Défaite éclair, humiliation suprême. En 1940, quand les bataillons allemands ont fondu sur la France, les soldats français ont très rapidement été débordés, isolés. Battus. Une page peu glorieuse de l’Histoire de France qui est au centre de « La déconfiture » de Pascal Rabaté. Après quelques réalisations au cinéma (dont l’adaptation de certaines de ses BD), le dessinateur revient à ses premières amours. Un noir et blanc épuré, comme brûlé au soleil de ce mois de juin caniculaire, prend à contre-pied la situation dramatique de ces soldats prisonniers avant même d’avoir eu l’occasion de combattre.
Dans la colonne on retrouve Videgrain. Avec quelques amis audacieux, il n’a pas perdu l’espoir de se faire la belle. Mais en attendant il marche vers le Nord Est en compagnie de ses compagnons d’infortune tous les jours sur des dizaines de kilomètres, escorté par les Allemands impitoyables pour les retardataires. La fringante armée française n’est plus qu’une chenille soumise.
La nourriture commence à manquer et certains deviennent presque fous.
Rabaté, dans ce huis clos en plein air, raconte comment ne pas perdre espoir. Il montre aussi les faiblesses humaines. Devenus prisonniers, certains se transforment immédiatement en bons petits chiens des gardiens, n’hésitant pas à dénoncer ceux qui, trois jours auparavant, auraient risqué leur vie pour eux. Une leçon d’Humanité à mettre entre toutes les mains.
« La déconfiture » (tome 2), Futuropolis, 20 € (Album paru en 2018. Chronique publiée initialement dans l'Indépendant du Midi en juin 2018)


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