Entre le héros mature et efficace et la genèse du héros, Jupiter’s Legacy, série en huit épisodes disponible sur Netflix, ne choisit pas. Il y a deux arcs de narration bien différenciés dans cette histoire tirée d’un comic de Mark Millar et Frank Quitely (publié chez Panini en France).
De nos jours et dans les années 30, quand le groupe de six personnes, les six héros, a été doté de super pouvoirs. On voit en premier ce que sont ces super héros, de plus en plus impuissants face au mal qui se multiplie tels des virus en l’absence de gestes barrières. Mais le plus intéressant de la série pilotée par Steven S. DeKnight (Daredevil, Smallville) reste cette genèse des héros. Comment, de faibles, presque fous, presque inconséquents et totalement inconscients, ils vont devoir gravir des montagnes, traverser des déserts et un océan pour devenir ces créatures supérieures qui vont changer la face de l’Amérique.
Josh Duhamel interprète Utopian, le chef de l’Union, celui qui a mené le groupe vers cette île mystérieuse. Sheldon, fils de bonne famille, découvre que son père a utilisé l’argent des retraites des ouvriers pour jouer en Bourse. Dans les années 30, après le crack, le père préfère se suicider. Sheldon va sombrer dans la folie. Victimes d’hallucinations, il finit par se convaincre que c’est une piste vers un destin. Il entraîne dans son sillage une jolie journaliste (qui deviendra son épouse), son frère, un ami richissime, un fils d’ouvrier et un médecin.
On retrouve une partie de la bande de nos jours, vieillis, en train de se battre contre une entité malfaisante, aidés de leurs rejetons. Car Jupiter’s Legacy, en bonne série américaine, explore aussi le champ de la famille. Utopian/Sheldon a des problèmes avec ses deux enfants. Brandon (Andrew Horton) semble ne pas être à la hauteur pour un jour succéder à son père. Quant à Chloé (Elena Kampouris), elle a tourné le dos à son rôle de justicière préférant profiter de la vie avec excès (drogue, sexe et alcool).
Entre l’idéal du début et la déviance de la descendance, Jupiter’s Legacy donne aussi à réfléchir sur l’évolution de notre société, toujours plus favorable aux solutions extrêmes.

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