mardi 31 octobre 2017

De choses et d'autres - Filmer les poussières

Admirateurs du progrès, nous demeurons trop naïfs. Chaque fois qu’une nouveauté vient faciliter notre vie quotidienne, une contrepartie cachée pas toujours reluisante nous est imposée en retour. Prenez les smartphones. Ils sont devenus indispensables. Ils nous donnent l’heure, des informations, la météo et même le nombre de pas effectués chaque jour. Mais aussi, avec la géolocalisation obligatoire pour nombre d’applications, ils nous pistent en permanence. Les centaines de satellites qui tournent au-dessus de nos têtes ne cessent de répercuter nos déplacements dans ces serveurs gigantesques, à une dizaine de mètres près. Des informations essentielles pour les malveillants. Notamment les cambrioleurs qui ont là un moyen infaillible pour obtenir la confirmation que vous n’êtes pas dans votre domicile.

Des voleurs qui ont un autre moyen de s’en assurer. Certains aspirateurs robots automatisés présentaient une faille dans leur système de contrôle. Un hacker (même peu expérimenté), pouvait non seulement le démarrer mais aussi le diriger et surtout récupérer en direct les images de sa caméra. Avoir un allié dans la place reste encore le meilleur moyen pour s’assurer que la voie est libre. D’autres, à l’esprit plus mal tourné, auraient utilisé cette caméra à des fins plus personnelles et hautement répréhensibles de voyeurisme, même si l’angle de prise de vue n’est certainement pas le meilleur.

Alors faut-il céder à la paranoïa et se sentir surveillé en permanence ? Tout dépend de l’importance de ce que l’on a à se reprocher. Ainsi je pré- fère ne pas connaître les activités privées de cette connaissance qui pose un cache sur la webcam de son ordinateur, persuadé qu’on utilise cet « œil » pour le surveiller quand il est face à son écran. 

lundi 30 octobre 2017

De choses et d'autres - Une croix encombrante

Le sujet est délicat mais révélateur des crispations de notre société contemporaine. Le conseil d’État vient d’ordonner à la commune de Ploërmel en Bretagne de retirer la croix qui surplombe une statue du pape Jean Paul II.

Paradoxalement, la croix, symbole religieux par excellence, ne peut pas être plantée n’importe où « au nom du respect de la loi de séparation des Églises et de l’État. » Par contre, une statue de l’ancien pape, haute de plus de 7 mètres, ça c’est autorisé. Ce don d’un sculpteur russe peut être installé dans un lieu public par une municipalité. L’arche construite au-dessus du pape défunt et surmontée d’une croix, par contre, est clairement interdite. Car, selon le premier jugement du tribunal de Rennes, cette croix présentait « un caractère ostentatoire », notamment par ses dimensions, 8 mètres de haut au total. A la base, toute l’histoire vient de la Fédération de la libre pensée et du désir de deux habitants de la commune de déboulonner ladite statue. Finalement seule la croix se retrouve promise au démontage, dans un délai de six mois.

Résultat, cette bête histoire de croix se trouve propulsée en problème national avec le mouvement #MontreTaCroix. Les internautes sont appelés à publier sur les réseaux sociaux des croix qui peuplent leur quotidien. Un mouvement récupéré par certains s’insurgeant contre la prétendue démolition des églises voire l’interdiction de mettre des croix sur les tombes. 

Ou comment prendre vite conscience qu’entre des députés élus il y a plus d’un siècle et nos contemporains adeptes de « hashtags » simplistes et définitifs, il n’y a pas photo. Et de regretter parfois que Jean Jaurès ou Aristide Briand ne soient plus de ce monde pour remettre les pendules à l’heure. 

dimanche 29 octobre 2017

Livres de poche - Aventures lointaines

Takko Deh est sénégalaise. Promise depuis sa plus tendre enfance à Yoro Sow, un cousin qui habite à Brooklyn, elle est mariée sans le connaître et part le rejoindre à New York. Un soir, Takko disparaît du domicile conjugal. Les rumeurs sur ce départ honteux se répandent comme une traînée de poudre dans les milieux traditionalistes de la communauté peule newyorkaise et jusque dans les régions les plus reculées du nord du Sénégal.

➤ « Fouta Street », Laurence Gavron, Le Masque, 8 €

Quelque part entre les montagnes d’Afghanistan, les vallées du Kosovo, les rivages du Mozambique et Paris, les personnages de Pukhtu continuent de se battre, entre eux, contre eux-mêmes, gagnés par la fièvre de la guerre. Leur quête de vengeance, de pouvoir, de vérité et d’honneur va bientôt toucher à sa fin, au terme d’un suspense noir et puissant.

➤ « Pukhtu, Primo et secundo », DOA Folio policier, 9,30 € chaque volume 

BD - Parcours initiatique d’un député


L’assemblée nationale de l’intérieur : tel pourrait être l’accroche de ce roman graphique de 150 pages sobrement intitulé « Le député ». Xavier Cucuel, pour écrire son scénario, a bénéficié des conseils de Jean-Louis Debré qui signe la préface. Une sorte d’immersion romancée dans le sillage de Jean-René Galopin, élu presque par hasard, député de Gironde

Un médecin, novice en politique, sans étiquette mais pas sans ambition. Le dessin réaliste d’Al Coutelis, comme un cachet supplémentaire de documentaire à cet album regorgeant d’anecdotes sur « la noble assemblée ».

➤ « Le député », Bamboo Grand Angle, 21,90 €

BD - Amour aquatique dans le sillage de "Calypso"


Son rôle dans Calypso la propulse au sommet du cinéma américain. Une sirène chantante, en pleine mode des comédies musicales. Un rôle en or pour lancer une carrière. Georgia Gould a longtemps représenté l’idéal féminin. Mais de nos jours, elle n’est plus qu’une vieille comédienne en fin de parcours, usée par les excès, mise sous tutelle après bien des errances. Georgia qu’on a cru morte mais qui réapparaît dans une clinique suisse, au bord du lac Léman

Une sorte de retour en arrière pour Georgette Schwitzgebel, la véritable identité de Georgia, découverte adolescente par un réalisateur en villégiature. Le roman graphique de Cosey, tout en noir et blanc, ne s’attarde pas sur le passé. Il parle du présent et des retrouvailles de Geirgia avec Gus, son premier amour. Le gamin est devenu ouvrier, spécialisé dans les grands chantiers (tunnels, barrages), vivant chichement. Et s’il tentait de reconquérir le cœur de sa belle Calypso ? 

Un récit entre regrets et espoirs fous, comme pour prouver au monde qu’un amour ne meurt jamais et que les vieux aussi ont droit au bonheur. Même s’ils savent parfaitement qu’il ne durera pas longtemps.

➤ « Calypso », Futuropolis, 20 €

Nouvelles - L’âme du Pays Catalan derrière le masque de "Cremada"

Les nouvelles reprises dans ce recueil ne sont pas récentes mais illustrent toujours à la perfection une certaine réalité du Pays Catalan, celui des traditions ancestrales, de la rudesse de la population locale, d’une poésie omniprésente aussi grâce aux éléments (vent, chaleur, montagne...) qui ont façonné cette région si bien racontée par Maïté Pinero.

Le texte qui donne son nom au livre est le portrait touchant d’une femme blessée. Une fillette défigurée lors d’une partie de colin-maillard. « Elle se projette en avant. Une vague de chaleur vient à sa rencontre. Au moment où elle se rend compte qu’elle se trouve à proximité du feu, elle trébuche et tombe, le visage dans les flammes. » Devenue servante du médecin du village, elle se souvient de ce soir de carnaval. Masquée, elle a enfin connu le bonheur le temps d’une soirée. Le volet « noir » des nouvelles n’est pas le plus important. Il y a certes des histoires de morts violentes, d’assassinat et de meurtres cachés, mais ce n’est pas l’essentiel du propos. Les textes inclassables sont sans doute plus convaincants. Par leur originalité.

La nouvelle «Reine, la reine de tous » reste la plus déroutante. Reine vit dans cette campagne sèche et aride de la plaine du Roussillon. Elle se souvient de sa famille, sa grand-mère ou sa mère. Et surtout de son grand amour, Mirifique, étranger dé- barqué de Port-Vendres. Un amour le temps d’un été qui a donné naissance à Cuzcatlan. La reine se désespère de la folie des hommes : « les produits qu’ils répandent dans les champs sont la cause du désastre. ils ont juré de tout pourrir. L’eau, la terre, jusqu’à l’air qu’ils respirent. » La suite de l’histoire vous enchantera.

Enfin, le dernier texte résonne étonnamment dans l’actualité. Alors que la Catalogne vient de proclamer son indépendance, Maïté Pinero a imaginé une malédiction transformant tous les Américains en fiers Catalans. Au point que le nouveau président US, à peine élu, prononce au grand étonnement du monde entier: « Els Catalans, mai morirem ! » soit « Nous Catalans, nous sommes éternels ! » 

➤ « Cremada » de Maïté Pinero, Mare Nostrum, 13 €

samedi 28 octobre 2017

De choses et d'autres - Jean-Loup Chiflet, le savant des mots

Certains mots de la langue française ont une saveur particulière. Par leur rareté, leur côté désuet voire totalement extraterrestre. Jean-Loup Chiflet aime ces particularités, souvent à la base d’histoires étonnantes. Après en avoir collecté une première fournée dans « Oxymore mon amour ! », il récidive avec « Oxymore et compagnie » un «dictionnaire inattendu de la langue française ». À la lettre A, savez-vous ce qu’est un anantanpodoton ? Réponse de l’auteur « Certains affirment qu’il s’agit d’une sorte d’anacoluthe...» Ce qui est faux, bien évidemment. Plus facile, l’esperluette « a une vraie place de choix dans ma vie et elle continue d’accompagner mon parcours professionnel » explique Jean-Loup Chiflet. Un indice, il y en a une dans le titre de son dernier ouvrage. Ce livre génial, nous fait également découvrir quelques figures de style utilisées par des auteurs renommés. Si on vous reproche de manquer de vocabulaire, répondez simplement que vous êtes un adepte du polyptote. Non seulement cela clouera le bec au malotru, mais en plus vous passerez pour un fin lettré.

Et pour les nostalgiques du « c’était mieux avant », n’hésitez pas à utiliser des mots d’antan tombés dans l’oubli. Une liste page 238 en propose plusieurs, de Chattemite à Apoco en passant par la bigotelle.

 ➤ « Oxymore & Compagnie », Chiflet & Cie », 24,95 €

vendredi 27 octobre 2017

De choses et d'autres - Emeline voit double

Un de nos fidèles lecteurs regrettait récemment que nous ne parlions que d’un seul saint du jour. Hier, il a peut-être cru que nous avions pris sa remarque en considération, car en lieu et place de la Saint Dimitri, nous avons retracé la vie d’Emeline, une « religieuse cistercienne ». Mais vous pourrez constater qu’aujourd’hui (lire juste en-dessous de cette chronique) nous en remettons une couche sur la fameuse Emeline. La faute à un petit bug technique hier. Un mauvais fichier informatique et Dimitri se retrouve aux oubliettes. Vous ne saurez rien de ce « martyr militaire de l’Orient » du IVe siècle.

Aujourd’hui est donc le jour d’Emeline. La recrudescence des prénoms ne permet pas de trouver une fête quotidienne à chacun. Ainsi d’autres sont célébrés à la même date. Madame Emeline, dans sa grande bonté, aurait sans doute pu laisser sa place à Antoinette. Celle-ci n’est pas une sainte mais elle « accompagna sainte Ursule dans son martyre ». Ou à Evariste, cinquième pape (de 97 à 105) et martyr lui aussi quelques années plus tard. Toujours au IVe siècle, période visiblement prodigue en martyrs.

Au cas où l’erreur se reproduirait d’ici la fin du mois, voici quelques prénoms « oubliés » des prochains jours. Le 29 octobre, les Narcisse, déjà pas très nombreux (officiellement du moins), devront se partager la date avec les Zénobe (du grec Xénos, étranger) qui eux, je pense, sont totalement inexistants. Quoique là encore, il y aurait controverse : des milliers de migrants n’attendent même pas une fête, l’accueil leur suffirait. Le 30, fêtez les Bienvenue, Maeva en version polynésienne.

Enfin le 31 octobre, pas de saint Halloween encore, Quentin caracole en tête, devant Alphonse. Mais avis à tous les Zenobe : méfiance. Wolfgang se tient en réserve. Et ce prénom d’origine germanique a deux racines : le loup et la lance.

jeudi 26 octobre 2017

De choses et d'autres - Un Jul peut en cacher un autre...

Jul a voulu se faire un coup de pub ? Gagné. Enfin, c’est selon. Ce week-end, le chanteur de rap s’est filmé dans une voiture fonçant à 160 km/h. Intercepté par une brigade de la BAC marseillaise, il reconnaissait avoir fumé du cannabis. Circonstance aggravante, l’homme qui se trouvait avec lui dans la voiture était armé. Une nuit au poste plus tard, il se répand en excuses. Ou du moins il publie un message Facebook et Twitter à destination de ses 1,1 million de fans, qui prouve que le verbe rapper ne rime pas forcément avec celui d’orthographier. Texte dans lequel il admet sa faute, regrette la mauvaise image et termine son message de contrition par ce cas d’école de massacre du français : « Je tenez a mescusez ! ».

Jul est donc devenu très célèbre pour de mauvaises raisons. Exactement il est désormais connu de quasiment tous les Français depuis ses écarts de conduite. Avant, seuls les jeunes l’admiraient. J’ai entendu parler pour la première fois de Jul il y a deux ans. Une Carcassonnaise que je suivais sur Twitter ne cessait de louer le message politique et social des textes de Jul. Or, pour moi, à cette époque, il n’existait qu’un seul et unique Jul : le dessinateur de BD et créateur de « Silex in the City ». J’ai longtemps cru qu’elle parlait de ce Jul-là. Et puis quand elle a annoncé avec hystérie avoir des places pour son prochain concert, je me suis posé des questions. 

Car « mon » Jul, s’il dessine bien, n’est à ma connaissance, pas musicien. Et de découvrir le phénomène marseillais, rapeur engagé, racontant le mal- être de la jeunesse actuelle avec un certain talent et une acuité qu’on ne peut lui dénier. De bons textes, correctement tournés. Mais pas au point d’en devenir fan. Et disons que pour son image de marque, l’achat d’un Bescherelle ne serait pas inutile. 

mercredi 25 octobre 2017

Cinéma - Les gays aussi se marient en blanc

ÉPOUSE-MOI MON POTE. Pour son premier film, Tarek Boudali signe une comédie enlevée.


Tarek Boudali le dit à qui veut le croire : « Le pitch de ce film, je l’ai en moi depuis cinq ans. Avant le succès de Baby-sitting. » Et il admet aussi sans trop de difficulté que bien évidemment, au regard du nombre d’entrées des trois films auxquels il a participé avec son ami Philippe Lacheau, trouver un financement était plus simple que pour le commun des mortels. Pourtant les amateurs de blagues potaches et situations rocambolesques en auront un peu pour leur argent. Pas parce que Tarek Boudali a voulu brouiller les cartes et faire un film sérieux sur les sans-papiers, l’immigration et les clichés véhiculés à tort sur la communauté gay.

Il y a bien un peu de tout cela dans son film, mais avec une grosse portion de déconnade et beaucoup d’autodérision. Un cocktail difficile à réussir entre humour et intelligence, entre gags et cohérence du ré- cit. Pour une première réalisation, il s’en tire plus qu’avec les honneurs, d’autant qu’il assure également le premier rôle, pas forcément le plus comique mais certainement le plus important et qui apporte toute sa crédibilité au scénario. Tout commence au bled. Yassine, à peine 19 ans, grâce à l’aide financière de tous les villageois, part faire des études d’architecture à Paris. Il est brillant, mais rate au dernier moment son examen. En perdant son statut d’étudiant, il devient un clandestin, survivant en acceptant de travailler, au noir, sur des chantiers. Et il n’ose pas rentrer au pays sans son diplôme. Quand il reçoit la proposition de travailler sur un gros projet, soit l’occasion enfin de vivre de sa passion, il dit oui immédiatement. Sans réaliser qu’il n’a plus de papiers... La meilleure façon d’en obtenir : se marier.

■ Mariage d’amitié

Voilà comment il se met à chercher une femme prête à s’engager pour un mariage blanc. Mais face à leurs exigences financières, il déchante. L’illumination viendra d’un article dans la presse : un étranger vient d’obtenir la nationalité française en se mariant avec... son compagnon. Le mariage pour tous va sauver Yassine. Il suffit que Fred (Philippe Lacheau) son meilleur copain et voisin de palier, amoureux de la très belle et intelligente Lisa (Charlotte Gabris), accepte de se marier avec lui. Jouer les homos pour obtenir les papiers. Pas évident de ne pas tomber dans les gros clichés qui tâchent et les allusions graveleuses avec un sujet aussi casse gueule. Mais au final, on rit beaucoup, et pas toujours au détriment des gays, l’intolérance de certains hétéros étant mise à mal et parfois tellement grotesque qu’elle en devient irrésistiblement risible.

Et si Tarek Boudali se réserve le côté émouvant du film, il n’hé- site pas à forcer sur le côté burlesque et déjanté de son complice Philippe Lacheau, Phiphi pour les intimes. Fred met beaucoup de cœur à interpréter une « folle » comme il se les imagine. Et va cependant découvrir que les homos ont bien changé depuis Poiret et Serrault. Un potentiel comique idéalement exploité, tout comme sa dextérité à la danse. Les fades candidats de « Danse avec des stars » devraient en prendre de la graine.

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Le joli minois d’Andy

Elle a débuté sur Youtube. Exactement elle est devenue célèbre en se moquant de certaines manies des femmes et de leurs chéris dans de savoureuses vidéos distillées sur sa chaîne «Andy raconte ». Andy Rowsky franchit le Rubicon et endosse le rôle du personnage féminin principal du premier film de Tarek Boudali. La jeune femme, à la plastique parfaite et la tête bien faite, est pourtant totalement méconnaissable au début de l’histoire. Elle interprète Claire, une étudiante en architecture comme Yassine. Le petit arabe, timide et travailleur, n’est pas insensible à la gentillesse de cette fille, un peu ronde et se dissimulant le visage derrière une grande frange. Ils passent des heures ensemble à réviser à la bibliothèque. Yassine tombe amoureux de Claire, devinant un cœur d’or derrière ce corps malmené. Mais comme la vie est souvent méchante avec les gens bons, Yassine rate la dernière preuve de son examen et a tellement honte qu’il n’ose aller au dernier bal de la promo, le soir où il avait l’intention de déclarer sa flamme à celle que ses copains surnommaient sans vergogne l’hippopotame. 

La transformation physique a été difficile pour la jeune actrice. « Plusieurs heures de maquillage, en plein été. Sans compter les remarques incessantes de David Marsais ». Un baptême du feu pas si impressionnant. « Finalement, sur le net ou au cinéma, c’est le même métier. Ce qui compte c’est l’état d’esprit de l’équipe. » Et à ce niveau, elle n’a rien à redire. Tarek Boudali, pour son premier film, avoue pourtant une tension très forte. « Notamment lors de la scène de la chute sur la péniche, explique le jeune réalisateur, mais on a assuré. Et comme pour Baby Sitting, on a fait nous-même nos cascades. Je suis le nouveau Jean-Paul Belmondo » fanfaronne le comique qui ne peut jamais rester bien longtemps sérieux. 

Il devient pourtant presque ému, quand il évoque les ultimes prises, au Maroc. « Je ne sais pas si c’est en raison de la fin du tournage ou du parallèle entre la vie de Yassine et la mienne, mais j’ai complètement craqué le dernier jour. » Une émotion que l’on retrouve dans ces images finales, joyeuses, positives et totalement hilarantes avec un petit bonus au cœur du générique

➤ « Épouse-moi mon pote » de Tarek Boudali (France, 1 h 32) avec Tarek Boudali, Philippe Lacheau, Charlotte Gabris, Andy Rowsky, Philippe Duquesne, David Marsais

DVD et blu-ray - La Momie, le soldat et Seth

En cette semaine pré Halloween, faites-vous donc une petite peur en découvrant le remake de « La Momie », gros succès au box office de 1999. Un remake qui bénéficie de la 3D (dans les coffrets blu-ray) et des dernières innovations en matières d’effets spéciaux.

Autre nouveauté aussi, l’ajout au casting de poids lourds du cinéma mondial avec Tom Cruise dans le rôle principal et Russel Crowe pour celui d’un personnage très connu et qui sera au centre d’un prochain film de la série « Universal Monsters ».

Le nouveau film débute par un rapide résumé de la malédiction de la fameuse momie. Cette fois, c’est une princesse, Ahmanet (Sofia Boutella), promise au pouvoir, qui fait les frais de la rancune des prêtres. Car elle a fait un pacte avec le dieu Seth, le dieu de la mort. Elle est momifiée vivante et enfouie dans un sarcophage loin d’Égypte. En Irak exactement où de nos jours, Nick Morton (Tom Cruise) un soldat US profite de la panique occasionnée par l’arrivée de terroristes islamistes pour voler des antiquités. Un missile plus loin, il met à jour le sanctuaire où Ahmanet, en reconnaissance le désigne comme élu. Il doit mourir pour permettre à Seth de venir sur Terre et y imposer son règne. Le volet fantastique et « monstrueux » est particulièrement réussi. Sofia Boutella, actrice française à la plastique parfaite, donne humanité à cette femme maudite. Tom Cruise fait… du Tom Cruise. Un peu d’humour, beaucoup de séduction, un max de baston.

Dans le DVD et le bluray, les bonus sont nombreux et passionnants. On découvre comment les acteurs ont passé quelques secondes en apesanteur dans un Airbus spécial 0- G. Ou comment la momie évolue dans sa renaissance, à grands renforts de prothèses et trucages.

➤ « La Momie », Universal, 16,99 € le DVD, 19,99 € le bluray et 22,99 € le blu-ray 3D.

De choses et d'autres - Donner des couleurs aux bâtiments

Ne jetez plus vos vieilles briques Lego® elles peuvent se transformer en œuvres d’art et participer à l’embellissement de la ville. L’idée est de Jan Vormann, artiste allemand. En se promenant dans les rues, il constate que de nombreux murs étaient balafrés par des fissures et autres plaies dans le crépi. Le plasticien ayant conservé un esprit d’enfance, a eu l’idée de raccommoder ces murs avec des briques. 

Des briques de Lego® . Des fois, une poignée suffit. Ailleurs, des kilos de plastique sont nécessaires pour colmater de véritables brèches. Si ces « replâtrages » apportent effectivement de la couleur dans la ville, ils ont aussi l’inconvénient de dépareiller des bâtisses historiques. Quand on sait la rigueur des architectes des bâtiments de France sur les codes couleur lorsqu'on veut repeindre ses volets situés (pas de chance) dans un quartier hébergeant, par exemple, une église du XIe siècle. Le fameux architecte, s’il tombe sur un rafistolage bariolé risque l’infarctus foudroyant.

À Perpignan, le Castillet n’est pas en mauvais état, il pourra éviter une cure de plastique. Par contre, la Cité de Carcassonne, est sans doute bourrée de trous, failles et autres pierres manquantes. Par contre il est certainement totalement interdit de vouloir boucher les remparts. Les briques Lego ne sont pas d’époque. Et de toute manière il en faudrait des tonnes et des tonnes pour la remettre à neuf. Certains touristes apprécieraient. Mais pas tous... Enfin on déconseille également vivement aux amateurs d’art coloré de boucher les trous dans le Mur des Lamentations à Jérusalem par des briques en plastique. C’est un coup à déclencher une guerre des Six Briques

lundi 23 octobre 2017

BD - Astérix et Obélix on the road again


Avec cet humour décalé qu’ils ont toujours eu (Ferri depuis ses années Fluide Glacial, Conrad en agitateur du vénérable magazine Spirou du temps des « Hauts de page »), les deux auteurs de la reprise d’Astérix et Obélix ont expliqué que leur mission, tous les deux ans, est « de sauver l’édition française ». Un rôle économique qui ne doit pas les détourner de leur véritable mission : faire rire les Français et quelques millions d’Européens. 

Passons sur les chiffres astronomiques du tirage (Idéfix doit se lamenter de tous ces arbres abattus) et recentrons-nous sur le fond. Avec confiance car le duo, depuis la reprise avec bénédiction d’Uderzo, affine sa complicité, marque un peu de son empreinte la série et surtout est à la hauteur des albums de l’époque bénie. Une histoire de course de chars à travers l’Italie, source inépuisable de gags car toutes les nations de l’empire participent à ce rallye. L’occasion de se moquer du nationalisme, de l’esprit de compétition, de la pub et même, les petits chenapans, de la presse. C’est succulent, on en redemande.

➤ « Astérix et la Transitalique », éd. Albert René, 9,95 €

Les premiers pas du Petit Nicolas

Pour les nostalgiques de la verve de René Goscinny, ceux qui ne supportent pas que d’autres s’essaient à faire vivre ses personnages (voir ci-dessus), chance avec l’exhumation de la première bande dessinée du Petit Nicolas. Car contrairement à ce que tout le monde croit, le jeune héros dessiné par Sempé a débuté en bande dessinée. Les découvrir dans cet album est un plaisir qu’il serait idiot de se priver.

➤ « Le Petit Nicolas », Imav Editions, 12,90 €

De choses et d'autres - De l’élection au sondage

Un peu comme les bonnes séries qui s’arrêtent trop vite, les sondeurs ont le chic pour surfer sur la vague de leurs succès. Vous avez adoré les « Sondages sur la présidentielle », vous allez adorer la saison deux. « Mais, rétorquerez-vous, car mine de rien vous suivez un peu l’actualité, le président n’est pas encore élu depuis six mois, pourquoi chercher déjà à connaître son successeur ? » C’est que les instituts de sondage sont plein de ressources.

Ils ont « vendu » à un journal, (le Journal du Dimanche en l’occurrence) le sondage ultime, celui qui ne sert à rien si ce n’est à faire pérorer les commentateurs politiques en mal de spéculation. L’étude d’opinion ne porte pas sur la prochaine présidentielle, mais celle de cette année. Avec une question toute simple qui quintessencie l’inutilité à son plus haut sommet: « Si l’élection avait lieu aujourd’hui, pour qui voteriez-vous au premier tour ? » À quoi bon connaître ce que feraient les Français car selon toute vraisemblance le cas de figure ne se produira jamais. Et de toute manière, sans dépenser le moindre centime, on se doute que les résultats ne seraient pas inversés en si peu de temps.

Logiquement, Emmanuel Macron reste en tête. Il creuse même un peu l’écart, gagnant quatre points. Marine Le Pen est stable. Mélenchon baisse un peu, mais moins que Fillon rétrogradé en quatrième position. Logique au regard de son « intense » activité médiatique de ces quatre derniers mois. Alors le sondage est trituré en tous sens, on spécule sur l’image de Macron dans l’opinion publique, pas si mauvaise que ne semblent l’affirmer les sondages de popularité, sur l’effet Philippot en direction de l’électorat du FN.

Bref, rien de bien passionnant. Alors en résumé : vivement 2021 et les premiers vrais sondages sur la présidentielle de 2022

BD - Oiseaux de mort dans une France en ruines et sous un "Soleil froid"


La dernière épidémie de grippe aviaire a eu pour conséquence de décimer les élevages de canards dans le sud-ouest du pays. Dans la série « Soleil froid », imaginée par Pécau et dessinée par Damien, le virus est plus puissant, agressif et surtout, transmissible à l’homme. Résultat, quelques mois après son apparition, les oiseaux sont tous exterminés. 

Mais auparavant ils ont tué 80 % de la population mondiale. Jan, un des derniers rescapés, tente de rejoindre un laboratoire qui aurait mis au point un vaccin. Un long périple dans une France en ruine qui passe par Lyon et devrait se terminer dans le troisième tome, dans les Pyrénées, près de la frontière espagnole. On apprécie dans cet album les dessins réalistes de Damien, très à l’aise dans ce mélange de futurisme et fin du monde

➤ « Soleil froid », Delcourt, 14,95 €

BD - "Harmony et le pouvoir des adolescents


Devenu un thème récurrent des nouvelles séries de science-fiction, l’apparition mystérieuse de pouvoirs pour une petite partie de la population est au centre de cette série de Mathieu Reynès, pour la première fois en solo après avoir mis son dessin très expressif au service de différents scénaristes. Harmony, adolescente ordinaire, voit sa vie bouleversée quand elle se découvre des pouvoirs de télékinésie

Enlevée, enfermée, étudiée, elle se retrouve au centre d’enjeux qui la dépassent. Mais loin de se laisser faire, elle prend conscience de sa force et surtout de sa volonté de liberté et d’entraide. Dans le troisième tome du premier cycle, elle revient dans le centre d’où elle vient de s’évader pour porter secours à deux de ses amis qui comme elle ont des pouvoirs. On aime particulièrement le volet « humain » de l’histoire. Amitié entre cobayes, abnégation de certains adultes, soif de pouvoir d’autres : tous les ingrédients sont là pour tenir le lecteur en haleine.

➤ « Harmony » (tome 3), Dupuis, 12 €

mercredi 18 octobre 2017

DVD – Rodin raconté par Jacques Doillon

Avant Gauguin, le cinéma français s’est intéressé à un autre monstre sacré de l’art : Rodin. Isabelle Adjani avait interprété une Camille Claudel inoubliable, Vincent Lindon a endossé la blouse du sculpteur dans le film de Jacques Doillon. Ce film âpre, presque austère, explore les démons de la création. 

Rodin, longtemps ignoré, n’a jamais fait la moindre concession sur son art. Le début du film le voit marié avec la jeune Rose (Séverine Caneele déjà vue dans «L’Humanité » de Bruno Dumont), mais quand il rencontre Camille Claudel (Izïa Higelin), le coup de foudre, amoureux et artistique est immédiat. Une relation forte, créatrice mais aussi très destructrice. 

Et pour restituer le récit dans son contexte, vous pourrez mieux comprendre l’artiste en visionnant « Sculpter Rodin » (31’), entretien croisé inédit de 31 minutes entre Jacques Doillon et Véronique Pattiussi, responsable du fond historique du musée Rodin

➤«Rodin», Wild Side Vidéo, 19,99 € 

DVD – Jean-Pierre Melville : 11 films incontournables

Voilà une anthologie pour amateurs de films noirs. Un bel objet reprenant 11 films de Jean Pierre Melville parmi ses plus connus, mais aussi quelques perles rares et même un court-métrage inédit en DVD, « 24 heures dans la vie d’un clown ». 

Laissez-vous gagner par cet univers « marqué par la Résistance » comme le souligne Philippe Labro auteur de la préface du livre de 76 pages accompagnant le coffret. Plongez dans « Le cercle rouge », vivez au côté d’« Un flic », jouez avec « Bob le flambeur »... 

Delon, Belmondo, Montand, Bourvil : les plus grands acteurs français ont tourné sous les ordres de ce maître du 7e art. Enfin ce sont plus de sept heures de bonus qui sont proposées dont le documentaire « L’armée des ombres, le dessous des cartes ».

➤«Anthologie Melville », 99 € le coffret de 12 DVD, 119 € le coffret de 10 blu-ray. Studiocanal 

Cinéma - Le dard de l’art contemporain

THE SQUARE. Claes Bang incarne Christian, un conservateur de musée aux multiples péripéties. 



Palme d’or surprise en mai dernier au festival de Cannes, « The Square » de Ruben Östlund ne laisse personne indifférent. Pas toujours pour de bonnes raisons. Ce film fait partie des catégories d’œuvres que l’on adore ou qu’on déteste. Pas de juste milieu, de ce jugement tiède et ambigu caractérisant la majorité de la production cinématographique actuelle. Reste que cette satire de la société contemporaine européenne évoluée a le mérite de poser beaucoup de questions et de nous forcer à nous remettre en cause dans les pas du personnage principal, Christian (Claes Bang), conservateur d’un musée d’art contemporain suédois. 

Première situation clivante quand il sort de la gare centrale pour se rendre au travail, le nez dans son téléphone portable comme 80 % de la foule. Des cris au loin. Des appels au secours… Une femme arrive en courant. Se réfugie derrière un homme, juste à côté de Christian. Une personne arrive en hurlant de rage. Christian et l’autre homme s’interposent et font fuir l’importun. La jeune femme disparaît. Un grand sourire illumine la face de Christian, quadra en costume peu habitué à prendre des risques. Cette poussée d’adrénaline le met en joie. Elle ne dure pas longtemps. Cinq minutes plus tard il découvre que tout cela n’était qu’une mise en scène. Dans l’altercation il a été délesté de son téléphone, de son portefeuille et même des boutons de manchette qui lui venaient de son grand-père. 

Le spectateur, après s’être interrogé « Dans une telle situation, quelle aurait été mon attitude? Courage ou fuite ? » n’a pas le temps de répondre qu’une seconde interrogation l’assaille : comment puis-je être aussi naïf… Et de constater qu’on vient immédiatement de se glisser dans la peau de Christian, but premier du réalisateur. 

Obsession 

La suite est tout aussi déroutante. Il doit lancer une nouvelle exposition, trouver des fonds pour financer l’avenir, séduire une journaliste, gérer tant bien que mal le quotidien quand il a la garde de ses filles. Une vie déjà compliquée devenant carrément inextricable par son obsession de retrouver ses biens et de faire payer ces voleurs audacieux. 

Si l’ensemble paraît parfois décousu, il est pourtant d’une grande intelligence. Tout est important dans cette descente aux enfers d’un homme ayant réussi. Ruben Östlund filme son héros comme une coquille vide ballottée sur les flots. À chaque écueil une nouvelle difficulté. Claes Bang est excellent dans ce rôle aux nuances subtiles. Lui, aurait mérité le prix d’interprétation. La Palme fait encore polémique. Mais ce débat est sans fin et dans dix ans personne ne sera toujours d’accord. Exactement comme l’art contemporain ; l’autre vedette du film, encore plus malmené que la bourgeoisie cultivée suédoise, forcément novateur, parfois reconnu, mais jamais véritablement installé car c’est le fondement même de son existence. Le contemporain ne dure jamais longtemps. 

➤ «TheSquare», comédie dramatique de Ruben Östlund (Suède, 2h31) avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West. 


Singeries à table


Quelques moments de bravoure permettent à «The Square» de marquer durablement les esprits. Comme si le réalisateur, en plus de penser à son film comme un tout, avait voulu y intégrer des moments forts que l’on pourrait presque extraire de l’ensemble et présenter comme des courts métrages indépendants. On met dans le lot la scène du préservatif entre Christian et sa maîtresse d’un soir, la jolie journaliste américaine si bizarre (Elisabeth Moss). Non seulement elle vit avec un singe, mais en plus elle tient expressément à mettre elle-même le préservatif usagé dans la poubelle de la salle de bain. 

Reste le passage le plus fort, le plus symbolique du film. Dans sa dramaturgie mais aussi sa symbolique. Christian, pour honorer les nombreux mécènes apportant de l’argent frais au musée, les invite à un dîner de gala. Lustres au plafond, serveurs en tenues, grande cuisine. Une caricature d’une certaine bourgeoisie bien pensante. 

Pour les remercier, Christian organise une performance avec un artiste qui va endosser le rôle d’un singe s’incrustant dans le repas. Un singe curieux, sans manière, hurlant et vociférant, utilisant la peur pour imposer sa domination. Pour jouer cet artiste, le réalisateur a fait appel à un pro des plateaux de cinéma. Il a des dizaines de films à son actif, des millions d’entrées, pourtant on voit son visage à l’écran pour la première fois. Terry Notary est un chorégraphe expert en attitude simiesque. Il a interprété, avant trucages, Rocket dans la dernière Planète des singes, des Orcs dans la trilogie du Hobbit et le fameux Kong dans «Skull Island ». Son mimétisme est saisissant. La scène forte du film, avec un final comme seul Ruben Östlund sait les écrire et les filmer. 

mercredi 11 octobre 2017

DVD - Churchill, le têtu historique

Hasard des sorties, on retrouve Brian Cox dans l’autre DVD de la semaine. Cette fois il endosse le rôle de Churchill dans le biopic signé Jonathan Teplitzky

Le film s’attache à raconter les jours précédents le débarquement allié. Le Premier ministre anglais était opposé à cette opération. Il craignait une boucherie. Finalement, le travail de sape de ses alliés a porté ses fruits et le débarquement a eu lieu. Dès lors, Churchill a été associé à cette journée symbolique qui a marqué l’histoire du monde libre

Le réalisateur, tout en sobriété, fait reposer son film sur les épaules de Brian Cox. Ce dernier s’en tire à merveille, interprétant un Churchill dépressif, chafouin et alcoolique très crédible. Une vision différente et étonnante des arcanes du pouvoir.

➤ « Churchill », Orange Studio, 19,99 €

DVD - Se méfier des inconnues froides

Certains films d’horreur font rire. Volontairement ou pas. Et puis d’autres font un peu peur. Et parfois, dans le lot, un sort de la norme et file « vraiment » la frousse aux spectateurs. « The Jane Doe Identity » est de cette veine. Réalisation léchée d’André Øvredal, interprétation convaincante des deux acteurs principaux (Emile Hirsch et Brian Cox), scénario au cordeau, effets spéciaux bluffants : rien à jeter dans cette histoire. 

Sans oublier le meilleur de l’en semble, la fameuse Jane Doe interprétée par Olwen Catherine Kelly.

Ce film de « pure terreur », se déroule dans une morgue. Une jeune femme morte y est amenée pour autopsie. Le médecin légiste et son fils vont découvrir que ce cadavre recèle bien des surprises. Dehors et dedans. Dans les bonus un making of assez complet, excepté en ce qui concerne les effets spéciaux et le rôle pas évident du tout de la fameuse Jane Doe. 

« The Jane Doe identity », Wild Side Vidéo, 13,99 € le DVD, 19,99 € le blu-ray 

lundi 9 octobre 2017

Fête de la Lucques nouvelle à Bize-Minervois : une olive verte, charnue et savoureuse

Croquer une olive Lucques s’apparente à ces expériences gustatives uniques comme goûter un grand bordeaux ou laisser fondre un morceau de foie gras sur la langue. Immense, incomparable, inoubliable.


La Lucques est la Rolls Royce des olives de table. Remise au goût du jour par la coopérative de l’Oulibo, elle bénéficie depuis l’an dernier d’une appellation d’origine protégée. Fragile, la Lucques nécessite des trésors d’attention pour qu’elle arrive au summum de sa saveur sur vos tables. La récolte de cette année vient de s’achever et les Lucques nouvelles seront les vedettes de la fête organisée dimanche prochain à la coopérative. Depuis 1942, cette structure a beaucoup évolué. En faisant le pari de la qualité et de l’agro-tourisme, l’Oulibo est devenu un poids-lourd économique de la région. Outre les 1700 coopérateurs répartis dans l’Aude, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales, l’Oulibo emploie 35 personnes à l’année sur le site et passe à plus de 60 en haute saison. Pour le directeur, Pierre-André Marty, la Lucques est devenue une passion. Il en parle avec cet amour du producteur pour son produit longuement et patiemment amené à sa perfection. «La Lucques, lorsque vous la préparez, c’est comme un chef dans une cuisine. Vous êtes obligé d’être au contact de l’olive. C’est assez empirique car ça va dépendre de la maturité, de l’endroit d’où elle vient, s’il fait chaud ou humide quand elle est ramassée. Cela reste une olive extrêmement délicate et compliquée à préparer.»

■ Record à battre

Un savoir-faire directement tiré du terroir local. Car la force de l’Oulibo est d’avoir réussi à retrouver la saveur des olives de table «comme les faisaient nos grands-mères sur la toile cirée de la cuisine». Autour de la Lucques, la reine des olives de table, représentant désormais plus de 80 % des olives produites à la coopérative, un parcours ludique et instructif permet de valoriser la structure.

Un tourisme d’entreprise en plein essor, grand pourvoyeur de visiteurs. L’Oulibo fait partie des deux entreprises les plus visitées de France, la 3e en Occitanie. Un travail au long terme amplifié avec des événements ponctuels comme la fête de la Lucques nouvelle de dimanche prochain. Une façon aussi d’associer les autres producteurs locaux de Bize et des environs à cette success-story. Car on pourra déguster des vins primeurs (du Grand Celièr et du Château de Cabezac). Un atelier cuisine, le matin, vous permettra d’apprendre à préparer de l’olive de table «cassée au fenouil». Et puis pour la rigolade, les visiteurs pourront tenter de battre le record du lancer de noyaux de Lucques. Il est de 5,99 mètres pour l’instant. Mais le noyau, incurvé et de petite taille, ne facilite pas le tir. La Lucques, même là, se distingue de ses congénères plus vulgaires. 

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Manger : La cagette du Café du Midi

Devenue la marque de fabrique du Café du Midi, la cagette est un menu du jour amélioré, sur place ou à emporter. Vous pourrez déguster deux petits hors d’œuvre, un plat principal, un fromage et un dessert, le tout servi sur une cagette en osier donnant un cachet particulier à l’ensemble. Simple et bon, excellent rapport qualité-prix. 

Le Café du Midi, Place aux Herbes, 04 68 70 39 18

Visiter : Le royaume de l’olive

Reconnaître une picholine d’une Lucques, monter un aïoli parfait, déguster différentes huiles : la coopérative oléicole de l’Oulibo est une petite école des saveurs. Vous trouverez dans la boutiques les produits locaux mais vous pourrez aussi visiter les installations destinées à la production, de la préparation en saumure au moulin pour en tirer de l’huile d’exception. 

➤ L’Oulibo, 04 68 41 95 84

Déguster : La rosée cochonne 

Coup de cœur de la cheffe du Café du Midi, ce minervois rosé est produit à Aigues-Vives par Pierre Sicard sur un assemblage du comédien Jean-Claude Dreyfus. « Le nez est agréablement fruité par des petits fruits rouges avec une délicate note d’agrume : citron mûr. La bouche est élégante. Un vin avec une bonne tension et une agréable longueur » explique l’acteur, passionné de cochon et de vin.

Domaine Sicard, 04 68 91 23 94