait que d’un portefeuille, un téléphone, voire un kit d’insuline. Vu les arguments avancés, le juge aurait été plus inspiré de mesurer la taille des poches de l’accusé...

On ne connaît pas encore la décision du magistrat, mais au moins il aura réuni le maximum d’éléments pour établir son intime conviction.

vendredi 25 mai 2018

De choses et d'autres - Les vacances de M. Hulot

Partira, partira pas ? Prendra-t-il de grandes vacances cet été ? Nicolas Hulot ne semble pas très à l’aise dans son rôle de ministre. Face à Jean-Jacques Bourdin, il a clairement laissé entendre qu’il établirait un bilan de son action au dé- but de l’été et déciderait, en fonction, s’il prolongeait l’aventure dans le gouvernement d’Édouard Philippe.

Extraordinaire M. Hulot, sans cesse en train de modifier les lignes. Obligé de travailler durant des mois sous la responsabilité d’un ancien lobbyiste du nucléaire, il regrette cependant de ne pas aller assez loin. Et vas-y que j’étale mes états d’âme en public en toute impunité. Car au final, une telle déclaration, au lieu de provoquer la colère du chef du gouvernement l’a simplement obligé à rencontrer le ministre de la transition écologique pour le rassurer.

Trop gentils ces dirigeants macronistes. En d’autres temps, de Mitterrand à De Gaulle en passant par Chirac, l’interrogation du Vert balbutiant se serait soldée par un vif recadrage voire une exfiltration rapide et sans ménagement. Car un ministre, fût-il célèbre et bénéficiaire d’une forte popularité, reste le simple rouage d’un ensemble. Il impulse, mais ne décide pas tout seul. Surtout, il ne déballe pas ses hésitations ministroexistentielles en public. Il y a bien d’autres façons de laisser entendre que l’on vit mal son sacerdoce.

Et si le mal est profond, démissionner n’a jamais tué personne. Au contraire, on en tire une certaine prestance. Souvenez-vous de Jean-Pierre Chevènement et de sa célèbre formule : « un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule ». Mais ça c’était l’ancien monde. Désormais un ministre a le droit de faire du chantage à son retrait ou, plus sournoisement, transformer sa démission en feuilleton télé. Et dans le genre, Hulot excelle.

 

Roman - Cyril Massarotto invente l'appli coup de foudre dans "Clic & Love"

Les applications de rencontres sont-elles machiavéliques ? La question se pose en découvrant le fonctionnement de « Clic & Love », un programme qui garantit le coup de foudre à ses abonnés.

D’ordinaire, les sites de ce genre ne vous promettent que quelques moments de plaisir pour les plus libertines et un compagnon ou une compagne pour la vie pour les plus menteuses. Cyril Massarotto dans son nouveau roman va beaucoup plus loin dans le concept. Jonas, patron d’une start-up, veut acheter cette appli. Mais il doit la tester d’abord. Il demande à Paul, son meilleur ami, de s’inscrire et de jouer le jeu. Paul, chirurgien à Londres, veuf et incapable d’oublier sa femme morte tragiquement quatre ans plus tôt.

Questionnaire

De l’autre côté de la Manche, c’est une journaliste qui entend parler de l’appli. Elle demande à une connaissance (elles font du sport dans la même salle) de participer à un test. Julie, femme de mé- nage, s’inscrit.

Elle aussi est malheureuse en amour. Sa dernière tentative de sortie dans le monde avec Ornella, sa copine, s’est soldée par un fiasco complet. En voulant s’approcher d’un beau brun, elle bouscule un serveur et se retrouve imprégnée de la tête aux pieds par le contenu de sept verres de vin rouge qui lui brûle les yeux. «Elle a mal, mais tout cela n’est rien comparé au sentiment de honte qui l’étreint avec violence (...) Elle commence à éponger son visage, puis sa robe, quand Julie se rend compte qu’en plus de l’immense tache rouge, tout le monde voit très clairement ses mamelons et ses tétons se dessiner à travers le tissu bas de gamme. » Pourtant Julie a des atouts. Un humour implacable et une volonté inflexible.

Sur Clic & Love Julie et Paul doivent, avant tout, remplir un long questionnaire. En fonction des résultats ils sont mis en contact avec une seule et unique personne. Paul acceptera-t-il Julie ? Julie flashera-t-elle sur Paul ?

Le roman de Cyril Massarotto est sans doute encore plus machiavélique que l’application qu’il a inventé. Car on le sait, aimer n’est pas simple. Surtout de nos jours où l’apparence, la classe sociale et les a priori paralysent. Alors pourquoi ne pas tenter le coup de foudre numérique ?

 ➤ « Click & Love », Cyril Massarotto, XO Éditions, 19,90 €

jeudi 24 mai 2018

De choses et d'autres - Prix atypiques

A trois jours du palmarès du festival de Cannes, les rumeurs vont bon train sur la Palme d’Or. La veille de la remise - demain soir - un jury de critiques de cinéma décernera la plus anecdotique, « Palm Dog ». Il s’agit de récompenser la performance la plus en vue d’un chien, réel ou virtuel, dans les divers films en compétition.

La mode des prix atypiques semble prendre de l’ampleur à travers le monde. Une bonne façon de relativiser les pince-fesses parfois trop formels et attendus. Si les « groseilles » américaines (mise en lumière du pire du cinéma américain la veille des Oscars) n’ont pas d’équivalent en France, on retrouve le même esprit dans les Gérards de la télévision. Programmés le 4juin à 20 h 50 sur Paris Première, leurs créateurs font toujours preuve d’une grande imagination dans l’intitulé des récompenses. Les premières catégories ont fuité et la soirée s’annonce de nouveau assez grandiose. J’ai une petite faiblesse pour le « Gérard de l’animateur dont tu sais pas s’il est toujours vivant ou si c’est des rediffs » avec sept nominés dont Michel Drucker, Évelyne Thomas et Alain Chabat. Ce dernier pourrait bien l’emporter pour la renaissance de son « Burger Quizz » et faire le show lors de la remise du parpaing doré.

La mode de la compétition effrénée (alors que l’Éducation nationale essaie de l’éradiquer depuis des années, ceci mérite d’être souligné) touche aussi la restauration. Le très sérieux « World Restaurant Awards » a décidé de décerner en 2019 quelques prix moins convenus que « le restaurant de l’année ». Qui l’emportera dans la catégorie de « chef non tatoué » ? Le plus sarcastique, symbole d’une dérive de peopolisation du secteur sera sans doute celui du « chef qui reste en cuisine ». Même si le challenge consistera à en dégoter un.

De choses et d'autres - Le cas Rabiot

Ce soir débute la préparation de la campagne de Russie des Bleus de Didier Deschamp. Un premier match amical contre l’Irlande. Sans le fameux Adrien Rabiot absent de la feuille de match. Moi qui ne m’intéresse plus trop au foot, j’ignorais qui était ce Rabiot avant le déclenchement de l’affaire dite du refus. J’aurais dû être alerté le soir de la liste communiquée par le sélectionneur. Un collègue, beaucoup plus « foot » que moi, s’étonnait : « Rabiot n’est pas dans les titulaires, ce n’est pas rien ».

Inscrit suppléant, avec peu de chance d’être du voyage au final, d’accord. Donc, ledit Rabiot dit non. Cependant, une sélection nationale ne se refuse pas. Sa décision a beaucoup fait jaser. De chouchou il devient le vilain petit canard. Même le gouvernement le tacle. Reste qu’on peut le comprendre. C’est un peu comme si au Parcoursup il était sur liste d’attente. Mieux qu’un refus, mais stagner en 2546e position sur 2550 candidats ne laisse que peu d’espoir.

A moins d’une épidémie foudroyante d’épanchement de synovie (je suis aussi nul en médecine qu’en foot).

Placé à ce niveau, c’est un peu comme les candidats à la proportionnelle. Pour 20 postes à pourvoir, la liste doit compter 20 noms. Ils seront tous élus si elle obtient 100 %. En réalité, à partir du 12 ou 13e (à condition d’obtenir la majorité), les autres ne siégeront jamais. Juste là pour assurer la figuration. Rabiot, c’est son problème, se prend un peu pour une star. Du genre l’acteur un peu mégalo qui exige « le premier rôle sinon rien ».

A l’arrivée, il gagne pour quelques années le titre de grand méchant du foot. Et allez savoir, le cas Rabiot finira peut-être (principe des vases communicants) à recréditer l’autre paria de l’équipe de France. Même si pour récupérer Benzema, l’affaire semble râpée d’avance.

mercredi 23 mai 2018

De choses et d'autres - Ce héros que l'on s'arrache

Certains gagnent le gros lot au loto. D’autres se contentent d’escalader quatre étages à mains nues et de sauver un enfant suspendu dans le vide. L’exploit de Mamoudou Gassama l’a transformé, en moins de 24 heures, de paria de notre société (migrant sans papier) en héros national.

Et tout le monde de tresser des lauriers au jeune homme qui va obtenir la nationalité française et intégrer le corps des sapeurs pompiers. Une belle histoire, consensuelle, positive, que tout le monde a voulu glorifier. Récupérer diront les mauvaises langues. Et force est de leur donner raison pour certains. Pas le président Macron. Il est dans son rôle. Surtout quand il dit au jeune Malien, futur Français, qu’il est désormais un « exemple » pour le pays.

Par contre certains ont un culot monstre. Épinglés sur les réseaux sociaux qui ne laissent plus rien passer. Comme Eric Brunet, polémiste de droite qui bénéficie d’une tribune sur RMC tous les jours, il a reçu Mamoudou. Et de poser fièrement en sa compagnie dans un tweet en réclamant qu’il reçoive la Légion d’honneur. Mais quelques mois auparavant, le même Brunet s’était offusqué de la récupération de la détresse de certains migrants par les organisations de gauche. Récupération ? L’impression qu’il fait pire sur le coup.

Fausse note aussi pour Robert Ménard. Pour le maire de Béziers, « L’acte de #MamadouGassama est exemplaire. La récupération politicarde de la gauche est en revanche au-delà de l’indécence...» Perdu. Ce n’est pas Mamadou (comme dans le sketch des Inconnus) mais Mamoudou.

Et puis il y a les pires, les complotistes. persuadés que tout a été monté par Macron pour les images d’hier. La preuve ? Il serait allé plus vite en passant par les escaliers... Complotistes et complètement ignares !

mardi 22 mai 2018

De choses et d'autres - Montre ta bibliothèque

Beaucoup, au moment de l’émergence du net, ont redouté la mort à très brève échéance des livres papiers. Quelques décennies plus tard, le livre numérique ne repré- sente qu’une infime partie de la lecture quotidienne des Français. Les ordinateurs, tablettes et smartphones sont des objets, mais ils ont cette froideur qu’on ne retrouve jamais avec un livre. Du papier qui fait un petit bruit en tournant les pages, un poids, une texture unique. De tous les objets que j’ai eu l’occasion de posséder dans ma vie, les plus précieux ont toujours été et seront toujours mes livres. Loin d’être un cas particulier, ma manie d’empiler les volumes et de disséminer des PAL (piles à lire) un peu partout dans la maison est partagée par beaucoup.

Des milliers de livres qu’il faut bien ranger à un moment. Alors les bibliothèques grandissent, occupent des murs entiers, du bureau, salon et même garage. Sur Twitter, un abonné a lancé un défi aux dévoreurs de livres : montre ta bibliothèque. Depuis une semaine c’est un déferlement de rayonnages, tous plus étonnants les uns que les autres. Des plus modestes aux plus gigantesques, des parfaitement rangés aux plus bordéliques. Car s’il n’existe pas une seule façon de lire, il n’y en pas non plus une seule de ranger ses livres.

Au point de provoquer des disputes dans un couple. Un peu maniaque, j’aime classer les ouvrages par collection ou maison d’édition pour mieux les retrouver. Les poches notamment. Cela donne des pans monochromes. Ce que déteste mon épouse, allergique à la monotonie et à la symétrie. Je dois l’avouer, son absence de mé- thode a beaucoup plus de gueule, un peu comparable au classement par auteurs, pré- féré des internautes. Dans les deux cas, je n’en démordrai pas, on ne s’y retrouve pas.

DVD et Blu-ray - La « Permission » de batifoler


Face à la routine de leur vie sexuelle, sur la proposition d’un ami, (Dan Stevens) et Anna (Rebecca Hall) décident de tenter l’expérience de l’amour libre. Pour mieux s’aimer, pourquoi ne pas aller voir ailleurs ? Pour comparer, s’améliorer. Loin d’être un film sur le libertinage, « Permission » de Brian Crano se concentre sur les crises que traversent des couples trop ancrés dans le train-train quotidien. 
Anna, étudiante en musique, va tomber dans les bras d’un compositeur qui, en plus d’être bien meilleur au lit, s’intéresse beaucoup plus à son espoir déçu de devenir concertiste.

Will, charpentier, rendu jaloux par cette liaison d’un soir, va accepter les propositions d’une riche cliente, divorcée et affamée de sexe facile. Le film aurait pu tomber dans le vaudeville (jalousie, petits mensonges) ou la comédie érotique mais le réalisateur a doublé cette intrigue d’un autre questionnement de couple. Ils sont gays et l’un d’entre eux désire adopter un enfant. A l’arrivée, ces deux démarches vont fragiliser des unions qui, en apparence étaient idylliques.

L’ensemble de l’intrigue se déroule à New York, ville où l’intime se règle souvent en public. Directement sorti en e-cinéma, ce film vaut surtout pour la performance de Rebecca Hall, le personnage le plus complexe et qui évolue le plus à la fin de l’histoire.  

➤ « Permission », TF1 Vidéo, 12,99 €

lundi 21 mai 2018

De choses et d'autres - Ecran noir pour Roseanne

La célébrité ne permet pas tout. Au contraire, quand on a des millions de fans, on se doit d’être exemplaire. Roseanne Barr, comédienne américaine, l’a appris à ses dépens. Un simple tweet ouvertement raciste a mis fin à la belle histoire cathodique de 2018. Dans les années 90, la série qui porte son prénom cartonne sur ABC. Des années durant. Puis les audiences baissent et elle disparaît des écrans. Mais l’arrivée de Trump à la tête de la première puissance mondiale change la donne. Car Roseanne a mouillé sa chemise pour l’élection du milliardaire.

Alors ABC, pour reconquérir le public conservateur qui a déserté la chaîne, propose une nouvelle vie à la sitcom. Les anciens personnages sont tous de retour et rapidement la mayonnaise prend. Conséquence ils sont plus de 20 millions chaque semaine à suivre les péripéties de cette famille américaine modèle.

Et puis Roseanne, à cause de Twitter, cet outil satanique, symbole de l’immédiateté actuelle et véritable révélateur de son moi profond, balance une pique à une ancienne conseillère du président Obama. Une certaine Valerie Jarrett qui serait le « bébé des Frères musulmans et de la Planète des singes ». Roseanne se croit marrante. Elle n’est que raciste. Ouvertement et dramatiquement raciste. Et aux USA, la pilule ne passe pas. Cinq heures à peine après le scandale, ABC annonce l’annulation de la série et de la diffusion des épisodes déjà tournés. Même en replay on ne pourra plus rire de Roseanne. Cette dernière a eu beau s’excuser, le mal était fait.

On peut lui reconnaître une certaine lucidité : elle a demandé à ses fans ne pas la plaindre. Ses excuses, elle les adresse à toutes les équipes du show, privées de travail à cause d’un « tweet stupide ».

DVD et Blu-ray - « Tremors », version congelée

Sixième épisode de la série horrifique à succès « Tremors ». Bon, on est loin de l’effet de surprise du premier volet. Exit le désert et Kevin Bacon. Ne reste que les graboïds (des vers voraces et gigantesques) et Michael Gross. 

Le chasseur, retiré dans son épicerie, est sollicité pour exterminer des bestioles découvertes sous les glaces du Canada. 

Accompagné de son fils (Jamie Kennedy), il va multiplier les ruses pour dézinguer les monstres. Un petit film d’horreur qui ne casse pas des briques mais reste plaisant pour les amateurs du genre. 

Seule réserve : le tournage, en Afrique du Sud, ne donne pas une seconde l’impression de situer l’action dans le grand nord canadien.

➤ « Tremors - 6 », Universal, 9,99 €

dimanche 20 mai 2018

De choses et d'autres - Dans les griffes d'un pinailleur

Si la perfection est souvent souhaitable, elle peut parfois se transformer en pinaillage. Certains, sous prétexte d’être irréprochables, se braquent dès qu’il s’agit de dévier d’un millimètre du règlement. Il y a l’esprit de la loi, mécanique, automatique et puis son interprétation, beaucoup plus subjective. Un phénomène encore plus flagrant quand on s’approche de certains postiers dotés de ce petit pouvoir qui, trop souvent, ne sert qu’à enquiquiner ceux en dépendent.

Exemple hier avec cette scène dans une petite poste. Le guichetier, seul en service, est quotidiennement confronté à une impressionnante file d’attente. Cela ne l’empêche pas de vérifier minutieusement tous les envois et autres formulaires. Certes il accomplit son travail méticuleusement, mais au détriment du temps d’attente des usagers. Certains râlent en sourdine, voire repartent, espérant poireauter moins longtemps un peu plus tard. Les plus excédés tentent leur chance dans un village voisin.

Le pire arrive quand l’avis de l’employé diverge du vôtre.

- Ce colis pour l’international doit être muni d’une facture.

- Mais il s’agit d’un cadeau !

- La douane va réclamer une facture pour les taxes.

- Mais c’est un cadeau ! Je ne fais pas payer ma fille...

Après lecture attentive du formulaire d’envoi, il suffit de cocher la case « cadeau » et le tour est joué. Il aurait dû le savoir, vu son degré de perfectionnisme.

Mais visiblement il aime bien pinailler. Comme sur cette lettre un peu trop épaisse.

- Mais elle ne dépasse que d’un millimètre !

- Non, vous devez payer le tarif « colis ».

- Vous n’avez qu’à passer le calibreur de ce côté, ça entre...

Discussion sans fin, sans espoir. Car un pinailleur déteste avoir tort. Sa perfection ultime, c’est notre défaite à nous.

samedi 19 mai 2018

De choses et d'autres - Mariage princier


Sur BFMTV, un bandeau prévient les spectateurs : « Mariage princier J-5 ». Dans cinq jours donc, le prince Harry épousera la star de télévision Megan Markle. La chaîne d’info en continu passera l’événement à l’antenne dès 6 heures ce samedi pour montrer les jolies images formatées d’un couple dont une balade en carrosse précédera l’échange de vœux. En Grande-Bretagne et dans le Commonwealth, je veux bien, mais en France, pays de la Révolution, des rois raccourcis et de la liberté- égalité-fraternité, quel intérêt ?

Pour faire passer la pilule, on tente de démontrer l’originalité de cette union. Première nouveauté, Megan est métisse. Et comme le font remarquer quelques militants de la cause noire, le bébé potentiel risque d’arborer une jolie peau couleur caramel et des cheveux roux mais crépus. Comme sa maman quand elle était petite (le roux en moins), les photos le prouvent. A moins qu’il ne naisse comme son père : chauve.

Parmi les « innovations » du mariage, on fait beaucoup cas du repas. 600 convives mais pas de plan de table compliqué : tous seront invités à passer par un buffet pour se servir en verrines et autres mini plats. Le traiteur qui a réussi à vendre le concept à la famille royale mé- rite une médaille. Car vraiment, rien n’est plus compliqué à élaborer qu’un plan de table de mariage. A côté, l’organisation du sommet entre Trump et Kim Jong-un ressemble à un jeu d’enfant.

De toute manière, les mariages princiers ne laissent que peu de traces. Mon seul souvenir de celui de William et Kate reste, je l’avoue un peu honteusement, la robe de Pippa, la belle-sœur.

vendredi 18 mai 2018

De choses et d'autres - La Chine surveille les cerveaux

Depuis sa conversion au capitalisme pur et dur, la Chine se soucie de moins en moins des droits sociaux des ouvriers et employés. Si en France les syndicats déclenchent parfois des grèves pour des broutilles, le prolétariat chinois est de plus en plus considéré comme une horde de fourmis. Dépourvues du moindre libre-arbitre.

Dernière innovation en date qui donne froid dans le dos : l’obligation de porter des casques dotés de capteurs cérébraux. En permanence, cet appareillage analyse et transmet à des postes de contrôle les ondes cérébrales de l’employé. Mieux que les caméras de surveillance, encore plus intrusif que le contremaître hargneux. Officiellement, le programme sert à déterminer le niveau de stress et de concentration du cobaye. Pour améliorer la productivité. Certains postes demandent une grande attention. Si le titulaire est trop anxieux ou fatigué, il peut prendre une journée de congé ou être dirigé vers une activité moins exigeante. Dans les faits, les salariés chinois redoutent ces capteurs, persuadés qu’on allait pouvoir lire dans leurs pensées. Sous le régime chinois, il est vrai qu’on a toujours quelque chose à cacher.

Je ne préfère pas imaginer la mise en place d’un tel système en France. En plus de la levée de boucliers de tous les tenants des droits de l’Homme, sa présence serait certainement contre-productive. Pour beaucoup, le stress est provoqué à la simple idée de devoir travailler. Et le manque de concentration découle essentiellement de nuits trop courtes. Car c’est bien connu, en France, nombreux sont ceux qui vont au boulot pour se reposer de leurs excès ou loisirs du week-end...

Mais là je fais du mauvais esprit. Si j’avais les fameux capteurs sur le crâne, une lumière rouge pétant clignoterait certainement quelque part pour me dénoncer.

jeudi 17 mai 2018

BD La guerre imaginaire sur "La route de Tibilissi"


Dans la forêt enneigée, une famille fuit. Des barbares aux trousses. La mère puis le père sont blessés. À bout de force, ils s’écroulent. Leurs deux fils, Jake et Oto continuent seuls. Cet album, superbe roman graphique de 180 pages écrit par David Chauvel et dessiné par Alex Kosakowski, déroute le lecteur. 

On se croit dans le passé jusqu’à l’arrivée dans le récit d’un robot déglingué et d’une étrange créature, bestiole à fourrure toute douce répondant au nom de Doubie. Leur périple va les conduire dans l’antre d’une vieille femme qui a tout d’une sorcière, à affronter une meute de loups et finalement trouver refuge dans une autre horde de réfugiés qui eux aussi veulent rejoindre la ville de Tibilissi. 

A quelle époque se déroule le récit ? Qui sont les barbares ? Les enfants vont-ils survivre ? Interrogations résolues dans un dernier chapitre très émouvant.

 ➤ « La route de Tibilissi », Delcourt, 22,95 €

mercredi 16 mai 2018

BD - Vacances décapitées dans "Je vais rester"


Palavas, ses plages ensoleillées, ses pièges à touristes, son restaurant panoramique, son vent. Lewis Trondheim, le Montpelliérain, situe son nouveau roman graphique dans un environnement qu’il connaît bien et en confie l’illustration à Hubert Chevillard. 

Fabienne et Roland viennent y passer une semaine de vacances. Mais rapidement la jeune femme, qui espérait concevoir un enfant avec son amoureux, se retrouve seule. Et là, contre toute attente, elle décide de rester. 

Abasourdie, sous le choc, elle déambule entre les vacanciers insouciants, respectant scrupuleusement le planning établi par Roland. Une histoire sur le déni, la douleur et la reconstruction. Sensible, juste et plein d’espoir.

➤ « Je vais rester », Rue de Sèvres, 18 €

mardi 15 mai 2018

La sélection des livres de poche du week-end

La femme secrète

Louise Andersen vit dans un petit village retiré sur l’île de Bornholm, au Danemark, où elle partage l’existence d’un écrivain, Joachim, de dix ans son aîné. Leur vie, sans histoire, est heureuse et routinière. Jusqu’au jour où un homme, Edmund, arrive sur l’île et reconnaît Louise : c’est sa femme, Helene, disparue sans laisser de trace trois ans plus tôt. Il en est convaincu. 

Brillant roman psychologique d’Anna Ekberg.

➤ « La femme secrète », 10/18, 8,80 €.

La dernière expérience

Loin de la Londres victorienne, de Scotland Yard et de Sherlock Holmes qui ne partage pas les sentiments qu’elle nourrit à son égard, Anna Kronberg, médecin, s’est réfugiée dans son cottage du Sussex. Jusqu’au jour où elle se réveille dans un lieu inconnu, un pistolet sur la tempe. La jeune femme a été enlevée. Son ravisseur ? Le redoutable Moriarty, ennemi juré de Sherlock Holmes… 

Une révision romantique d’Annelie Wendeberg des aventures du détective imaginé par Conan Doyle

➤ « La dernière expérience », 10/18, 8,10 €

lundi 14 mai 2018

Thriller - "Le chasseur de lapins" : gros gibier suédois

Lars Kleper fait partie de ces noms d’écrivains qui cachent en réalité un couple. Alexander et Alexandra Ahndoril (comme les Camut en France), élaborent leurs intrigues ensemble. Ensuite ils semblent se partager les personnages. Et il y en beaucoup dans ce gros thriller de plus de 560 pages. Côté enquêteurs, on retrouve Joona Lima et Saga Bauer. Le premier est en prison depuis le précédent roman, la seconde toujours inspectrice pour la police suédoise. Quand elle est appelée d’urgence sur une scène de crime, elle sait que c’est grave. C’est le ministre des affaires étrangères qui vient d’être abattu. Terrorisme ?

Le plus troublant reste la jeune femme retrouvée traumatisée dans la villa. Une escort girl, malmenée par l’homme politique, mais qui n’a pas été éliminée par le tueur. Elle peut donc en faire une description : « Une cagoule noire avec des trous pour la bouche et les yeux recouvre son visage. Des mèches de cheveux, ou des bandes de tissu raides, pendouillent le long de ses joues ». Qui est ce chasseur dont ce n’est pas le premier crime ?

Le roman, très actuel, aborde aussi la problématique des migrants tout en déroulant un peu plus les aléas de la vie des personnages récurrents. Aussi passionnant qu’une série.

➤ «Le chasseur de lapins», Lars Kleper, Actes Sud, 23,80 €

dimanche 13 mai 2018

De choses et d'autres - Second degré grandiose

On a beaucoup moqué Netflix quand la plateforme mondiale de vidéo en ligne a présenté son premier feuilleton produit en France. Certes « Marseille » n’a rien d’un chef-d’œuvre. Mais la présence de Depardieu a permis au programme de franchir les frontières. Et puis regardée au second degré, cette caricature de la vie politique française reste un must du comique involontaire.

Pourtant Netflix sait parfaitement produire des séries originales marrantes. Sa dernière réussite s’appelle « Santa Clarita Diet ». La seconde saison vient d’être mise à l’antenne et la troisième d’être signée. En vedette Drew Barrymore dans le rôle principal de Sheila Hammond. Tout débute comme une sitcom basique sur la vie d’une famille américaine typique. Sheila et son mari Joël (Timothy Olyphant), agents immobiliers, travaillent en tandem. Ils ont une fille adolescente et vivent dans une jolie villa d’un quartier résidentiel de la ville californienne Santa Clarita.

Tout bascule dans le premier épisode quand Sheila est prise de vomissements lors d’une visite de maison. Après avoir retapissé la salle de bain du sol au plafond, elle meurt dans les bras de son mari. Puis revient à la vie dans la foulée. Exactement elle devient une morte-vivante, une zombie dans tous les sens du terme puisque très vite elle se met en quête de chair fraîche. Des steaks sous cellophane dans un premier temps, puis un collègue trop entreprenant.

Les 20 épisodes de 30 minutes des deux saisons sont hilarants, du début à la fin. Tous les personnages sont déjantés, du flic bodybuildé à la voisine nymphomane. Du grand art, idéal pour oublier tous les soucis de la vie quotidienne.

samedi 12 mai 2018

De choses et d'autres - Lire jusqu'à en mourir

Combien de livres avez-vous lu durant votre vie ? Combien en lirez-vous d’ici votre dernier jour ? Voilà les questions existentielles qui me trottent dans la tête ces derniers temps où j’ai eu la possibilité de lire longuement, sans pression. J’ai dévoré de gros polars et une trilogie de science-fiction de plus de 1 100 pages (Spin, de Robert Charles Wilson, Folio SF).

Un site américain dédié à la littérature donne la réponse. LitHub a mis au point un calculateur automatique pour déterminer combien il vous reste de bouquins à dé- couvrir avant votre mort. Une équation à trois variables : votre âge, votre sexe et votre niveau d’addiction à la lecture. Un lecteur moyen lit 12 livres par an, un vorace une cinquantaine et un « super » pas moins de 80. Ensuite, en fonction de votre espérance de vie, il suffit de multiplier. Assez simple finalement.

À rebours, lisant régulièrement depuis l’âge de 15 ans et me considérant comme un lecteur vorace, j’aurais lu 2 100 livres. Le problème, c’est dans l’autre sens. En espérant vivre jusqu’à l’âge symbolique de 77 ans (j’ai toujours aimé le slogan du journal de Tintin « Pour les jeunes de 7 à 77 ans »), il ne me reste plus que 1 000 bouquins à dévorer. Même si je mets la surmultipliée et passe au stade de « super-lecteur », le nombre plafonne à 1 600. Soit moins, beaucoup moins, que le premier. Et le pire dans cette constatation particulièrement anxiogène pour un boulimique d’histoires de mon genre, c’est que je vais peut-être passer à côté du chef-d’œuvre qui me touchera au plus profond de mon être. Éternelle insatisfaction...

Sur ce, je vous laisse, j’ai un livre à terminer et un autre à commencer.

vendredi 11 mai 2018

De choses et d'autres - Haro sur les jolies filles

Mauvais temps pour les jolies femmes dans les compétitions de sport. Trop belles pour ne représenter que cela selon les féministes. Pas les sportives, mais les « hôtesses » régulièrement utilisées pour présenter les événements ou remettre les récompenses aux vainqueurs.

Première salve en Formule 1. D’ordinaire, lors de la formation de la grille de départ, de charmantes miss, parfois court vêtues, à d’autres moments dans des tenues plus « folkloriques », désignent l’emplacement de la voiture. Ces « grid girls » ont disparu en 2018, condamnées par les nouveaux organisateurs américains.

Seconde attaque en règle contre les demoiselles chargées d’offrir des fleurs aux leaders des différents classements. Ce ne sont pas les organisateurs qui montent au créneau contre ces belles, chargées aussi de porter les couleurs des sponsors principaux, mais une élue de la ville de Paris qui ne veut plus de ce « stéréotype sexiste. » Les Parisiens seront-ils privés des jolies hôtesses en 2018 ? Rien n’est décidé, mais il semble de plus en plus évident que cette image de la femme, simple gravure sexy pour un public masculin, a du plomb dans l’aile.

Et il reste du boulot partout sur les stades. Aux USA, les fameuses « cheerleaders », malgré leurs acrobaties aux pauses des matches, sont essentiellement admirées pour leurs jupes très courtes. Idem sur les rings de boxe. Entre chaque round, pour ceux qui ne savent pas compter, une jeune femme, guère plus vê-tue que les boxeurs, brandit un panneau à la ronde.

Reste à savoir par quoi (qui) les remplacer ? De jeunes éphèbes conviendraient sans doute parfaitement pour le rôle, ravissant pour une fois le public féminin. Cependant, on hurlerait tout autant au sexisme. Mais au moins, on pourrait alors parler de match nul.