dimanche 31 octobre 2021

BD - Bois-Maury, la tragédie


À plus de 80 ans, Hermann aime toujours raconter des histoires. Il revient pour un album dans l’univers moyenâgeux de Bois - Maury. Le héros, incognito, surveille son ancien domaine dont il a été spolié. 


Il va trouver sur sa route une bande de mercenaires sanguinaires menée par Ulric, l’homme à la hache. Défiguré et vicieux, ce dernier est la personnification du mal. Dans la boue et le sang, l’affrontement est sans pitié. Même si la précision de son trait a perdu de sa finesse, les couleurs directes restent ce qu’il se fait de mieux dans le genre. 

« Les Tours de Bois-Maury, l’homme à la hache », Glénat, 11,50 €

samedi 30 octobre 2021

BD - Beauté du Vercors de Jean Giono


En adaptant Jean Giono, Dufaux et Terpant veulent refaire vivre un classique de la littérature française. Un roi sans divertissement, roman dur sur les méandres de l’esprit humain, est surtout l’occasion pour le dessinateur de croquer ces paysages du Vercors, notamment en plein hiver. 


L’histoire est celle de Langlois, un capitaine de gendarmerie. Il va se rendre dans un village pour débusquer un assassin. Puis il revient pour tuer un loup. Mais entre l’homme et la bête, qu’elle est la différence ?   

« Un roi sans divertissement », Futuropolis, 17 €

BD - Heureuse séparation


Mandarine est une petite fille comme les autres. À une exception près : ses parents vivent toujours ensemble. La majorité de ses copines ont deux maisons. Une normalité qui ne dure pas. 

Sergio Salma (scénario) et Amelia Navarro (dessin) racontent dans ce premier album comment la fillette va devoir changer ses habitudes. Une semaine avec maman, à la ville, une semaine avec papa, à la campagne. Cela donne deux univers à explorer. Pas si malheureuse finalement Mandarine.

« Mandarine, une semaine sur deux » (tome 1), Bamboo, 10,95 €

vendredi 29 octobre 2021

Roman - Le Gers authentique et ses « Carabistouilles tranchantes »

Bienvenue dans le Gers, au cœur de l’Occitanie, patrie de l’armagnac, de la douceur de vivre… et des couteaux bien affûtés. Le nouveau roman de G-M. Baur se déroule en grande partie dans cette région rurale préservée du sud de la France. Préservée mais pas à l’abri des faits divers, comme vont le découvrir à leurs dépens les cinq retraités qui envisageaient de couler leurs derniers jours, heureux dans une belle maison entourée de bois et de prairies. Les cinq papis n’étaient pourtant pas malheureux dans leur HLM du nord de Paris au nom trompeur de Mimosas bleus

Bar PMU en bas de la rue, un peu de verdure aux alentours, des loyers très abordables. Mais quand l’un des anciens reçoit une convocation chez un notaire, il ne se doute pas qu’il vient d’hériter du domaine dit de la Guérinière, un ancien gîte rural. La bande descend prendre possession de la bâtisse mais découvre qu’elle est squattée par des gangsters. C’est le début des ennuis pour les vieux amis. L’auteur, avec un humour féroce pour l’époque, raconte comment des justiciers amateurs vont dépouiller les braqueurs et les livrer, en slip et saucissonnés à la gendarmerie. 

Prenant plaisir à vivre au grand air après le long confinement, nos héros décident de s’installer à la campagne. Mais lors d’un barbecue chez un voisin, (producteur d’armagnac, boisson qui coule à flots tout au long des pages, gare à l’excès), une femme est assassinée, un couteau de cuisine planté dans le dos. La suite verra un mari infidèle accusé à tort, des Chinois trucidés et enterrés dans un bois et le retour des braqueurs qui auront moins de chance cette fois : à la place des gendarmes ils vont rencontrer ces couteaux gersois décidément très efficaces pour éliminer les ennuis. Un roman enlevé, qui se déguste comme un alcool fort, à petites doses. 

« Carabistouilles tranchantes » de G.-M. Baur, Les éditions du Bord du Lot, 18 €

BD - SuperGroom, un héros en compétition


Spirou est en pleine mutation. Le vénérable groom se transforme en superhéros la nuit. Vehlmann et Yoann ont donc abandonné les aventures classiques pour proposer des aventures sous format comics à la pagination étendue. 


Dans ce second tome, SuperGroom est enlevé et doit participer à une compétition entre supers pour sauver Spip. Il va affronter nombre de méchants. C’est plus léger et ironique que la série d’origine. On regrette cependant cette manie qu’ont les auteurs de maltraiter leur personnage. Il prend des coups, se fait insulter et devient la risée de la planète. Mais au final, il parvient à passer son message pour sauver l'humanité.

« SuperGroom » (tome 2), Dupuis, 13,95 €

jeudi 28 octobre 2021

BD - Astérix met le cap à l’Est sur la piste du Griffon


Sorti la semaine dernière à grand renfort de pub, le nouvel Astérix se déroule loin du village des irréductibles Gaulois. Cap à l’Est, chez les Sarmates, pour tenter de protéger l’animal totem de cette peuplade amie avec Gaulois. 


César, qui cherche à diversifier les attractions des jeux du cirque, voudrait montrer un griffon au peuple pour l’amadouer. Il envoie donc une expédition chez les Sarmates pour capturer une de ces bêtes, mi-lion, mi-aigle avec des oreilles de cheval. Conduite par Terrinconus (jolie caricature de Michel Houellebecq), l’expédition va presque arriver à son but. 

Heureusement Astérix, Obélix et surtout Idéfix vont contrecarrer les plans romains. Sans doute le meilleur titre depuis la reprise de la série par Ferri et Conrad. . 

« Astérix » (tome 39), Éditions Albert-René, 9,99 €

Polar - Bordarier au pays des écrivains

Etonnant policier que ce commissaire Bordarier imaginé par Lucien Nouis. Commissaire à Nîmes, il constate tous les jours que courir après les meurtriers, passé 50 ans, avec une surcharge pondérale généreuse, n’est plus de tout repos. Un flic obèse qui frôle l’infarctus à chaque course-poursuite de plus de 50 mètres, voilà à quoi ressemble la police de nos jours. Enfin les vieux de la vieille car Bordarier a deux jeunes adjoints particulièrement sportifs, véloces et combatifs, Vera Cordelle, d’origine russe passée par les services secrets et Chogyam Namgyel, ancien moine bouddhiste taillé comme un sumo. 

On retrouve avec plaisir ce trio découvert dans Nous ne négligerons aucune piste pour une enquête se déroulant dans le milieu scolaire et des écrivains locaux. Marie-Laure Balagne, prof d’anglais dans un collège du Gard, est découverte assassinée chez elle. Bordarier, sur place, va tenter de trouver un mobile à ce crime. L’occasion pour l’auteur de décrire le petit milieu des voisins.  Toute la richesse de ces romans réside dans ces portraits tous très différents les uns des autres, du livreur de vin, commerçant bon vivant au voisin acariâtre et pingre en passant par le couple d’octogénaires à la vie bien tranquille entre daube et PMU.

Masse corporelle salvatrice

Plus qu’un roman policier, c’est un roman de la vie quotidienne que Lucien Nouis signe. Au gré des pistes s’offrant au commissaire, on plonge dans le milieu de la littérature Dark Romance (la victime écrivait des romans osés sous un pseudonyme), des nouveaux viticulteurs, venus de Chine pour faire bonifier des vignes françaises ancestrales, ou  de ces jeunes qui se marient comme d’autres changent de slip. 

Ces histoires de mariage font un peu cauchemarder Bordarier. Lui qui vit désormais seul dans un petit cabanon perdu dans la garrigue, voit le boulet se rapprocher. Il vit une belle histoire d’amour avec Benedetta, une Italienne. Elle travaille dans la mode et passe presque tout son temps à Paris. Mais au détour d’un week-end en amoureux, elle glisse qu’elle se verrait bien mariée à ce policier qui pourrait relancer sa carrière dans la capitale. Une allusion qui suffit à donner des aigreurs d’estomac à ce gourmet. 

Pour oublier cette abominable possibilité, il se lance dans l’enquête au volant de sa Primura, vieille bagnole italienne qui va souffrir sur les chemins défoncés de l’arrière-pays nîmois. Et Bordarier devra aussi payer de sa personne comme ce passage, hilarant, où il tente de raisonner Marina, sa demi-sœur, en furie contre sa belle-fille : « Bordarier l’empoigna pour la forcer à lâcher prise. Poussant un râle effrayant, Marina lui balança un coup de pied qui aurait pu le mettre au sol s’il n’avait pas bénéficié d’un indice de masse corporelle lui permettant d’absorber ce genre d’attaque. » Un commissaire qui fait parfois un peu penser à un autre célèbre flic de la littérature française : le bien nommé Bérurier.

« Jusqu’au dernier chapitre » de Lucien Nouis, Éditions du Masque, 20 €

mercredi 27 octobre 2021

BD - La tragédie du jeune Alix


Personnage emblématique de la BD historique, Alix a été créé par Jacques Martin. Ses aventures continuent sous de multiples formes. Une série parallèle le montre âgé et sénateur. Dans Alix Origines, écrite par Bourgne et dessinée par Libessart, c’est le jeune Alix, même pas adolescent, qui est en vedette. 


Fils d’un chef gaulois, il va découvrir les manigances de Jules César. Alors que les Gaulois sont en paix avec Rome, les Helvètes se soulèvent. Contre les Romains mais aussi les Gaulois. 

L’occasion rêvée pour César de s’implanter durablement en Gaule. L’intrigue historique sert aussi à raconter comment Alix va être arraché à sa famille. Sa mère assassinée, son père vendu comme esclave, il reste seul pour défendre sa sœur Alexia

Une série pour les plus jeunes, idéale pour découvrir ce riche univers. 

« Alix Origines » (tome 2), Casterman, 11,95 €

Littérature jeunesse - Blanche, petite espionne royale

Les aventures des Mousquetaires ont longtemps fait rêver les petits garçons. Mais pourquoi les petites filles seraient exemptes de plaisir à lire les intrigues de la cour et les combats à l’épée ? Angélique Chevalier (pseudonyme d’une autrice italienne), répare cet oubli en lançant les aventures de Blanche, espionne de la Reine.

La gamine de14 ans, est dame de compagnie le jour, mais la nuit elle devient espionne pour cette même femme au tempérament très libre. Blanche, fille de Milady, croise la route de d’Artagnan et joue double jeu en infiltrant le réseau de Richelieu

C’est plaisant, assez didactique, entre action et romantisme, le tout agrémenté d’illustrations de Paola Antista

« Blanche, espionne de la reine », Angélique Chevalier, PKJ, 9,90 €

mardi 26 octobre 2021

BD - Schtroumpfs immaculés


Depuis leur reprise par plusieurs auteurs, les Schtroumpfs sont fidèles au rendez-vous chaque année. Un titre reprenant l’univers de Peyo, avec sérieux et fidélité. Pour cette 39e histoire des aventures des petits lutins bleus, l’ennemi vient du ciel. 

Au début, c’est une jolie chute de neige qui transforme les collines entourant le village en pistes de luge. Mais quand la tempête se renforce, la couche augmente et les petites maisons en forme de champignon vont être submergées. Et comme elles risquent de s’écrouler, tout le monde s’exile vers une tour fabriquée en pierres. Là, à l’étroit, les Schtroumpfs vont devoir prendre leur mal en patience. 

Une belle parabole sur le vivre ensemble, doublée d’une histoire sur un ermite qui finalement va retrouver le plaisir d’avoir des relations sociales.  

« Les Schtroumpfs » (tome 39), Le Lombard, 10,95 €

Polar - Bourgeoisie moisie et adepte des "Beaux mensonges"

Découverte sur le net, Céline de Roany a remanié son premier polar pour intégrer les collections des Presses de la Cité. Cette première enquête de Céleste Ibar plonge le lecteur dans les vicissitudes de la bourgeoisie nantaise. La patronne d’une usine de biscuits est retrouvée morte chez elle. Suicide ou homicide. La toute nouvelle enquêtrice va plonger dans un monde de faux-semblants, où tout le monde se connaît, se soutient ou se tire dans les pattes. Bienvenue chez les riches. L’intrigue permet de passer en revue quantité de portraits, de la substitut de procureur sous emprise au curé humanitaire en passant par le notaire avide de revanche car issu du milieu ouvrier

Le meilleur reste cependant la personnalité de Céleste Ibar, une flic vraiment différente, reconnaissable entre mille avec ses deux immenses balafres lui barrant le visage.

« Les beaux mensonges » de Céline de Roany, Presses de la Cité, 21 €


lundi 25 octobre 2021

Cinéma - La poésie pionnière de “First cow”


Le cinéma américain est une industrie. Mais pas toujours. Il existe parfois des réalisations qui donnent toute sa signification au terme « septième art ». En allant voir First cow de Kelly Reichardt, ne vous attendez pas à un western ou autre épopée sur la conquête de l’Ouest américain. Rapidement vous vous retrouvez plongé dans un long poème naturaliste aux images dignes des plus belles peintures du XIXe siècle. 

La beauté est de tous les plans, de toutes les attitudes, de la moindre scène anodine. Du très grand art à déguster avec délectation. Ce septième film de la réalisatrice américaine se déroule de nouveau dans son Oregon, état sauvage de la côte ouest. En 1820 c’est encore des forêts primitives. Dans ces bois souvent hostiles, des trappeurs tentent de survivre.

Cookie (John Magaro) est le cuisinier d’un petit groupe cherchant à rejoindre un comptoir. La nuit, il aide un homme en fuite, King Lu (Orion Lee) 

■ Lait et beignets 

 Quelques mois plus tard, ils se retrouvent dans une ville en plein essor. Une amitié va naître dans ce pays où tout semble permis. Les talents de cuisinier de Cookie alliés à la débrouillardise de King Lu vont leur permettre de se lancer dans le commerce de beignets. Seul problème, ces gourmandises que les trappeurs s’arrachent, sont réalisées avec le lait, qu’ils volent chaque nuit, de la seule vache des environs. 

 Film visionnaire, au tempo lent et grave, First cow explore la création des États Unis, avec en filigrane une explication du capitalisme triomphant et une certaine philosophie de la vie au jour le jour. Le tout sur des paysages sauvages à couper le souffle.

"First cow", film américain de Kelly Reichardt avec John Magaro, Orion Lee, Toby Jones

dimanche 24 octobre 2021

Série Télé - «Octobre», la saison des marrons au Danemark


Adaptée du roman de Soren Sveistrup, Octobre (paru chez Albin Michel puis au Livre de  Poche) fait partie de ces nombreuses séries nordiques sur Netflix parfaitement maîtrisées, déroulant une intrigue fouillée durant les six épisodes d’une heure sans le moindre temps mort. Octobre est le premier roman de Sveistrup, mais pas sa première série. Il s’est fait connaître avec The Killing (intégrale des trois saisons en DVD chez Universal) et dans la foulée s’est lancé dans l’écriture. Après un succès planétaire, Octobre le roman se trouve donc fidèlement adapté à la télévision. 

Classiquement l’intrigue tourne autour de deux flics. Thulin (Danica Curcic) est une excellente enquêtrice mais qui n’arrive plus à assumer son rôle de mère. Face à la crise de sa fille de 10 ans, elle demande sa mutation à la cybercriminalité. Elle doit avant cela s’occuper d’une affaire de meurtre. Une femme retrouvée attachée près de chez elle, une main coupée. Thulin, la solitaire, doit faire équipe avec Hess (Mikkel Boe Folsgaard, vu dans The Rain, toujours sur Netflix). Froid, obnubilé par l’enquête, il ne trouve pas de terrain d’entente avec Thulin. Quand le cadavre d’une seconde femme est découvert, l’hypothèse d’un tueur en série s’impose. D’autant que le meurtrier signe ses forfaits en laissant près des victimes des petits bonhommes fabriqués avec des marrons. 

L’ambiance, un peu glauque, est pourtant très prenante. Ces deux solitaires ont tout pour faire une bonne équipe. Mais jamais ils ne vont dans le même sens. C’est cet affrontement larvé qui fait tout le sel de la série en plus des nombreux rebondissements de l’intrigue, toujours de plus ne plus compliquée et semée de fausses pistes.

samedi 23 octobre 2021

Série télé - L’île de tous les cauchemars


Si vous avez le projet de vous installer dans une île isolée pour vous couper du monde trop violent, ne regardez pas, sur Netflix, Sermons de minuit avant. La mini série de Mike Flanagan vous découragera de vous retrouver, comme les quelques dizaines d’habitants du bout de terre où se déroule l’histoire, prisonnier d’un démon. Le créateur de la série (il écrit et réalise l’ensemble), abandonne les maisons hantées pour voir plus grand. Ce n’est plus une famille qui est aux prises avec des fantômes mais toute la communauté de Crockett Island

Le premier épisode présente les différents protagonistes. Comme un condensé de l’Amérique profonde. Riley (Zach Gilford) revient sur l’île après quatre années de prison. Ivre, il a tué une femme en provoquant un accident de la circulation. Son retour est mal vu par la majorité des habitants. Il retrouve Erin (Kate Siegel), son ancien amour de jeunesse, devenue institutrice de la petite école. Erin célibataire mais enceinte. Un état qui a du mal à passer auprès de Bev (Samantha Sloyan), sorte de bonne du curé, très pieuse, très écoutée par les paroissiens. Car tout le monde va à la messe le dimanche. Excepté le shérif, Hassan (Rahul Kohli) qui est musulman. Le père Paul, après un voyage à Jérusalem doit revenir. Mais un jeune prêtre arrive à sa place. Et du moment qu’il débarque, les événements étranges se multiplient. Mauvais ou bénéfiques. 

La série, en sept épisodes d’une heure, va crescendo dans l’horreur. Mais les scènes gore et terrifiantes ne constituent pas l’essentiel du programme. Au contraire, Sermons de minuit est passionnant avant tout pour ses dialogues longs et fouillés. Les tirades de Riley puis d’Erin sur comment ils imaginent ce qu’il y a près la mort méritent d’entrer dans l’anthologie des séries télé. Et comme sa précédente série, The Haunting of Hill House qui en regorgeait, il signe un plan séquence d’anthologie sur une plage de l’île digne d’être étudiée dans toutes les écoles du cinéma. Bref on frémit mais on prend aussi beaucoup de plaisir à cauchemarder sur l’île de Mike Flanagan. 


vendredi 22 octobre 2021

Cinéma en streaming - Évitez de croiser le chemin de Kate


Film japonais tourné par un Français avec des acteurs américains, « Kate » est un drôle d’objet cinématographique qui n’aura pas eu la chance de sortir en salles. Directement sur Netflix, cet action movie diffère un peu des autres par son ambiance et surtout sa fin. Sans doute la patte de Cédric Nicolas-Troyan, réalisateur originaire de Bordeaux, spécialiste des effets spéciaux qui travaille beaucoup au Japon. Kate, la tueuse implacable, est interprétée par Mary Elizabeth Winstead qui ne fait pas semblant dans les scènes de combat. Elle est en fin de carrière. Espère que c’est son dernier contrat. Mais tout dérape et elle a moins de 24 heures pour tenter d’honorer sa commande mais aussi se venger. 

Le film, sans le moindre temps mort, offre un rôle ambigu à Woody Harrelson (il adore ça) et fait découvrir une jeune actrice canadienne, Miku Patricia Martineau, parfaite dans la peau d’une adolescente japonaise torturée par ses origines : son père est un Yakusa impitoyable.

 

 


jeudi 21 octobre 2021

BD - Futur mécanique


Certaines séries de SF sont particulièrement abouties au niveau dessin. Elecboy de Jaouen Salaün est à placer dans cette catégorie, avec en plus une intrigue et un univers qui plaira aux amateurs de Mad Max. 


Dans un futur apocalyptique, les Humains tentent de survivre alors qu’une intelligence artificielle a pour but de les exterminer. Joshuah, le jeune héros, découvre dans le premier tome qu’il a des pouvoirs. 

Dans cette suite il va prendre conscience qu’il est différent des hommes et femmes qui survivent sur les ruines mécaniques de la civilisation passée. Tout dans la série est remarquable, du découpage et à l’avancée de l’intrigue (façon puzzle se mettant en place) aux dessins en couleur directe.  

«Elecboy» (tome 2), Dargaud, 14,50 € 


mercredi 20 octobre 2021

BD - Espé arrive à Gruissan avec son "Agence des invisibles"









Parmi les nombreux dessinateurs présents à Gruissan ces samedi 23 et dimanche 24 octobre au festival de la BD, Espé a deux nouveautés : le tome 11 de Château Bordeaux (Glénat) et surtout la première enquête de l'Agence des Invisibles (Philéas), nouvelle série lancée sur un scénario de Marc Lévy.

Avec deux nouveautés parues en septembre, on pourrait penser qu'Espé, dessinateur de BD originaire de l'Ariège et devenu un habitué du festival de Gruissan, est un stakhanoviste. S'il reconnaît "travailler vite", il explique cependant que c'est "un hasard de calendrier."

Si le tome 11 de Château Bordeaux (scénario de Corbeyran, Glénat) est un rendez-vous normal, sa toute nouvelle série L'agence des Invisibles a subi les contrecoups de la crise sanitaire. "On a commencé le travail sur la série en 2018. Après avoir adapté Sept jours pour une éternité de Marc Lévy, je me suis lié d'amitié avec lui. Et je l'ai poussé à imaginer un script original pour une série BD".


Quelques années plus tard c'est le grand saut dans l'inconnu avec cette première enquête, 80 pages parues chez la toute nouvelle maison d'édition Philéas du groupe Editis. "Marc a imaginé les membres de l'agence et écrit le script. Ensuite c'est Sylvain Runberg, scénariste de BD, qui a découpé l'ensemble."

Cela donne un gros volume, autonome, présentant les personnages principaux et leur entreprise si particulière. Il est expliqué en 4e de couverture que "l'Agence des Invisibles, menée par Norman Cooper et son ami Kuma Takara, retrouve la trace de personnes disparues au cours des grands conflits, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu'à nos jours, et reconstitue le déroulement des derniers jours de leur vie ainsi que les circonstances de leur disparition."

Ce premier récit lance ces pisteurs du passé sur les traces de Friedrich Müller, navigateur dans la Luftwaffe disparu avec son bombardier en 1941. Le premier tome, paru mi-septembre, devrait être suivi d'un second si les lecteurs sont au rendez-vous.

Humour trash dans Fluide Glacial

Un nouvel album qu'Espé devra caler entre ses autres productions. Notamment Chateau Bordeaux se déroulant dans le milieu de la viticulture. Le tome 11 intitulé "Le tonnelier", raconte la suite de la saga familiale d'Alexandra Baudricourt, propriétaire d'un domaine dans le Médoc. 


Presque un thriller économique qui permet également de présenter quelques facettes du monde de la viticulture. Dans cet album il est plus spécialement question du métier de tonnelier et des particularités du cru Sauternes, un vin blanc liquoreux qui doit beaucoup à une petite rivière, le Ciron. 

Mais ce que'Espé aime le plus dans son métier de dessinateur, c'est de laisser libre cours à son humour que l'on pourrait qualifier de noir et caustique. Depuis quelques années il publie sur les réseaux sociaux des dessins ou gags.

"On m'a poussé à les présenter à Fluide Glacial, le magazine. Et ils ont plu au directeur de la publication, Olivier Sulpice. Résultat j'ai deux ou trois pages dans le magazine, un rêve pour moi, entre Goossens et Edika." Un album est programmé pour l'année prochaine reprenant les pages publiées chaque mois, avec peut-être quelques planches refusées car trop trash. "Je vais assez loin, reconnaît Espé. Et certaines idées sont refusées par le magazine qui a une véritable direction éditoriale. Mais c'est bien. J'ai plein d'histoires, de coquines à noires en passant par l'humour trash". Alors faisons notre maxime du titre de cet album en gestation : "Soyons sérieux, restons idiots !"  

mardi 19 octobre 2021

BD - Fantomar, héros franchement débile


Connaissez vous le fils de la jungle ? Il sévit depuis quelques mois dans les pages de Fluide Glacial et un premier recueil de ses aventures vient de sortir. Imaginé par Gad, Fantomar, le fameux fils de la jungle, est un culturiste aussi musclé qu’il est débile, c’est dire... 

Dans la jungle, il doit affronter des menaces terrifiantes comme des femmes-araignées, un crocotigre, trois touristes souls et, sa plus grande peur, des féministes. Concentré de testostérone, Fantomar a peu d’estime pour les femmes. Sauf quand elles acceptent de faire l’amour avec lui. Rassurez-vous cela n’arrive jamais car à lire cet album, la pire catastrophe qui pourrait arriver à l’Humanité serait que Fantomar puisse se reproduire.    

«Fantomar», Fluide Glacial, 12,90 €

lundi 18 octobre 2021

BD - Nuage Blanc, le moine


Dans une Chine moyenâgeuse et bourrée de référence à la fantasy, le jeune moine shaolin Nuage Blanc a pour mission de sauver le monde. Avec une redoutable tueuse, la très belle mais aussi dangereuse Yuki, il va affronter des tigres géants, des trolls aux yeux bridés et des magiciens sans pitié. 


Ecrite par Jean-François Di Giorgio (déjà scénariste de tout l’univers de Samuraï), cette mini saga en trois tomes est dessinée par Looky. Ce dessinateur s’impose de titre en titre comme un remarquable cadreur. Ses mises en pages, dynamiques et originales, donnent une puissance supplémentaire à son dessin réaliste. Chaque coup porté par les différents combattants semblent résonner dans ces pages d’une composition remarquable. 

«Shaolin» (tome 2), Soleil, 14,95 €

dimanche 17 octobre 2021

Thriller - « Le serment » des jeunes amis et ses conséquences

Décidément il ne se passe pas un mois sans qu’un nouveau talent de la scène littéraire nordique ne vienne sur le marché français avec un titre aussi passionnant que les dizaines déjà paru sous les signatures de Jo Nesbo, Arnaldur Indridason ou Henning Mankell. Le petit bijou en question vient de Finlande. Arttu Tuominen propose le premier tome d’une série qui sera sans doute récurrente avec deux enquêteurs très atypiques : le commissaire Paloviita et l’inspecteur Oksman

Le premier est véritablement au centre du premier roman même s’il délègue les opérations sur le terrain à Oksman. Il délègue car il découvre rapidement que le meurtre d’un ivrogne est directement relié à son enfance. La victime, poignardée en pleine fête privée, était l’enfant qui, 27 ans auparavant, harcelait le jeune Jari Paloviita. Le présumé coupable, retrouvé hagard dans la forêt, recouvert de sang, n’est autre que le meilleur ami de Jari à l’époque. Une résurgence d’un passé que Jari a tout fait pour oublier. Et quand Oksman commence à relier le crime au passé des deux belligérants, Paloviita va tenter de ralentir l’enquête au risque d’hypothéquer ses chances de devenir chef de la police de cette station balnéaire. 

En alternant l’enquête actuelle avec les scènes où les deux amis se font des promesses pour un avenir joyeux, l’auteur place l’enfance, ses émerveillements suivis de ses déceptions, au cœur de l’intrigue. Paloviita devra faire des choix. Tout en se méfiant d’Oksman, le plus étrange enquêteur de Finlande. Souffrant de nombreux troubles obsessionnels du comportement, ce célibataire jusqu’au-boutiste, moqué par ses collègues, va pourtant s’approcher de la vérité liée à un serment faite par des jeunes garçons ambitieux des années plus tôt.

« Le serment » d’Arttu Tuominen, Éditions de la Martinière, 22 €


samedi 16 octobre 2021

BD - Les débuts de Machiavel


Avant d’être l’inventeur de la politique moderne, Machiavel était un jeune homme fougueux et en colère. On le découvre dans cette série écrite par l’historien Jean-Marc Rivière et dessinée par Gabriel Andrade, simple rédacteur aux archives. 


Mais pour le besoin d’une enquête sur un meurtre, il passe au service de Soderini, sorte de chef de la police de Florence en cette année 1498. Or, Soderini est à l’origine de la mort du père de Machiavel. Les relations sont tendues mais le jeune homme apprendra beaucoup auprès de cet étrange homme.    

« Les enquêtes de Machiavel » (tome 1), Glénat, 14,95 €

vendredi 15 octobre 2021

BD - Vol contre complot près de la Tour Eiffel


Toujours dans les parages de la  toute nouvelle Tour Eiffel, Manini et Richez, au scénario, racontent la vie des petites gens. David Ratte dessine le second album du concept avec cette fois une voleuse en vedette. 

La jolie Juliette se déguise pour, tous les jours vers midi, détrousser les passants. Dans son butin une valise contenant des documents capables de faire tomber la IIIe République. Cette histoire de vol et de complot se double d’une histoire romantique entre la petite voleuse et le policier chargé de l’arrêter. Une histoire complète distrayante et instructive.   

➤ « La petite voleuse de la Tour Eiffel », Bamboo, 15,90 €

jeudi 14 octobre 2021

BD - Atlas final


Troisième et dernier tome de l’ambitieuse série de SF de Vehlmann, De Bonneval, Tanquerelle et Blanchard. Dans une France alternative (Fillon est président), une structure extraterrestre, l’Umo, refait son apparition près d’une centrale nucléaire

Pour le combattre il faut vite réparer le dernier Atlas, des robots géants fonctionnant à l’énergie nucléaire. 

Ces 250 dernières pages concluent parfaitement cette riche saga. On comprend d’où vient l’Umo et quel est son but. Le scénario mélange judicieusement écologie, philosophie et politique.

« Le dernier Atlas » (tome 3/3), Dupuis, 26 €

mercredi 13 octobre 2021

BD - À l’origine des dragons


Le dernier dragon, série  imaginée par Pécau, est déclinée dans cet album en hors-série. En dehors de l’intrigue principale, on découvre comment Ley est devenue la redoutable Drac, ces femmes qui chevauchent des dragons. Ley,  encore adolescente, est promise à un riche commerçant. Les noces tardent, le futur époux, un soudard, vide la réserve de bière du père et décide de prendre son dû avant l’union. Heureusement la tante de Ley, Drac, l’aide et lui permet de décider de son destin. Un album clé toujours dessiné par Pilipovic.  

➤ « Le dernier des dragons » (hors-série), Delcourt, 14,95 €