lundi 25 octobre 2021

Cinéma - La poésie pionnière de “First cow”


Le cinéma américain est une industrie. Mais pas toujours. Il existe parfois des réalisations qui donnent toute sa signification au terme « septième art ». En allant voir First cow de Kelly Reichardt, ne vous attendez pas à un western ou autre épopée sur la conquête de l’Ouest américain. Rapidement vous vous retrouvez plongé dans un long poème naturaliste aux images dignes des plus belles peintures du XIXe siècle. 

La beauté est de tous les plans, de toutes les attitudes, de la moindre scène anodine. Du très grand art à déguster avec délectation. Ce septième film de la réalisatrice américaine se déroule de nouveau dans son Oregon, état sauvage de la côte ouest. En 1820 c’est encore des forêts primitives. Dans ces bois souvent hostiles, des trappeurs tentent de survivre.

Cookie (John Magaro) est le cuisinier d’un petit groupe cherchant à rejoindre un comptoir. La nuit, il aide un homme en fuite, King Lu (Orion Lee) 

■ Lait et beignets 

 Quelques mois plus tard, ils se retrouvent dans une ville en plein essor. Une amitié va naître dans ce pays où tout semble permis. Les talents de cuisinier de Cookie alliés à la débrouillardise de King Lu vont leur permettre de se lancer dans le commerce de beignets. Seul problème, ces gourmandises que les trappeurs s’arrachent, sont réalisées avec le lait, qu’ils volent chaque nuit, de la seule vache des environs. 

 Film visionnaire, au tempo lent et grave, First cow explore la création des États Unis, avec en filigrane une explication du capitalisme triomphant et une certaine philosophie de la vie au jour le jour. Le tout sur des paysages sauvages à couper le souffle.

"First cow", film américain de Kelly Reichardt avec John Magaro, Orion Lee, Toby Jones

Aucun commentaire: