dimanche 7 mars 2021

De choses et d’autres - Feu de joie dans les nuages


Quand le terme « cloud » est apparu dans le langage numérique, beaucoup ont été interloqués par cette image. Nos données numériques, d’un stockage dans les entrailles de nos ordinateurs, pouvaient désormais rejoindre le cloud, le nuage. Avec deux atouts essentiels : plus de contrainte de taille et accessible de partout.

On avait pour la première fois une sorte de cran supérieur de cette dématérialisation des données. On imaginait nos photos ou vidéos de famille (nos bulletins de salaire ou relevés de comptes bancaires, aussi) folâtrer en toute liberté dans l’atmosphère éthérée du ciel infini. Image fausse évidemment.

La réalité est forcément plus terre à terre. Elle est revenue en pleine face de nombre de sociétés ce mercredi après le gigantesque incendie d’un bâtiment près de Strasbourg abritant d’immenses serveurs informatiques.

Non vos données ne sont pas stockées dans le ciel mais dans d’énormes machines particulièrement énergivores, basées dans des lieux tenus secrets car forcément sensibles. Ce gros feu de joie dans les nuages numériques a quand même mobilisé 115 pompiers et 43 véhicules. Il a entraîné la fermeture temporaire de plusieurs millions de sites internet. Par chance, il n’y a pas de victimes humaines.

Pour ce qui du bilan en nombre d’intelligences artificielles détruites dans les flammes, le bilan est forcément fluctuant. Ceux qui sont persuadés que cette nouvelle forme de vie est forcément unique et singulière sont rassurés, l’IA (Dieu en quelque sorte) a juste eu quelques poils de barbe roussis.

Les autres, prétendant que chaque IA est indépendante, s’en sortent en croyant à la résurrection rendue possible grâce aux sauvegardes gérées par le fameux Saint Back-up. 


samedi 6 mars 2021

De choses et d'autres - Heureusement, il n'y a plus de monarchie en France

Je ne cesserai jamais de féliciter mes ancêtres qui ont, après une révolution salutaire, déboulonné la royauté en France. Quand on voit comment l’institution a évolué en Grande-Bretagne, on ne peut que se réjouir d’être sans famille régnante.

Les scénaristes ont beau essayer de transformer ces mesquineries, coups bas et autres manigances en scénario de série à succès (The Crown sur Netflix), le spectacle dans la vraie vie reste assez rebutant pour ne pas dire abject.

Dernier rebondissement en date (celui qui servira sans doute de départ à la saison 10), l’interview vérité de Meghan Markle et son chéri, fils de Diana, petit-fils de la Reine Elizabeth. La comédienne américaine n’y va pas de main morte, osant mettre sur la place publique les réflexions racistes d’éminents membres de la royauté.

Bon, rien d’étonnant pour les fans de la série. On sait qu’à une époque non seulement il y avait des racistes à Buckingham mais qu’en plus ils étaient fascinés par le fascisme…

Alors forcément, un bébé caramel dans la famille pot de lait provoque des débuts d’étouffement chez certains de leurs descendants. Sur le fond, il n’y a pas photo et le jeune couple domino ne peut qu’attirer toutes les sympathies.

Par contre, sur la forme, Meghan et Harry n’arriveront jamais à justifier le pactole touché pour cette interview. Pour ces millions de dollars, en France à une certaine époque, et quelle que soit la couleur de votre peau, vous vous seriez retrouvé sur l’échafaud.

Une solution expéditive mais qui nous épargne, aujourd’hui, de consacrer des heures de débat sur les bisbilles d’une seule famille alors que des millions d’enfants meurent de faim dans le monde et que chez nous les services de santé sont débordés par la pandémie.  


vendredi 5 mars 2021

BD - L’abbé de l’humour


Les plus grands humoristes sont passés par la revue Fluide Glacial. Dans l’ombre de l'immense Gotlib, toute une génération a osé rire de tout. Aujourd’hui le mensuel poursuit son travail de découverte avec cette nouvelle collection sobrement nommée « Institut Fluide Glacial de la recherche pour l’Umour ». 

Le principe est simple : on propose au lecteur les premières planches d’une jeune auteur, avec dans les marges les commentaires d’un vieux de la vieille. L’abbé propose gags et histoires complètes avec Maëster pour parrain. 

Un abbé adoubé par le créateur de Sœur Marie-Thérèse, c’est d’une logique implacable. L’occasion de revoir quelques crobards de Maëster, obligé depuis un ennui de santé de lever le pied sur sa production.  

« L’abbé », Fluide Glacial, 10,95 €

De choses et d’autres - Mesdames, à dans 364 jours !

Lundi dernier, le 8 mars, on célébrait la journée de la Femme. Ce raccourci, qui risque de m’attirer les foudres de toutes les viragos de la région, est une provocation volontaire. Je sais parfaitement que ce n’est pas la journée de la Femme mais la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes. La différence est de taille.

Mais, dans les faits, ce 8 mars a été récupéré, dénaturé et parfois ridiculisé. Surtout, cela donne bonne conscience à beaucoup pour faire leur bonne action de l’année en direction de ce qui reste la majorité de l’espèce humaine sur terre. Le déséquilibre est flagrant.

Dans la presse, notamment, où l’on voit fleurir quantité de reportages, portraits et autres mise en valeur de « femmes méritantes ». Comme si on ne pouvait parler d’elles qu’en ce jour particulier. Le reste du temps, c’est le black-out total. Ou, plus exactement, l’année des mecs. 

Le pire reste évidemment la récupération commerciale de ce jour très symbolique. Comme cette pizzeria qui annonce une seconde pizza gratuite, uniquement aux clientes et le 8 mars. Outre la discrimination intolérable, l’opération permet aux gros machos de rire grassement sur deux clichés répandus dans leur triste milieu : « Deux pizzas, elles vont grossir ! » et « Elles savent plus cuisiner ? » 
Non, une journée pour les femmes par an, ce n’est définitivement pas assez. Si certains vous disent mesdames « à dans 364 jours », je continuerai, pour ma part, dans cette chronique, à mettre en valeur quotidiennement toutes les bonifications de la société directement issues de votre féminité. 


jeudi 4 mars 2021

De choses et d’autres - Le fameux décalage horaire parisien

 

Il est 5 heures, Paris s’éveille… Tout le monde connaît cette chanson de Jacques Dutronc. Si, pour certains, la journée commence tôt dans la capitale, pour d’autres, elle est en léger décalage avec le reste du pays. La preuve, avec cette déclaration étonnante de la maire, Anne Hidaldo. A la radio, hier matin, elle a expliqué que ce couvre-feu à 18 heures était très handicapant dans sa ville car « À 18 h, on est en milieu d’après-midi à Paris. »

Donc, Paris, tout en étant au centre de la France semble bénéficier d’un fuseau horaire spécifique. Si, en province, on regarde le journal de 20 heures, à Paris, c’est le journal de 16 heures. Et le cinéma de minuit se transforme en séance de 20 heures, quasiment du prime time. En reprenant la chanson de Dutronc, on comprend que si Paris s’éveille à 5 heures - chez nous, il serait royalement 9 heures du matin.

La bonne nouvelle dans cette déclaration concerne « la France qui se lève tôt » chère à l’ancien président Nicolas Sarkozy. Si par un concours de circonstances qui fait tant se goberger les éditorialistes parisiens, Anne Hidalgo est candidate à la présidentielle et qu’elle l’emporte en juin prochain, sa première mesure serait d’appliquer le fameux décalage horaire parisien à l’ensemble du pays.

Les boulangers et éboueurs commenceraient à bosser à 9 heures, les écoliers iraient en cours à partir de midi. Seul problème, obligés d’attendre 21 heures pour débuter l’apéro. Je sens comme une révolte monter en province. 


mercredi 3 mars 2021

DVD et VOD - "Boss Level", nouvelle boucle temporelle

Les films sur les boucles temporelles sont à la mode. Après les romances (Palm Springs) ou l’horreur (Happy Birthday), place à l’action avec Boss Level. Cette grosse production, qui sort directement en vidéo (Metropolitan Vidéo), est réalisée par Joe Carnahan avec Frank Grillo en vedette. 

Le scénario est particulièrement fin : un vétéran des forces spéciales à la retraite revit sans cesse la même journée, celle-ci se terminant à chaque fois par sa mort. Pour stopper cette incessante souffrance, il doit trouver qui en est responsable et l’arrêter. Le film vaut donc surtout pour ses scènes d’action.

 Dans les seconds rôles, Mel Gibson et Naomi Watts servent de tête d’affiche US, Michelle Yeoh et Mathilde Ollivier d’appâts pour les ventes à l’étranger. 

De choses et d’autres - Copeaux récréatifs

Vu sur le net la semaine dernière la publication d’une élue de la ville de Paris se félicitant de l’aménagement d’une partie de la cour de récréation de l’école des Quatre fils. « Dès lundi, les enfants pourront découvrir ce nouvel espace débitumé et rempli de copeaux de bois » se félicite-t-elle. Sur la photo, on voit un espace de 4 mètres sur 2 effectivement rempli de copeaux de bois.

En visualisant ce bac à sable nouvelle génération, deux images me viennent immédiatement à l’esprit. Premièrement j’imagine la joie des enfants jetant les copeaux sur le goudron du reste de la cour. Ensuite j’espère qu’il n’y a pas de chats errants dans les parages au risque de voir les copeaux se transformer en litière géante.

On pourrait penser à un gag, pourtant cette cour de récréation améliorée entre dans le cadre du projet mondial « Cour Oasis ». Le but est de transformer ces lieux de détente pour les enfants en petite oasis où on peut faire autre chose que de tourner en rond ou jouer à la marelle.

Dans une cour Oasis, il est suggéré de planter des arbres, construire un poulailler et même des ruches. Mais qui dit ruche dit abeilles et donc piqûres. Est-ce bien raisonnable pour des enfants ?

Pourtant l’apprentissage du risque est souvent source de prudence. Il existe en Nouvelle-Zélande une cour de récréation dite « sans règle ». En clair les enfants peuvent y faire tout ce qu’ils veulent. Une vidéo les montre en train de fabriquer des arcs et des flèches, monter dans des arbres, dévaler des pentes à trottinette, escalader des barrières en grillage.

Les papas et mamans poules doivent en faire des cauchemars la nuit.

Mais ça marche : les accidents et petits bobos sont en chute libre. Le directeur n’a conservé qu’une seule règle : Ne pas tuer un camarade. 


mardi 2 mars 2021

Sur Arte, séries en versions (very) originales


Arte continue son travail de redécouverte des séries sur sa plateforme, toujours gratuite et sans pub. Une aubaine pour les amateurs de bonnes histoires. Notamment en ce moment dans la collection « Back to the Originals ». Si les USA s’imposent partout dans le monde, c’est souvent en réutilisant des concepts déjà développés ailleurs. Les producteurs US ne font qu’acheter des droits et les mettre à leur sauce américano-ricaine. Alors plutôt que de déguster un succédané, profitez des séries en versions (very) originales. 

Si vous avez aimé House of cards avec Kevin Spacey et Robin Wright, tentez la première version, l’anglaise, datant de 1990 avec Ian Richardson et Susannah Harker dans les deux principaux rôles. Vous y découvrirez toutes les manigances politiques envisageables de l’autre côté de la Manche. 

Politique aussi dans The Killing. A la base une série danoise suivant le travail acharné d’une enquêtrice bornée, Sarah Lund (Sofie Grabol). Elle est sur les traces du tueur d’une jeune fille. Un politique, candidat à la maire de Copenhague, fait partie des suspects. La première saison, un peu longue avec ses 20 épisodes d’une heure, est un modèle du genre dans l’exploitation des fausses pistes. La version américaine, beaucoup plus formelle, ne fait pas le poids face à l’âpreté de l’originale. 

Toujours sur Arte, plongez dans le monde totalement paranoïaque d’Hatufin, série israélienne sur le retour d’un soldat longtemps prisonnier d’un groupe terroriste. Sa version américaine, renommée Homeland, a passionné les foules avec la performance de Claire Danes dans le rôle de l’agent de la CIA doutant de tout et de tout le monde.

Enfin ne passez pas à côté de cette pépite d’humour et d’inventivité qu’est Maniac d’Espen P.A. Lervaag. Création danoise sur les délires du pensionnaire d’un asile psychiatrique, elle permet à l’acteur principal d’endosser quantité de rôles tous plus étonnants (et caricaturaux) les uns que les autres. La version US est portée par Jonah Hill et Emma Stone et joue plus sur le côté cauchemardesque de l’intrigue.

De choses et d’autres - Le job de l’impossible

Trouver un boulot de nos jours n’est pas toujours facile. Pourtant certaines sociétés recrutent à tour de bras et ne demandent pas le moindre diplôme pour postuler. La difficulté consiste simplement à aller au bout du parcours d’embauche. Jugez sur pièce.

Une boîte qui fait dans le coaching détaille les étapes avant de recevoir le « Welcome aboard ! » Il n’est même pas nécessaire de déposer son CV, la première étape consiste simplement à répondre à un questionnaire de 7 à 8 minutes puis d’enregistrer une vidéo de 3 minutes maximum.

Ensuite vous recevez un premier appel de 15 minutes suivi de deux entretiens (culture et technique) d’une heure. Après, gros morceau avec un « entretien final : call en visio de 3 heures avec notre CEO pour retracer ton parcours. » C’est déjà énorme, mais en plus, les recruteurs exigent que le postulant organise trois entretiens en visio avec d’anciens managers. Mieux vaut éviter le petit chef ignare que vous avec envoyé se faire f… en démissionnant avec pertes et fracas.

Alors qui va aller au bout de ce « process de recrutement » ? Pas grand monde, juste les plus avides ou désespérés.

Sur le net quelques voix dénoncent ces méthodes excessives. D’autres sont plus alarmistes et critiquent des pratiques dignes des pires sectes. Avec raison car les sociétés de coaching ont déjà été épinglées à plusieurs reprises par la Miviludes, l’organisme chargé de surveiller les dérives sectaires.

Car un chômeur, même pauvre, est un pigeon comme un autre pour ces nouveaux requins du marché du travail.

 

lundi 1 mars 2021

Série télé - Capitani, enquête au Luxembourg


Si le Luxembourg est essentiellement connu en France en raison de ses banques aux pratiques parfois peu transparentes, cela reste une principauté assez grande pour avoir une campagne et des villages reculés. C’est dans ce cadre que se déroule cette série qui prend le nom du personnage principal, l’inspecteur de police Capitani interprété par Luc Schiltz. 

Dans le nord du pays, le corps d’une jeune fille est retrouvé au pied d’une falaise. Jenni se serait suicidée. Capitani, venu pour une tout autre raison dans la région, prend en charge l’enquête et va remuer quantité de secrets plombant l’ambiance dans cette riante petite ville de province. 

La série, diffusée sur Netflix depuis la mi-février, bénéficie d’une réalisation punchy renforcée par des épisodes courts ne dépassant jamais la demi-heure. Bref, de quoi proposer quantité de rebondissements au cours des 12 épisodes.