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jeudi 4 février 2021

Cinéma en streaming - Descente aux enfers à Barcelone


Attendez-vous à découvrir une Barcelone totalement différente de la réputée cité touristique en visionnant Cross the line, film de David Victori, jeune réalisateur catalan. Pas de ramblas ni de plage ensoleillée. Encore moins de folklore à base de sardane ou de Castellers. La Barcelone montré dans ce thriller angoissant est cele de la faune nocturne qui fait peur à tout être qui n’est pas drogué, tatoué, alcoolique et en dehors du système. 

La tentation de la tatouée

En clair tout ce que n’est pas Dani (Mario Casas), le personnage principal de cette longue et inexorable descente aux enfers. Dani, depuis de longs mois, en plus de son job de vendeur de croisière autour du monde dans une agence de tourisme, veille son père, gravement malade. Quand l’agonisant rend son dernier souffle, Dani est perdu. Comme un chien longtemps attaché qui n’ose aller plus loin que ce que lui permettait sa chaîne. Sa sœur le pousse à partir en voyage. Le début du film est quasiment contemplatif tant la vie de Dani est morne. On le sent hésitant. Tenté. Mais… 

Le soir, il va dîner dans un restaurant. C’est là que sa vie bascule. Il est abordé par Mila (Milena Smit), jeune femme tatouée des pieds à la tête. Elle l’entraîne dans son salon de tatouage puis chez elle. Tout laisse présager une nuit de sexe débridé. Dani va-t-il enfin larguer les amarres de sa triste normalité ? Oui, mais pas du tout dans le sens où il le croit. Les événements s’enchaînent et il va devoir lutter pour survivre dans les bas-fonds de Barcelone. 

David Victori, le réalisateur né dans la capitale catalane en 1982 a été l’assistant de Bigas Luna durant de longues années. Il a ensuite fait quelques courts-métrages avant de se lancer dans la réalisation à part entière avec El Pacto en 2018. Première réalisation qui n’est pas encore sortie en France. Sur un rythme trépidant, allant crescendo jusqu’à la dernière scène d’une extraordinaire force, le réalisateur explique qu’il voulait filmer dans Cross the line « la vraie Barcelone, la plus entière, celle qui a des quartiers cachés pleins de beauté et d’énergie. » Ça ne devrait pas attirer beaucoup de touristes mais enchantera les amateurs de cinéma de genre.