Le roman de J.-M. Erre s'ouvre sur une véritable scène d'apocalypse. Rassurez-vous, pas de guerre avec des drones ou d'incendie incontrôlable, juste de lendemain de fête. Jean-Luc Godart (avec un T!) et son épouse Anna viennent d'aménager dans leur nouvel appartement. La veille ils ont pendu la crémaillère. Cela a rapidement dégénéré. Jean-Luc se réveille au fond du canapé (il est psychologue clinicien) l'esprit barbouillé et vêtu d'« un soutien-gorge bonnet D, rouge à dentelles ». On sonne à la porte. C'est un plombier pour déboucher les toilettes. Commence alors une conversation hallucinante à trois, le lecteur se retrouvant immergé dans une histoire abracadabrantesque dont le plus étrange reste cette tartine beurrée collée au plafond.
L'auteur,
originaire des Pyrénées-Orientales, n'en oublie pas ses racines
quand il précise que « le plombier pose sa boite à outils
sur le sol avec l'assurance de l'estivant qui prend possession de son
territoire sur la plage d'Argelès-sur-Mer en plantant sa glacière
dans le sable comme on plante un drapeau américain sur la Lune. »
Et forcément, à la fin, la tartine tombe. Une chute aux
lourdes conséquences.
« La loi de la tartine beurrée », J.-M. Erre, Pocket, 144 pages, 7,70 €

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