Un Poupard peut en cacher un autre. L'amateur de BD, quand on lui parle de Poupard, pense immédiatement Rugbymen, gags et style humoristique. Attention, il y a un piège. Car il y a désormais un second dessinateur qui signe Poupard. Jean-Charles de son prénom. Et on ne rigole pas dans ses albums. Un simple coup d’œil permet de vite les différencier. Là ou le premier Poupard (en réalité le pseudonyme d'Alexandre Mermin) use de la caricature et du « gros nez », le second ose le réalisme intégral, avec décors à couper le souffle et action à gogo.
Des années d'apprentissage pour Jean-Charles Poupard et la certitude, en découvrant la seconde partie des Griffes du Gévaudan, que l'on est en présence d'un futur très grand, un peu dans le sillage d'un Ralph Meyer ou d'un Philippe Xavier.
Pour atteindre la plénitude de ses moyens graphiques, Poupard a une nouvelle fois fait confiance aux scénarios de Sylvain Runberg. Après les quatre tomes du « Chant des Runes », il s'attaque au Gévaudan quand une fameuse bête faisait cauchemarder les paysans de cette région de la Lozère. En 1765, un chasseur du roi traque la bête. Sans le moindre résultat. Après plusieurs échecs, malgré d'importants moyens, il décide de changer de tactique. Il va tenter de comprendre comment fonctionne cette société coupée de tous durant les longs mois d'hiver. Et découvrir que la Bête a des capacités bien supérieures à un simple loup géant.
Enquête policière, infiltration, coup de théâtre, terreur... l'album se dévore d'une traite. Lecture d'autant plus facile que le dessin de Poupard nous donne l'impression d'être au cœur de ces forêts froides, sinistres et diablement dangereuses. Une superbe réussite, qui semble bien partie pour devenir une série télé.
« Les griffes du Gévaudan » (tome 2/2), Glénat, 64 pages, 16 €

