Stupéfait. Je suis stupéfait de la réputation qui commence à coller aux basques de la France. Tout ça à cause de quelques joueurs de foot doués et chanceux.
Ma stupéfaction vient du fait que j’ai été incapable, hier, d’éviter les heures de louages dithyrambiques, sur toutes les radios, après la qualification en finale de l’équipe de Didier Deschamps. Notamment quand j’entends à plusieurs reprises des spécialistes affirmer que, désormais, la France du XXIe siècle a pris la place de l’Allemagne du foot de la fin du XXe.
Je m’en souviens parfaitement. Il y avait même une phrase sinistre pour résumer cet état de fait : « Et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagne… » Malgré le beau jeu des autres équipes, le talent et la créativité, le réalisme allemand finissait toujours par l’emporter.
En France, cela nous arrangeait. Car on passait pour les gentils, les brillants qui, malheureusement, se faisaient écraser par le rouleau compresseur teuton. Chers Français, éternels seconds, mais souvent plus vertueux que les premiers. Et voilà que tout est inversé désormais. Face au Maroc, c’est la France qui était favorite. France qui a moins bien joué, selon les experts. Mais « à la fin, c’est la France qui gagne… »
Même scénario que face à l’Angleterre qui rate un penalty en fin de match. Avant, c’était le joueur français qui tapait 5 mètres au-dessus de la transversale…
Résultat, ce dimanche, l’immense majorité des centaines de millions de téléspectateurs seront pour l’Argentine de Léo Messi. Le sourire solaire de Mbappé ne suffira pas pour inverser la tendance et gagner la bataille de la sympathie. Mais qu’importe, diront les fans tricolores, du moment qu’à la fin…
Billet paru en dernière page de l’Indépendant le vendredi 16 décembre 2022
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire