Le succès de Game of Thrones fait des envieux. Ils sont nombreux les producteurs qui ont tenté de trouver l’histoire qui serait aussi captivante que la guerre des familles pour le trône de fer. Netflix a peut-être trouvé la perle rare avec l’adaptation de la Saga Grisha, récit de fantasy pour adolescents paru chez Milan en France. Le monde de Grisha est sorti de l’imagination de Leigh Bardugo, autrice d’une première trilogie et d’autres romans évoluant dans le même univers. C’est sans doute cette richesse d’intrigues et de personnages qui a séduit les décideurs de Netflix.
Après quelques mois de retard en raison de la pandémie (le tournage était terminé avant, mais les effets spéciaux ont subi le contrecoup des différents confinements), Netflix a lancé la semaine dernière les huit épisodes de la première saison de Shadow and Bones : la Saga Grisha. Depuis des siècles, le royaume de la Ravka est plongé dans les ténèbres. Exactement le pays est coupé en deux par une zone où un brouillard empêche la lumière de passer. Le Fold où des créatures monstrueuses attaquent les imprudents qui osent y pénétrer. Alina (Jessie Mei Li) est cartographe pour l’armée. Elle s’est engagée pour suivre son ami d’enfance, Mal (Archie Renaux).
Lors d’une traversée du Fold, Alina découvre qu’elle est une Grisha, une sorcière magicienne, pouvant convoquer la lumière. Une Grisha si puissante qu’elle aurait le potentiel de faire disparaître le Fold. Alina va se retrouver au centre d’intérêts divergents, ballottée, manipulée, abandonnée et malmenée. Mal sera toujours présent pour la protéger, mais ce simple mortel sera-t-il assez fort pour contrer les magiciens qui veulent eux récupérer les monstres du Fold pour en faire une armée ?
La série, dense et parfaitement interprétée, essentiellement par de jeunes comédiens britanniques, se dévore d’une traite. On apprécie aussi l’intrigue annexe de la bande des Crows, les kidnappeurs d’Alina dont le pistolero très dilettante interprété par Kit Young. Satisfaction supplémentaire : la saison 1 a une véritable fin. Mais elle laisse des ouvertures pour une possible suite dont la production pourrait être lancée dans peu de temps.
Le succès de « The Office » a donné des idées à Greg Daniels, l’adaptateur américain de cette série anglaise. Sur le même principe (les épisodes sont présentés comme des reportages sur le quotidien d’employés ou de fonctionnaires), « Parks & Recreation » raconte le travail de l’administration d’une petite ville des USA.
Exactement les élus et fonctionnaires chargés des parcs et espaces verts. Le personnage central est Leslie Knope (Amy Poelher), ambitieuse conseillère municipale qui espère que le reportage lui permettra de progresser et gagner des voix.
Pourtant, on apprend très vite que sa nomination n’est pas due à ses compétences mais simplement au pouvoir de sa mère. Leslie, gaffeuse, souvent idiote et vénale, déverse son bagout tout au long des sept saisons et 125 épisodes qui viennent d’être mis en ligne par Amazon Prime.
Si vous déprimez, alternez les épisodes de « The Office » et de « Parks & Recreation », à la fin de la journée vous aurez eu votre lot de fous rires rédempteurs.
Si Philip K. Dick a écrit une nouvelle intitulée « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? », dans la vraie vie, les robots craignent-ils de se retrouver au chômage ou mis à la retraite anticipée ? Vous me direz, on ne connaît pas l’âge de retraite des robots. Ont-ils même le droit de cesser le travail pour ne plus rien faire ? Leur seule limite n’est-elle pas la fameuse obsolescence programmée ?
À moins que ce ne soit tout simplement la pression des administrés qui mette des robots au chômage. L’écrivain américain aurait sans doute fait un roman cocasse et perturbant de cette information datant de la semaine dernière.
La police de New York a décidé de retirer du service actif son chien-robot de la firme Boston Dynamics. Présenté l’an dernier, il a été utilisé à quelques reprises pour faire des patrouilles en ville ou aller dans un bâtiment où se déroulait une prise d’otages. Mais le toutou de fer et d’acier, loin d’attirer la sympathie des enfants et des habitants, avait la fâcheuse tendance à stresser tout le monde. Sans doute car il est impossible de lire ses émotions et donc d’anticiper ses actions. N’est pas R2D2 ou Wall.E (gentils robots de films familiaux américains) qui veut.
Dans le cas de Spot (c’est le nom du modèle de ce chien-robot de Boston Dynamics coûtant quand même plus de 74 000 dollars), il donnait un peu trop l’impression d’être un Robocop à quatre pattes. Sans la moindre once d’humanité dans ses circuits intégrés.
Reste à lui trouver une reconversion. Pourquoi ne pas le placer dans la famille Biden ? C’est de tradition pour un président récemment élu de prendre un nouveau chien. Pas sûr cependant que les services secrets soient d’accord. Un chien ça ne se pirate pas, un robot si.
Disparaître. Arrêter d’être au centre de la société, en marge, invisible. Le premier roman de Damien Ribeiro, installé à Perpignan après une enfance du côté ouest des Pyrénées au Pays basque a pour héros un homme qui, du jour au lendemain, décide de ne plus jouer le jeu du paraître. Il fait partie de ces hommes et femmes, « Les évanescents » (titre du roman paru dans la collection La Brune des éditions du Rouergue), qui se contentent d’une non-vie. Un texte fort, qui oblige le lecteur à se questionner sur sa propre propension à devenir invisible, à se lancer dans une introspection sur ses choix de vie. Attention, on ne sort pas indemne de cette lecture.
Rencontrer Damien Ribeiro après avoir lu son roman Les évanescents, plonge l’interlocuteur dans un abîme d’interrogations. On a encore l’image du personnage principal en tête : un homme insignifiant, ayant décidé du jour au lendemain de se créer une non-vie faite de routine, sans la moindre passion. Pas même un soupçon d’émotion. C’est raconté avec une telle précision chirurgicale qu’on pense que l’auteur, forcément, raconte en partie son vécu. Perdu.
On se retrouve en face d’un homme très grand, élégant, souriant, dont la réussite professionnelle (lire ci-contre) est à l’opposé de l’emploi obscur de rédacteur d’arrêtés municipaux décrochée, par piston, par Michaël Dos Reis. Finalement, ce roman est tout sauf une autofiction. Tout juste trouve-t-on dans la première partie quelques références communes à la jeunesse commune entre Damien et Mickaël. Le premier a tenté de mettre sur papier cette contre-vie qui aurait pu être la sienne.
Le désir d’écrire, Damien Ribeiro l’a toujours eu au fond de lui. Il se lançait régulièrement dans l’écriture de romans. Sans jamais dépasser les trois pages. Mais pour Les évanescents, il a poussé le curseur très loin. L’idée est venue de la très courte nouvelle de Tchekhov, l’homme à l’étui. Un professeur se recroquevillait de plus en plus derrière des protections jusqu’à se sentir si bien dans ce dernier étui, son cercueil. Michaël Dos Reis, après un périple dans le sud de la France à taguer les wagons avec deux copains, décide du jour au lendemain, sur une plage de Cannes, de tout arrêter. Il plonge, nage un peu, refait surface et dès lors, « tout ce qui comptait pour l’heure était de flotter sur le dos en me laissant porter par le sel. La Méditerranée me lavait de cette peinture qui empêchait mon corps de respirer […] et qui ne m’offrait que la marginalité ou la folie pour horizon. » Après ce passage, le roman prend une ampleur, une force, une plénitude étonnante pour une première œuvre.
Se contenter de vivre une « histoire simple, sans passion »
On se met dans les pas de cet homme de plus en plus évanescent. Il se met en couple avec Corinne, une femme « pour qui la perspective de la solitude est inenvisageable. » Parfait car lui a besoin « d’une histoire simple, sans passion, offrant le confort moelleux des tapis d’algues. » Grâce à l’entregent du père de sa compagne, il obtient un poste d’obscur fonctionnaire municipal. Son bureau, sans fenêtre, petit, est le nouveau cercueil de l’homme à l’étui.
Photo Olivier Got/L'Indépendant
Ce texte, que Damien Ribeiro a envoyé à plusieurs éditeurs à la fin de l’été 2019, sur l’insistance de son épouse (lui voulait simplement le mettre gratuitement sur internet), a trouvé preneur au bout de 15 jours. Une sorte de consécration qui a poussé le jeune romancier à se lancer dans son second roman. Une promesse de publication finalement pas tenue. Le second roman achevé, Damien Ribeiro contacte de nouvelles maisons d’édition. L’éditrice de la Brune du Rouergue se montre intéressée. Damien lui parle alors des Évanescents, lui envoie une version légèrement remaniée et très vite la décision de sortir ce texte en priorité est actée.
Après avoir lu ce roman, on ne peut s’empêcher (en plus de la fameuse introspection inévitable), de regarder d’un autre œil ses connaissances. Qui parmi les collègues, amis ou même parents font partie de ces évanescents, adeptes de la transparence ?
Au contraire, qui après une enfance insipide, a décidé, comme Charles D., ami de Michaël, de jouer des coudes pour s’imposer ? Charles D. semble grotesque dans son rôle de vendeur de fenêtres. Un passage finalement hilarant.
Car ce roman, tout en cultivant une certaine noirceur, est aussi bourré de scènes où l’auteur, avec une acuité remarquable, ose raconter sans fard la comédie de la vie. Et souvent, pour s’en sortir, mieux vaut en rire que de chercher à réduire encore et encore son étui.
___________________________
S’imaginer une contre-vie
Un premier roman est souvent autobiographique. Dans Les évanescents, Damien Ribeiro a mis un peu de son vécu. Essentiellement dans la première partie se déroulant au Pays basque. La passion du graf, elle rythmait véritablement sa vie quand il avait 16 ans. Mais la suite, à l’opposé, est la tentative de se créer une « contre-vie ». Une réalité parallèle à son véritable parcours qui n’a rien de celui de Mickaël Dos Reis.
Si la vie de Damien Ribeiro a effectivement basculé d’un coup d’un seul à l’entrée de l’âge adulte, c’est au contraire pour vivre pleinement cette histoire d’amour qui l’a saisi après une rencontre en soirée. Elle est prof de français en pays catalan. Il décide de la rejoindre quittant ses parents avec un simple sac à dos. Une passion qui lui donne l’envie de terminer ses études et de réussir professionnellement. Mais sans renier ses passions. Il avait arrêté le graf mais continuait à composer et produire dans le milieu du rap. « Tout en étant manœuvre pour payer mes études, j’ai obtenu deux masters en droit. Rapidement j’ai trouvé du travail à la Maison des vignerons de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Puis, il y a 11 ans, j’ai décroché le poste de directeur de la Maison des artisans à Perpignan ».
Une réussite professionnelle à l’opposé de la dérive nihiliste du héros du roman. Mais il est vrai que Damien Ribeiro a un atout dans sa vie, une femme qu’il aime par-dessus tout et à qui il a dédié le roman. Sa première lectrice, celle qui l’a encouragé à envoyer le manuscrit à différentes maisons d’édition. Sa muse.
Du graffiti au Street Art
En se lançant dans l’écriture de son roman, Damien Ribeiro avait l’envie de raconter ses années graffiti et mettre en valeur le milieu du rap qu’il a longtemps côtoyé. On retrouve le premier thème dans le début du texte, quand le héros, encore adolescent, tague son pseudo sur les murs d’un bâtiment en ruines. Ce country club, réservé à l’élite de la côte basque, a longtemps été un lieu interdit aux pauvres. Même les classes moyennes ne pouvaient s’approcher de ce club sélect. Mais l’opération, essentiellement immobilière, a capoté et le Country, à l’abandon, est devenu le terrain de jeu de tous les toxicomanes du BAB (Bayonne, Anglet, Biarritz) et des ados qui y trouvaient des murs vierges à marquer de leurs empreintes. « Sur l’ancien mur du training, nous avions exécuté une fresque où nos noms de guerre se mariaient dans un mélange d’orange et de bleus. »
Cette passion, Damien Ribeiro, des années plus tard, ne la renie pas. Au contraire, il essaie encore et toujours de comprendre ce qui le motivait. Il a définitivement écarté la volonté esthétique. Objectivement, leurs créations étaient moyennes. Juste de la typographie et des couleurs. La mode du graffiti est cyclique. Aujourd’hui on parle plus noblement de Street Art. Mais le fond est le même.
À un moment donné, des jeunes veulent simplement monter qu’ils existent. Et pour cela, rien de plus simple que de laisser une trace sur les murs. Aujourd’hui Damien Ribeiro ne touche plus aux bombes de peinture, mais sur un mur en ruine, peut-être, il reste une trace de son passage, un fragment d’adolescence que personne ne pourra lui enlever.
Il était une fois une magicienne (ou une fée…) qui aimait les plantes et le dessin. Elle devint paysagiste pour embellir les villes. Lors de ses promenades, elle croisait quantité d’espèces qu’elle trouvait toutes plus jolies les unes que les autres. Elle les dessinait minutieusement puis coloriait ses croquis. Elle confectionna une formule magique pour transformer ces dessins sur une simple feuille en un mini-guide facile à consulter. Sa trouvaille attira l’attention d’une maison d’édition spécialisée en écologie et les petits guides sont devenus un livre de 150 pages, en vente partout en France. Pour que les plantes croisées par les jardiniers promeneurs abandonnent leur anonymat.
Malgré des origines bretonnes, Marine Cressy est devenue une spécialiste de la végétation méditerranéenne. Elle peut vous nommer quasiment toutes les plantes qui poussent dans la région, en garrigue comme sur les trottoirs des villes ou dans les jardins des particuliers. Une encyclopédie vivante qui se remplit sans cesse au gré de ses balades dans et autour de Perpignan, la ville où elle s’est installée à la fin de ses études à l’école du Paysage de Versailles. Durant 10 ans elle a été paysagiste conseil au CAUE des Pyrénées-Orientales. Une expérience professionnelle qu’elle a décidé de prolonger en se mettant à son compte en 2019. Et se donner aussi l’occasion de vivre en partie de son autre passion : le dessin.
Ce qui était un simple passe-temps (l’édition de mini-guides, lire ci-contre), est devenu un projet beaucoup plus abouti après la signature d’un contrat d’édition avec les éditions Ulmer. Durant 9 mois, dont une partie en plein confinement, elle a écrit et dessiné les 150 pages de cette « Mini-flore du jardinier promeneur ». Le résultat est un petit livre bourré d’informations utiles sur les fleurs, plantes et autres arbres de France, textes agrémentés de planches en couleurs et de dessins humoristiques dans les marges pour rendre la lecture plus fun. Un petit format qu’on peut glisser dans ses poches quand on part en balade.
Marcher en ville, dans les parcs ou à la campagne reste une des occupations favorites de cette jeune femme fervente protectrice de la nature. Marcher mais savoir aussi s’arrêter pour observer les fleurs et les dessiner. Des dizaines et des dizaines de croquis depuis des années. Un herbier en papier qui lui a été d’une grande utilité pour confectionner ce livre.
Au fil des saisons
Composé de quatre parties, en fonction des saisons, le guide s’intéresse aux fleurs, fruits et feuilles. À l’intérieur, elles sont classées par couleurs ou particularités. On peut donc admirer de superbes planches sur les fleurs bleues, violettes, rouges ou jaunes du printemps ou de l’été. Les feuilles aussi sont remarquables, certains arbustes aimant les colorer dans toutes les nuances du vert mais avec d’autres couleurs comme le pourpre ou le rouge à l’automne.
Entre chaque saison, Marine Cressy insère des bonus sur des pages au fond vert. Une volonté de cette créatrice de se mettre au niveau de ses lecteurs. Car tout en étant un livre en partie scientifique, cet ouvrage se veut ludique avant tout. D’ailleurs, en couverture, le programme est clairement énoncé : « Mettez un nom sur les plantes qui vous entourent ».
« Je ne suis pas botaniste et l’idée de ce livre est d’aller vers le grand public, créer de la curiosité par rapport aux plantes du quotidien. Mais faire sourire aussi avec de petites anecdotes », explique Marine Cressy. Et des plantes exceptionnelles, on peut en trouver partout, tout le temps. En quelques mètres, dans le parc Sant-Vicens de Perpignan, rempli des cris des enfants en cette belle après-midi printanière, elle montre au néophyte les fleurs roses et si abondantes de l’arbre de Judée. Fleurs qui poussent par grappes directement sur les grosses blanches. Puis elle caresse avec délicatesse les pétales si fragiles du ciste cotonneux.
Camphrier et ricin
Le parc est un superbe terrain de jeu pour la paysagiste, mais elle apprécie encore plus de découvrir des plantes s’épanouissant en pleine zone urbain. A quelques dizaines de mètres du parc, au pied d’immeubles de plusieurs étages, des parterres regorgent de plantes sans doute semées par des habitants. Des acanthes grimpent de plus en plus haut, des urospermes se frayent un passage entre les herbes, les asperges réchappées de la cueillette se transforment en petit buisson alors que le laurier-rose, lui, n’est pas encore en fleurs.
Puis Marine Cressy arrache un bout d’écorce sèche à un arbre placé entre deux places de parking. En la sentant, on devine que c’est un camphrier qui s’épanouit incognito dans ce quartier de Perpignan. Plus loin, les jeunes feuilles rouge vif d’un ricin annoncent ce printemps paré des couleurs de l’arc-en-ciel au cœur de cette région méditerranéenne, beaucoup plus riche en diversité que le reste de l’Europe. Marine Cressy l’explique simplement par la rigueur du climat. Il est difficile aux plantes de survivre. Elles doivent s’adapter, s’accrocher, et aucune ne peut prendre le dessus sur les autres.
Une règle naturelle mise en pratique depuis quelques années dans les villes. Une essence ne doit pas représenter plus de 10 % des plantations. Perpignan ville des palmiers est une fausse image. Il y a actuellement près d’une centaine d’arbres différents dans la capitale catalane. Et encore plus de fleurs qui s’accrochent aux trottoirs. Il ne vous reste plus qu’à tenter de les repérer grâce aux ouvrages de Marine Cressy, la bonne fée de la végétation libre.
Les fleurs des trottoirs à l’honneur
Les miniguides ayant de plus en plus de succès localement, la mairie de Perpignan a demandé à Marine Cressy de finaliser sous cette forme un petit fascicule sur les « Fleurs de nos trottoirs ». D’un format un peu plus grand, distribuée lors des visites botaniques ou d’actions de sensibilisation auprès des scolaires, cette plaquette permet de « changer de regard sur les sauvages de votre rue ». Au total 174 espèces végétales ont été répertoriées dans les rues de Perpignan, preuve que la diversité existe au naturel.
Les mini-guides (et posters*) sont disponibles dans les librairies Torcatis*, Cajelice*, et la LLibreria et Epicerie l’Echoppe à Perpignan. Librairie le Presse Papier* à Thuir, librairie Libambulle* et Biocoop* à Prades. Après le confinement, vous pourrez les retrouver aussi dans les magasins de jeux et jouets la Drôlerie et Sortilèges à Perpignan, à la Maison de site de Paulilles, au Prieuré de Marcevol* et au Tropique du Papillon* à Elne.
Tout est parti des mini-guides locaux
Marine Cressy, lors de ses promenades, en ville comme à la campagne, a remarqué que ses amis lui demandaient régulièrement « Elle est jolie cette plante. Tu sais comment elle s’appelle ? » La paysagiste a décidé de compiler toutes ces espèces si communes dans la région méditerranéenne. Des dizaines de fiches et autant de dessin. Lui vient alors l’idée de les réunir dans des petits guides au gré des saisons. Elle publie donc un premier opuscule sur les « Fleurs, fruits et écorces remarquables de janvier à mars en Méditerranée ». Tout est fait à la main, sous une forme unique qui allie beauté et pratique. L’objectif de Marine Cressy était de proposer un petit fascicule facile à consulter en balade et peu encombrant. En réalité elle se contente d’imprimer une feuille classique, qu’elle plie ensuite de façon savante afin de transformer une face en petites pages informatives et l’autre en poster pour retrouver facilement les plantes croisées. Les trois autres mini-guides permettent de faire le tour de la végétation locale en une année et comme l’autrice aime partager ses inventions et sa démarche, elle propose également une sorte de making-of où elle explique comment elle dessine et confectionne ces petits bijoux d’inventivité. La collection complète, accompagnée de posters est toujours en vente dans divers points du département des Pyrénées-Orientales.
Si je n’avais pas été vacciné lundi dernier (je vais bien, merci…), j’aurais tout fait pour sauter dans un avion et me retrouver, ce samedi 17 avril, de 11 h à 15 h, à Tremé en Louisiane. Dans ce quartier de la Nouvelle-Orléans à la réputation musicale mondiale (Tremé a même donné son nom à une série diffusée sur HBO aux USA et OCS en France), la mairie organise quantité de séances de vaccinations.
Ce samedi c’est au Kermit’s Tremé Mother-in Lounge que vous pourrez vous faire piquer tout en écoutant, sans doute, un peu de musique et déguster un verre gratuit. Boire une pinte en musique dans un des temples de la Nouvelle-Orléans, voilà de quoi motiver les plus réticents à la vaccination. Je connais nombre de mélomanes (et amateurs de bière fraîche…) qui rêvent d’un tel moment.
Les USA ont multiplié les petites attentions pour choyer les futurs vaccinés. Le plus incroyable, reste le cadeau offert à tous les vaccinés de plus de 21 ans passant par un dispensaire du Michigan : un joint de cannabis pré-roulé.
En France, les vaccinés on juste droit à des heures de télévision, après coup, pour se demander si le vaccin qui vient de nous être administré ne va pas, finalement, provoquer des maladies encore plus graves que la Covid-19. Le moins pire, pour l’instant, reste l’initiative de la commune d’Hirson dans l’Aisne : le centre de vaccination accueille également une exposition de peinture.
Alors, dès que les terrasses rouvrent, les cafetiers de la région devraient organiser des événements du type de celui de Tremé. Le taux de vaccinés dans la région devrait automatiquement progresser.
Notre époque nous impose d’aller toujours plus vite. Trop vite en l’occurrence. Exemple, avec l’histoire d’un message sur Twitter qui a provoqué un déferlement de réactions.
Généralement, le tweet sert de porte d’entrée pour aller lire un article sur un site d’information. Souvent, c’est le titre du papier qui forme le texte du message.
Nice Matin publiait, la semaine dernière, un article sur la démolition d’une maison remarquable de la commune de Vence. Le titre était le suivant : « L’ancienne maison de Jean Maret à Vence bientôt rasée et remplacée par un immeuble. » Jean Maret ou Jean Marais ? Forcément, on peut se poser la question.
Et beaucoup, sans chercher plus loin, affirment, en se moquant, que c’est encore une grosse faute de ces « ignares » de journalistes qui ne savent même pas écrire correctement le nom du célèbre comédien. Dans un commentaire, un petit rigolo demande si « Jean Maret est l’ami de Jean Cocto ? »
Pourtant, si on clique sur l’article, on découvre, qu’en fait, cette ancienne bergerie a été réhabilitée par Jean Maret, emblématique maire de Vence, de 1959 à 1983. Mais, visiblement le « toujours plus vite » affranchi les utilisateurs des réseaux sociaux de prendre connaissance de l’information dans son intégralité. Une perte de temps, selon certains.
Dans ce cas précis, s’ils avaient pris 10 secondes pour lire ne serait-ce que le début de l’article, ils auraient évité de se ridiculiser en public.
Le printemps est connu pour être la saison de l’éruption de boutons de toutes sortes. Dans la nature ou sur le visage des ados confinés. La Terre aussi semble en pleine crise de puberté avec une grosse poussée d’acné. Pour notre planète, un bouton correspond à un volcan. Le problème semble de plus en plus grave.
Tout a débuté le 19 mars avec un jet de lave incandescente, en Islande, sur le site de Fagradalsfjall. Les puristes vous expliqueront qu’il ne s’agit pas exactement de l’éruption d’un volcan, mais d’une simple écorchure de la croûte terrestre. Le résultat semble le même, avec coulée de lave en fusion, sous le regard goguenard des Islandais qui ont déjà vu pire.
Dans les Caraïbes, sur la petite île de Saint-Vincent, par contre, c’est un véritable volcan qui a fait des siennes. La Soufrière a lancé des tonnes de cendres dans l’atmosphère. Un panache si grand et compact qu’il était visible depuis la Station spatiale. Une bonne partie de la population a dû se réfugier dans le sud.
Enfin, le dernier « bouton » en date a avoir explosé se trouve à La Réunion. Le Piton de la Fournaise s’est rappelé à notre bon souvenir. Mais, c’est une habitude pour cette île de l’Océan Indien. Un classique qui attire toujours beaucoup de touristes. Enfin, quand on peut aller plus loin que 10 kilomètres autour de chez soi.
Je me demande, d’ailleurs, si ces volcans qui se lâchent ne préfigurent pas ce qui risque d’arriver aux millions de Français qui sont sous pression depuis plus d’un an. Étonnant, en fait, qu’il n’y ait pas eu plus d’explosions individuelles.
Lecteurs de l’Indépendant, et d’une façon générale de tout titre de la presse quotidienne régionale, vous savez combien la prose des correspondants locaux est importante. Ils y mettent tout leur cœur pour rendre compte de la vie de leur commune.
Louis Paget, surnommé Lili, était de cette trempe. A plus de 90 ans, il a publié le 8 avril dans la rubrique de Valzin-en-Petite-Montagne son dernier article. Une nécrologie. La sienne. Il avait envoyé ces quelques lignes à l’avance. Elles ont été publiées au lendemain de son décès dans l’édition Jura du Progrès.
Ecrire son autonécrologie n’est pas offert à tout le monde. Si cette anecdote m’a particulièrement touché ce week-end, c’est que ce lundi, je vais braver la mort et qu’il faudrait peut-être que moi aussi je rédige ces dernières lignes avant qu’il ne soit trop tard.
Quelques formules légères et enjouées du genre: «Sa chronique faisait parfois sourire deux personnes dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales : sa femme et sa voisine.» Ou alors : « Il a préféré partir plutôt que de risquer de voir la victoire de l’extrême droite (Zemmour ou Le Pen, rayez la mention inutile) en 2022.»
Pour ceux qui s’inquiéteraient de ma santé (mentale et physique), non je n’ai pas chopé la Covid-19. Je dois juste me faire vacciner ce lundi à 15 heures dans ma pharmacie.
Comme c’est avec le vaccin Vaxzevria (je préfère utiliser son nouveau nom par superstition, l’ancien est vraiment trop flippant quand on écoute les infos), j’ai l’impression de prendre plus de risque qu’en participant à une rave-partie dans un sous-sol en béton avec une cohorte de jeunes porteurs asymptomatiques.
Je me moque parfois des féministes un peu trop remontées contre les formes affichées du patriarcat, mais cette histoire qui aurait pu virer au drame montre que ce combat peut être utile.
Chaque passager, avant de s’enregistrer, doit préciser s’il est un homme ou une femme. Ces dernières, dans certains pays, ont le choix entre madame ou mademoiselle. Une précision essentielle pour calculer le poids de l’avion avant décollage.
Or, la mise à jour d’un logiciel a fait que toutes les mademoiselles ont été traduites par enfant. Résultat une différence d’une tonne et une puissance au décollage trop faible.
Les féministes demandent depuis longtemps l’abandon du terme mademoiselle dans les documents administratifs. Une survivance du code napoléonien qui glorifie le patriarcat. Dans le cas des avions, c’est totalement inutile car en moyenne il n’y a aucune différence de poids entre une femme mariée et une célibataire.
En fait, la bonne solution, sans doute possible avec les nouvelles technologies, serait de préciser non pas son sexe mais directement son poids dans le formulaire d’embarquement. Mais le logiciel devra y intégrer un pourcentage d’erreur à la hausse car nombre de coquettes (et de coquets), vont sans doute minorer le chiffre affiché sur la balance.