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jeudi 24 septembre 2026

BD - Mercader, l'espion, a-t-il assassiné Trotsky ?


Certaines énigmes ont la vie dure. Malgré une explication officielle, les doutes persistent. Il en va ainsi de l'assassinat de Kennedy. Ou dans un tout autre genre, celui de Trotsky. Pat Perna, scénariste féru d'histoire contemporaine, s'attaque à cette seconde énigme dans un diptyque publié chez Glénat : "Mercader, l'assassin de Trotsky". Le tout dessiné par Stéphane Bervas. 

Plusieurs ombres restent au tableau de la célèbre scène du leader soviétique tué par un homme armé d'une hache. Le meurtrier se nomme Mercader. Ramon de son prénom. Mais il est aussi connu sous d'autres identités : Jacques Mornard ou Franck Jackson. Un seul homme, un seul espion plus exactement, à la solde des Russes, déterminés à éliminer ce dissident, réfugié au Mexique. 


Les deux albums racontent le parcours assez incroyable de cet homme endoctriné très tôt, amoureux d'une autre militante intransigeante et qui aurait tenté de dévoiler toutes les ficelles de ce complot dans un livre particulièrement recherché par les divers protagonistes. L'histoire s'ouvre d'ailleurs par la découverte du manuscrit en 1978 dans l'appartement d'un homme retrouvé mort dans la rue à Prague. Il aurait sauté du cinquième étage. Un suicide… Le policier, fil rouge de l'histoire, est sceptique. Mais pas évident d'enquêter sérieusement quand le KGB surveille vos moindres faits et gestes. 

Dessiné dans un style réaliste d'une grande efficacité par Stéphane Bernas, cette histoire permet au lecteur de sauter de décennie en décennie, découvrant les manigances des services d'espionnage durant la seconde moitié du XXe siècle. C'est aussi palpitant qu'un bon thriller se déroulant de nos jours.     

"Mercader, l'assassin de Trotsky" (tomes 1 et 2), Glénat, 56 pages, 15,50 € chaque volume. Albums parus en septembre 2024 et mai 2025


vendredi 4 août 2023

Espionnage - Mensonges d’État autour de l’affaire Skripal


Premier roman pour Jean-Claude Bartoll, jusqu’ici connu pour ses nombreux scénarios de BD. Tuez Skripal ! (Gallimard Espionnage, 470 pages, 22 €) est un subtil mélange de faits avérés, la tentative d’assassinat en Angleterre de Skripal, ancien espion russe passé à l’Ouest, et de spéculations sur les véritables commanditaires et motifs de cette opération secrète.

Pour comprendre les enjeux, l’auteur se place du côté européen. D’anciens espions ont préféré rejoindre la toute nouvelle structure dépendant de Bruxelles. Parmi ces derniers, Ava Garnier, jeune, Française, impétueuse, belle et dure à cuire. Elle va tenter de démonter les nombreux mensonges d’État distillés par de hauts responsables (Boris Johnson, Vladimir Poutine…) tout en se lançant sur les traces du tueur. Un redoutable Albanais, adepte du tatouage, de la violence gratuite et du sado-masochisme.

Un triste sire mais qui par ailleurs adore la musique classique et se relaxe, après avoir assassiné trois de ses complices, en écoutant la suite N° 1 pour violoncelle de Bach, interprétée par Pablo Casals. « Un pur génie qui avait attendu la maturité, dans sa carrière et sa vie, pour s’attaquer à ce monument », selon Bartoll qui se souvient de ses origines catalanes.

jeudi 27 octobre 2016

De choses et d'autres - Satan existe


Dieu, je ne sais pas. Mais c’est sûr, Satan existe. « Satan 2 » exactement, petit surnom du nouveau missile balistique russe répondant plus prosaïquement au nom de « RS-28 Sarmat ». Ce concentré de technologie dernier cri a officiellement été présenté en début de semaine par l’état-major de l’armée rouge. Avec une capacité d’action de 10 000 kilomètres, il peut toucher la côte est des Etats-Unis en quelques minutes. La grande nouveauté de « Satan 2 » consiste à posséder 12 têtes nucléaires capables de se répartir sur une superficie grande comme le Texas ou la France. Satan 2 est la cartouche au gros sel de la dissuasion nucléaire. Il crible sa cible de multiples impacts. 
A la différence que les dégâts ne seront pas superficiels. La France, toute la France de Lille à Perpignan, serait rasée en quelques minutes. Douze fois Hiroshima puissance mille. Douze comme le nombre de régions métropolitaines. Si les technocrates russes sont pointilleux sur les symboles, pour la première fois le Pays Catalan apprécierait d’être si éloigné du centre de décision de Toulouse. Exceptionnellement, se contenter de quelques retombées ne sera pas infamant. Savoir que cette arme est dans les mains de Poutine n’est pas pour rassurer. Et explique pourquoi chez les politiques hexagonaux, tant à droite qu’à gauche, ils sont si nombreux à vouloir faire ami-ami avec le maître du Kremlin.