Exemple parfait de l'artiste torturé, Vincent Van Gogh s'invite dans cette rentrée littéraire de 2026 en devenant le personnage principal du premier roman de Vincent Vigneron, « Rien que de grands tournesols ». Une phrase prononcée par le peintre quelques mois avant sa mort. Installé en Provence, il envisage de décorer la chambre de son ami Gauguin. En déclinant à l'infini cette fleur jaune qui le rendra mondialement célèbre longtemps après sa disparition à l'issue d'une vie de misère et d'incompréhension. En s'attaquant à la vie de ce monument de la peinture européenne, l'écrivain semble avant tout laisser parler son cœur. Car il raconte la folie qui a saccagé la vie sociale de Van Gogh avec beaucoup d'empathie. Fils de bourgeois hollandais, Vincent tente de s'intégrer. Son père est pasteur. Il essaie de le devenir à son tour. En vain. Il donne des cours en Angleterre, vend des tableaux à Paris, vit d'expédients en Belgique. Une errance avec toujours son frère Théo pour l'aider, le sauver en dernier recours. Jusqu'à cet exil dans le Sud, là où son talent éclate, où la folie explose. Le style de Vincent Vigneron se cherche encore un peu (premier roman oblige), mais certaines envolées, aussi épiques que tarabiscotées, valent bien des tableaux longtemps incompris.
« Rien que de grand tournesols », Vincent Vigneron, Robert Laffont, 304 pages, 21 €

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