samedi 6 novembre 2021

De choses et d’autres - Un sondage sur l’utilité des sondages

S’il est bien un milieu qui ne redoute jamais la crise, c’est bien celui des sondeurs. Ils savent parfaitement qu’à tout moment des hommes, femmes ou organismes vont vouloir savoir ce que pensent les Français d’eux.

Les sondages c’est un peu comme l’alcool : on sait que ce n’est pas bon pour la santé si l’on abuse, mais très compliqué de ne pas dépasser les limites. Il existe pourtant dans ce monde dominé par les chiffres et les tendances une tribu d’irréductibles. Le journal Ouest France (plus gros tirage de la presse quotidienne) a décidé de ne pas commander de sondages pour la prochaine présidentielle.

Le quotidien de l’Ouest préfère parler projet et faire des reportages.

Les sondeurs perdent un marché ? Pas sûr car en fait ils en gagnent un. Le Huffington Post vient de publier un sondage de YouGov sur… l’influence des sondages sur les électeurs. Selon les réponses des 1 000 personnes représentatives, ces fameuses enquêtes d’opinion qui font les gros titres à la Une et permettent aux professionnels des plateaux télés de tenir le crachoir durant des heures durant, ne servent pas à grand-chose. 71 % des sondés affirment que leur vote n’est pas influencé par les résultats d’un sondage.

Et ils sont aussi 72 % à approuver la décision de Ouest France qui reste quand même un peu seul sur le coup.

Et si au lieu d’interdire les sondages une semaine avant le scrutin les sondés décidaient plus simplement de ne pas répondre. Ou de dire tout et n’importe quoi pour obtenir des résultats incohérents ? Il existe énormément de façons pour prouver que quelques chiffres ne font pas une élection.

Mais là aussi, gare à la récupération. Un institut de sondage est capable d’interroger un panel pour déterminer quelles sont les meilleures méthodes pour fausser un sondage.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le samedi 6 novembre

vendredi 5 novembre 2021

BD - Retour aux sources pour Thorgal


Le nouveau départ des aventures de Thorgal, sous la conduite du duo Yann (scénario) et Vignaux (dessin), entre dans un nouveau cycle avec la parution de « Neokora », 39e tome de la série de Rosinski et Van Hamme. Une sorte de retour aux sources pour le fier viking. 

Avec son fils devenu adulte, Jolan, il accepte de retourner là où sa saga a débuté, dans le vaisseau spatial des Atlantes. Une expédition vers les terres gelées du Groenland, où les dangers sont multiples. 


La série prend dans ses dernières pages un virage très prononcé. Car à l’intérieur du vaisseau, alors que Jolan tombe sous le charme d’une survivante Atlante, Neokora va se révéler l’ultime danger pour le héros venu des étoiles. La suite s’annonce passionnante.  

« Thorgal » (tome 39), Le Lombard, 12,45 €


BD - Calamity Jane enfant


Elle est unique dans l’histoire de la conquête de l’Ouest américain. Calamity Jane a vécu comme un homme, libre et sans limite. Mais quelle a été l’enfance de cette légende ? Adeline Avril tente d’y répondre dans le premier tome de cette série aux couleurs pastels très lumineuses. 


Jane a traversé la moitié est USA dans une carriole. Sa maman est morte, son père s’est absenté. Aînée de la famille, elle doit s’occuper des petits. Dont la dernière qui est fiévreuse…    

« Calamity Jane » (tome 1), Delcourt, 10,95 €

De choses et d’autres - (T)robot pour être élue

La campagne de l’élection présidentielle d’avril 2022 reste une mine pour ceux qui, comme moi, regardent ces joutes avec l’œil de celui qui a connu pas moins de huit présidents élus. Huit vainqueurs et des dizaines de perdants, la loi du genre. Fabrique d’aigris, obligés de remiser leur destin national au fond d’un tiroir.


Pour l’instant règne le flou le plus complet. J’ai même l’impression que l’esprit des quelques candidats déclarés bat la campagne, à défaut de s’y investir vraiment. Un peu comme ces poulets décapités dont le cerveau sectionné zappe de passer l’info au reste du corps. Prenez Anne Hidalgo, investie par le parti socialiste. Non seulement elle ne progresse pas dans les sondages mais ses sorties médiatiques sont parfois tellement en décalage avec la réalité qu’on se demande d’où elle vient. 

De Paris, vraiment ? Alors pourquoi cette vidéo dans une petite gare de province (de la Drôme), pour dénoncer ce distributeur automatique de billets de train ?

Elle ne doit pas souvent prendre le métro ou le RER pour ignorer que les robots délivrent 98 % des tickets. Et que de toute manière, ils représentent l’avenir car eux n’ont pas d’horaires ni de convention collective restrictive et contraignante. Oublions ceux qui débitent les billets de banque (bouts de papier qui eux-mêmes ont du plomb dans l’aile) et constatons qu’il existe dans certains lieux touristiques des distributeurs de pizzas chaudes ou de baguettes.

Le plus impressionnant reste cette machine en gare de Besançon. Anne Hidalgo serait horrifiée de constater qu’elle propose, sans l’aide du moindre fonctionnaire, du morbier, du comté et même des saucisses de Morteau. Allez, bon appétit les amateurs de « robotmaton » !

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le vendredi 5 novembre

jeudi 4 novembre 2021

BD - Elric reprend Iznogoud


Passé par les Beaux-Arts de Perpignan, Elric, souvent vu au FIBD, est désormais le dessinateur d’Iznogoud, célèbre personnage de BD créé par Goscinny. A la base, l’infame vizir n’a qu’une envie : devenir calife à la place du calife. Sur cette variation, Goscinny a écrit des dizaines d’histoires courtes pour Tabary, le dessinateur. 


Une façon de se moquer de la politique française sans être trop démonstratif. Dans ce 31e tome, Elric dessine les deux dernières histoires courtes écrites par Olivier Andrieu. Notamment une mettant en scène un artiste fumeux, aux longues moustaches, renommé Dali Baba. On retrouve un peu de l’esprit originel de cette BD faisant partie du patrimoine culturel français. 

« Iznogoud, moi, calife… » (tome 31), Imav Éditions, 11,90 €

BD - Hommage au far-west par les meilleurs dessinateurs du moment


Tiburce Oger ne cache pas sa fascination pour le western. Cet auteur complet de BD a voulu faire de la BD en lisant les titres phares du genre par Jijé, Giraud ou Blanc-Dumont. Il a donc imaginé une suite d’histoires courtes qu’il a confiées aux plus grands dessinateurs réalistes actuels.


 Avec un fil rouge : la possession d’une montre, de 1763 à 1938. On retrouve au générique de ce Go west, young man, Blanc-Dumont, Ralph Meyer, Marini, Rossi, Rouge, Boucq, Labiano, Meynet ou TaDuc

« Go west, young man », Bamboo, 19,90 € (il existe une version grand format à 29,90 €)


De choses et d’autres - La drague verte

En pleine COP26, l’écologie est partout. Même sur les sites de rencontres en ligne qui ont constaté qu’une des principales qualités recherchées par les célibataires est de trouver un partenaire écoresponsable, voire adepte du bio ou même vegan. Il en  existe carrément de spécialisés comme Amours Bio ou GreenLovers.

Étonnant comme les modes poussent les gens à accepter des pratiques qu’ils auraient réprouvées avec véhémence il y a trois ans à peine. Car mesdames, sortir avec un écolo, c’est prendre le risque de vous retrouver en tête à tête avec un homme qui n’utilise pas de déodorant (à part celui fabriqué maison à base de fécule de maïs et d’huile de coco) et ne se brosse les dents qu’avec un dentifrice composé de clou de girofle, de bicarbonate de soude et d’argile verte.

J’imagine le premier baiser après une chaude après-midi d’été passée à sauver des animaux de l’abattoir.

Vous me direz, la dame du rendez-vous pourrait faire mieux dans le genre « Je sauve la planète à moi toute seule ». Par exemple économiser l’eau devenue si précieuse en ne se lavant que tous les deux ou trois jours.

Je caricature un peu et grossis le trait, mais si ce sont de véritables amoureux de la nature qui veulent trouver chaussure à leur pied, ils ne devraient pas se contenter, comme à Glasgow, de vœux pieux mais d’actions concrètes.

Au risque d’être rapidement déçus et de voir, étrange paradoxe, la température dramatiquement chuter lors de leurs ébats enflammés.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le jeudi 4 novembre

mercredi 3 novembre 2021

BD - Faux juges pour Lefranc


Mais qui sont ces juges intègres en couverture de la 32e aventure du reporter Guy Lefranc

Il s’agit en réalité du titre d’une peinture des frères Van Eyck. Une toile datant de 1432 et exposée dans la cathédrale de Gand en Belgique.

Dans les premières pages de l’histoire, un homme dérobe cette peinture. Mais pourquoi ? C’est une simple copie ?


Écrite par François Corteggiani, cette BD nous en apprend beaucoup sur le marché de l’art, des trafics de toute sorte et les enjeux. 

Avec, cerise sur le gâteau, un méchant particulièrement réussi. Du Louvre à un sinistre château en bord de mer en passant par les monuments belges, Christophe Alvès le dessinateur, promène Lefranc dans ces décors des années 50 rigoureusement reconstitués.   

« Lefranc » (tome 32), Casterman, 11,95 €

BD - Trop de Pat dans ce Mickey signé Cornette et Thierry Martin


Nouvelle aventure de Mickey par deux auteurs qui s’approprient le personnage créé par Disney. Cornette au scénario et Thierry Martin au dessin plongent Mickey dans un monde de magie. 


La petite souris va croiser la route d’un sorcier débonnaire qui ne maîtrise pas toutes ses formules magiques. Pour preuve, une poudre permet de se démultiplier. Une aubaine pour Pat Hibulaire qui y voit la meilleure façon de tyranniser le village. Simple, merveilleusement dessinée, ce Mickey plaira aux petits comme aux grands.

« Mickey et les mille Pat », Glénat, 19 €

De choses et d’autres - Netflix sur grand écran

Quand Netflix n’était qu’une plateforme diffusant des séries, le pas encore géant de la culture mondiale était royalement dédaigné par les autres acteurs de la profession. Les grandes maisons de productions comme les chaînes de télé. Il a fallu attendre que Netflix ait plus de 100 millions d’abonnés et que tout le monde parle de ses « coups » à la machine à café (La casa de papel ou Lupin) pour que certains comprennent que le danger était là.


Tout a changé quand Netflix a décidé de produire et de diffuser en exclusivité des films de cinéma. Un paradoxe puisqu’une production audiovisuelle, pour être considérée comme cinématographique, doit être diffusée dans une salle, sur grand écran. Quelques dizaines de films plus tard, dont de remarquables comme Roma, The Irishman ou Marriage Story, Netflix négocie avec quelques salles la possibilité d’organiser un festival en décembre pour permettre de voir quelques-uns de ces films dans des conditions optimales. Et là, Netflix devient du jour au lendemain l’ennemi absolu, la pire peste qui risque de tuer le cinéma français, de la production la distribution.

Pourtant il est envisagé de sortir dans ce cadre The Power of the Dog de Jane Campion, film salué par tous les critiques. Œuvre qui, tiens c’est bizarre, a été présentée en avant-première sur grand écran, en présence de la réalisatrice, ovationnée au festival Lumière de Lyon.

En fait, les films de Netflix dans les salles de cinéma c’est mal, sauf quand ils sont réservés à une petite élite du milieu qui peut en profiter avant tout le monde.

Chronique parue en dernière page de l’Indépendant le mercredi 3 novembre