dimanche 15 août 2021

BD - Bientôt 20 ans après le 11 septembre


Un seul homme peut-il changer la face du monde ? Oui si l’on en croit l’intégrale du Prince des ténèbres, mini-série dans le cadre de la collection Jour J qui ressort sous forme d’intégrale. Cet homme c’est Bob, agent secret américain, persuadé avant tout le monde que Ben Laden est un redoutable ennemi pour son pays.

Donc avant que les commandos ne fondent sur les tours jumelles le 11 septembre 2001, Bob, aidé d’O’Neill, un agent du FBI qui a cru aux craintes de Bob, neutralise les terroristes. Dans cette uchronie écrite par Duval et Pécau et dessinée par Kordey, Bob est toujours sur la piste de Ben Laden.

Mais entre-temps Saddam Hussein a été destitué par un printemps arabe. C’est donc dans cette région toujours aux prises à de graves troubles que le duo va, en dehors de toute légalité, poursuivre son travail pour mettre le monde occidental à l’abri des agissements de ces fous de Dieu.

C’est plein de clins d’œil politiques (De Villepin, Obama) et totalement crédible. Ensuite, difficile de dire si ce serait mieux que notre triste présent…

«11 septembre», Delcourt, 19,95 € 

samedi 14 août 2021

BD - La brigade des souvenirs voit double


Deux scénaristes BD de la région, Carbone des Pyrénées-Orientales (même si elle a quitté le département cet été pour s’installer en Martinique) et Cee Cee Mia de Carcassonne dans l’Aude ont conjugué leur imagination pour signer une nouvelle série prometteuse aux éditions Dupuis. La brigade des souvenirs est composée de trois ados, Tania, Théo et Alban. Ils découvrent par hasard dans les ruines d’une école, une boîte de biscuits contenant une lettre où une certaine Toinette, désespérée, déclare sa flamme à un certain Ernest. Les trois intrépides (et curieux), se mettent alors à la recherche de ces amoureux. Juste pour savoir si l’histoire a bien terminé. 

Le récit, alternant scène d’aujourd’hui sur l’enquête et retours en arrière, lors du drame de Toinette, est dessiné par Marko. Et comme le programme éditorial a été bousculé à cause des confinements successifs, le tome 2 parait au même moment que le 1. Une double ration d’enquête dans le passé. Mon île adorée aborde le problème de l’exil forcé des jeunes Réunionnais dans la Creuse durant les années 60. Chaque album permet de passer de l’humour (Alban est un rigolo) à l’émotion (Tania est très romantique). Et un cahier pédagogique complète ces BD tirées d’histoires vraies. 

« La brigade des souvenirs » (tomes 1 et 2), Dupuis, 12,50 €.  

Thriller - Ombres monstrueuses au "Carnaval des ombres" de R. J. Ellory

Les véritables amateurs de littérature américaine ne jurent plus que par lui. R. J. Ellory construit une œuvre dense et exemplaire, racontant l’Amérique à travers des faits de société et autres histoires de petites gens ordinaires. Paradoxalement, l’écrivain est un citoyen 100 % britannique…

Plongée dans une Amérique du passé dans Le carnaval des ombres. Nous sommes en 1959 et on suit l’agent spécial Michaël Travis. Il est envoyé dans la petite ville rurale de Seneca Falls, dans le Kansas. Une région rurale, secouée par la découverte d’un cadavre près du chapiteau d’un cirque spécial. Pas d’animaux ni de clowns au programme du spectacle, mais des monstres et autres bizarreries humaines, les fameux « freaks » exhibés dans des mises en scènes vulgaires.

Travis va être plongé dans ce monde où la magie et les illusions font que la vérité est parfois impossible à atteindre. Un roman magistral, parfait pour se faire frissonner en plein été.

« Le carnaval des ombres », R. J. Ellory, Sonatine, 24 €

vendredi 13 août 2021

Roman - Loghauss, la sinagrie, veille sur Montrafet


Splendide fresque familiale, Les Contreforts de Guillaume Sire nous plonge au cœur des légendes des Corbières audoises. Pourtant l’histoire est contemporaine. Mais sur ces terres rudes et pauvres, les traditions sont encore ancrées dans la mémoire collective. Notamment quand il s’agit des sinagries. Ces « démones invisibles », aiment hanter certains pics. « Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, et n’agissent pas à proprement parler ; mais elles existent et quand un enfant disparaît, si elles ne sont pas coupables, elles n’y sont pas non plus pour rien : elles n’ont pas avalé l’enfant, mais ne l’ont pas sauvé. Elles sont là. » Une présence palpable autour du château de Montrafet, à quelques kilomètres de Carcassonne. La sinagrie qui tourne autour de ce bâtiment qui tombe en ruine se nomme Loghauss. Un monument en ruines et une famille qui s’accroche à cette possession depuis des siècles. 

La famille Testasecca exploite quelques hectares de vignes et débite sa forêt pour en faire du bois de chauffage. Il y a Paul, le père, tel le Minotaure, force de la nature, impétueux, toujours volontaire. Inconscient aussi du danger et des difficultés financières. Diane, la mère, essaie de sauver les meubles. Au sens propre comme au figuré, jonglant avec les prêts à la consommation, les formulaires d’aides incompréhensibles de la communauté européenne et son charme pour adoucir l’impatience des créanciers. Clémence, la fille, bientôt 18 ans, est une sauvageonne bricoleuse. Elle répare et entretient la propriété. Pierre, le dernier, passe ses journées à chasser et braconner dans la garrigue avec son fidèle chien Bendicò. A l’âge de dix ans, Pierre, selon la légende, a été sauvé des flammes d’un feu de forêt par Loghauss « à la condition qu’il devienne sa marionnette ; puis un jour elle le tuerait, elle mangerait son âme, et transformerait son corps en arbre noueux et blanc aux fruits empoisonnés. » Pierre surnommé depuis par les villageois « le Baron perché ». 

Une ambiance fantastique mais des problèmes très terre à terre dans ce roman qui dresse aussi le portrait d’une Aude besogneuse mais en proie à des graves difficultés. Tout bascule pour les Testasecca quand le très technocratique service des Monuments historiques considère que « le château, classé au patrimoine national depuis 1840, était sous le coup d’un arrêté de péril. » En clair, des réparations urgentes doivent être réalisées par les propriétaires. Sinon il sera saisi les Testasecca chassés de leurs terres. Incapables de trouver de nouveaux financements, victimes d’aigrefins, les quatre décident dès lors de défendre leur bien. Quitte à passer hors la loi et devoir subir l’assaut de dizaines de gendarmes lourdement armés. 

Guillaume Sire, enseignant à Toulouse, a voulu rendre hommage à la terre de son enfance. On retrouve dans ce roman picaresque toute la beauté des Corbières, leur âpreté. Vivre sur les contreforts de Montrafet se mérite. Et si vous n’en êtes pas digne, gare à Loghauss, la sinagrie qui veille sur ces terres.

« Les contreforts » de Guillaume Sire, Calmann-Lévy, 19,90 €

 


BD - "Phobos" c'est Secret Story… direction Mars


Publiée sous forme de romans, la saga Phobos, de Victor Dixen, bénéficie d’une adaptation sous forme de bande dessinée. C’est le Brésilien Eduardo Francisco qui dessine les aventures de Léonor et de ses 11 colocataires.

L’intrigue a tout d’un scénario de téléréalité. Six filles et six garçons, enfermés chacun dans des appartements séparés, ont une année pour former six couples. Mais pas d’élimination possible, puisque l’émission est réalisée dans un vaisseau spatial lancé vers Mars. Une fois arrivés, les six couples pourront former la première colonie martienne.

Associer téléréalité et conquête de l’espace est l’idée de génie de Victor Dixen, romancier français qui vend des millions d’exemplaires, partout dans le monde. Et, comme dans Secret Story, chaque participant a un lourd secret qui risque d’hypothéquer le succès de l’opération.

Une série qui s’adresse plus spécialement aux adolescents.

« Phobos » (tome 1), Glénat, 16,90 €

jeudi 12 août 2021

Roman - Duel à la Défense

Marius et Priscilla sont deux jeunes et brillants managers d’une grosse multinationale basée à la Défense. Ils sont aussi dévorés d’ambition et quand le grand chef est remercié par le conseil d’administration, ils vont se retrouver en concurrence pour le poste suprême. Ce roman de Marin de Viry raconte comment ces nouveaux prédateurs du grand capitalisme s’entre-dévorent avec une méchanceté démentielle

L’occasion pour le romancier de brocarder ce monde qui, par chance, est étranger à la majorité des gens normaux. Mais il va beaucoup plus loin, imaginant un rapprochement des deux belligérants et l’adjonction de nouveaux joueurs. Et comme dans les romans à l’eau de rose, tout finit par un double mariage. Mais pour le bonheur, on repassera.  

« L’arche de mésalliance », Marin de Viry, Éditions du Rocher, 17,90 €

Polar - Afghanistan, nid d’espions

Les espions français sont toujours en action partout dans le monde. Cédric Bannel raconte leur quotidien dans une série de romans ancrés dans le réel.

Dans ce nouveau volume paru début juillet et sobrement intitulé L’espion français, on retrouve Edgar, 33 ans, élément essentiel du renseignement français même si officiellement il ne travaille pas pour l’État. C’est un des membres d’une entité chargée des dossiers les plus sensibles. Sa mission : éliminer physiquement des ennemis parfois intouchables. Le roman se déroule en grande partie en Afghanistan.

Un pays qui est en train de basculer aux mains des Talibans. Sur place, une Française, Alice Marsan, surnommée la veuve blanche, est à la tête d’une armée de djihadistes et sème la terreur. Mais Edgar osera-t-il, pour la première fois de sa carrière, abattre de sang-froid une femme ?

Quand le roman d’espionnage rejoint l’actualité. C’est très bien renseigné et parfois, cela fait froid dans le dos.

« L’espion français », Robert Laffont, 19,90 €

mercredi 11 août 2021

Roman historique - Magnificat de Narbonne

Après le succès du roman « Angélus » (Prix Historia), François Henri Soulié revient dans cette Occitanie médiévale pour raconter l’histoire d’Ermengarde de Narbonne. A la tête du comté en 1177, elle se retrouve contestée par les marchands de la ville. Ils voudraient faire du comté une république à l’égal de Gênes ou de Pise. Alors que le sang coule et qu’Ermengarde se retrouve de plus en plus isolée, elle décide de confier à un jeune troubadour un spectacle qui pourrait sauver sa tête. 

Ce roman historique, digne des plus grandes sagas, s’appuie sur de solides recherches. On est en pleine expansion cathare et la vie d’Ermengarde a été tout aussi mouvementée que dans le livre. Chassée de Narbonne, elle a récupéré son comté puis a terminé son existence exilée près de Perpignan. C’est elle la véritable héroïne de cette superbe fresque historique.

« Magnificat » de François-Henri Soulié, 10/18, 15,90 €


BD - Amour de vacances contrarié


Elles sont adorables ces trois sœurs Grémillet. Imaginées par Di Gregorio, dessinées par Barbucci, elles entraînent les lecteurs dans des aventures du quotidien se transformant en belles leçons de vie. Pour ce second tome, le trio quitte la ville pour passer l’été chez la grand-mère. Sarah, Lucille et Cassiopée, adorent ce moment un peu hors du temps.

Même si la santé de leur mamie les inquiète car elle a tendance à oublier de plus en plus de choses. Des trois, c’est Cassiopée la plus pressée de retrouver cette campagne bucolique. Pas pour les petits oiseaux (ça, c’est Lucille qui va sauver un oisillon tombé du nid), mais surtout, pour retrouver les garçons du village.


Problème : Cassiopée a désormais un petit ami. Comment choisir entre le soupirant estival et l’amoureux de tous les jours, absent ?

Un cheminement qui passe par une légende locale : celle de la dame du lac qui se serait suicidée après avoir constaté qu’elle s’était trompée en choisissant son mari. 

« Les sœurs Grémillet » (tome 2), Dupuis, 13,95 €

mardi 10 août 2021

Récit - Au-delà des ailes avec Alain Bonnefon

Alain Bonnefon, célèbre chirurgien esthétique bien connu à Perpignan et à Montpellier, a une passion : piloter des avions. Il a notamment créé, dans les années 70, l’aéroclub des Ailes roussillonnaises.

Aujourd’hui à la retraite, le spécialiste du lifting a voulu partager ces 50 années de découvertes de tous les pays du monde lors de ses voyages. Un livre témoignage, richement illustré, où il se raconte, mais met, surtout, l’accent sur les avions et les péripéties de vols parfois mouvementés.

Comme cette première aventure aux USA et au Mexique, en 1967, avec Jean-Pierre, un ami, lui aussi passionné de pilotage. Ensuite, durant plus de 200 pages, le lecteur va du Moyen-Orient à l’Amérique du Sud en passant par l’Australie, le grand nord canadien ou Saint-Pétersbourg… juste pour y réveillonner en décembre 1995.

Sans oublier la fameuse piste de Courchevel, redoutable, mais qui revient régulièrement dans ce livre témoignage où l’amitié tient aussi un rôle important.

« Les tribulations d’un pilote privé à travers le monde », Éditions JPO, 24,35 €