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mercredi 5 octobre 2022

Série télé - Divan, bis


Après une première saison absolument passionnante, En thérapie (Arte), série d’Eric Toledano et Olivier Nakache revient pour une seconde saison. Nouveaux patients mais toujours le même psy, Frédéric Dayan, interprété par un Frédéric Pierrot de plus ne plus émouvant et humain. Il se retrouve cette fois face à quatre patients et est lui même en difficulté, obligé de consulter. Les faits se déroulent cinq ans après les attentats du Bataclan. Au cours des 35 épisodes, il reçoit dans son cabinet un adolescent harcelé en raison de son surpoids, un chef d’entreprise en plein scandale médiatique, une étudiante  malade et une avocate solitaire à la vie trop lisse. Des tranches de vie passionnantes;, interprétées par Jacques Weber, Suzanne Lindon, Eye Haidara et Aliocha Delmotte. 

La nouveauté dans cette saison deux c’est la mise à nue du psy. Attaqué en justice, mis en difficulté, il se retrouve obligé de demander de l’aide à Claire, une consœur célèbre dans les médias. La confrontation entre Frédéric Pierrot et Charlotte Gainsbourg donne une direction différente à une série qui parvient ainsi à se renouveler. 

mardi 24 mai 2022

Série télé - "Baraki" et "Clan" : plus belge la vie


La Belgique, avec l’Angleterre, a toujours eu un humour très particulier. Une certaine noirceur teintée d’un désespoir latent, comme pour mieux dédramatiser une situation sociale calamiteuse, une météo peu clémente et un environnement dépressogène. Deux exemples sont en ce moment à l’affiche sur des plateformes de streaming : Baraki, série récente en français sur Netflix et Clan, datant de 2012, en flamand, et proposée par Arte.tv. 

Un Baraki, en Belgique, est un peu le Gabatch des Catalans ou l’Ariégeois des Toulousains. On est pas loin de l’insulte. Les Barakis, espèce typique de la Belgique, sont une partie de la population la plus pauvre, la moins instruite, la plus rustre. La série en 20 épisodes de Julien Vargas et Peter Ninane raconte le quotidien de la famille Berthet, de purs Barakis. Il y a la mère, ses trois fils, la fille et la grand-mère. Le ressort comique est essentiellement porté par un des fils, Didier (Pierre Nisse), qui accumule gaffes et bévues. Chômeur professionnel, il vit un peu aux crochets de sa petite amie Cynthia (Laura Sepul), coiffeuse, seule à avoir un emploi… 

Didier trempe dans nombre de magouilles, malgré une inefficacité totale quand il s’agit de voler ou d’arnaquer les bourgeois. Le grand frère, Yvan (Julien Vargas), est le roi des mythomanes. Il passe son temps à inventer des histoires à dormir debout. Yvan le plus sympa de la bande, souvent victime de sa famille, qui va devenir papa après sa rencontre avec Nathalie, la fille de la grande bourgeoise qui l’emploie, au black, pour entretenir son jardin. Se greffe sur ce duo une sœur lesbienne experte en boxe, un petit dernier fan de musique électronique, sa copine gothique, des fans de tuning et une grand-mère accro au téléshopping. 

On y parle de coupe mulet, de fricadelles, d’écrans plats tombés du camion ou de descente des services sociaux. Mais si on rit des excès des Barakis, on apprécie surtout leur humanité. Ils vivent simplement, sans se soucier du regard des autres. Une philosophie comme une autre. 

Sur Arte c’est le pan flamand de l’humour belge qui est mis en lumière avec Clan de Malin-Sarah Gozin. Encore une histoire de famille entre les cinq sœurs Goethals. Devenues adultes, elles continuent à se voir régulièrement. Sauf celle qui est mariée à un odieux homme. Solution trouvée par les quatre autres : éliminer l’importun. Là aussi, c’est de l’humour belge très noir qui est proposé aux spectateurs français qui manquent un peu de cette denrée dans la production télévisuelle nationale. 

 


mercredi 12 janvier 2022

Série télé - Suivrez-vous la Corde jusqu’au bout ?


Une corde au milieu de la forêt. Une simple corde, cheminant entre les arbres, à même le sol. Il en faut parfois peu pour insuffler suspense, peur et fantastique dans une série. La corde, œuvre de Dominique Rocher et Éric Forestier en trois épisodes, déjà disponible sur Arte.fr et diffusée le 27 janvier à partir de 20 h 55, raconte cette étrange découverte qui a le don d’intriguer des scientifiques isolés dans une station de télescopes européens basée en Norvège.

C’est le chef de la base qui tombe le premier sur cette corde. Au bord du chemin, loin de tout. Car cette base vit en autarcie. Pour ne pas perturber les signaux reçus par les immenses antennes paraboliques, pas de téléphone portable ni de radio. Juste des bois à des dizaines de kilomètres à la ronde. Ils vivent en vase clos. Alors que vient faire cette corde ? D’autant qu’elle génère une seconde interrogation, encore plus intrigante : jusqu’où va-t-elle ? Serge (Jean-Marc Barr), chargé de la surveillance du domaine, la suit sur plusieurs kilomètres, sans en trouver la fin. Un dimanche, un petit groupe décide de partir en promenade pour savoir ce qu’il y a au bout. C’est le début d’un long calvaire doublé d’un cauchemar. Tel un film d’horreur, les accidents et morts violentes vont d’enchaîner. 

À la base, Agnès (Suzanne Clément) la femme du chef de base, aveugle, reste dans les labos à écouter les étoiles. Mais quand elle constate que ses collègues et son mari ne rentrent pas, elle commence à s’inquiéter. Les trois épisodes racontent en parallèle la quête du petit groupe le long de la corde et l’attente angoissante de ceux qui sont restés à la base. Deux réalités presque parallèles où on a l’impression que le temps n’a plus la même emprise. 

Avec des moyens limités, La corde parvient à passionner le spectateur, notamment sur les réactions de plus en plus irrationnelles des membres du groupe. Et on se surprend à se demander : « Et moi, jusqu’où je serais allé pour savoir ce qu’il y a au bout de cette satanée corde ? »  

lundi 10 janvier 2022

Les hautes herbes, mini-série sur Arte


Streaming. Arte ne cesse de rajouter du contenu inédit à son offre de streaming gratuit. La chaîne culturelle offre ses nombreuses productions comme cette mini-série signée Jérôme Bonnell. Le cinéaste, qui vient de sortir au cinéma « Chère Léa », propose dans trois épisodes de 50 minutes une plongée dans les méandres de la vie de province. 

« Les hautes herbes » débutent par une chute. Au mois d’août, Eve (Emmanuelle Devos), tombe d’une échelle en ramassant des prunes. Mounir, ouvrier agricole, de la route, voit l’accident et vole à son secours. Deux jours plus tard, pour le remercier, Eve décide de lui donner un pot de confiture. Mais Mounir a disparu. Elle va dès lors tout faire pour découvrir ce qui est arrivé à son sauveur. 

Construite comme un thriller, avec fausses pistes et victimes innocents, cette série est également portée par les interprétations de Louise Chevillotte, Jonathan Couzinié et India Hair.

samedi 18 septembre 2021

Série télé - Les grands espaces sur Arte


Arte est devenue un rendez-vous incontournable en matière de séries de qualité. Loin des clichés trop formatés américains, la chaîne franco-allemande propose des productions en provenance de tous les pays. En cette rentrée, vous pouvez vous évader en Nouvelle-Zélande, puis en Finlande (avec un crochet en Grèce). 

One Lane Bridge, toujours à l’antenne le jeudi soir et sur la plateforme Arte.tv, se déroule dans la ville de Queenstown dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Dans ce sud sauvage, froid et montagneux, Ariki, un policier d’origine maori, va devoir enquêter sur la mort d’un fermier. Il est retrouvé en contrebas d’un pont à une voie de sinistre réputation. Suicide ou homicide ? Ariki (Dominic Ona-Ariki) penche pour la seconde solution. Mais son chef, Stephen (Joel Tobeck), qui a fait toute sa carrière sur place et connaissait parfaitement la victime, croit plutôt au suicide. 

La série, sur six épisodes, offre des images somptueuses de ces montagnes désertiques peuplées de fermiers bourrus et de centaines de moutons. Avec un soupçon de magie, Ariki ayant un don de double vue, notamment quand il est sur le fameux pont. 


Grâce à L’homme de la chambre 301, (à l’antenne à partir du 23 septembre et déjà sur Arte.tv), cap sur les bois de la Finlande. La série porte sur les mensonges tenaces dans une famille bourgeoise. L’action se déroule en 2007, lors d’un drame qui va marquer durablement les différents protagonistes. La suite, de nos jours, montre ces individualités brisées tentant de survivre, d’Helsinki à la Grèce lors de vacances où le mystère de l’homme de la chambre 301 fait son irruption. 

Une série à l’ambiance trouble où on ne sait jamais exactement où se cache la vérité. Du suspense de haut niveau.

mardi 8 juin 2021

Série Télé - L’affaire Skripal ou la Russie en accusation


En ligne sur Arte.tv depuis le 3 juin et diffusée jeudi prochain sur la chaîne franco-allemande, la série Britannique Affaire Skripal : l’espion empoisonné, revient sur un fait divers qui a provoqué une vague de panique dans la ville de Salisbury. 

Le 4 mars 2018 : Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, sont retrouvés inconscients sur un banc. Skripal est un ancien agent secret russe. Son passé trouble va orienter les enquêteurs vers un empoisonnement commandité par l’État russe. Mais l’incident diplomatique va vite passer au second plan car d’autres personnes vont être empoisonnées indirectement. Notamment un agent de police, le lieutenant Nick Bailey (Rafe Spall) qui a perquisitionné la maison de Skripal. 

Pour éviter que d’autres habitants soient atteints, Tracy Daszkiewicz (Anne-Marie Duff), directrice de la santé publique de la ville, décide de neutraliser de larges zones de la cité. La série, en quatre épisodes chronologiques, raconte par le menu les décisions prises par les autorités, l’inquiétude des habitants ou la volonté du gouvernement de limiter la panique. La série a la force d’un documentaire et le suspense d’un thriller.


dimanche 9 mai 2021

Série télé - Maroni, outre-mer fantomatique


Chaud et froid avec les deux saisons de Maroni, ambitieuse série policière à forte tendance fantastique imaginée par Aurélien Molas et Olivier Abbou. La première saison se déroule en Guyane, la seconde à Saint-Pierre et Miquelon. Les deux saisons seront disponibles dès ce jeudi 13 mai, gratuitement, sur Arte.tv alors que les six épisodes de la saison 2, inédite, seront proposés en prime time dès le 20 mai sur la chaîne franco-allemande. 

Maroni est une idée d’Aurélien Molas qui depuis a plusieurs autres créations à son actif dont l’île sur Arte et La Révolution sur Netflix. Avec son réalisateur, Olivier Abbou, il a imaginé la dérive de deux policiers dans la moiteur de la Guyane française. Les quatre épisodes de la saison 1 font parfois penser à True Detective. 


Chloé Bresson (Stéphane Caillard) vient d’être affectée au commissariat de Cayenne. Une mutation sanction pour cette jeune flic qui n’aime pas l’autorité et les procédures. Dès son premier jour elle est chargée de l’enquête d’un double meurtre sur un voilier. Un couple d’Européens, massacrés. Elle doit composer avec Joseph Dialo (Adama Diane), un local encore plus rétif aux ordres directifs. Un duo dépressif et explosif, confronté à une histoire qui dérive lentement vers le fantastique.

Pour la seconde saison, écrite et réalisée par Olivier Abbou, Chloé est de retour chez sa mère, à Saint-Pierre et Miquelon. Elle vit avec le fantôme de Dialo et doit organiser les obsèques de cette mère autoritaire, chef des gendarmes de cette petite communauté glacée au large de Terre-Neuve, retrouvée pendue dans sa maison. L’enquête est plus classique, avec trafic de drogue et vengeance. Mais le volet fantomatique est aussi omniprésent avec les apparitions de la mère mais aussi d’une jeune Indienne violée et tuée quelques années auparavant. 

Si on sentait la chaleur et l’atmosphère étouffante de la saison 1, on frissonne au cours de la saison 2, tournée en plein hiver par des températures sans doute largement en dessous de zéro. Maroni est une très belle réussite, preuve que l’originalité paye quand l’écriture et la distribution sont de qualité.

vendredi 30 avril 2021

Série Télé - « Fluide » ou quand deux couples explorent leurs désirs


Projet ambitieux que ce « Fluide » imaginé par Thomas Cadène et Joseph Safieddine. L’histoire sexuelle comparée de deux couples, dans une série diffusée sur Arte.tv et dans un album de BD dessiné par Benjamin Adam chez Dargaud (100 pages, 19,99 €). Couples où les hommes sont… auteurs de BD. Voilà comment on transforme l’autofiction en histoire aigre-douce, avec remise en cause, mise à nu et expériences humaines ou graphiques. 

La série, en accès libre sur Arte.tv, est composée de dix épisodes de six minutes. Un format très court pour comprendre le cheminement de ces deux amis, collègues de travail, aux prises avec des soucis dans leur couple. Emma (Pauline Clément), est attirée par une femme. Quand elle le dit à Léo (Simon Thomas) son amour de toujours, il pique une crise de jalousie carabinée. Waël (Matthias Jasquin) ne comprend pas quand Esther (Manon Kneusé) lui demande un peu plus de fantaisie quand ils font l’amour. Des soucis conjugaux qu’ils vont transformer en série BD. Et afin d’étoffer le scénario, ils vont tenter de nombreuses expériences, pour le plus grand bonheur d’Emma et d’Ester. 

Excellemment joué, avec des dialogues percutants, sans la moindre vulgarité, Fluide, la série télé, est une jolie réussite preuve qu’il est encore possible d’inventer dans ce format encore balbutiant. La bande dessinée de son côté va plus loin, montrant ce qui n’est que suggéré à l’écran. Avec une même efficacité. 

vendredi 16 avril 2021

Cinéma en streaming - Sauvages et très étranges ces "garçons" filmés par Bertrand Mandico


Dans ce monde où la culture prémâchée et bien-pensante s’octroie de plus en plus de place, il existe encore quelques îlots de liberté où l’originalité et l’anticonformisme ont encore droit de cité. Arte en est l’exemple parfait. Sur sa plateforme, arte.tv, vous avez jusqu’au 13 juillet pour voir « Les garçons sauvages » de Bertrand Mandico.  

Ce film en noir et blanc, avec quelques passages oniriques (ou cauchemardesques) en couleur, montre comment cinq adolescents de bonne famille, après un jeu qui a mal tourné, sont confiés à un capitaine au long cours chargé de les mater. Après une traversée mouvementée sur un petit voilier, les cinq têtes brûlées arrivent sur une île tropicale moite et inquiétante. Ils vont être confrontés à une étonnante flore, troncs d’arbres aux excroissances phalliques pour se désaltérer, fruits à foison et plantes accueillantes.

 Entre Jules Verne et « Ile du Dr Moreau », ce film inclassable, tourné à la Réunion, entraîne public et interprètes (toutes des comédiennes…) dans un voyage initiatique sans limite. 

jeudi 8 avril 2021

Série télé - Salamandre belge


Sur Arte, la création européenne est toujours la bienvenue. Sur la plateforme à partir de ce jeudi 15 avril et la semaine suivante en prime time les jeudis soir, découvrez « Salamandre », série belge de Ward Hulselmans qui surfe sur le thème du complot. Tout débute par un casse qui n’a rien à envier à celui de la Casa de Papel. Une bande force une soixantaine de coffres dans une banque privée. 

Les gangsters dérobent des documents compromettant pour plusieurs décideurs du pays. Comme ils sont au pouvoir, ils font tout pour étouffer l’affaire mais un policier, Paul Gerardi (Filip Peeters, en photo), contre les ordres de sa hiérarchie, mène l’enquête. Il va rapidement se retrouver pris dans un engrenage fatal. 

Les complotistes vont adorer cette histoire où une poignée de corrompus tiennent un pays et en profitent dans l’ombre. Cela manque parfois de nuance, mais l’action compense les quelques faiblesses du propos.

mardi 26 mai 2020

Cinéma - Arte, plateforme de VOD de grande qualité

Pourquoi aller chercher trop loin ce qui est à disposition simplement ? Arte, chaîne culturelle franco-allemande, a dans ses offres une plateforme de vidéo à la demande (Arte VOD) qui propose plus de 5 000 programmes : cinéma, documentaires, séries ou magazines. Viennent d’arriver au catalogue plusieurs films qui avaient dû être retirés des salles pour cause de confinement. 

Parmi ce choix de très grande qualité, ne manquez pas Le lac aux oies sauvages de Diao Yinan. Un chef de gang en quête de rédemption et une prostituée prête à tout pour recouvrer sa liberté se retrouvent au cœur d’une chasse à l’homme. Film roumain étonnant : Les siffleurs. Cristi est un inspecteur de police de Bucarest corrompu. Pour libérer un mafieux de prison, il apprend une langue ancestrale à base de sifflements. 

Donnez enfin une seconde chance à Deux, film de Filippo Meneghetti tourné dans l’Hérault où Nina et Madeleine sont amoureuses l’une de l’autre. Un amour caché…

Tous les films sont disponibles en location à 4,99 € et à partir de 9,99 € à l’achat www.arteboutique.com

samedi 23 mai 2020

Série Télé - Paris gagnants dans l’Angleterre du début du XXe siècle



Les séries de gangsters ont toutes pris un méchant coup de vieux quand Peaky Blinders a débarqué en 2013 sur les écrans de la BBC puis sur Arte en France en 2015. Les Américains et les Italiens pouvaient aller se rhabiller face aux méthodes impitoyables de la famille Shelby à Birmingham dans les années 20 du XXe siècle. Surnommés les Peaky Blinders en raison de la lame de rasoir cachée dans la visière de leurs casquesttes, ils ambitionnent de régner sur le monde des paris, clandestins puis légaux de cette ville industrielles de Grande-Bretagne. 

L’entreprise Shelby va prendre de l’envergure avec l’arrivée à sa tête de Tommy (Cillian Murphy). Il a vécu l’enfer dans les tranchées françaises. Désormais il n’a plus peur de rien et on expérience d’artificier va faire des merveilles pour imposer sa loi. La série, qui en est à sa cinquième saison, diffusée en priorité sur Arte puis quelques mois plus tard sur Netflix, a soigné scénario, interprétation, réalisation et musique. Les personnages récurrents sont fouillés, très torturés, notamment le frère de Tommy, 

Arthur (Paul Anderson). Les décors, criants de vérité, permettent de longs plans séquence que peu de cinéastes confirmés oseraient entreprendre. Mais ce qui a fait aussi le succès immédiat de Peaky Blinders c’est la musque. Du rock très actuel, en décallage avec l’époque, mais qui colle parfaitement avec la violence des personnages. Nick Cave signe le générique et plusieurs de ses compositions rythment les moments forts.  

dimanche 22 mars 2020

Série télé - Histoire d’éternité au centre de « Ad Vitam »


Avec un minimum d’effets spéciaux mais des scénarios originaux et inventifs, les auteurs français arrivent à se faire une place dans le genre très prisée de la série de science-fiction. Nouvel exemple avec «Ad Vitam» de Thomas Cailley et Sébastien Mounier. Une série Arte que l’on peut voir actuellement sur Netflix. Dans un futur proche, un système permet de vivre éternellement. Il suffit de se faire régénérer régulièrement dans des self-services pour bénéficier de plusieurs dizaines d’années de bonne santé assurée. Darius (Yvan Attal), policier depuis plus d’un siècle, hérite d’une étrange affaire : dans ce monde de potentiels immortels, sept jeunes sont retrouvés morts. Selon toute vraisemblance, ils se sont suicidés. 
Les six épisodes d’une heure sont parfois un peu lents, mais bénéficient de décors soignés et d’une interprétation digne de grands films de cinéma. On apprécie notamment tous les «jeunes», souvent des espoirs du 7e art français, Garance Marillier (épatante dans le film d’horreur Grave) en tête avec aussi Rod Paradot (La tête haute) et Anthony Bajon (La prière et Au nom de la terre).

jeudi 21 novembre 2019

DVD et Bluray - Hierro, poussière espagnole au large de l’Afrique 




Bienvenue à El Hierro, petite île des Canaries. Ce brin de terre volcanique, aux paysages à couper le souffle, est le théâtre d’une de ces séries qui allient intrigue policière et découverte d’une région. Hierro (Arte Vidéo), débute par la découverte d’un cadavre dans la mer. 

Fran, tout le monde le cherchait. Il devait se marier avec la fille de Diaz (Dario Grandinetti), un riche agriculteur de l’île, spécialiste de la banane. La toute nouvelle juge (Candela Pena) se charge de l’enquête. Ils vont jouer au chat et à la souris, la seconde suspectant le premier d’être le tueur. Il est vrai que Diaz, lui aussi un « étranger » comme la juge dans cette île très repliée sur elle-même, n’est pas exemplaire. Il a déjà fait de la prison et ne voyait pas d’un bon œil l’union de sa fille avec Fran.


*Personnages entiers, secrets bien cachés, tromperies et trafics en tout genre : Hierro des frères Coira se termine en apothéose avec la procession de la Bajada, spectaculaire fête religieuse qui n’a lieu que tous les 4 ans.

samedi 11 août 2018

Série télé - Espions vintages et franchouillards


Elles ne sont pas légion les séries françaises comiques originales. Et ambitieuses. «Au service de la France » a été la bonne surprise de ces dernières années. Une première saison pour camper les personnages, une seconde pour chambouler le tout, avec rebondissements, évolution et caricature encore plus appuyée. Diffusée en juillet dernier sur Arte, les nouvelles aventures de l’agent secret français André Merlaux se déroulent sur 12 épisodes de 25 minutes.


Un format parfait pour détailler le parcours de ce jeune homme à la recherche de la vérité sur la mort de ses parents en pleine seconde guerre mondiale. André, espion au service de la France, est passé dans la clandestinité. Et pour tenter de découvrir la vérité, il va même faire semblant d’intégrer le KGB. Nous sommes en 1961 en pleine guerre froide. La saison 2 permet à Marie-Jo (Marie-Julie Baup) de passer de secrétaire un peu idiote à agent d’élite. Une métamorphose emblématique en cette période de libération de la femme.

Quant au trio Moulinier, Calot et Jacquard, ils apportent cette touche d’humour absurde typique de cette France vieillotte et dépassée. 

➤ « Au service de la France », intégrale, Arte Éditions, 49,99 €

dimanche 6 mars 2016

Série télé - Le mur de la honte de 'Trepalium'

Le taux de chômage en France est de 10 % selon les toutes dernières études de l'INSEE. 10 % d'inactifs. Ils pèsent dans le budget du pays. Mais s'ils étaient plus nombreux, beaucoup plus nombreux ? C'est l'idée de départ de l'excellente série télé française 'Trepalium' récemment diffusée sur Arte et sortie dans un coffret trois DVD ou deux blu-ray. Dans un futur proche, il ne reste plus que 20 % d'actifs. Face à l'impossibilité de subvenir aux besoins de 80 % de la population, le gouvernement a imaginé un nouveau système. Au centre, la ville et les actifs. Tout autour, derrière un mur infranchissable, les inactifs, devenus depuis les zonards. Autant la vie est facile chez les privilégiés, autant elle est compliquée dans la zone. Pour raconter cette dystopie (l'inverse de l'utopie), les créateurs de la série suivent les trajectoires de Ruben (Pierre Deladonchamps), ambitieux cadre de la ville et Izia (Léonie Simaga), zonarde qui élève seule son fils de 15 ans. Ce système très déséquilibré provoque des tensions. Des activistes, dans la zone et la ville, veulent abattre ce mur de la honte. Mais le pouvoir politique et économique est inflexible. Seule concession accordée par la Première ministre (Ronit Elkabetz) : quelques zonards vont retrouver un emploi solidaire chez des actifs. Ils franchiront le mur tous les jours pour se mettre au service de familles désignées. Izia servira donc de servante à Ruben. Mais quand sa femme disparaît, il remarque leur ressemblance physique et demande à Izia de la remplacer au pied levé pour servir ses ambitions.
L'eau, une arme...
L'arc narratif de la série est à plusieurs niveaux. En découvrant les vies de Ruben et d'Izia, c'est toute la société de Trepalium qui est décortiquée. La débrouille et l'entraide d'un côté, l'individualisme et l'opulence de l'autre. Deux mondes proches mais qui ne peuvent exister qu'en opposition. En filigrane, les scénaristes font le procès des liaisons dangereuses entre pouvoir et entreprises. Le 'méchant' de Trepalium n'est pas incarné par un homme ou une femme mais une société, Aquaville, chargée de la gestion de l'eau potable.

Tournée dans de véritables décors, Trepalium est une belle réussite visuelle. Sans moyens énormes, on est complètement dépaysé, plongé dans un monde oppressant mais totalement réaliste. On reconnaît au passage l'architecture et les salles du siège du Parti communiste français ou de la Bibliothèque Nationale de France. Le coffret offre en bonus un long entretien avec le réalisateur, Vincent Lannoo et 'Journal d'un inutile', une websérie racontant comment le mur a été pensé, conçu et construit.
'Trepalium', Arte éditions, 29,99 euros le coffret DVD, 34,99 euros le coffret blu-ray.

dimanche 19 avril 2015

DE CHOSES ET D'AUTRES - Me baigner ? Très peu pour moi

Les premiers rayons de soleil sont synonymes de migration vers le bord de mer. Beaucoup y vont pour bronzer, d'autres pour se baigner. Ces derniers sont à mon point de vue des inconscients que je n'imiterais pas pour tout l'or du monde. Non seulement on peut se noyer, mais en plus la mer regorge de créatures toutes plus effrayantes les unes que les autres.

Quelle folle idée d'aller barboter dans l'élément des requins, méduses urticantes, murènes et autres bestioles cauchemardesques. Hier soir, Arte a diffusé un documentaire sur le régalec, gigantesque poisson osseux (11 mètres de long) en forme de ruban argenté et qui est à l'origine de la légende du serpent des mers. Filmé en Méditerranée par le plongeur David Luquet au large de Villefranche-sur-Mer, il en reste certainement quelques exemplaires dans les eaux audoises et catalanes.
Donc, non, je ne me baignerai pas en mer cet été. Pas envie de trépasser d'une crise cardiaque en tombant nez à nez avec cette abomination de la nature.
Je n'irai pas non plus dans les rivières. Toujours sur Arte, devenue la chaîne spécialisée en poissons effrayants (cœlacanthe, calamar géant), un film sur le silure, autre "monstre dégoûtant" selon les termes de la productrice, est en cours de tournage. Les silures capables de gober un canard aussi aisément que moi un apéricube.
Reste la piscine pour se rafraîchir en été. On n'est pas à l'abri des germes et bactéries. Mais au moins, on ne les voit pas... 

vendredi 26 septembre 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - "Mon P'tit Quinquin" de Dumont du Nord


"P'tit Quinquin" c'est mon rayon de soleil de la rentrée. La série en quatre épisodes de Bruno Dumont diffusée sur Arte depuis la semaine dernière, est un régal. Présenté en mai dernier au festival de Cannes, ce feuilleton policier avait fait l'unanimité : original, drôle, intelligent et hors normes. Du Dumont pur jus. Mais en plus simple et surtout moins sombre. Le réalisateur de "L'Humanité", film primé en 1999, a planté ses caméras dans ce Nord typique qu'il connaît si bien.



Une ville côtière où les autorités découvrent plusieurs cadavres de vaches. Et en procédant à l'autopsie des bêtes, le vétérinaire tombe sur d'autres cadavres, humains cette fois et en petits morceaux. L'enquête est confiée au commandant Van der Weyden et son adjoint le lieutenant Carpentier. Voilà sans doute les plus improbables gendarmes campés à la télévision. De ceux capables de rater l'arrivée de trois jihadistes de retour de vacances en Turquie...
Le premier, sourcils broussailleux et gâchette facile, a plus de tics faciaux que Nicolas Sarkozy et Vincent Lindon réunis... Sans oublier une façon bien à lui de dramatiser à outrance : "Carpentier, on est au cœur du mal !". Le lieutenant, lui, se contente de conduire la voiture. Vite et mal. Dans leur quête du meurtrier des "bêtes humaines", ils croisent la route de P'tit Quinquin. Ce gamin du coin, nez cassé et oreilles décollées, a pour petite amie Eve, sa voisine aussi sage qu'il est dissipé.
Ne manquez pas  la suite de leurs aventures sur Arte, ils n'affrontent pas moins que "L'diable en perchonne".

mercredi 21 mai 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Vivement Quinquin !


Ce mercredi, dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes, Bruno Dumont dévoile sa dernière production, "P'tit Quinquin". Le réalisateur nordiste, déjà primé sur la Croisette en 1999 pour son film "L'Humanité", délaisse le grand écran pour la télévision ; "P'tit Quinquin" est une série policière produite par Arte. La diffusion est annoncée à la rentrée prochaine.

Quatre épisodes de 52 minutes. Soit au total plus de 3 heures de Dumont sur grand écran à Cannes. J'avoue mon admiration pour ce réalisateur hors normes et j'aurais donné cher pour me trouver   dans la salle qui diffuse en avant-première cette pépite. En attendant, on se rabat sur la bande-annonce. Elle plante le décor et met en vedette les principaux personnages d'une enquête policière totalement déjantée dans un petit village côtier du Pas-de-Calais.
P'tit Quinquin, le héros, gamin des rues intrépide est amoureux d'Eve, sa meilleure amie. Sa complice aussi quand il s'agit de faire les 400 coups. Ils atteignent à peine 20 ans à eux deux. L'âge des femmes retrouvées assassinées sur la plage. Dont une sans tête. Un duo de gendarmes est chargé de l'enquête.
Même si la série sera diffusée en prime-time, on est loin d'"Une femme d'honneur" avec Corinne Touzet. Ce sont plutôt "Les hommes d'horreur" qui déboulent. Le genre de personnages qui marquent les esprits, comme dans "Twin Peaks" de David Lynch. Rien que pour l'arrivée de la voiture des gendarmes sur deux roues, à la Belmondo, allez voir cette bande-annonce et ensuite, comme moi, trépignez d'impatience en attendant septembre.

Chronique "de choses et d'autres" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant

mercredi 14 mai 2014

DE CHOSES ET D'AUTRES - Inside Cannes

Même en restant dans son salon, confortablement installé dans son canapé, on peut se croire au cœur (inside selon la terminologie branchée) de Cannes, le plus prestigieux festival de cinéma. La couverture médiatique exponentielle offre au passionné l'occasion d'arpenter la Croisette avec les stars, commenter la montée des marches et même participer aux soirées très privées. Vous pouvez surtout faire le plus important, visionner les films en compétition. Du moins ceux qui sortent dans la foulée de leur projection au Palais des Festivals.
A la télévision, deux chaînes s'imposent : Canal+ et Arte. La première pour le côté starlette, la seconde pour la prise de tête. Stars et paillettes se donnent rendez-vous sur le plateau du "Grand Journal". Généralement, c'est le show qu'il ne faut pas rater durant le festival. Canal+ diffuse, en clair également, la cérémonie d'ouverture et la proclamation du palmarès. Sans oublier Laurent Weil au pied des marches, souvent moqué, jamais égalé...
Arte, en dehors de reportage dans ses journaux, sera surtout présent sur le net. Ne manquez pas "Palais Duplex" : depuis sa newsroom, le blogueur Henry Michel et son équipe de trublions prennent le pouls du Festival avec humour.
Et pour une immersion complète, optez pour la chaîne du Festival sur YouTube ou DailyMotion. Tout ce qui est public (conférences de presse, séances de photos, montée des marches...) y est diffusé en direct. Principal avantage : pas la peine de louer un smoking puisqu'on ne quitte pas son salon.

Chronique "De choses et d'autres" parue ce mercredi en dernière page de l'Indépendant.