Les confessions imaginaires d'un pirate informatique par un spécialiste en la matière, Pierre Raufast, romancier et ingénieur en cybersécurité.
Tous les jours, des milliers de piratages informatiques mettent en péril l'équilibre précaire des budgets familiaux ou de toute une nation. Le pirate peut s'attaquer à très gros pour un gain maximal en un seul clic ou multiplier les raids sur des particuliers pour au final dérober l'équivalent de la moitié du PIB d'un pays en développement. Cette nouvelle pègre est très intelligente, efficace et finalement peu dangereuse. Les risques de bavure au cours d'un braquage sont nulles. C'est le gros avantage du numérique, du virtuel.
Pour tenter de faire comprendre au quidam de base les nombreux risques qu'il court en surfant sur Facebook, lisant ses emails ou plus prosaïquement quand il se pèse sur sa balance moderne et connectée, Pierre Raufast a écrit « Habemus Piratam », roman jonglant entre quiétude de la campagne française et coups fourrés de légende des plus célèbres hackers.
Le père Francis s'ennuie ferme dans son petit village montagnard. Seules les confessions des vieilles bigotes apportent un peu de sel dans son existence de curé. Jusqu'au jour où un homme désire confesser ses péchés. Des exactions essentiellement numériques car c'est un hacker expérimenté, persuadé que sa dernière escroquerie va lui coûter la vie. Il a volé, pour un concurrent, les projets de fusions-acquisitions d'un fonds de pension américain. Le milliardaire lésé a juré de faire la peau du hacker, après avoir « bouffé ses couilles avec de la confiture de figues. » Sans doute le summum de la gastronomie US.
Pierre Raufast, ingénieur en cybersécurité, sait parfaitement de quoi il parle dans ce roman. Grâce au secret du confessionnal, comme le père Francis, on apprend comment dérober le manuscrit d'un roman très attendu, un an avant sa sortie, plonger dans le noir toute une ville, escroquer les passionnés de football américain ou faire pression, indirectement, pour favoriser un candidat à la présidentielle. Un récit d'autant plus efficace que chaque piratage est associé à un des péchés capitaux.
« Habemus Piratam », Pierre Raufast, Pocket, 198 pages, 8,40 €

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