dimanche 27 juin 2021

Humour - Peut-on se moquer des pigeons ?

Le dessin d’humour américain est d’une étonnante vitalité. Il est vrai que de l’autre côté de l’Atlantique c’est considéré comme un art majeur.

La preuve Steve Martin, célèbre comédien comique, lauréat d’un Oscar, par ailleurs romancier, a souhaité distiller son humour absurde dans des dessins. Il admire la concision et l’efficacité du média. Notamment quand c’est dessiné par Harry Bliss, autre célébrité de l’humour américain qui publie un dessin tous les jours dans des dizaines de journaux aux USA.

Dans ces 140 pages on retrouve pas mal de pigeons, des chiens, des chats et autres animaux parlants. S’ils sont parfois ridicules, souvent c’est l’inverse et ce sont les humains qui en prennent pour leur grade. Comme cet astronaute qui, au moment de planter pour la première fois le drapeau US sur le sol de Mars se dit : « J’espère seulement que je ne serai pas réduit à ça dans l’histoire. »

Et pour prouver que la dérision est la valeur sûre de ce recueil, les deux auteurs se moquent d’eux mêmes lorsqu’ils sont en plein travail de création. 

« Une abondance de pigeons »,  de Steve Martin et Harry Bliss, Baker Street, 20 € 

samedi 26 juin 2021

BD - Le film de Dali pour les Marx Brothers devient une bande dessinée


Durant les années 30, Salvador Dali a sillonné les USA. Alors que les bruits de bottes résonnent dans sa Catalogne, il va à la rencontre de ceux qu’il considère comme les plus grands surréalistes américains du moment : les Marx Brothers. Les humoristes sont des stars. Le courant passe particulièrement avec Harpo et Dali décide d’écrire le scénario d’un film pour le mettre en vedette.

Ce sera « La femme surréaliste », comédie longtemps tombée dans l’oubli. Car le film ne se fera pas et le manuscrit a longtemps été considéré comme perdu. Josh Frank, scénariste de BD, a retrouvé l’histoire originale et l’a confié à une dessinatrice espagnole.

On découvre dans ce film-BD l’histoire d’un homme trop sérieux, amoureux d’une beauté fatale, la femme surréaliste, qui va parvenir à le faire basculer dans le monde fou de Dali et du surréalisme

« La femme surréaliste », Nouveau Monde Graphic, 22 € 

vendredi 25 juin 2021

BD - Arno, premières aventures


Napoléon est à la mode. Voilà une excellente raison de redécouvrir les aventures d’Arno, Vénitien au service de l’empereur, imaginé par Jacques Martin et dessiné par Juillard. Cette intégrale propose les trois premières aventures.

Arno y rencontre Bonaparte, encore général de la République et le sauve de plusieurs complots. Les deux autres tomes se déroulent en Égypte puis en Angleterre.

On retrouve toute la dextérité de Jacques Martin pour mêler la petite histoire à la grande. Quant au dessin de Juillard, c’est déjà du grand art. 

« Arno » (intégrale), Casterman, 35 € 

jeudi 24 juin 2021

BD - Récits courts de Jean-Claude Denis


Jean-Claude Denis a toujours aimé les récits courts destinés à la presse. Il a débuté comme ça et plusieurs de ces nouvelles graphiques bénéficient enfin d’une publication en album dans Reliefs de l’ancien monde.

La première, Frère humain, de 11 pages, est même inédite puisque le journal qui l’a commandée ne l’a jamais publiée… Elle date de 1999, parle d’humanitaire et de puissantes filles au pair allemandes. Un régal.

On retrouve aussi des récits plus anciens comme ce Petit mur de l’Atlantique datant de 1988 paru dans un Pilote sur l’enfance.  

« Reliefs de l’ancien monde », Futuropolis, 20 € 

mercredi 23 juin 2021

BD - La jeunesse d'Arsène Lupin


Il est partout. Le retour d’Arsène Lupin, héros de roman à la base, est multiple. En plus de la série Netflix, redécouvrez dans cette intégrale les trois tomes racontant la jeunesse du roi des voleurs.

Deux scénaristes (Deschodt et Abtey) ont imaginé ce récit pour Gaultier. Arsène, pas encore Lupin, est prisonnier d’un bagne pour enfant. Il va être sauvé par un noble qui lui fournit éducation et droiture morale. Mais sur sa route se dressent des intérêts puissants décidés à éliminer son protecteur et le jeune homme trop brillant.

On apprécie le côté feuilleton de cette intégrale de plus de 170 pages.

mardi 22 juin 2021

BD - Solitude, nom féminin


La BD s’adresse de plus en plus aux filles. Et pas toujours sous forme de trucs roses et sirupeux. Le premier tome de Filles uniques de Beka et Camille Méhu en est le parfait exemple. Paloma est une fille de l’assistance. Depuis son plus jeune âge elle va de famille en famille. Paloma n’a pas d’amies. Paloma est difficile.

Cela n’empêche pas quatre autres filles de tenter de l’intégrer dans leur club des « mal-barrées ».

Pour la convaincre, le mieux est d’en savoir un peu plus sur son enfance. L’émotion vous guette derrière chaque page d’un album abordant nombre de problèmes de la jeunesse actuelle

« Filles uniques » (tome 1), Dargaud, 12 € 

lundi 21 juin 2021

De choses et d’autres - Les Français deviendraient-ils obéissants ?


Qui peut désormais oser prétendre que les Français font toujours l’inverse que ce que leur demande le gouvernement ?

Mercredi Jean Castex, après avoir endossé son maillot de champion du monde des bonnes nouvelles, annonçait qu’il n’était désormais plus obligatoire de porter le masque en extérieur. Le lendemain, comme par enchantement, tout le monde respecte scrupuleusement et à la lettre la directive du Premier ministre.

Moi le premier en sortant au petit matin pour ma promenade au frais dans les rues du village. Je croise les habituels voisins qui vont chercher leur pain ou rejoignent leur jardin au bord de la rivière. Ils sourient et cela se voit. Pas un passant avec le masque. Très obéissants les Français quand ils le veulent.

Un peu tête en l’air aussi. Près de la boulangerie, je vois une cliente marcher avec entrain vers la bonne odeur du pain frais. Et freiner d’un coup d’un seul. Elle réalise qu’elle n’a pas de masque, toujours obligatoire pour pénétrer dans la boutique. Et comme elle n’en a plus dans son sac, elle rebrousse chemin et revient quelques minutes plus tard avec l’accessoire qui a failli totalement disparaître de notre vie.

Plus de masque dans la rue cela décuple mon autre plaisir du matin. En ce moment, en trois endroits de la commune (chez un particulier et sur deux parterres municipaux), le faux jasmin étoilé est en fleur. Passer sous les treilles c’est respirer à plein poumons ce doux parfum, un de mes préférés avec le frangipanier.

Je l’avoue aujourd’hui : avant l’autorisation de Jean Castex, arrivé sous les fleurs odorantes, je retirais mon masque durant quelques secondes pour profiter pleinement de ce petit bonheur enfin redevenu légal. 

dimanche 20 juin 2021

De choses et d’autres - Le foot et ses à-côtés

On va en manger du foot les prochaines semaines. Un peu de jeu et beaucoup de commentaires chauvins, de polémiques stériles et d’à-côtés pas toujours reluisants. Je frise déjà l’indigestion. Car, l’entrée victorieuse de la France dans la compétition va décupler les angles d’attaques.

Normalement, le match gagné contre l’Allemagne aurait suffi à tous les amateurs de ballon rond. Mais, en fait, on parle de tout, sauf du match. D’entrée, un ULM de Greenpeace s’est crashé dans les tribunes.

Ensuite les Bleus n’ont pas posé un genou à terre pour montrer leur soutien au mouvement antiraciste Live Black Matter.

Durant la rencontre, une sorte de Batman allemand a carrément mordu Pogba. Après le match, lors de la conférence de presse, le même Pogba a dédramatisé l’incident, mais a ostensiblement enlevé une bouteille de bière (sans alcool) de la table où il était installé.

Un peu plus tôt, Ronaldo avait fait de même, mais avec des bouteilles de soda. Le placement produit liquide ne plaît pas à certains joueurs.

La dernière polémique en cours concerne le titre de Une de l’Équipe. Pour saluer la victoire 1 à 0 contre les Allemands, le quotidien a inscrit en gros « Comme en 18 ». Les supporters pensent forcément à 2018, l’année du second titre mondial tricolore, ceux qui ont un peu de culture historique y voient plutôt une référence maladroite à la fin du grand massacre de 14-18 dans les tranchées.

ULM, genou à terre, morsure, bière ou référence historique : bref on est loin, très loin du foot. 

samedi 19 juin 2021

De choses et d’autres – Mandryka c'était un concombre masqué et de sacrés délires

Des trois maîtres qui ont révolutionné la BD adultes, c’est le dernier à avoir tiré sa révérence. Mandryka est mort, ce lundi, chez lui, en Suisse. Mandryka, avec Gotlib et Bretécher, dessinaient dans le Pilote de Goscinny. Mais, ils se sentaient bridés, empêchés de raconter et dessiner sans tabou. Le public, plutôt jeune de Pilote ne leur suffisait plus. Ils ont osé lancer une nouvelle revue, sans pub, mais surtout, sans contrainte.

L’Écho des Savanes a ouvert une brèche, la BD s’émancipait et Mandryka y apportait sa marque. Auteur complet, ayant débuté dans Vaillant, l’ancêtre de Pif Gadget, Mandryka était surtout connu pour le Concombre masqué, légume philosophe de l’absurde.

Personnellement, il fait partie de ces auteurs qui m’ont ouvert les yeux sur la psychanalyse et la sexualité. Dans l’Écho des Savanes, on se perdait dans les méandres de Horde, puis on riait sans retenue aux aventures génitales de Bitoniot, personnage principal du Retour du refoulé. 

Mandryka n’a jamais cessé de dessiner. Les dernières aventures du Concombre ont été publiées dans Spirou, puis sur le site internet créé par Mandryka. Sa disparition est passée inaperçue dans le grand public, mais le monde de la BD pleure un de ses plus grands dynamiteurs. 


vendredi 18 juin 2021

De choses et d’autres - Pas de couvre-feu dans le XVIe !

L’affaire a fait grand bruit et ne va pas améliorer l’image de président des riches qui colle de plus en plus à Emmanuel Macron. Vendredi soir, la seconde demi-finale de Roland-Garros s’éternise. Djokovic bataille ferme pour dégager le squatteur de la terre battue : Nadal. Et, comme désormais le tournoi continue qu’il pleuve ou qu’il fasse nuit, on se rapproche inéluctablement de l’heure du couvre-feu.

Mais à quelques minutes de la fin de la permission de sortie des quelques milliers de privilégiés bon chic bon genre (un billet d’entrée à Roland-Garros n’est pas à la portée de toutes les bourses…), le speaker annonce que le gouvernement autorise le public à voir la conclusion du match, même après 23 heures. Envolés, le couvre-feu et les restrictions sanitaires dans cette partie du XVIe arrondissement de Paris.

Et les amateurs de balle jaune d’entonner spontanément un « Merci Macron ! » qui vient du cœur. Le problème, c’est qu’à quelques kilomètres de là, dans le VIIe, sur l’immense esplanade des Invalides, d’autres personnes ont décidé de s’octroyer la permission de minuit. Mais là, pas de grâce présidentielle. Juste une bonne charge de CRS contre ces milliers de dangereux fêtards. À l’avenir, les petits jeunes devraient réviser leur plan.

Première solution, faire la fête, mais dans les jardins du Trocadéro. Comme ils sont dans le XVIe, difficile d’interdire ce qui est permis à trois kilomètres de là.

Autre option, inviter Nadal et Djokovic. Si les champions viennent danser avec une raquette en main et en short, quel est le CRS assez fou qui va oser les asperger de gaz lacrymogène ?