mercredi 3 janvier 2018

DVD et blu-ray - A Noël aussi on peut avoir très peur avec "Watch out"

Vous n’en pouvez plus de voir et revoir tous ces téléfilms américains sur Noël multidiffusés sur les chaînes privées et dégoulinants de bons sentiments ? « Watch out » est pour vous. Ce film de genre australien utilise les grands classiques du genre, mais transforme le tout en cauchemar absolu.

Dans une banlieue chic, le père et la mère vont passer la soirée chez des amis. Ils laissent leur fils unique Luke (Levi Miller) en compagnie de la baby-sitter Ashley (Olivia DeJonge). Luke, 13 ans, est amoureux transi d’Ashley, 18 ans. Il se dit que cette soirée en tête à tête est l’occasion de sa vie pour la séduire. Avec son meilleur ami, il va tenter de lui faire peur lors du triptyque classique : film fantastique, coups de fil muets et apparitions dans le jardin. Mais la belle Ashley n’est pas dupe et démasque rapidement l’ado.

Les 20 premières minutes, entre parodie et hommage aux films de genre laissent le spectateur un peu sur sa faim. Mais rapidement Chris Peckover, le réalisateur, dévoile son véritable scénario et là, terminée la rigolade. Gore et pas du tout politiquement correct, «Watch out » prouve une nouvelle fois le formidable dynamisme du cinéma en Australie. Le making-of nous apprend que le film a été tourné en plein été austral par 30°, les comédiens devant faire comme s’ils se gelaient dans de la neige artificielle.

➤ « Watch out », Wild Side, 14,99 € le DVD, 19,99 € le bluray

mardi 2 janvier 2018

De choses et d'autres - Les cartes d'hier et de demain

La tempête Carmen qui a déferlé sur l’ouest du pays a placé des dizaines de département en vigilance orange et nous a remis une bonne dose de cartes sous les yeux pour ce premier jour de 2018. Qu’elles soient au trésor ou météo, les cartes appartiennent à ce langage commun acquis très tôt tant à l’école que dans notre imaginaire. Qui n’a pas rêvé en tournant la mappemonde, de trouver le coin le plus éloigné de son monde connu ? La Tasmanie et les Aléoutiennes m’ont longtemps fasciné. Poser un jour le pied sur l’île Rodrigue fait partie de mon fantasme ultime.

Mais les cartes, grâce aux nouvelles technologies présentent aussi une autre utilité. Prenez l’empire romain. On sait tout de son règne, mais on n’a pas véritablement conscience de la difficulté de son édification. Des chercheurs de l’université de Stanford ont encodé des milliers de données pour savoir comment on se déplaçait à l’époque. Combien de temps pour aller d’un point à un autre et à quel coût. Pour se rendre de Narbonne à Toulouse, 4 jours étaient nécessaires. Par contre, Narbonne - Barcelone, en bateau, ne prenait que 2 jours alors que par la route il en aurait fallu près de 10... Du moins si vous voyagiez normalement en mulet, moyen le plus commun pour se déplacer à l’époque.

Autre carte vue hier au gré des bonnes années des uns et des autres, celle des vols entre Asie et USA qui vous permettent de reculer dans le temps. Avec le décalage horaire et le franchissement de la ligne de changement de date (située au milieu du Pacifique), vous partez le 1er janvier 2018 de Tokyo et arrivez le 31 décembre 2017 à San Francisco. Parfait pour les grands amateurs de réveillon, deux pour le prix d’un.

Je ne l’ai pas vécu, mais la carte, par procuration, m’en a fait dé- couvrir toutes les subtilités. 

lundi 1 janvier 2018

De choses et d'autres - En 2018, faisons simple

Pour cette première chronique de l’année, je n’aurai pas la prétention d’énumérer mes bonnes résolutions que je ne tiendrai de toute façon pas. Ni de lister ce qui me ferait plaisir tout en sachant parfaitement que je ne profiterai pas de la moitié. Par exemple, pourquoi désirer une nouvelle télé (connectée, plus grande, HD...) si elle n’est pas livrée avec une extension de journée pour en profiter ? Alors plus modestement, pour cette année 2018, je vais tenter de « faire simple ». 

Si je dis oui, c’est oui. De la même manière, si je dis non, c’est réellement non, pas un « peut-être pas si...» Avez-vous remarqué comme la nuance nous bouffe la vie ? Du moins ceux qui comme moi sont du signe de la balance (ne manquez pas notre grand horoscope annuel dans cette édition de l’Indépendant. Ceci est une publicité simple, oui). 

A vouloir peser le pour et le contre, on est sans cesse dans l’indécision. Et si en face vous avez quelqu’un qui au contraire a des idées tranchées, c’est invivable. Car le temps que vous vous décidiez, votre interlocuteur a changé trois fois d’avis (plus on a de certitudes, plus on est versatile). Donc, quelle que soit votre position finale, vous avez toutes les chances d’avoir déçu l’autre. Dans ce cas de figure, il semble impossible, même avec toute la simplicité du monde, de bien commencer l’année. 

A moins de considérer que la simplicité soit de mettre en place ce concept de raisonnement (fallacieux mais tant pis) : « vous avez raison, j’ai tort », « vous savez tout, je suis un ignare », « vous êtes au top, je suis nul ». En sens unique, c’est sans espoir, mais si chacune des parties l’applique, vous verrez que la vie se révèlera véritablement plus simple. 

dimanche 31 décembre 2017

BD - Au cœur de vos cauchemars


Franck Thilliez, romancier renommé qui s’est fait une spécialité des polars sombres et alambiqués, met sa plume au service de la BD. La BD pour adolescents exactement, avec la création de cette série intitulée « La brigade des cauchemars ». Dans un immense asile, deux adolescents, Tristan et Esteban, sont chargés, la nuit venue, de pénétrer dans les cauchemars d’autres enfants pour les libérer de ces peurs primales. 


Dessiné par Yomgui Dumont, cet univers sombre va réellement vous faire avoir les chocottes. On apprécie particulièrement le fait qu’un des héros, handicapé en fauteuil roulant dans la vraie vie, peut galoper quand il est dans les cauchemars. Mais parfois, il faut mieux car tout en étant un rêve, il y risque réellement sa vie.

➤ « La brigade des cauchemars » (tome 1), jungle, 11,95 € 

BD - Un café très corsé


Après le vin, et peut-être avant le jambon (certaines viandes ibériques sont plus chères que le caviar), Corbeyran se penche sur le parcours économique du café. Une façon détournée de faire le procès des grandes multinationales. Le premier tome de cette trilogie dessinée par Luc Brahy présente les trois personnages principaux. Une jeune Occidentale, nez chez un parfumeur mais qui décide de mettre son odorat au service d’une marque de café dirigée par un riche Parisien. Au Brésil, sur une plantation, une descendante d’une vieille famille tente de faire du café d’exception. Entre violence sociale, magouilles financières et exactions, le récit passionnant est aussi ludique qu’instructif.

➤ "Alto Plano" (tome I), Delcourt, 12 €

BD - Picsou, Balthazar de son prénom, superstar


Au Panthéon des avares, il a son trône. Picsou, pour son 70e anniversaire, revient dans un nouveau gros recueil d’histoires complètes parmi les meilleures de Carl Barks ou Don Rosa. Mais cette somme de plus de 400 pages est aussi constituée comme une encyclopédie pour tout savoir du redoutable oncle. 

Et comme la France n’est pas rancunière avec cette horrible création capitaliste américaine, vous trouverez en fin de volume quelques interprétations graphiques du personnage, de Cosey à Kéramidas en passant par Dav, Loisel se permettant même de signer la couverture.

➤ « Balthazar Picsou, l’encyclopédie », Glénat, 29,95 €

Roman - Amours bien cachées

Réalisateur et scénariste, Gérard Krawczyck signe avec « Foudroyé(s) » son premier roman. Comme par hasard, son personnage principal est issu de ce milieu cinématographique qu’il connaît si bien. Un créateur en plein doute. Lassé de signer des suites de ses premiers succès et de servir de docteur en film non abouti, il voudrait être reconnu comme auteur complet. Une ambition contrariée par sa rencontre coup de foudre avec Audrey, journaliste vedette de la télévision française.

Le début du roman, un peu comique, très gnangnan, inquiète. Quelques scènes hot plus tard et des questionnements du héros, on est sur le point de tout abandonner quand… Krawczyck n’a pas totalement perdu son savoir-faire.

➤ « Foudroyé(s) » de Gérard Krawczyck, Cherche-Midi, 19 €.

BD - Hommage à un génial dessinateur


La littérature française utilise souvent l’autofiction pour masquer son manque d’imagination. Edika fait un peu pareil. À la différence que de l’imagination, lui, il en a à revendre à la pelle. Ce n’est pas de l’autofiction qu’il utilise dans ces histoires courtes publiées depuis quelques décennies dans Fluide Glacial, mais de l’autodélire. En cette fin d’année, on peut retrouver quelques-unes de ses histoires dans un recueil dont le contenu a été sélectionné par ses collègues et amis (Bouzard, Riad Sattouf, Goossens...). Il y a les premiers récits, en noir et blanc, avec une précision dans le trait qui lui donnait un petit air de Moëbius. Puis des grands délires avec utilisation de la photo et la mise en abîme de l’auteur en train de réaliser ses dessins. Une bonne façon de se replonger dans une œuvre gigantesque toujours en pleine évolution.
➤ « Edika », Fluide Glacial, 19,90 € 

Thriller - Morts spectaculaires dans le Brésil actuel

Le Feu follet dont il est question dans ce polar brésilien c’est celui du roman de Pierre Drieu LaRochelle. L’écrivain français, tombé en disgrâce après ses compromissions avec l’ennemi (il se suicidera à la Libération), a signé son chef-d’œuvre avec ce texte sur la destruction d’un homme dépendant de la drogue. Adapté en pièce de théâtre, le rôle principal est tenu par Fabio Cassio. Un pari risqué pou ce jeune homme, idole dans son pays mais essentiellement pour ses interprétations de beau gosse dans des télévolelas sans grande ambition dramaturgique. Fabio, vivant avec la belle et vénéneuse Cayanne, starlette qui tente désespéré- ment de percer, quitte à participer à de mauvaises émissions de téléréalité. Quand, à la fin de la représentation, Fabio se fait véritablement sauter la cervelle, la police est sur les dents. Accident, meurtre suicide ?

Parler aux morts

Toutes les versions sont plausibles. Et pour tenter de trouver la bonne, les policiers devront faire confiance à l’équipe de police scientifique de São Paulo dirigée par Azucena. Une flic un peu trop sentimentale « Avant de toucher le cadavre, elle lui demande la permission mentalement. Comme si elle allait entrer dans une maison. Parfois elle demande aussi au mort qu’il l’aide à percer le mystère. Parler aux morts c’est sa plus grande qualité. Inversement proportionnel à celui de communiquer avec les vivants ». Patricia Melo, Brésilienne pourtant vivant depuis quelques années en Suisse, connaît parfaitement son pays et les mœurs de ce dernier. On se délecte quand elle décrit la suffisance de Fabio, les ambitions démesurées de Cayanne ou les manœuvres d’Olga, la mère de Fabio. Au royaume du paraître, ils sont experts.

Par contre Azucena elle ne sait pas faire semblant. Quand elle découvre que son mari couche avec sa petite sœur, elle ne sort pas le grand air du 3e acte. Elle s’écroule, tout simplement. Mais la vie continue et des morts réclament vengeance. 

➤ «Feu follet» de Patricia Melo, Actes Sud, 22 €

samedi 30 décembre 2017

De choses et d'autres - Fondre pour du fromage

Les derniers excès du réveillon ne sont pas encore digérés que je vais encore vous parler victuailles. A la base, je me suis fait avoir une nouvelle fois par un titre du site parodique du Gorafi. Berné car je suis absolument persuadé de la véracité de leur titre : « Selon une étude, le bonheur serait étroitement corrélé à l’ajout de fromage fondu sur tout ». Le « sur tout » aurait dû m’alerter. Mais à part ça, comment ne pas reconnaître qu’une mauvaise journée s’illumine dès que l’on saupoudre ses pâtes au beurre de quelques grammes de gruyère râpé ? Une raclette ? Qu’y a-t-il de plus réconfortant face à l’adversité de la vie qui tourne et du temps qui passe ? Un camembert, à point si possible, c’est succulent. Mais un camembert coulant passé au four ou sous la braise, dans lequel on trempe des mouillettes de pain de campagne frais... Si ça, ce n’est pas la personnification ultime du bonheur, à quoi bon continuer de vivre ?

Et pourtant, il s’agit encore une bêtise du Gorafi qui parfois voudrait prendre mes envies pour des réalités. Non, tout fromage fondu n’est pas synonyme de bonheur. Par exemple, la dernière fois que j’ai mangé une raclette justement, je me suis brûlé l’index en prenant trop vite ma tranche de lard croustillante. Naïf, je me suis dit qu’un peu de fromage fondu sur le bobo apaiserait la douleur. Perdu, ça fait encore plus mal.

Autre exemple je tombe sur une bouteille de vin bouchonné. Pas bon, mais je ne vais quand même pas jeter 9 toute la bouteille. J’essaie ma recette magique : un peu de  camembert passé au micro- ondes dans le verre à pied. Alors sur le coup, c’est vrai, le goût de bouchon est moins prononcé, mais la mixture qui le remplace n’a pas à propre- ment parler le goût du bon- heur non plus.