La crédibilité d’une histoire, passe parfois par le choix des prénoms des personnages principaux. Zidrou a pris des risques en nommant le couple de « L’obsolescence programmée de nos sentiments" Ulysse et Méditerranée. Ulysse, jeune retraité et Méditerranée, fromagère corse exilée dans le Nord.
Le récit, dessiné par Aimée de Jongh, est bien séparé au début. On découvre le quotidien morne de Ulysse. Fraîchement retraité, à 57 ans, à la faveur d’un dégraissement dans l’entreprise. Il n’a jamais pris l’avion mais a bouffé des kilomètres dans sa vie en étant déménageur. Il vit seul et s’ennuie. Sa femme est morte à 45 ans, son fils, médecin, a trop de travail. Surtout il y a le fantôme de sa fille, morte à 16 ans sur un manège de foire.
Pour Méditerranée, les moments sont durs. Elle vient de perdre sa mère. Neuf mois de souffrance. Pour la mère comme la fille. Elle s’occupe d’une fromagerie, vendant les spécialités corses au Nordistes, l’action se déroule près de Lens. Méditerranée regrettant la beauté de sa jeunesse, quand elle était mannequin, osant même poser pour Lui dans les années 70.
Et puis Ulysse rencontre Méditerranée. Un sourire, une plaisanterie et le plus naturellement du monde l’amour frappe à la porte de ces deux solitaires. Mais avec Zidrou, expert en sentiments, rien n’est aussi simple.
La suite du récit est littéralement sidérante et pose bien des questions à tous ceux qui ont dépassé la cinquantaine. Les « jeunes » découvriront un monde qu’ils devront eux aussi, un jour apprivoiser.
« L’obsolescence programmée de nos sentiments », Dargaud, 19,99 €



