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vendredi 29 avril 2022

BD - Dessins au fil du fleuve


Certains dessinateurs de BD aiment les festivals. Pas Angoulême, mais les endroits insolites, chargés de sens. Comme le Mapa Buku Festi qui se déroule sur une semaine le long du fleuve Maroni en Guyane française. Une dizaine d’auteurs sont partis à l’aventure et ont raconté ce qu’ils ont vu ou appris de cette région reculée de la France, aux confins du département français, entre Brésil et Suriname. 


Près de 200 pages où alternent petite histoires (Aude Mermilliod, Joub, Thierry Martin), simples carnets (Tripp, Lepage) ou planches plus explicatives (Joub, Nicoby). Une plongée dans l’enfer vert qui en réalité est de toutes les couleurs comme les superbes planches d’Éric Sagot.

« Maroni, les gens du fleuve », Futuropolis, 23 €


dimanche 9 mai 2021

Série télé - Maroni, outre-mer fantomatique


Chaud et froid avec les deux saisons de Maroni, ambitieuse série policière à forte tendance fantastique imaginée par Aurélien Molas et Olivier Abbou. La première saison se déroule en Guyane, la seconde à Saint-Pierre et Miquelon. Les deux saisons seront disponibles dès ce jeudi 13 mai, gratuitement, sur Arte.tv alors que les six épisodes de la saison 2, inédite, seront proposés en prime time dès le 20 mai sur la chaîne franco-allemande. 

Maroni est une idée d’Aurélien Molas qui depuis a plusieurs autres créations à son actif dont l’île sur Arte et La Révolution sur Netflix. Avec son réalisateur, Olivier Abbou, il a imaginé la dérive de deux policiers dans la moiteur de la Guyane française. Les quatre épisodes de la saison 1 font parfois penser à True Detective


Chloé Bresson (Stéphane Caillard) vient d’être affectée au commissariat de Cayenne. Une mutation sanction pour cette jeune flic qui n’aime pas l’autorité et les procédures. Dès son premier jour elle est chargée de l’enquête d’un double meurtre sur un voilier. Un couple d’Européens, massacrés. Elle doit composer avec Joseph Dialo (Adama Diane), un local encore plus rétif aux ordres directifs. Un duo dépressif et explosif, confronté à une histoire qui dérive lentement vers le fantastique.

Pour la seconde saison, écrite et réalisée par Olivier Abbou, Chloé est de retour chez sa mère, à Saint-Pierre et Miquelon. Elle vit avec le fantôme de Dialo et doit organiser les obsèques de cette mère autoritaire, chef des gendarmes de cette petite communauté glacée au large de Terre-Neuve, retrouvée pendue dans sa maison. L’enquête est plus classique, avec trafic de drogue et vengeance. Mais le volet fantomatique est aussi omniprésent avec les apparitions de la mère mais aussi d’une jeune Indienne violée et tuée quelques années auparavant. 

Si on sentait la chaleur et l’atmosphère étouffante de la saison 1, on frissonne au cours de la saison 2, tournée en plein hiver par des températures sans doute largement en dessous de zéro. Maroni est une très belle réussite, preuve que l’originalité paye quand l’écriture et la distribution sont de qualité.