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lundi 18 juin 2018

De choses et d'autres - L’attente en file indienne

Découvert la semaine dernière la sensation parisienne qui fait le plus parler d’elle : la nouvelle pizzeria de la Station F. Sur 1 000 m2 , ce lieu hautement branché, issu de la chaîne Big Mamma propose pizza, pâtes et autres burgers de 11 h à 2 heures du matin. Un succès colossal, malgré des prix assez élevés. Mais c’est visiblement l’endroit parfait pour manger en «bande ». Problème, pour accéder à une table il faut faire la queue. Longtemps, très longtemps.

Et parfois pour rien. Trois heures d’attente pour vous entendre dire, vers 23 h que les frigos sont complètement vides... Je ne me lasserai jamais de la promptitude de certains à hurler dès qu’il faut attendre plus de trois minutes dans une administration publique. Les mêmes qui, pour être dans le coup, au bon endroit où il faut être vu, sont capables de faire le pied de grue durant des heures. 

Les Français ont une étrange relation avec les files d’attente. Au supermarché, cela ne va jamais assez vite. On se bouscule quand une nouvelle caisse ouvre pour délester les autres surchargées. On a passé plus d’une heure à traîner dans les rayons pour choisir ses yaourts mais on ne supporte pas une minute d’attente derrière un autre client.

À l’opposé, quand l’USAP lance ses abonnements ou que les Déferlantes ouvrent leurs guichets, ils sont des dizaines à attendre de longues heures sans rechigner. 

Le plus étonnant reste les pressés sans raison. À l’aéroport, en salle d’embarquement, même si le guichet n’ouvre pas immédiatement, certains voyageurs restent debout devant l’entrée, prêts à s’engouffrer dans l’avion. Comment leur expliquer qu’il ne partira pas sans eux et que personne ne prendra leur place inscrite sur le billet. Absolument rien ne les oblige à faire la queue. Ils doivent aimer ça...

mardi 22 novembre 2016

De choses et d'autres - Plus dure sera la chute pour l'ancien président trop pressé

Après un échec, la renaissance en politique n’est pas chose aisée. Nicolas Sarkozy pourrait en faire un nouveau livre qui le propulserait immédiatement en tête des ventes. Mais bien vendre un programme ne signifie pas être victorieux dans les urnes. Bête politique comme rarement le microcosme en aura enfanté, Nicolas Sarkozy a cru jusqu’au bout pouvoir se relever de sa défaite en 2012. Aujourd’hui, sa troisième place, la pire dans un scrutin à deux tours, le plonge dans les oubliettes de la vie publique. Pour certains, il va falloir passer par une phase de désintoxication. Laurent Joffrin, dans son éditorial pour Libération y va même de sa petite larme : « Pour un peu, Sarkozy va nous manquer ».

Tout avait mal commencé pour l’ancien président. Certains sites ont comparé sa façon de voter avec celle de ses challengers. Quand Alain Juppé reste longuement dans la file et que François Fillon semble un quidam parmi tant d’autres, Nicolas fonce, double tout le monde, vote, serre quelques mains et part sans même payer les deux euros. Résultat, dès midi sur les réseaux sociaux, sa façon de bousculer les lignes, de tout faire au pas de charge, qui a longtemps été un atout, devient une tare.
Parti le dernier en campagne, Nicolas Sarkozy a cru pouvoir rattraper son retard avec quelques sprints dans les dernières semaines. Mais à trop vouloir doubler la piétaille, un jour, elle vous fait un croc-en-jambe. 

(Chronique parue le mardi 22 novembre en dernière page de l'Indépendant du Midi)