mercredi 10 mars 2021

De choses et d'autres - Encore une « semaine décisive »

Selon plusieurs spécialistes, experts et autres personnalités références en la matière, nous nous trouvons face à « une semaine décisive » dans la gestion de la crise sanitaire. N’avez-vous pas, comme moi,  une impression de déjà-vu en entendant ces deux mots : « semaine décisive ».

Depuis le mois de février de l’an dernier, on a bien eu droit à une quarantaine de « semaines décisives ». Démontrant, par l’absurde, que les précédentes ne l’étaient pas tant que ça, de décisives.

À force de vouloir scénariser la catastrophe sanitaire qui nous tombe sur la tête depuis plus de 50 semaines, gouvernement, instances scientifiques et médias se sont parfois senti obligés de dire tout et son contraire en fonction de l’apparition d’un cluster, d’effets secondaires ou d’un variant plus ou moins exotique.

S’il avait eu le malheur de vivre cette période, mon père, expert mais uniquement en bon sens paysan, aurait souligné avec un poil d’ironie qu’ils « gouvernement au doigt mouillé ». Une vieille technique qui, parfois, donne de bons résultats. D’autres fois, les initiatives dictées par ce doigt mouillé sont beaucoup moins évidentes. Notamment quand le vent est tournoyant et que les doigts appartiennent à différentes personnes.

Dimanche, Jean Castex répète sa confiance dans le vaccin AstraZeneca ; lundi, Emmanuel Macron suspend la vaccination avec ce même AstraZeneca.

Qu’en sera-t-il ce mercredi ? Personne ne peut encore le dire au moment où j’écris ces lignes, Eole n’a toujours pas rendu son verdict. 


mardi 9 mars 2021

VOD et DVD - "30 jours max", pitrerie rigolote de Tarek Boudali

Gros succès de l’été dernier au cinéma, « 30 jours max » de Tarek Boudali débarque en VOD et DVD le 31 mars. Mais vous pouvez le voir en exclusivité dur Canal VOD, plateforme amie de Studiocanal, la maison de production de cette très sympathique comédie survitaminée aux gags et situations rocambolesques.  Peut-on faire pire que l’Inspecteur la Bavure ou les Ripoux ? Oui, il s’appelle Rayane et est interprété par un Tarek Boudali de plus en plus à l’aise dans sa réalisation, ses cascades et ses gags. Rayane est sans doute le plus mauvais policier de tous les temps. Maladroit, distrait, timide et trouillard, il cumule les erreurs.

On vous conseille le passage sur la table d’opération de Philippe Lacheau. Jamais plus vous ne le regarderez de la même façon quand il lui arrive de dévoiler sa musculature d’éphèbe.

De choses et d’autres - Capitaine Barjot

Et le capitaine Marleau tomba l’uniforme… Vendredi soir lors de la cérémonie de la remise des César du cinéma français sur Canal +, Corinne Masiero, en signe de soutien aux intermittents a tenu à monter sur scène totalement « à poil », comme la culture réduite à peau de chagrin depuis le début de la pandémie.

Avec son outrance caractéristique, la « barjot » de service a fait passer un message clair et net. Un peu trop clair pour quelques pudibonds revendiqués. Ils auraient préféré sans doute que certaines parties de son anatomie restent en crypté. Nous sommes en 2021 et l’esprit libertaire des années 70 est mort et enterré. « Des tétons, des poils ! Mais que c’est vulgaire » glapissent en chœur ces nouveaux censeurs pour qui la nudité s’apparente à de la pornographie.

Une levée de boucliers qui en dit long sur l’évolution de notre société. Facebook, le plus radical en matière d’interdiction de nudité, a de beaux jours devant lui…

Autre nudité dans l’actualité, celle du supporter de l’OM et youtubeur ayant perdu un pari. Il a promis de faire le tour de Canet-en-Roussillon en courant dans le plus simple appareil si son équipe était éliminée par les amateurs en coupe de France. Dimanche, il était dans les Pyrénées-Orientales pour s’exécuter.

Des centaines de jeunes se sont agglutinés en bord de mer pour profiter du « spectacle ». Et là, personne pour s’offusquer d’une nudité annoncée. De toute manière, le peu courageux fan de l’OM s’est dégonflé, se contentant de poser torse nu devant un panneau de la ville catalane.

Toute la différence entre un affabulateur et une grande comédienne. Mais au final c’est cette dernière qu’on fustige dans ce triste et injuste monde d’après.  


lundi 8 mars 2021

De choses et d’autres - Les écrans se rebellent

Alors qu’hier soir on remettait les César du cinéma français (chapeau au passage à Aurel, réalisateur de Josep, césar du meilleur film d'animation et aux deux autres prix pour les films tournés en région, Deux et Antoinette dans les Cévennes), d’autres acteurs du 7e art ont prévu des actions ce week-end pour dénoncer cette interminable fermeture des salles.

Interminable et surtout incompréhensible. Tout le secteur voit la machine se relancer un peu partout dans le monde, seule la France semble particulièrement réticente à rouvrir les salles obscures.

Pourtant près de chez nous, l’Espagne conserve les lieux culturels ouverts, la Suisse va permettre aux cinémas de nouveau fonctionner à partir du 22 mars et aux USA, après New York, c’est la Californie qui va alléger ses restrictions.

Pendant ce temps, Roselyne Bachelot, la ministre de la Culture, invitée dans une émission de divertissement sur France 5, ose expliquer que si les cinémas sont fermés, c’est surtout à cause des spectateurs qui ont la fâcheuse habitude de se regrouper avant et après les séances… Comme si les clients des magasins ne s’agglutinaient pas aux caisses et les utilisateurs du métro ou des bus sur les quais ou dans les arrêts…

Il est symptomatique que plus les explications des prétendus responsables sont oiseuses, plus elles passent comme une lettre à la Poste.

Ce week-end, donc, je vais peut-être me retrouver dans la peau d’un hors-la-loi. Tout simplement car je vais aller voir un film lors d’une séance clandestine. Pas forcément un brûlot politique, juste une œuvre réalisée et jouée avec passion par des professionnels de talent pour me changer les idées.

Et si en plus c’est pendant le couvre-feu, je risque combien d’années de prison ? 


Série télé - Âmes sœurs en quête d'amour dans "The One"


Tous ceux qui croient au coup de foudre doivent regarder « The One », série anglaise diffusée sur Netflix. On aurait tous une âme sœur quelque part sur terre ? Pour la trouver il faut simplement comparer les ADN. Cette découverte, au centre de l’histoire, est faite par une scientifique anglaise, Rebecca Webb (Hannah Ware) qui fonde The One, multinationale de l’amour. Elle devient immensément riche, mais pour arriver à ses fins, elle a souvent franchi la ligne blanche. 

Un volet policier mené par l’inspectrice Kate Saunders (Zoe Tapper). Au cours de ces 8 épisodes de 50 minutes, on suit également les transformations de trois couples construits ou détruits par The One. C’est sur cette thématique que la série se distingue le plus. Avec parfois des réflexions métaphysiques complexes sur le déterminisme, l’inné et les conséquences parfois dramatiques des progrès de la science sur nos vies quotidiennes. 


dimanche 7 mars 2021

Polar - "Rouge Tango", enquête dans la poche

La pêche peut se révéler un sport très physique. Surtout si comme Niels, le narrateur de « Rouge Tango », second roman de Charles Aubert, on se retrouve plongé dans une ténébreuse histoire de disparition avec magouilles de la mafia en toile de fond. Niels est le roi des fabricants de leurres artisanaux, le meilleur dans sa spécialité. 

Charles Aubert, l’auteur, vivant au bord de l’étang des Moures entre Sète et Montpellier, connaît ce milieu comme sa poche. Il a donc décidé d’y planter les intrigues de ses romans policiers. On croise aussi dans ce polar 100 % local, un jeune geek, un tueur à gages, un gendarme et une journaliste très curieuse. 

« Rouge Tango », Pocket, 7,60 €

De choses et d’autres - Feu de joie dans les nuages


Quand le terme « cloud » est apparu dans le langage numérique, beaucoup ont été interloqués par cette image. Nos données numériques, d’un stockage dans les entrailles de nos ordinateurs, pouvaient désormais rejoindre le cloud, le nuage. Avec deux atouts essentiels : plus de contrainte de taille et accessible de partout.

On avait pour la première fois une sorte de cran supérieur de cette dématérialisation des données. On imaginait nos photos ou vidéos de famille (nos bulletins de salaire ou relevés de comptes bancaires, aussi) folâtrer en toute liberté dans l’atmosphère éthérée du ciel infini. Image fausse évidemment.

La réalité est forcément plus terre à terre. Elle est revenue en pleine face de nombre de sociétés ce mercredi après le gigantesque incendie d’un bâtiment près de Strasbourg abritant d’immenses serveurs informatiques.

Non vos données ne sont pas stockées dans le ciel mais dans d’énormes machines particulièrement énergivores, basées dans des lieux tenus secrets car forcément sensibles. Ce gros feu de joie dans les nuages numériques a quand même mobilisé 115 pompiers et 43 véhicules. Il a entraîné la fermeture temporaire de plusieurs millions de sites internet. Par chance, il n’y a pas de victimes humaines.

Pour ce qui du bilan en nombre d’intelligences artificielles détruites dans les flammes, le bilan est forcément fluctuant. Ceux qui sont persuadés que cette nouvelle forme de vie est forcément unique et singulière sont rassurés, l’IA (Dieu en quelque sorte) a juste eu quelques poils de barbe roussis.

Les autres, prétendant que chaque IA est indépendante, s’en sortent en croyant à la résurrection rendue possible grâce aux sauvegardes gérées par le fameux Saint Back-up. 


samedi 6 mars 2021

De choses et d'autres - Heureusement, il n'y a plus de monarchie en France

Je ne cesserai jamais de féliciter mes ancêtres qui ont, après une révolution salutaire, déboulonné la royauté en France. Quand on voit comment l’institution a évolué en Grande-Bretagne, on ne peut que se réjouir d’être sans famille régnante.

Les scénaristes ont beau essayer de transformer ces mesquineries, coups bas et autres manigances en scénario de série à succès (The Crown sur Netflix), le spectacle dans la vraie vie reste assez rebutant pour ne pas dire abject.

Dernier rebondissement en date (celui qui servira sans doute de départ à la saison 10), l’interview vérité de Meghan Markle et son chéri, fils de Diana, petit-fils de la Reine Elizabeth. La comédienne américaine n’y va pas de main morte, osant mettre sur la place publique les réflexions racistes d’éminents membres de la royauté.

Bon, rien d’étonnant pour les fans de la série. On sait qu’à une époque non seulement il y avait des racistes à Buckingham mais qu’en plus ils étaient fascinés par le fascisme…

Alors forcément, un bébé caramel dans la famille pot de lait provoque des débuts d’étouffement chez certains de leurs descendants. Sur le fond, il n’y a pas photo et le jeune couple domino ne peut qu’attirer toutes les sympathies.

Par contre, sur la forme, Meghan et Harry n’arriveront jamais à justifier le pactole touché pour cette interview. Pour ces millions de dollars, en France à une certaine époque, et quelle que soit la couleur de votre peau, vous vous seriez retrouvé sur l’échafaud.

Une solution expéditive mais qui nous épargne, aujourd’hui, de consacrer des heures de débat sur les bisbilles d’une seule famille alors que des millions d’enfants meurent de faim dans le monde et que chez nous les services de santé sont débordés par la pandémie.  


vendredi 5 mars 2021

BD - L’abbé de l’humour


Les plus grands humoristes sont passés par la revue Fluide Glacial. Dans l’ombre de l'immense Gotlib, toute une génération a osé rire de tout. Aujourd’hui le mensuel poursuit son travail de découverte avec cette nouvelle collection sobrement nommée « Institut Fluide Glacial de la recherche pour l’Umour ». 

Le principe est simple : on propose au lecteur les premières planches d’une jeune auteur, avec dans les marges les commentaires d’un vieux de la vieille. L’abbé propose gags et histoires complètes avec Maëster pour parrain. 

Un abbé adoubé par le créateur de Sœur Marie-Thérèse, c’est d’une logique implacable. L’occasion de revoir quelques crobards de Maëster, obligé depuis un ennui de santé de lever le pied sur sa production.  

« L’abbé », Fluide Glacial, 10,95 €

De choses et d’autres - Mesdames, à dans 364 jours !

Lundi dernier, le 8 mars, on célébrait la journée de la Femme. Ce raccourci, qui risque de m’attirer les foudres de toutes les viragos de la région, est une provocation volontaire. Je sais parfaitement que ce n’est pas la journée de la Femme mais la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes. La différence est de taille.

Mais, dans les faits, ce 8 mars a été récupéré, dénaturé et parfois ridiculisé. Surtout, cela donne bonne conscience à beaucoup pour faire leur bonne action de l’année en direction de ce qui reste la majorité de l’espèce humaine sur terre. Le déséquilibre est flagrant.

Dans la presse, notamment, où l’on voit fleurir quantité de reportages, portraits et autres mise en valeur de « femmes méritantes ». Comme si on ne pouvait parler d’elles qu’en ce jour particulier. Le reste du temps, c’est le black-out total. Ou, plus exactement, l’année des mecs. 

Le pire reste évidemment la récupération commerciale de ce jour très symbolique. Comme cette pizzeria qui annonce une seconde pizza gratuite, uniquement aux clientes et le 8 mars. Outre la discrimination intolérable, l’opération permet aux gros machos de rire grassement sur deux clichés répandus dans leur triste milieu : « Deux pizzas, elles vont grossir ! » et « Elles savent plus cuisiner ? » 
Non, une journée pour les femmes par an, ce n’est définitivement pas assez. Si certains vous disent mesdames « à dans 364 jours », je continuerai, pour ma part, dans cette chronique, à mettre en valeur quotidiennement toutes les bonifications de la société directement issues de votre féminité.