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mercredi 24 janvier 2024

Une fable (brésilienne) sur les effets du confinement


Quand la Covid 19 chamboulait nos vies, nous faisait paniquer, à quoi aurait ressemblé La dernière joie du monde, titre de ce roman brésilien de Bernardo Carvalho ? Presque une fable, ce court texte qui débute lors du premier confinement. Un homme annonce à son épouse qu’il la quitte. Immédiatement. Et la femme de se retrouver seule dans l’appartement. Pas totalement seule car quelques jours avant le début de la pandémie, l’épouse, prof d’université, a trompé son mari avec un étudiant. Un inconnu. Une seule fois.

Neuf mois plus tard, alors que le pays a radicalement changé, elle met au monde un garçon. Elle tente de retrouver le père en allant voir un devin. Cet homme, touché par la maladie, est longtemps resté dans le coma. À son réveil il n’a plus de souvenirs. Mais il peut prédire l’avenir.

« La dernière joie du monde » Bernardo Carvalho, Métailié, 128 pages, 18 €

mardi 7 février 2023

De choses et d’autres - Ingéniosité chinoise

La Chine a longtemps traité la pandémie du Covid 19 d’une manière radicalement différente de la grande majorité des autres pays frappés par le virus. Au moindre signe de contamination, un confinement strict était décidé. Par ville ou quartier. Et les déplacements quasi impossibles.

Mais la grosse force du « zéro covid » était la politique de test intensive. Au point que, depuis une année, des milliers de petits abris de quelques mètres carrés avaient été construits dans toutes les villes de l’immense pays. Cela permettait aux Chinois de se faire tester rapidement et sans devoir aller trop loin. Mais quand le gouvernement a décidé de mettre fin, du jour au lendemain, à cette politique très restrictive, ces centres de tests sont devenus inutiles.

En plus de mettre des milliers de « testeurs » au chômage, les petites cabines sont restées, inoccupées, sur le domaine public. Vides mais pas longtemps. Elles ont rapidement été reconverties en mini-échoppes, petites bibliothèques de quartier ou en comptoirs de streetfood.

Autre problème, des dizaines de constructeurs se sont retrouvés avec un stock de cahutes sur les bras. Ne sachant pas quoi en faire, certains les ont tout simplement mises en vente, sur le net, sur un site qui fonctionne comme LeBonCoin.

On peut donc acquérir, à un prix de départ d’une centaine de yuans (environ 14 euros), ces petites constructions amovibles où l’on ne peut pas tenir à plus de trois, mais qui bénéficient de larges baies vitrées, avec deux trous pour y fixer les gants utilisés par le laborantin lors des tests.

Si le transport ne coûtait pas si cher, j’en achèterais bien une. Elle serait parfaite reconvertie en serre d’appoint dans la cour.

Billet paru en dernière page de l’Indépendant le mardi 21 février 2023

mardi 11 janvier 2022

De choses et d’autres - Le fondement de la recherche médicale

 


Après le retard annoncé du vaccin français de Sanofi contre le Covid, c’est une autre société tricolore qui a dû reculer le mois dernier face à la pandémie. L’Institut Pasteur menait un test pour déterminer si le médicament clofoctol avait un pouvoir d’inhibiteur de la réplication du Sars.

 

Un budget avait été voté pour un essai clinique sur la durée. Il fallait trouver entre 350 et 700 patients, âgés de plus de 50 ans, non-vaccinés et présentant au moins un symptôme du Covid-19. Mais après de longues démarches et recherches tous azimuts, l’Institut Pasteur n’avait recruté qu’une douzaine de patients volontaires. Une première raison de ce fiasco s’explique peut-être par la forme du médicament : un suppositoire. Un traitement de deux suppositoires par jour à prendre durant cinq jours. D’accord, ce n’est jamais très agréable le suppositoire, pas au niveau de la piqûre, mais plus que le comprimé à avaler.

Cependant, à bien regarder le profil des cobayes recherchés, on s’aperçoit que des Français de plus de 50 ans non-vaccinés, en décembre dernier, ce ne peut être que des personnes qui ont délibérément fait le choix de sauter la case Pfizer ou Moderna.

Alors vous pensez bien que trouver parmi les antivax des volontaires pour que la science s’immisce en eux par la voie basse, c’était peine perdue.

Persuadés sans doute, comme le prétend une des fake news qui tourne en boucle depuis des mois, que le suppositoire est plus pratique pour enrober et cacher la fameuse puce de géolocalisation que les géants d’Internet cherchent à implanter à l’ensemble de la population mondiale.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 12 janvier 2022

lundi 10 janvier 2022

De choses et d’autres - Un sondage en mauvaise santé


 

Si certains journaux comme Ouest France par exemple ont décidé de se passer de sondages pour cette présidentielle, d’autres vont profiter des créneaux laissés libres pour multiplier les enquêtes d’opinion. Avec parfois des questions assez déconcertantes comme celle posée pour le Journal du Dimanche paru hier : « Quel est le candidat à la présidentielle, selon vous, qui ferait mieux qu’Emmanuel Macron en matière de gestion de la pandémie s’il était au pouvoir ? ». La réponse majoritaire est bien évidemment « Aucun ».

 

Pas si étonnant tant la santé est affaire de spécialistes. Pour trouver meilleur que le banquier Macron, ce n’est pas chez l’avocate Marine Le Pen, le polémiste (quelle drôle de profession, pas très positive et peu constructive) Zemmour, encore moins l’inspectrice du travail Anne Hidalgo qu’il faut chercher des lumières. Qu’auraient-ils pu faire de mieux quand la France était en pleine pénurie de masques et face à l’absence de vaccin en 2020 ? Ils n’auraient même pas pu dénoncer cet état de fait puisqu’en tant que simples candidats, ils n’ont pas accès aux dernières études des scientifiques.

Non, face à cette question légèrement orientée, les Français sont obligés de répondre que personne n’aurait pu mieux gérer la crise sanitaire que le président actuel. Pour avoir une chance de trouver mieux il aurait fallu taper un peu plus haut, du genre De Gaulle ou Mitterrand.

Ou chercher des figures médicales d’envergure comme Pasteur. Le risque bien évidemment c’est que certains aient la tentation de ressortir le dr Douste-Blazy de la naphtaline. Ou pire, de proposer le nom du professeur Raoult à la primaire citoyenne.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le lundi 10 janvier 2022

jeudi 25 novembre 2021

De choses et d’autres - Un gouvernement de confinés

Rien ne sert de se cacher derrière son petit doigt (vieille expression remise au goût du jour par la ministre des Sports), ce mois de décembre n’est pas encore commencé, mais je sens qu’il va être long, très long. Comme l’impression que le cirque Covid est de retour au centre de la place publique.

Avant même le décollage « fulgurant » de la 5e vague et l’arrivée du variant Omicron, l’annonce de la contamination de Jean Castex, Premier ministre, et de sa mise à l’isolement a remis notre détesté virus en tête des débats politiques. Oublié le Z. qui signe ses exploits d’un I majuscule. On n’a même pas le temps de prendre un rendez-vous pour la 3e dose. De toute manière, il n’y a plus beaucoup de place et même Doctolib a craqué.

Un Premier ministre confiné et le lendemain un autre membre du gouvernement testé positif au Covid 19. La ministre déléguée à l’Insertion, Brigitte Klinkert. La pauvre, plaignons-la. Pas d’être malade, elle explique être asymptomatique, mais de se retrouver tout à coup propulsée sur le devant de la scène médiatique pour un test PCR positif. Car il faut bien l’avouer, personne ne se souvenait de sa nomination le 20 juin 2020 à ce poste.

Et l’hécatombe continue puisqu’on a appris ce week-end que Joël Giraud, secrétaire d’État chargé de la ruralité, était lui aussi malade. Ce dernier non plus ne souffre pas d’une surmédiatisation excessive. Mais enfin lui au moins je savais qu’il existait depuis la découverte de « La pause rurale » série de capsules vidéo assez étonnantes mises en ligne chaque mercredi sur les réseaux sociaux de son ministère.

Le générique est chanté par un coq et quand il a un invité, c’est ce dernier qui lance l’épisode. On a ainsi vu un Jean Castex totalement hilare en septembre dernier et le dernier numéro visible montre Olivia Grégoire, autre secrétaire d’État, chargée de l’Économie sociale, solidaire et responsable, glisser que Joël Giraud, en plus d’être incollable sur « les finances publiques », l’est aussi sur le « hard rock ».

Et ce dernier de rebondir en expliquant qu’« Aujourd’hui le coq n’aura pas des accents de Métal et de Rammstein, on va rester dans le classique. » Cocorico ou co-covid-rico ?

Chronique parue (en partie) en dernière page de l’Indépendant le lundi 29 novembre 2021

lundi 11 octobre 2021

Témoignage - Pandemia, ce que nous avons vécu

Même si on n’est pas encore complètement sorti de la pandémie de coronavirus, on peut désormais faire un premier bilan et retour sur cette période déroutante. Ce beau livre retrace à travers une sélection de clichés des photographes de l’Agence France Presse (AFP) les étapes déterminantes de cette crise sanitaire mondiale sans précédent. On retrouve les photos prises dans Wuhan déserté, des morts par dizaines en Italie puis des solutions farfelues pour remplacer les masques introuvables. Puis est venu le premier confinement. 

L’occasion pour les reporters de faire des photos de grandes artères totalement désertes. La suite se passe dans les hôpitaux et malheureusement reste encore d’actualité.  

« Pandemia, ce que nous avons vécu », Éditions Les Arènes et AFP, 35 €


dimanche 27 juin 2021

De choses et d’autres - Mince, le monde d’avant est de retour

Maintenant que je suis doublement vacciné (depuis samedi dernier, le même jour que le Premier ministre, Jean Castex) je sens bien qu’on est complètement revenu dans le monde d’avant. Car, il se confirme, jour après jour, que cette grave crise sanitaire n’aura en rien changé nos habitudes et défauts.

Par exemple, hier, c’était la fête de la musique. Certes, les amateurs n’avaient pas le droit de pousser la chansonnette (nous casser les oreilles exactement), à l’improviste, dans la rue, mais les petits concerts ont fleuri dans les cafés qui n’en demandaient pas tant pour augmenter encore plus leur chiffre d’affaires.

Des excès éthyliques qui devraient également animer les nuits estivales aux abords des discothèques. Après un été sans le moindre problème, je sens poindre quantité d’embrouilles entre 3 et 4 heures du matin, quand la vodka et autres alcools forts sont au summum de leurs conséquences néfastes.

Et, pour couronner le tout, hier matin, je suis retourné à la salle de sport (personne n’est parfait). Et là, quelle ne fut pas ma surprise en constatant que deux distributeurs sur trois d’essuie-tout étaient vides. Vous me direz, que représentent 40 pas de plus dans la salle alors que vous venez de manger du tapis de course durant 40 minutes ? Par chance, les produits de nettoyage et le gel étaient bien achalandés.

Mais, les deux jeunes, la vingtaine, qui sont arrivés et ont utilisé des vélos d’entraînement, sans passer par la case désinfection, ni avant ni après, s’en moquent éperdument qu’il n’y ait plus d’essuie-tout.

Quand je vous dis qu’on est en train de revenir au pas de course dans le monde d’avant.  

lundi 21 juin 2021

De choses et d’autres - Les Français deviendraient-ils obéissants ?


Qui peut désormais oser prétendre que les Français font toujours l’inverse que ce que leur demande le gouvernement ?

Mercredi Jean Castex, après avoir endossé son maillot de champion du monde des bonnes nouvelles, annonçait qu’il n’était désormais plus obligatoire de porter le masque en extérieur. Le lendemain, comme par enchantement, tout le monde respecte scrupuleusement et à la lettre la directive du Premier ministre.

Moi le premier en sortant au petit matin pour ma promenade au frais dans les rues du village. Je croise les habituels voisins qui vont chercher leur pain ou rejoignent leur jardin au bord de la rivière. Ils sourient et cela se voit. Pas un passant avec le masque. Très obéissants les Français quand ils le veulent.

Un peu tête en l’air aussi. Près de la boulangerie, je vois une cliente marcher avec entrain vers la bonne odeur du pain frais. Et freiner d’un coup d’un seul. Elle réalise qu’elle n’a pas de masque, toujours obligatoire pour pénétrer dans la boutique. Et comme elle n’en a plus dans son sac, elle rebrousse chemin et revient quelques minutes plus tard avec l’accessoire qui a failli totalement disparaître de notre vie.

Plus de masque dans la rue cela décuple mon autre plaisir du matin. En ce moment, en trois endroits de la commune (chez un particulier et sur deux parterres municipaux), le faux jasmin étoilé est en fleur. Passer sous les treilles c’est respirer à plein poumons ce doux parfum, un de mes préférés avec le frangipanier.

Je l’avoue aujourd’hui : avant l’autorisation de Jean Castex, arrivé sous les fleurs odorantes, je retirais mon masque durant quelques secondes pour profiter pleinement de ce petit bonheur enfin redevenu légal. 

vendredi 18 juin 2021

De choses et d’autres - Pas de couvre-feu dans le XVIe !

L’affaire a fait grand bruit et ne va pas améliorer l’image de président des riches qui colle de plus en plus à Emmanuel Macron. Vendredi soir, la seconde demi-finale de Roland-Garros s’éternise. Djokovic bataille ferme pour dégager le squatteur de la terre battue : Nadal. Et, comme désormais le tournoi continue qu’il pleuve ou qu’il fasse nuit, on se rapproche inéluctablement de l’heure du couvre-feu.

Mais à quelques minutes de la fin de la permission de sortie des quelques milliers de privilégiés bon chic bon genre (un billet d’entrée à Roland-Garros n’est pas à la portée de toutes les bourses…), le speaker annonce que le gouvernement autorise le public à voir la conclusion du match, même après 23 heures. Envolés, le couvre-feu et les restrictions sanitaires dans cette partie du XVIe arrondissement de Paris.

Et les amateurs de balle jaune d’entonner spontanément un « Merci Macron ! » qui vient du cœur. Le problème, c’est qu’à quelques kilomètres de là, dans le VIIe, sur l’immense esplanade des Invalides, d’autres personnes ont décidé de s’octroyer la permission de minuit. Mais là, pas de grâce présidentielle. Juste une bonne charge de CRS contre ces milliers de dangereux fêtards. À l’avenir, les petits jeunes devraient réviser leur plan.

Première solution, faire la fête, mais dans les jardins du Trocadéro. Comme ils sont dans le XVIe, difficile d’interdire ce qui est permis à trois kilomètres de là.

Autre option, inviter Nadal et Djokovic. Si les champions viennent danser avec une raquette en main et en short, quel est le CRS assez fou qui va oser les asperger de gaz lacrymogène ? 

 

vendredi 11 juin 2021

De choses et d’autres - La danse de la vaccination

Ceux qui nous ont prédit l’avènement d’un monde nouveau post pandémie ont tout faux. En réalité ce n’est pas un monde, mais deux, radicalement opposés qui doivent désormais cohabiter.

D’un côté, les plus nombreux : les pro-vaccination. De l’autre, aux rangs plus clairsemés mais beaucoup plus vindicatifs et médiatiques : les anti-vaccination, antivaxs dans le langage courant.

Aux repas de famille, on est souvent sommé de choisir pour un camp ou l’autre. Comme si la ligne de démarcation était nette et infranchissable. Le plus désolant dans ces deux conceptions de la santé qui s’opposent, ce sont les réactions souvent exagérées. Constatation valable pour les deux camps.

Comme cette directrice d’un cours de pole dance à Troyes dans l’Aube. Les cours reprennent ce mercredi mais elle a prévenu par mail qu’elle refuserait tous les élèves qui sont… vaccinés. Elle prétend que les vaccins sont encore en phase de test et qu’elle ne veut donc pas prendre de risque.

Comme si attraper le covid-19 était moins dangereux que de se trouver à côté de quelqu’un qui pourrait avoir mal au bras après la piqûre ou souffrir de maux de tête passagers. Et jusqu’à preuve de contraire, une thrombose n’est pas contagieuse…

Mais ils sont comme ça les antivaxs, à toujours chercher la petite bête. Pourtant, sur le site de l’école, il est bien précisé que « pour toute inscription, un certificat médical précisant qu’il n’y a aucune contre-indication à la pratique de la danse acrobatique, devra obligatoirement être fourni ».

Mais ne voyons que le bon côté des choses. Mesdames, si vous ne voulez pas danser avec ce bellâtre qui vient de vous inviter, pas la peine de chercher une excuse bidon, dites juste la formule magique : « Désolée, je suis vaccinée… » 

mardi 1 juin 2021

De choses et d’autres - Les ministres aussi ont des chagrins d’amour

Samedi soir, au concert d’Indochine à Paris, en plus de 5 000 cobayes composant le public, on dénombrait quelques personnalités dans l’assistance. La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot (qui avait obtenu un passe-droit, puisque le spectacle était normalement interdit aux plus de 45 ans), et son collègue Olivier Véran, chargé de la Santé.

Ce dernier a publié une petite vidéo sur son compte Twitter, tournée durant le spectacle, où on le voit de dos rejoindre les premiers rangs de spectateurs et parler quelques secondes avec une fan (tatouée à l’épaule gauche). Un aparté masqué, mais très éloigné de la distanciation sociale préconisée par ses services.

Un œil averti remarquait même qu’il s’approchait très très près de la jeune femme.

Pas si étonnant, cependant, si l’on est un habitué des chroniques potins des journaux people. Car, vendredi, on apprenait que le ministre, à peine âgé de 41 ans (lui, avait parfaitement le droit de se trouver au concert), venait de rompre avec Coralie Dubost, députée de l’Hérault. La belle histoire d’amour, avec coup de foudre réciproque, a donc pris fin en plein déconfinement. Ils avaient divorcé, tous les deux, pour pouvoir s’afficher en public.

La romance au pays des marcheurs aura finalement duré trois ans. Comme l’affirme la maxime populaire.

En réalité, samedi, au concert d’Indochine, le ministre, tout content de laisser les chiffres de la pandémie au vestiaire, le temps d’une soirée, vivait sa première sortie en célibataire depuis des années. Tout le monde l'a bien remarqué.

dimanche 23 mai 2021

De choses et d’autres - La star du moment  

Elle est sur toutes les lèvres, hante tous les esprits, participe aux rêves les plus fous, est associée à ces plaisirs qui se sont raréfiés. C’est la star absolue et indétrônable de ce 19 mai. Vous avez bien évidemment reconnu la terrasse.

Oui, une simple terrasse de bar ou de restaurant qui accapare la moitié de la presse française et les deux-tiers des conversations. Il y a quelques semaines, on a vu sur les réseaux sociaux des images de ces jeunes qui faisaient la fête, buvant, chantant, s’embrassant, sur les terrasses des bars de Tel-Aviv.

Ensuite, les mêmes scènes se sont reproduites, mais sous une pluie froide et drue. Normal, c’était la Grande-Bretagne qui permettait à ses pubs de servir les clients en extérieur.

La terrasse de bistrot ou de restaurant va permettre à tout Français en mal de relation sociale d’avoir un peu l’impression de vivre de nouveau, comme avant. Tout le monde sait parfaitement que cet assouplissement n’est pas sans risque. Il faudra encore et toujours respecter les gestes barrières.

Mais le temps d’un café, le matin, ou d’un verre de rosé, à l’apéro, voire de tout un repas pour ceux qui n’en peuvent plus des boites de conserve, on pourra, enfin, parler avec des gens sans masque. échanger, plaisanter. Tout simplement montrer son sourire. Voir ceux des autres. Car ces masques, s’ils nous protègent, occultent aussi une partie de ce fameux art de vivre à la française, caractérisé par sa convivialité et sa jovialité.

C’est tout cela que l’ouverture des terrasses permet, ce mercredi 19 mai. Profitons-en.  


lundi 10 mai 2021

De choses et d’autres - Alors dansez maintenant !

Dans la « guerre » contre le coronavirus, il est des batailles plus médiatiques que d’autres. Des étapes qui marquent les esprits, comme si la victoire, enfin, montrait le bout de son nez. Oui, la vie d’avant est de nouveau possible avec la réouverture des terrasses des restaurants, de nouveaux films au cinéma et, samedi dernier, un concert de 5 000 personnes.

Un spectacle test organisé par le gouvernement. Car aujourd’hui, c’est la ministre de la Culture en personne qui donne ou non l’autorisation au public de danser… Le groupe Indochine a donc été désigné.

Pourtant les véritables guerriers et aventuriers n’étaient pas sur scène mais dans la fosse. Assister à un concert d’Indochine c’est avoir la certitude d’entendre autant de fausses notes dans la bouche du chanteur que de spectateurs dans la salle.

Les 5 000 cobayes, tirés au sort, étaient tous testés avant et après le show. Dans le nez. Dommage que cela ne passe pas par les oreilles. Un petit bouchon provoqué par l’écouvillon aurait permis de supporter l’épreuve plus facilement.

Au début je voulais m’indigner car ce concert était réservé aux moins de 45 ans. Mais finalement, tous les membres de ma génération, ceux qui écoutaient Indochine quand ils avaient 20 ans, ont accepté de bon gré cette expérimentation sanitaire, sans doute plus dangereuse que de se faire vacciner avec une dose d’AstraZeneca.

Et pour le second concert test, Jean Castex milite pour un spectacle de sa chanteuse préférée : Sheila. 


mardi 4 mai 2021

Aude et Pyrénées-Orientales - Paroles de restaurateurs en temps de crise sanitaire

Lui-même ancien restaurateur, Marc Binet a rencontré de nombreux restaurateurs de la région pour entendre leur ressenti au cours de la crise sanitaire. Alors que l’ouverture des restaurants se profile, retour sur 12 mois d’une crise dans un copieux livre de plus de 400 pages.

La restauration est certainement le secteur économique qui a le plus souffert de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19. Des mois de fermeture souvent difficiles à comprendre pour des professionnels passionnés.

Marc Binet, ancien restaurateur (il a exercé à Chamonix et au Grau du Roi), devenu conseil dans cette branche qu’il connaît parfaitement, s’est lancé dans la rédaction d’un copieux ouvrage racontant «Les restaurateurs et leurs collaborateurs à l’épreuve de la crise». Il a voulu donner la parole à ces hommes et femmes, contraints à l’inactivité. Au total, il aura recueilli les témoignages de plus de 20 professionnels, beaucoup originaires de la région, comme les chefs étoilés Gilles Goujon ou Pascal Borell du Fanal, Pierre-Louis Marin de l'Auberge du Cellier à Montner ou Louis Privat, créateurs des Grands Buffets de Narbonne. 

"L'angoisse domine dans la profession" 

«Les sentiments des restaurateurs sont assez différents, reconnaît Marc Binet, mais tout le monde a d’abord ressenti de la frustration. On leur interdit de faire leur métier du jour au lendemain. Beaucoup ont ressenti incompréhension et colère. Aujourd’hui, l’angoisse domine encore dans le milieu car cette crise a un impact terrifiant sur le personnel d’un secteur qui emploie un million de personnes.» 

Entre les témoignages, Marc Binet a abordé tous les aspects de la crise, des conséquences sur les fournisseurs au boum de la vente à emporter. Cette grande crise aura des répercussions durables car selon des estimations, «de 100 000 à 130 000 personnes ont décidé de quitter le métier.» 
Pourtant, Marc Binet est encore confiant dans l’avenir. Pour lui, «il y a de l’espoir car ce sont des gens solides. Les "vrais", ceux qui s’investissent avec passion et qui savent gérer leur entreprise, devraient s’en sortir.» D’autant que le fameux bout du tunnel est en vue. Le gouvernement a décidé de la réouverture des établissements, uniquement en terrasse, à partir du 19 mai. Même si nombre d'établissements ont déjà fait le choix de passer cette étape, attendant l'autorisation de recevoir la clientèle en salle à partir du 9 juin. 


Pour ceux qui seront au rendez-vous, Marc Binet pense qu'il y aura un même engouement du public, comme lors de la fin du premier confinement. Il est moins certain de la durée de cette embellie car on ne sait pas exactement quel sera l'état des finances des consommateurs.

Autre crainte du spécialiste du secteur de la restauration, les défaillances qui mécaniquement vont déprécier le marché. Et quand les aides seront terminées, il faudra rembourser les PGE (prêts garantis par l'état). Certains risquent de chercher à faire des économies en rognant sur la qualité ce qui forcément déteindra sur tous les restaurants, même les plus vertueux.  

"Les restaurateurs et leurs collaborateurs à l'épreuve de la crise" de Marc Binet, éditions du Puits Fleuri, 24 €.

lundi 19 avril 2021

De choses et d’autres - Petite leçon russe de gestion du virus

Même s’il n’inspire pas spécialement la confiance et la bonne humeur, Vladimir Poutine vient de prouver qu’il n’était pas l’homme d’État froid que trop d’Occidentaux imaginent. Il vient de faire cadeau de 10 jours de travail à la totalité des travailleurs de son immense pays. 10 jours pour se la couler douce, en plein printemps, quand la taïga reverdit et qu’il est si agréable de faire la grasse matinée dans sa datcha (résidence secondaire).

Il est comme ça, Vladimir, dur avec certains (Navalny peut vous en parler, s’il avait le droit de communiquer), gentil avec les autres. Du 1er au 10 mai, la Russie va se transformer en un formidable camp où tout le monde sera en vacances. Poutine, apôtre de la décroissance, qui l’eut cru ?

Les sceptiques vont forcément remettre en doute ce beau scénario. Car, dans les faits, c’est une alerte des médecins russes qui a provoqué cette flambée de jours fériés. En rajoutant quelques dates entre les ponts du 1er mai et du 8 mai, on arrive à ces dix jours d’inactivité. Dix jours, où il sera interdit d’aller travailler, de faire les courses et de trop se déplacer.

Dix jours d’un confinement, à la russe, pour tenter de freiner la pandémie qui semble repartir à la hausse, malgré le vaccin Sputnik V.  Ces jours fériés imposés sont, en réalité, le signe que la situation se dégrade à Moscou et partout dans le pays.

Mais ça, Poutine ne le reconnaîtra pas. Il préfère obliger son peuple à ne rien faire, durant dix jours. Rien faire et surtout ne pas protester. 


lundi 12 avril 2021

De choses et d’autres - Un vaccin et plus si affinités

Si je n’avais pas été vacciné lundi dernier (je vais bien, merci…), j’aurais tout fait pour sauter dans un avion et me retrouver, ce samedi 17 avril, de 11 h à 15 h, à Tremé en Louisiane. Dans ce quartier de la Nouvelle-Orléans à la réputation musicale mondiale (Tremé a même donné son nom à une série diffusée sur HBO aux USA et OCS en France), la mairie organise quantité de séances de vaccinations.

Ce samedi c’est au Kermit’s Tremé Mother-in Lounge que vous pourrez vous faire piquer tout en écoutant, sans doute, un peu de musique et déguster un verre gratuit. Boire une pinte en musique dans un des temples de la Nouvelle-Orléans, voilà de quoi motiver les plus réticents à la vaccination. Je connais nombre de mélomanes (et amateurs de bière fraîche…) qui rêvent d’un tel moment.

Les USA ont multiplié les petites attentions pour choyer les futurs vaccinés. Le plus incroyable, reste le cadeau offert à tous les vaccinés de plus de 21 ans passant par un dispensaire du Michigan : un joint de cannabis pré-roulé.

En France, les vaccinés on juste droit à des heures de télévision, après coup, pour se demander si le vaccin qui vient de nous être administré ne va pas, finalement, provoquer des maladies encore plus graves que la Covid-19. Le moins pire, pour l’instant, reste l’initiative de la commune d’Hirson dans l’Aisne : le centre de vaccination accueille également une exposition de peinture.

Alors, dès que les terrasses rouvrent, les cafetiers de la région devraient organiser des événements du type de celui de Tremé. Le taux de vaccinés dans la région devrait automatiquement progresser. 


lundi 5 avril 2021

De choses et d’autres - Très cher et pas très appétissant

Il n’y a qu’en France qu’on a droit à des polémiques aussi absurdes que ridicules sur les fameux repas clandestins parisiens. Un des organisateurs, pour se dédouaner, fanfaronne en direct pour se féliciter d’avoir organisé avec succès, non pas des soirées ou repas interdits, mais « le plus gros poisson d’avril de ces dix dernières années ».

Une déclaration étonnante, car, généralement, quand on met en place un canular pour le 1er avril, on s’explique dès le lendemain, pas cinq jours plus tard.

De toute manière, je suis entièrement d’accord avec quantité d’internautes qui affirment que le véritable scandale c’est de parler de « chef » à propos du cuisinier qui officie dans ce palais à la décoration aussi vulgaire que les assiettes photographiées sur son compte instagram. Je ne suis pas un spécialiste de la grande cuisine, mais je sais apprécier le joli, saliver d’envie devant des recettes qui semblent délicieuses.

Or, les mets proposés en photo sont tout sauf appétissants. Les sauces ont l’air d’être visqueuses, les ingrédients bas de gamme et souvent brûlés. Les mélanges font plus penser à de la junk-food industrielle décongelée qu’à de la grande cuisine. Le plus incroyable reste les prix affichés.

Des assiettes à plus de 100 euros avec trois feuilles de salades arrosées de vinaigre balsamique à côté d’une lamelle de truffe ou des gnoccis cramés : pour certains ce ne sont pas des dîners clandestins mais « Cauchemar en cuisine » avant l’heure.  

 

vendredi 2 avril 2021

De choses et d’autres - Repas clandestins mais pas trop

Mieux vaut parfois ne plus écouter le bruit de fond de l’actualité. Sinon on prend alors conscience qu’on n’est pas sorti de l’auberge, même si l’expression est mal choisie, puisque d’auberge, il n’y en plus d’ouvertes. Enfin, pas pour tout le monde.

Un reportage de M6 a montré, ce week-end, comment certains, à Paris, s’affranchissaient des interdictions découlant des mesures sanitaires. Dans un appartement luxueux (surtout si on est fan de Johnny Hallyday, son portrait stylisé ornant un des murs), une équipe de cuisiniers proposait dans ce « club privé » un repas, le soir en plein couvre-feu, pour la coquette somme de 160 à 490 €.

Pas de masques, on se fait la bise : normal, selon l’un des organisateurs, « Une fois que vous passez la porte, il n’y a plus de Covid ».

Autre pratique mise en lumière récemment : la conférence gastronomique. Sur le carton d’invitation, la conférencière qui causait des « Grands hommes et Dieu », débutait son exposé à 12 h 30. Le public, assis autour de tables copieusement garnies, pouvait, dans le même temps, déguster un repas gastronomique. L’inscription à la conférence (pas le repas…) coûtait 120 €.

Le paradoxe, c’est que ces initiatives complètement hors-la-loi sont quasiment publiques. Mais là, les autorités sont moins promptes à sévir. C’est vrai que la moyenne d’âge des distingués gastronomes est beaucoup plus élevée que celle des zigomards qui festoient dans un parc.

Mais rassurez-vous, le plan de vaccination décolle. Il serait temps, car de mauvaises langues ont fait remarqué, hier, que les USA ont vacciné, en trois jours, autant de personnes que la France en trois mois. 


mercredi 10 mars 2021

De choses et d'autres - Encore une « semaine décisive »

Selon plusieurs spécialistes, experts et autres personnalités références en la matière, nous nous trouvons face à « une semaine décisive » dans la gestion de la crise sanitaire. N’avez-vous pas, comme moi,  une impression de déjà-vu en entendant ces deux mots : « semaine décisive ».

Depuis le mois de février de l’an dernier, on a bien eu droit à une quarantaine de « semaines décisives ». Démontrant, par l’absurde, que les précédentes ne l’étaient pas tant que ça, de décisives.

À force de vouloir scénariser la catastrophe sanitaire qui nous tombe sur la tête depuis plus de 50 semaines, gouvernement, instances scientifiques et médias se sont parfois senti obligés de dire tout et son contraire en fonction de l’apparition d’un cluster, d’effets secondaires ou d’un variant plus ou moins exotique.

S’il avait eu le malheur de vivre cette période, mon père, expert mais uniquement en bon sens paysan, aurait souligné avec un poil d’ironie qu’ils « gouvernement au doigt mouillé ». Une vieille technique qui, parfois, donne de bons résultats. D’autres fois, les initiatives dictées par ce doigt mouillé sont beaucoup moins évidentes. Notamment quand le vent est tournoyant et que les doigts appartiennent à différentes personnes.

Dimanche, Jean Castex répète sa confiance dans le vaccin AstraZeneca ; lundi, Emmanuel Macron suspend la vaccination avec ce même AstraZeneca.

Qu’en sera-t-il ce mercredi ? Personne ne peut encore le dire au moment où j’écris ces lignes, Eole n’a toujours pas rendu son verdict. 


vendredi 3 juillet 2020

De choses et d’autres - Brevet de ministre

On a longtemps cru que pour devenir ministre, il fallait forcément être diplômé de l’ENA. Alors que se profile un nouveau remaniement du gouvernement, les commentateurs politiques recommencent à faire leur petit jeu de chaises musicales dans l’optique de la « grande concorde » voulue par Emmanuel Macron. 

Des listes commencent à circuler. Beaucoup d’élus de droite (dont Jean Castex, maire LR de Prades et M. Déconfinement), de moins en moins de gauche, aucun écologiste : la montagne risque d’accoucher d’une souris. Alors sans doute pour masquer ce nouveau virage à droite, quelques noms sont sortis du chapeau. Eux ne sont pas passés par l’ENA mais on les a beaucoup vus dans les pages people des magazines féminins. Car pour occuper le poste de ministre de la Culture, la lutte serait acharnée entre Claire Chazal et Jean-Michel Jarre. 

D’un côté l’ancienne gloire des JT de TF1, débarquée au profit d’une jeunette qui n’a pas duré. De l’autre le fabricant de tubes planétaires, spécialistes des concerts monumentaux, type d’événement en voie de disparition en ces temps d’après covid-19. Tous les acteurs de la culture, les intermittents notamment, seront rassurés si leur sort est désormais confié aux mains d’un de ces deux experts. 

Mais pourquoi ne pas demander encore plus ? De véritables champions culturels français. Quitte à bousculer, mieux vaut offrir le poste à Dany Boon. Lui au moins saura transformer son ministère en entreprise extrêmement lucrative. A moins de faire le choix du roi. Je verrai carrément Jean-Paul Rouve à Matignon. C’est tellement évident, un Tuche au pouvoir et tous les problèmes sont derrière nous.  

(Chronique parue en dernière page de l'Indépendant le vendredi 3 juillet)