dimanche 10 septembre 2000

BD - Dernier épisode de la saga des "Eaux de Mortelune"


Dixième et dernier volume de la saga des « Eaux de Mortelune ». Cette série de science-fiction qui a traversé près de deux décennies revient sur les traces de ses débuts. Le prince Jérôme, en passant par la porte de la grande horloge revient dans le Paris de ses débuts, en 2060. Le lecteur retrouve donc cette ville en ruines, asséchée, brûlée par les pluies acides, la belle Violhaine et le prince Malik, l'incarnation du mal. Un dernier affrontement, telle une spirale ou une bande de Moebius qui n'en finit pas de se mordre la queue.

Avouons-le, les considérations philosophiques de Cothias ne sont pas toujours à la portée de tous. Mais chacun y trouve « son » explication. Par contre le dessin d'Adamov est toujours aussi brillant. Il garde une unité infaillible dans cet univers créé de toute pièce.

"Les eaux de Mortelune" (tome 10), Glénat. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement le 10 septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


BD - Le retour du vieux fou, Arsène Lupin du 3e âge


Javier Burgos, surnommé le «vieux » l'a échappé belle. Après avoir kidnappé le gosse d'un riche mafieux, il a réussi à se faire la belle sur un beau tapis de billets.

Mais le méchant n'a pas dit son dernier mot. Il lance quelques tueurs sur les traces du vieux. Pour l'instant, il s'ennuie ferme au bord de la plage de Biarritz. A dépenser ses petites coupures. Une amie l'entraîne au casino. Là, un éclair de génie lui traverse l'esprit.

Pourquoi ne pas dévaliser ce temple du fric ? Avec quelques amis il se lance dans ce grand projet. Seul contretemps, la réapparition de Joaquim, sa jeune victime, qui s'est lié d'amitié avec son ravisseur.

Le personnage imaginé par Dieter et dessiné par Moynot est très sympathique. Sorte d'Arsène Lupin du troisième âge, il a fort à faire. 

"Le retour du vieux fou", Delcourt. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement le 10 septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


dimanche 3 septembre 2000

BD - Docteur Monge et les religieux


Quel mal ronge l'abbaye Sainte-Croix-des-Champs ? Les jeunes séminaristes sont faibles, vomissent tripes et boyaux et deux meurent dans d'atroces souffrances. Les religieux se décident à faire appel au docteur Monge.

Ce dernier, ivrogne et blasphémateur, face à l'ampleur du mal, s'installe dans l'abbaye, en compagnie de Ninette, sa servante... et maîtresse. Monge découvre que les malaises des jeunes séminaristes sont le résultat d'une alimentation insuffisante. Pourtant l'abbaye semble avoir les moyens. Une rapide enquête permet à Monge de délier les langues : un indélicat puise dans les caisses de l'abbaye. Mais malgré l'épaisseur des murs, d'autres secrets vont tomber face à la perspicacité du toubib.

En plein XIXe siècle, Bardet dresse le portrait peu reluisant d'une petite communauté religieuse de province. Chabbert, le dessinateur, multiplie les contre-plongées vertigineuses. 

« Docteur Monge » (tome 3), Glénat.  (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement en septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


BD – Les adieux à Jimmy Tousseul


Sur internet, plusieurs forums de discussion réservés à la BD ont abordé le problème de manière frontale : certaines séries doivent s'arrêter. Les lecteurs donnent leur avis et ils sont plusieurs à réclamer la fin de XIII, Thorgal ou Astérix...

Ils étaient certainement moins nombreux à vouloir l'arrêt de Jimmy Tousseul. Pourtant le douzième titre est le dernier. Desberg (scénario) et Desorgher (dessin) prennent congé de leur jeune héros africain. Jimmy qui file le parfait amour avec Suzy s'est exilé en France. Pourtant ils meurent d'envie de revenir en Afrique avec Schatzy qui a tout perdu, chassé de son domaine par des mercenaires. 

Ils n'auront plus le choix quand Suzy sera enlevée et ramenée au pays par les hommes de main du dictateur. On reste un peu sur sa faim mais on écrase quand même une larme sur la dernière planche. 

« Jimmy Tousseul » (tome 12), Dupuis. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement en septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


BD – Le « Quarterback » ne parlera plus


Un coup de poignard en plein cœur. Du travail de pro. Wade Mantle, joueur professionnel de football 
américain n'a pas souffert. Mort instantanée dans un parking sou-terrain. Wade ne parlera plus. Il avait rendez-vous avec un journaliste sportif. Il comptait faire quelques révélations fracassantes sur son équipe, les Beavers de Denver.

Mantle était une légende vivante de ce sport qui déplace les foules outre-Atlantique. Souvent au creux de la vague, il réussissait à remonter la pente pour redevenir le meilleur. Mais à quel prix ? L'agent fédéral Peter Wadko va tenter de tirer cette histoire au clair. Pourtant il n'y connaît absolument rien au football américain. Mais pour ce qui est des meurtres, c'est un spécialiste.

Nouvelle série à suspense scénarisée par Chauvel (Rails, Les enragés...) mise en image par un dessinateur débutant, Malo Kerfriden, qui s'en tire plus qu'honorablement.

« Quarterback » (tome 1), Delcourt. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement en septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)

BD – L'autre Jungle à se tordre de rire


Il faut bien l'avouer, Croco et Fastefoude, série de Pica et Bouchard a un peu des airs de Jungle en folie. Le décor et les personnages ont quelques similitudes. Il y a cependant l'intervention humaine en plus, le petit Fastefoude, qui tente de donner visage humain à cette jungle. Son meilleur copain c'est Croco, gros saurien en guerre avec son estomac trop souvent vide. Il lui faut donc trouver de quoi le remplir. Par chance, les explorateurs perdus font souvent un détour (fatal) dans le marigot de Croco. 

D'autres personnages font régulièrement leur apparition dans ces gags comme Crocodile Dandy, impitoyable, le boa, complexé par son manque de membres et les milliers de mouches qui bourdonnent autour de Fastefoude, la propreté n'étant pas sa qualité première.

Pour tout public, cette série de Bouchard est dessinée par Pica, pseudonyme de Pierre Tranchand

« Croco et Fastefoude » (tome 2), Casterman. (Album paru en 2000. Chronique publiée initialement en septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron)


Roman - "Tambours blancs" sur la route du Maroc

Amateurs de road-movies décalés vous allez adorer ce roman de Jean-Marc Aubert. Trois personnages plongent vers le sud dans un camion aménagé pour pouvoir y vivre en totale autarcie. Sauveur, son fils Ben et Marc-Aurèle, garagiste et ancien boxeur.

Sauveur veut se faire oublier. Il se sent responsable de la mort de sa femme et de sa fille dans un naufrage. Le trio refera le monde au gré des kilomètres et des étapes en compagnie d'un oiseau, Titi-Gros-Chagrin, et d'un ordinateur qui sert essentiellement de support à un jeu de stratégie. Le pessimisme de Sauveur, la philosophie à la petite semaine de Marc-Aurèle et la poésie de Ben, petit rayon de soleil, permettent à l'auteur de signer quelques pages qui marqueront le lecteur.

L'extravagant côtoie le pathétique jusqu'à l'arrivée dans ce Maroc, écrasé de soleil, blanc de chaleur. Alors la fuite se ralentira et les hommes seront à nouveau prêts pour affronter leurs congénères. 

"Tambours blancs", Stock (Roman paru en 2000. Chronique publiée initialement en septembre 2000 dans Centre Presse Aveyron


dimanche 27 août 2000

BD – Catharzie et planète en danger


Quand les Terriens ont découvert la planète Ether, cela ressemblait fort au paradis. Les premiers colons ont prospéré dans la paix. Mais au fil des ans deux camps se sont formés, deux pays qui n'ont plus eu de cesse que de chercher querelle au voisin. 

La guerre éclate et les gaz toxiques ravagent l'atmosphère d'Ether. Aujourd'hui on ne s'entretue plus sur la colonie, on tente de survivre, en rêvant d'une hypothétique réunification qui ferait tomber l'immense barrière magnétique séparant les deux camps. Pour ne pas mourir asphyxié, chaque habitant doit prendre quotidiennement une pilule distribuée par le gouvernement.

Cette contrainte pourrait disparaître si le professeur Glister parvient à produire en quantité un gaz purifiant l'air d'Ether. Mais ce n'est pas au goût de tout le monde.

Dessinée par Yoann, cette nouvelle série est écrite par une débutante: Nathalie Ferlut

« Ether Glister » (tome 1), Delcourt. (Chronique publiée initialement en août 2000 dans Centre Presse Aveyron)

Polar - « Fondu au noir », USA cauchemardesques

En pleine campagne électorale aux USA, ce roman policier de Jean-Jacques Reboux donne à réfléchir.

Samuel Flicker est sans le sou. Quand on lui propose de recueillir (pour 10 000 dollars) les souvenirs d'un vieux cinéphile, il ne se doute pas du piège. Il ne voit que la possibilité de payer rapidement la pension alimentaire des gosses. Problème, il se retrouve en fait au cœur d'un complot de grande envergue. Et il a le plus mauvais rôle : celui du coupable idéal qui pourra au mieux finir ses jours dans une cellule, au pire griller rapidement. Une machination qui n'a au final qu'un but: gagner les présidentielles US.

« Fondu au noir », Folio Policier. (Polar paru en 2000. Chronique publiée initialement dans Centre Presse Aveyron le 27 août 2000)


BD - Le professeur Bell et les Poupées de Jérusalem


Dans les premières pages de cet album écrit et dessiné par Joann Sfar, le professeur Bell n'est pas au mieux de sa forme. Pour fuir la réalité il va délaisser, le temps d'une soirée, l'alcool pour la cocaïne.

Le calme angoisse ce héros qui aime être entouré de meurtres, monstres et d'horreurs. Il part donc dans les bas-fonds d’Édimbourg et sauve deux poupées vivantes : un prêtre et un rabbin. Ensemble, ils doivent retrouver leur taille normale et aller à Jérusalem pour empêcher le diable de quitter la ville. Tous les mille ans il revient et tente d'étendre son pouvoir sur l'ensemble du monde. La lutte sera mémorable d'autant que le démon a pour alliée une charmante autochtone.

Joann Sfar avoue s'être fait plaisir en réalisant cet album. Il donne une vision très personnelle de la ville éternelle, mêlant sans vergogne effets gore et théorie religieuse, donnant un peu plus d'humanité à son héros.

« Professeur Bell » (tome 2), Delcourt. (Chronique publiée initialement en août 2000 dans Centre Presse Aveyron)