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samedi 26 septembre 2026

BD – Milane et Arlov en fâcheuse posture


Sur la planète Kobadia, Milane et Arlov sont en bien mauvaise posture. Les deux adolescents sont emprisonnés dans des cages sur l'ordre de l'immonde Metcalf, un mutant de la pire espèce, passionné par les manipulations génétiques, pour le meilleur et souvent le pire.

Mais la situation n'est pas désespérée. Ils sont deux à tenter de libérer le jeune couple : le professeur Stroker qui réactive le commando noir et le lance à l'assaut de la forteresse de Metcalf et la belle Stonia, prisonnière elle aussi mais qui réussit à prendre en otage le maître des lieux. Au moment même où le commando noir attaque,  Stonia, Milane, Arlov et Metcalf sous la contrainte plongent dans les profondeurs de la base, cœur des cellules dans lesquelles des cobayes très agressifs prennent également la poudre d'escampette.

Un peu de SF, un brin de manga et beaucoup de gore dans cette série signée Djian (scénario) et Rouan (dessin). 

« Milane et Arlov » (tome 2), Soleil. Album paru en 2000. Chronique publiée initialement dans Centre Presse Aveyron le 24 septembre 2000.


samedi 19 septembre 2026

BD - L'honorable juge Wonq, héros des Terres d'Ynuma


La justice est un peu spéciale sur les Terres d'Ynuma, création, la dernière en date, des Mondes d'Aquilon. Les juges sont aussi un peu enquêteurs. Et ils ne travaillent pas seuls. Exemple avec ce tome 3 de la série. Nicolas Jarry au scénario et Jean-Paul Bordier au dessin racontent le quotidien du juge Wonq. Un vieux monsieur, chétif et ridé, mais étrangement très respecté par toutes les races. Il est toujours accompagné d'un pantin en bois doté d'intelligence et d'un Kugo, guerrier musculeux chargé de sa protection. Sa nouvelle mission est encore plus particulière. Il n'a que trois jours pour résoudre une énigme entre Elfes. Trois jours pour faire la lumière sur la mort d'une jeune Elfe. Passé ce délai, si le coupable n'est pas retrouvé, le grand-père de la victime rasera la région du principal suspect. 


En s'aventurant dans l'enquête policière (mâtinée cependant de beaucoup de fantastique), les auteurs prouvent que cet univers offre toutes les possibilités de narration possibles et imaginables. On apprécie dans cette troisième partie de la saga (prévue en 5 tomes, le quatrième vient de sortir début septembre) l'invention des pantins, sortes d'ordinateurs portables dotés de jambes et de bras, mais sans toute l'intelligence artificielle du moment. Quant au guerrier, il apporte la dose importante de sauvagerie et de premier degré viriliste dans un genre qui n'en manque jamais.   

"Terres d'Ynuma" (tome 3), Soleil, 56 pages, 16,50 € (Album paru en juin 2026)


vendredi 18 septembre 2026

BD - Découvrez la beauté des Ten-no-Tori, oiseaux merveilleux des Terres d'Ynuma


Poursuivons l'exploration des Terres d'Ynuma, nouvelle création du monde d'Aquilon, dans ce second tome ayant pour héros Hijo, un messager de la nation Raïda. Messager le jour, espion d'élite la nuit. Dans cet univers mêlant tradition asiatique et fantasy, Hijo se déplace sur son fidèle Ten-no-Tori qui répond au nom de Lambao. Ces oiseaux, gigantesques, ressemblant un peu à des grues, permettent aux messagers de se déplacer d'île en île. Ils vont vite mais ne sont pas à l'abri d'une attaque de dragon. Imaginé par David Courtois, le scénariste de ce tome 2, Lambao est dessiné par Ma Yi, chargé de la réalisation graphique de cette suite très attendue. Un artiste chinois pour faire vivre les Terres d'Ynuma : c'est l'excellente idée qui donne toute son ampleur à cet album. 


Pour ce qui est de l'histoire, contrairement au tome 1 composé d'histoires courtes, c'est un grand récit, allant de l'enfance de Hijo à ses succès en tant qu'espion qui est raconté sur 60 pages. Hijo devient orphelin quand des Elfes massacrent sa famille. Recueilli, il est formé pour devenir messager Raïda. Officiellement. En secret, il reçoit une formation encore plus poussée pour devenir un espion capable de tout comprendre dans ce monde encore secoué par de nombreux conflits armés. Hijo qui voue une haine absolue aux Elfes. Pourtant, au cours d'une mission, il doit secourir une fillette et une… elfe dissidente. Une longue fuite compliquée et mouvementée qui semble appeler une suite même si cet album est présenté comme une histoire complète. 

"Terres d'Ynuma" (tome 2), Soleil, 60 pages, 16,50 € (Album paru en mars 2026)


jeudi 17 septembre 2026

BD - Le Samouraï rouge inaugure les Terres d'Ynuma


Nouvelle extension du Monde d'Aquilon, vaste galaxie où la fantasy règne en maître. Des elfes, beaucoup d'orcs, pléthore de nains, quelques mages et sans cesse de nouvelles terres découvertes (imaginées) par les auteurs. Cette fois, c'est un archipel aux accents asiatiques qui est proposé aux lecteurs friands de nouveautés. Les Terres d'Ynuma sont prévues en cinq tomes. 

Le premier, écrit par Nicolas Jarry et dessiné par Vax se présente sous forme d'histoires courtes. Même personnages, mais des rencontres et épreuves multiples, comme pour mieux présenter cet univers aux fans. La prêtresse Mei-Jen et le samouraï rouge Zhao forment un duo d'une rare efficacité. Leur rôle : traquer les esprits qui franchissent le Voile. 


On est dans la mythologie japonaise à fond. Ces esprits maléfiques profitent de failles pour torturer les humains. Le duo, l'une avec des incantations, l'autre avec son sabre et sa force herculéenne, s'interposent. 

Une mise en bouche parfaite et somptueuse. Les décors sont d'une grande beauté, les monstres et autres entités fantastiques effrayants au possible. Reste la personnalité des deux héros. Une femme qui est tout sauf frêle malgré les apparences. Un grand gaillard qui cache pourtant bien des fissures et des secrets. Un tome 1 prometteur.  

"Terres d'Ynuma" (tome 1), Soleil, 80 pages, 16,50 € (Album paru en septembre 2025)


dimanche 23 août 2026

BD - Mars peut sauver la Terre


Dès le début du 3e tome d’Olympus Mons, écrit par Christophe Bec, Aveyronnais vivant dans le Tarn et dessiné par Stefano Raffaele, un Italien, le ton est donné : l’apocalypse semble inévitable. A moins qu’une cosmonaute russe, bloquée sur Mars, trouve une entrée dans le vaisseau spatial gigantesque découvert que Olympus Mons. Là pourrait se trouver la solution pour empêcher la fin prochaine de notre planète. 

Rythme de parution soutenu, multiplication des lieux où  se déroule l’action, aller-retours dans le temps, premières apparitions de ce qui semble être des extraterrestres (ou des robots, on ne sait pas encore trop pour l’instant) : il n’y a rien à jeter dans cette  BD caractéristique de l’univers foisonnant et toujours très imaginatif de Christophe Bec. 

«Olympus Mons» (tome 3), Soleil, 14,50 €

lundi 10 août 2026

BD - "Le chant d'Excalibur" pour une jeune fille intrépide

Peu après l'an Mil, Merlin l'enchanteur se réveille après cinq années de sommeil dans un dolmen. Son Irlande a bien changé. La secte des chrétiens a pris de l'ampleur et est sur le point d'éradiquer la magie, les fées, lutins et autres forces des forêts. Merlin voudrait profiter de la vie après sa longue éclipse, mais il est temps de réagir pour la fée Viviane. Elle demande à Merlin de confier l'épée Excalibur à un guerrier courageux qui saura réunir l'Irlande et chasser les moines.

Mais cela ne se passe pas comme le vieux sorcier le voudrait. Contre toute attente, la fée désigne la jeune Gwyned, descendante de Galahad. La damoiselle, colérique et batailleuse, accepte la mission. Enfant, elle parlait aux arbres, mais depuis la montée en puissance du catholicisme, ces derniers se taisent, perdent leur conscience.

Nouvelle série du scénariste Scotch Arleston, pilier des éditions Soleil, on rit beaucoup dans cet album dessiné par Eric Hübsch et  qui fait la part belle à Merlin. 

"Le chant d'Excalibur" (tome 1), Soleil, 48 pages, 15,50 €. (Chronique parue en août 1998 dans Centre Presse Aveyron)

mercredi 5 août 2026

BD - Caledonia, ses guerriers, ses dieux et ses… monstres


Suite et fin de Caledonia, série historico-fantastique écrite par Corbeyran et dessinée par Despujol. Débutée comme une histoire sur la conquête avortée du nord de la Grande-Bretagne par les légions romaines, elle a glissé vers le fantastique et cette ultime partie lorgne clairement vers la science-fiction. On découvre qui sont véritablement les Fomôres, ces êtres gigantesques, entre dieux et monstres sanguinaires, prêts à tout pour préserver leur tranquillité et la paisible coexistence avec les tribus locales, les Caledonii. Quand les soldats romains arrivent en conquérants, en colonisateurs, ils sortent de leurs cachettes et déciment les envahisseurs. On comprend assez rapidement que les Fomôres sont des extraterrestres échoués sur terre en attente, depuis des siècles, d'une hypothétique mission de secours. 

C'est dans ce contexte que l'amour vient bousculer toutes les certitudes. Lucius Karus, officier œuvrant pour la gloire de Rome, infiltre une tribu Caledonii. Il y retrouve une ancienne prisonnière, Leta, fille du chef et déterminée à le tuer. Sauf que Cupidon est le plus rapide et décoche quelques flèches dans les cœurs d'artichaut des deux héros plus habitués à tailler dans la chair vive des ennemis qu'à se faire des câlins. Le couple va tout faire pour sauver le plus d'Humains, pris entre Romains et Caledonii, avec la menace des Fomôres en plus. 

Un dernier acte particulièrement violent permettant à Despujol de multiplier les scènes de combats au corps à corps. Un genre dans lequel il excelle.    

"Caledonia" (tome 3), Soleil, 56 pages, 15,95 €


dimanche 26 juillet 2026

BD - Succession compliquée à la Cour des Miracles


Julien Maffre, passé par les Beaux-arts de Perpignan, se lance dans une nouvelle série avec Stéphane Piatzsek au scénario. En cinq tomes ils entreprennent de raconter les grandes heures de la Cour des Miracles. 

Le premier tome présente Anacréon, le roi des gueux. Il règne sur ces voleurs, infirmes et orphelins. Mais la retraite approche. Il compte passer le flambeau à son fils, trop jeune et imprudent, malgré la protection efficace de sa sœur, la Marquise.

➤ « La Cour des Miracles » (tome 1), Soleil Quadrants, 15,50 € 

vendredi 24 juillet 2026

BD - Un curé irlandais et ses étranges ouailles


Histoire bucolique et champêtre imaginée par Crisse et mise en couleurs par Paty. Dans un petit village d’Irlande, au début du XXe siècle, un curé répète ses prêches tôt le matin devant un troupeau de moutons. 

Ce que le religieux ne sait pas, c’est que les ovins le prennent pour Dieu. À la fin de son discours, il offre quelques friandises aux bêtes. 


Panique dans le troupeau quand il ne vient pas. Le curé a été attaqué, la nuit, dans son église. L’histoire se transforme en enquête policière menée par un écureuil et un hibou insomniaque. 

Une jolie fable, un peu à la Pagnol, avec tension chez les animaux et les humains. Car accolé à l’église, un pub serait à l’origine du malheur arrivé au curé.   

« Le pré derrière l’église », Soleil, 14,50 €

jeudi 23 juillet 2026

BD - Troll de mariage


Les histoires de Trolls permettent toutes les variations possibles et imaginables tant le petit monde imaginé par Arleston et Mourier est riche de personnages singuliers et irrésistibles. Dans ce 25e album de la série, les auteurs mettent en vedette Puitepée, la trolle mère de Waha. 

Deux mages, qui conspirent pour prendre le pouvoir à la place du vénérable Rysta Fukatou, ensorcellent ces deux protagonistes que tout oppose provoquant une passion réciproque et dévorante. 

Les conspirateurs croient que les trolls vont démembrer Fukatou. Mais Puitepée le protège et la belle histoire d’amour se prolonge au palais. 

L’occasion pour Arleston de brocarder les phénomènes de mode, la cour s’entichant pour le mode de vie des Trolls, notamment des mouches domestiques…  

« Trolls de Troy » (tome 25), Soleil, 14,50 € 

vendredi 17 juillet 2026

BD - Rock éternel


Le rock est devenu une musique de vieux. Il n’y a que les plus de 50 ans pour glorifier des compositions des Rolling Stones. Georges et Jean-Pierre ont 70 ans passés. A la retraite, encore fringants mais pas trop, ils ont une résurgence de rock attitude quand ils sentent qu’il ne leur reste plus beaucoup de temps pour vivre pleinement leur passion.

Anciens musiciens d’un groupe qui a connu son heure de gloire à la fin des années 60, ils décident de remonter sur scène. Cet album écrit et dessiné par Phil Castaza a des airs de Vieux fourneaux, avec une bande-son plus bruyante.

Ils sont adorables les papys rockers et finalement donnent furieusement envie de ressortir le vieux tourne-disque et les vinyles poussiéreux.   

« Sold out » (tome 1), Soleil, 14,95 € 

mardi 7 juillet 2026

BD - La menace Cthulhu plane sur Arkham


Richard D. Nolane, scénariste prolixe, aime revisiter les grands mythes de la littérature populaire. Son immense savoir lui permet de faire des parallèles audacieux, imaginer des situations abracadabrantes et sortir certains créateurs de leur rôle passif de "raconteurs d'histoires" pour endosser le costume de "héros".

Dans "Arkham Mysteries", série fantastique dessinée par Manuel Garcia, auteur espagnol, Nolane convoque un de ses maîtres : Lovecraft. L'écrivain visionnaire, façonneur des plus horribles monstres de la littérature fantastique, est embarqué dans une étrange affaire en compagnie de Seth Armitage, professeur d'université et de Skylark Duquesne, propriétaire et principale journaliste du journal d'Arkham, ville fictive récurrente dans l'univers lovecraftien où se trouve l'université de Miskatonic.

Dans ce second tome, Armitage est mal en point. Un tatouage dans son dos se met à bouger. Horribles douleurs, délire… Lovecraft est persuadé que c'est un compte à rebours.

Au même moment, les centaines d'aliénés de l'asile d'Arkham se révoltent et fuient vers la rivière. Tout serait lié. On trouve derrière ces événements le réveil d'une entité millénaire malfaisante.

Le scénario, comme dans les romans de Lovecraft, est assez touffu et parfois déconcertant. Pas toujours facile de suivre, d'autant qu'il est souvent fait référence aux tome 1 de la série. Souvent étant un euphémisme puisque ce ne sont pas moins de 10 notes de renvoi qui ornent les bas de page. Le lecteur devra s'accrocher mais sera récompensé dans le final avec quelques planches d'une grande beauté. Là aussi c'est un euphémisme car Manuel Garcia dessine surtout des monstres incroyablement effrayants.

"Arkham Mysteries" (tome 2), Soleil, 56 pages, 15,95 €


mercredi 24 septembre 2025

BD - L'amour gagne aussi à Venise, ville inversée d'Ekho


Épisode très fleur bleue, avec du romantisme à toutes les pages, pour le 13e titre de la série "Ekho monde miroir" d'Arleston et Barbucci. Dans le cadre de son travail d'agent d'artiste, Fourmille est à Venise pour signer avec une chanteuse lyrique. Au même moment, une certaine Lucrèce complote pour attirer dans la ville lacustre quelques monstres marins. Pas de chance pour elle, ils rappliquent plus vite que prévu et la croquent toute crue. 

Mais avec Fourmille à proximité (la belle a la capacité totalement involontaire de servir de réceptacle aux fantômes), l'esprit de Lucrèce trouve un corps qui lui permettra de poursuivre ses basses œuvres. Voilà donc comment Fourmille devient une menace que Sigisbert, le Preshaun gardien de la magie, va devoir éliminer.

Pour une fois, c'est le petit Sigisbert qui va occuper le devant de la scène. Il rechigne à retourner à Venise. Car il connaît bien cette ville où son cœur s'est brisé. Il part quand même pour l'Italie et va devoir demander l'aide de deux autochtones. Un premier est la caricature musclée et volontaire d'Hugo Pratt, le second, Cleto Farnese, est un Preshaun ressemblant comme deux gouttes d'eau au célèbre navigateur imaginé par Pratt. Son nom : Cleto Farnese. Sa particularité : c'est lui qui a brisé le cœur de Sigisbert. 

Comme d'habitude, sur ces péripéties mouvementées, bourrées de gags et de private joke (Arleston reste imbattable dans cette spécialité), Fourmille va jouer de ses charmes (elle est si belle sous le pinceau de Barbucci), même avec l'esprit de la méchante Lucrèce. Reste le volet romantique. Cela semble incroyable, mais dans les dernières pages les auteurs parviennent à faire passer beaucoup d'émotions dans les retrouvailles de Sigisbert et Cleto. Venise, ville romantique, même de l'autre côté du miroir.   

"Ekho monde miroir" (tome 13), Soleil, 52 pages, 15,95 €


vendredi 25 avril 2025

BD - A la recherche de son totem


Ernesto ne sait pas grand chose de son passé. Ce gamin vit avec sa mère aux USA depuis qu'elle est mariée à un riche Blanc, aux affaires sulfureuses. Ernesto voudrait qu'elle lui raconte ses premières années en Haïti. Elle refuse, pour le protéger, le ménager. Son beau-père par contre a décidé de transformer cet enfant de 13 ans en homme. Il décide de l'amener avec lui à Cuba où il fait des affaires. Affaires louches avec le dictateur au pouvoir et la mafia. Alors Ernesto découvre La Havane la nuit, les petites frappes, la police corrompue, les rumeurs sur les Barbudos, ces révolutionnaires cachés dans la montagne. Un gamin abandonné dans une immense villa face à la mer, avec pour seule compagnie une petite tortue et une gouvernante. Cette femme est une activiste révolutionnaire. Elle profite de son poste pour voler des milliers de dollars au beau-père d'Ernesto. 

Cette BD, entre politique, histoire et fantastique, est écrite par Charlotte Girard et Jean-Marie Omont. Dessinée par Grégory Charlet, elle devient quasi mystique quand l'enfant rencontre une fillette farouche. C'est avec elle qu'il va aller dans des grottes pour trouver quel est son animal totem. Un récit puissant illustré par un trait de toute beauté.  

"L'île crocodile" (tome 1), Métamorphose, 88 pages, 18,50 €

mercredi 26 mars 2025

BD - Quittons Castlewitch à regret

Trois tomes. Trois tomes seulement pourrait-on dire. Les aventures des jeunes héros de Castlewitch prennent fin avec ce Nécromalificum, troisième et dernier titre de la série. Imaginé par Nicolas Jarry, dessiné par François Gomès, cet univers riche de possibilités fantastiques aurait pu connaître de nouveaux développements. On a l'impression en refermant l'album que les deux auteurs sont comme nostalgiques (voire déçus), de conclure le récit d'une façon un peu bancale. On se trompe peut-être. On l'espère du moins...

Castlewitch est une petite bourgade où la magie est forte. Elle se révèle par l'apparition dans le vrai monde pour quelques jeunes habitants d'amis imaginaires aux pouvoirs surprenants et presque sans limite. Dans les deux précédents albums, les cinq copains ont bataillé avec leurs totems pour combattre des Maléfics, des entités peu sympathiques. 

Le groupe est en partie dissout. Farah est partie habiter loin de la ville, Sam se retrouve en centre de redressement. Reste Tess, Malo et le plus jeune, Jules. Ils s'entraînent au cas où d'autres Maléfics reviennent. L'histoire raconte le début d'amitié entre une petite fille qui a pour ami un Maléfic. Elle arrive à canaliser ses humeurs. Mais jusqu'à quand ? 

Beaucoup de combats dans la dernière partie de l'album. Cela fera plaisir aux plus jeunes et permet au dessinateur de sortir des compositions un peu classiques du début. Certaines doubles planches sont d'une réelles beauté tout en étant d'une redoutable efficacité. 

A priori donc, l'aventure à Castlewitch s'achève, mais on retrouvera certainement ces deux auteurs dans d'autres projets tout aussi concluants.

"Castlewitch" (tome 3), Soleil, 56 pages, 13,50 €

lundi 17 mars 2025

BD - Les horribles découvertes de Randolph Carter

Randolph Carter, intrépide héros américain engagé dans la Légion étrangère française, imaginé par H. P. Lovecraft, bénéficie d'une adaptation de ses péripéties en bande dessinée. Au scénario, Simon Treins, pseudonyme d'un auteur qui a déjà quelques centaines d'albums à son actif. Les dessins ont été confiés à Jovan Ukropina, auteur Serbe au trait enlevé et dynamique, parfait dans la retranscription des horribles cauchemars sortis des pires situations imaginées par Lovecraft. 

La seconde partie est orientale. Carter, après les tranchées françaises de la première guerre mondiale, rejoint Beyrouth. Il est recruté par un militaire français qui veut espionner les forces turques. La situation politique et militaire dans ce Moyen Orient déjà très agité est très incertaine. Les clans locaux doivent faire avec les vues impérialistes des Français et des Anglais. 

En pénétrant dans le désert, la petite troupe tombe sur des créatures, des goules, assoiffées de sang. Et en se réfugiant dans des cavernes, Carter et ses amis découvre des monstres gagnant en méchanceté et en grandeur. Bref, ce voyage "Par-delà les portes d'ivoire et de corne" (titre du second volume de la série), restera longtemps dans la mémoire des rares survivants. L'histoire est assez obscure et compliquée, mais on ne peut qu'admirer les dessins d'Ukropina.

"Randolph Carter" (tome 2), Soleil, 56 pages, 15,95 € 

mardi 4 mars 2025

BD - Prison ou cimetière à ciel ouvert ?

Très efficace cette série concept lancée par le scénariste Christophe Bec chez Soleil. Le point commun entre ces quatre récits indépendants : la survie des protagonistes. Après une aventure dans les Rocheuses (Warm Springs), direction la prison d'Aparecida, "complexe pénitentiaire le plus violent du Brésil". 

Dans ces murs, des centaines de détenus tentent de survivre au quotidien. Face aux brimades des gardiens, mais aussi, et surtout, les attaques entre différents clans. Une prison qui subit une inspection. La tension est à son comble. Notamment à la direction. Il faut faire bonne impression. Mais pour avoir du calme, seule la méthode forte fonctionne. 

C'est dans ce contexte qu'arrive un nouveau détenu. Un VIP. Tout simplement l'ancien chef de la police, condamné pour avoir maté une révolte dans cette même prison occasionnant des dizaines de morts. Résultat, tous les clans n'ont qu'une idée : se révolter et lui faire la peau. 

Pour comprendre cette mutinerie d'une rare violence, Christophe Bec emprunte le ressenti d'un détenu qui tente de subsister en assurant quelques petits trafics,  quasiment innocents face à la drogue aux armes et aux filles esclaves sexuelles qui permettent aux gros bonnets de continuer de s'enrichir. Il va trouver de l'aide auprès d'un jeune surdoué au foot rêvant de faire une carrière en Europe. Ce sera compliqué, on s'en doute...

Ce récit, implacable, sanglant et sans le moindre moment de répit est dessiné par deux auteurs. La première partie est réalisée par Mirko Colak, un Serbe, la seconde par Diego Bonesso, un Italien. Et comme pour le premier tome, le dénouement (qui va finalement survivre dans cet enfer ?) est étonnant.

"Survival - Aparecida Prison", Soleil, 64 pages, 16,50 €

mardi 18 février 2025

BD – Survivre face à un chasseur implacable

Tous les amateurs de nature savent que croiser un groupe de chasseurs n'est pas toujours sans risque. D'un côté des hommes et femmes qui se contentent de vivre le moment, de l'admirer pour s'en souvenir, de l'autre d'autres passionnés, mais qui ont une arme entre les mains. Au moindre problème, le rapport de force peut devenir plus que problématique pour les désarmés. 

C'est en gros ce qui se passe dans cet album écrit par Christophe Bec et dessiné par Valerio Giangiordano. Dans un parc naturel d'Oregon, un groupe de jeunes alpinistes va se mesurer à une montagne mythique, le Mont Jefferson. Mais avant d'atteindre les pentes abruptes, ils doivent traverser une réserve indienne et une zone boisée qui est le terrain de jeu des chasseurs locaux. Un malheureux accident et tout dégénère. La nature sauvage le devient encore plus quand un père se lance dans une terrible vendetta. 

Sans éviter l'écueil du manichéisme, cet album est brut de décoffrage. Un gibier, des prédateurs, des conditions météo extrêmes : le décor et le générique de cette BD de grand spectacle sont idéales pour apporter au lecteur des émotions fortes. 

Et la fin vous étonnera car Christophe Bec, scénariste aguerri, sait parfaitement renouveler ce genre très couru par le cinéma américain. 

« Survival – Warm Springs », Soleil, 56 pages, 15,50 €

samedi 25 janvier 2025

BD - Drogue mortelle et arts interdits dans un futur pessimiste


Blade Runner à Lyon. C’est le résumé graphique du premier tome de cette nouvelle série de science-fiction dessinée par Jef sur un scénario de Kevan Stevens. Le nom exact de la ville où évoluent les protagonistes de cette utopie sombre et pessimiste est Mégalopolyon.


On suit les vies du maire, monstre obèse bourré de prothèses robotiques, sa fille, cheveux bleus et indépendance chevillée au corps, son fils, trisomique caché car normalement interdit de vie. Il y a aussi un homme qui vend son talent de musicien. En cachette car dans cette société futuriste totalitaire, musique et littérature sont interdits. Qui est surpris en possession d’un instrument ou d’un livre est immédiatement condamné à mort. Et exécuté sur place.

La mort guette tout le monde, encore plus quand de la drogue frelatée inonde la ville. Un premier tome qui pose les bases de la société. On ne sait pas exactement ce que cherchent les acteurs du récit. Mais on se dit que finalement on ne devrait pas se plaindre de notre présent si cet univers est le futur inéluctable de nos petits-enfants.
« La mécanique » (tome 1/3), Soleil, 84 pages, 17,50 € 

dimanche 8 septembre 2024

BD - Le Découpeur frappe


Jean-Charles Gaudin, s'il n'a pas le succès d'Arleston, est tout de même un des scénaristes les plus productifs des éditions Soleil. Et ses séries durent, preuve que le public est au rendez-vous. 

Meilleur exemple avec les Arcanes de Midi-Minuit qui en est à son 8e titre, presque un exploit chez l'éditeur toulonnais particulièrement prompt à interrompre la vie d'un héros ne touchant pas rapidement un large public. Jim et Jenna, les héros de ces histoires entre SF et fantasy, ont la particularité de ne jamais être vus ensemble. 

En fait il s'agit d'une seule et même personne, pouvant laisser la place à son double simplement grâce à un miroir. Si cette trouvaille était mise en avant dans les premières enquêtes, c'est moins vrai pour cette « Affaire Trinski ». Les deux agents sont envoyés dans une province du Royaume victime du coup d'Etat du chef des armées. Il terrorise la population. 

De même que le Découpeur, tueur sanguinaire armé de deux sabres et exterminateur de la résistance. Jim et Jenna auront fort à faire pour mettre hors d'état de nuire ces deux terreurs. 

Trichet, au dessin, aime les femmes sensuelles aux courbes généreuses. Un vrai plaisir pour les yeux...

« Les Arcanes du Midi-Minuit » (tome 8), Soleil, 13,50 €