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samedi 17 juin 2023

Cinéma - Maître Poutifard a la rancune tenace

Le nouveau film de Pierre-François Martin-Laval, "Les vengeance de maître Poutifard", avec Christian Clavier et Isabelle Nanty, est une comédie sur le harcèlement. Des profs par les élèves !


On a tous eu, au cours de notre scolarité, un prof tête de turc. Un maître insupportable auquel on ne pouvait pas s’empêcher de jouer des tours pendables. Robert Poutifard, instituteur dans une petite école de province, fait partie de cette partie de la population qui est toujours du mauvais côté, celui des faibles qui se font au mieux manipuler, au pire humilier. Une situation d’autant plus regrettable, pour cet instituteur interprété par Christian Clavier, qu’il est la victime préférée de ses élèves.

Le film de Pierre-François Martin-Laval est adapté d’un roman de Jean-Claude Mourvelat. On découvre un instituteur aigri, persuadé que ses élèves lui ont gâché sa vie. Surtout un petit groupe de quatre, mené par la petite Audrey. Elle a fait capoter sa seule histoire d’amour avec une collègue québécoise. Depuis, il vit toujours chez sa mère (Isabelle Nanty), ruminant ses malheurs.

Aujourd’hui, il part enfin à la retraite. Un nouveau départ pour un nouveau Poutifard. Il va profiter d e son temps libre pour mettre en pratique sa vengeance. Car le professeur des écoles est rancunier. Très rancunier.

Les vengeances de Maître Poutifard, après un début dans une classe d’il y a 20 ans, se déplace à nos jours. Les petites terreurs sont devenues des hommes et femmes installés, reconnus, aimés même. Alors Poutifard va imaginer des plans machiavéliques pour les faire tomber de leur piédestal. Premier à subir sa foudre : Anthony. Devenu chef cuisinier qui tyrannise ses employés pour conserver ses trois étoiles, il va passer une soirée cauchemardesque à cause d’un chien. La partie la plus mouvementée du film, la plus cartoonesque.

Poutifard va ensuite s’occuper des jumelles Camille et Mélanie. Insupportables jeunes, elles le sont encore plus devenues influenceuses beauté. Bêtes comme leurs pieds, elles seront humiliées en présence du président de la République, brillamment interprété par Pef en personne.

Quant à Audrey, devenue star de la chanson, elle sera l’apothéose de la vengeance de Poutifard. A moins que… L’histoire, très linéaire et rigolote, devient plus nuancée et profonde. Preuve que même une vengeance ruminée plusieurs décennies n’est pas toujours la meilleure solution pour dormir en paix.

Film de Pierre-François Martin-Laval avec Christian Clavier, Isabelle Nanty, Jennie-Anne Walker

 

dimanche 8 avril 2018

Cinéma - Gaston, plus rêveur que gaffeur


Dans la série « adaptations de BD au cinéma », Gaston de Pierre-François Martin-Laval, PEF pour les intimes, a plus que la moyenne. Après les déceptions de « Seuls », « Spirou » et dans une moindre mesure de « Valérian », la vision de l’univers inventé par André Franquin, en plus d’être assez fidèle, franchit sans encombre le passage sur grand écran. Il est vrai que l’ancien Robin des Bois a déjà à son actif « Les Profs », carton au box-office. Il y a pourtant un grand écart entre Gaston et la bande à Boulard. PEF s’attaque ni plus ni moins à un chef-d’œuvre de la BD franco-belge. 

Il a su éviter les écueils en reprenant certains éléments incontournables tout en modernisant d’autres gags. L’ensemble est un excellent divertissement, pour toute la famille, qui ne fera pas hurler de rage les fans de la BD et qui devrait séduire les nouvelles générations, celles qui ne savent pas tourner les pages (en papier !) d’un album cartonné.

 Signature impossible

Prunelle (Pierre-François Martin-Laval) est le directeur d’une startup florissante qui recycle les erreurs de fabrication. En rentrant de vacances, il découvre qu’un nouveau stagiaire a pris ses aises, un certain Gaston (Théo Fernandez). Prunelle, colérique, envisage vite de le virer mais un quipropos fait qu’il croit avoir affaire au fils du patron. 


Dès lors Gaston va pouvoir déverser sa folie douce pleine de rêverie sur toute la société. Un grand dadais touchant au goût de la timide et gentille Mademoiselle Jeanne (Alison Wheeler). Malgré les attaques de sa mouette et de son chat. Cela se gâte quand M. De Mesmaeker (Jérôme Commandeur) fait son apparition. Ce magnat de la finance n’a qu’un but : racheter l’entreprise. Il vient donc, tout fier, pour faire signer les contrats. Mais...

La suite on la connaît, c’est le gag récurrent le plus extraordinaire de l’histoire de la BD. Des dizaines de fois les contrats ne sont pas paraphés dans les nombreux albums de Gaston. Dans le film non plus, l’arrogant financier est systématiquement empêché. Et rien que pour cette superbe fidélité à ce qui fait tout le sel du monde de Gaston, radicalement écolo et anti-affairiste avant tout le monde, le film mérite la moyenne dans la série adaptation BD. Une très bonne note même.

➤ « Gaston Lagaffe », comédie de Pierre-François Martin-Laval (France, 1 h 24) avec Théo Fernandez, PierreFrançois Martin-Laval, Arnaud Ducret.

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Le Gaston de Franquin, d'abord un héros de papier

Si le Gaston Lagaffe du film de PEF est stagiaire dans une entreprise de services, dans la réalité (du moins dans les histoires d’origine), il était coursier au journal de Spirou. Une sorte de mascotte pour raconter aux lecteurs les coulisses de la fabrication d’un journal. En plus des gags hebdomadaires, durant des années, Franquin a illustré des articles, plus ou moins farfelus, sur ces à côté d’un journal. 

Souvent sur des textes d’Yvan Delporte, rédacteur en chef emblématique et farfelu de première. Certaines de ces chroniques « En direct de la rédaction » sont reprises dans un luxueux album de 250 pages. L’occasion de découvrir toute la richesse des dessins de Franquin. 

Vous pourrez également retrouver du Gaston dans un hors-série du trimestriel Méga Spirou. Intitulé « Gaston, le gaffeur qui avait du nez », notamment quelques strips inédits. Mais aussi des hommages de quelques personnalités qui racontent ce qu’ils doivent à Franquin et à son personnage principal. De Zep à Alex Vizorek en passant par des profils moins attendus comme José Bové ou Hubert Reeves.

➤ « Gaston, en direct de la rédaction », Dupuis, 32 €

➤ « Méga Spirou spécial Gaston », Dupuis, 11,90 €