mardi 27 avril 2021

DVD - La peur filmée en noir et blanc par Richard Brooks

Certains films marquent plus que d’autres. De sang-froid de Richard Brooks, adapté du roman de Truman Capote, fait partie de ces œuvres qui vont longtemps rester dans votre mémoire. Réédité par Wild Side Vidéo dans un coffret contenant un DVD et un blu-ray de l’œuvre restaurée ainsi que plusieurs compléments et d’un livret signé Philippe Garnier, ce film de 1967 est tourné en noir et blanc. Pour une seule et bonne raison : selon le réalisateur, « La peur, je ne vois ça qu’en noir et blanc. » Une peur palpable tout au long des deux heures racontant dans le détail un horrible fait divers du Kansas. 

Perry (Robert Blake), vient de sortir de prison. Avec sa guitare et ses dernières illusions, il rejoint Dick (Scott Wilson), ancien compagnon de cellule qui lui promet un coup en or. Dick, belle gueule, séducteur et désinvolte est l’antithèse de Perry, petit, dépressif et boiteux. Ensemble ils parcourent des centaines de kilomètres pour rejoindre, au Kansas, la ferme de la famille Clutter. Là, un coffre contenant des milliers de dollars serait leur passeport vers une meilleure vie au Mexique. Pas de coffre pour les deux anciens taulards qui massacrent toute la famille. 

On ne voit rien de cette tragique nuit dans la première partie. Tout est suggéré au cours de leur fuite à travers les USA. Avec une ténacité à toute épreuve, les policiers pourchassent le duo pour finalement l’intercepter. C’est au cours de l’interrogatoire que Perry raconte dans le détail ce qui s’est réellement passé cette nuit-là. 

Véritable chef-d’œuvre, qui doit beaucoup à l’écriture de Truman Capote et à l’interprétation des deux acteurs principaux, De sang-froid est une réflexion sur le mal. Celui que des hommes peuvent faire sans raison, celui qu’ils ont subi dans leur enfance, toujours sans raison. Dans les bonus qui combleront les cinéphiles, Patrick Brion revient sur le film et sa genèse et le réalisateur explique en 18’ son propos pour l’émission Cinéma Cinémas. Sans oublier « Contrebasses pour un massacre » (30’) : la musique originale de Quincy Jones décryptée par Stéphane Lerouge.

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