Matthias Gnehm, jeune auteur suisse alémanique, aborde dans cette BD en deux parties ce que ses compatriotes ont de plus cher : les banques. Une attaque en règle de ce milieu, trop habitué à flirter avec la légalité et surtout dénué de toute humanité. Le vieux Gruber, à la tête de sa banque, apprend qu'il va bientôt mourir. N'importe qui aurait pris cette nouvelle avec une certaine fatalité. Lui n'y voit qu'une occasion supplémentaire de faire fructifier le capital de sa société. Il décide même de faire jouer la libre concurrence, mettant en compétition ses deux principaux actionnaires dans cette ultime partie de poker menteur. La direction de la banque reviendra à celui qui trouvera le meilleur moyen de transformer la mort de Gruber en investissement profitable. Sur cette base, l'auteur va mettre en place une machination aux multiples facettes et ramifications, avec chantage, fausses accusations et coup de théâtre final. L'action se déroule dans une grande ville, sorte de Genève mâtinée de Zurich, où les apparences sont essentielles, tout en sachant que le culte du secret est roi. Une vision cynique et particulièrement noire du capitalisme moderne. Une histoire à redécouvrir à l'occasion de la sortie de ce coffret richement illustré.
« Mort d'un banquier » (coffret), EP éditions, 26,90 €
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