Durant cette longue, très longue crise sanitaire, nombre de jeunes sont montés au créneau pour protester : on leur a volé plus d’une année de leur vie (et parmi les meilleures) juste pour protéger les plus vieux. Pourtant, ces jeunes si prompts à crier à l’injustice ont quantité d’avantages que les plus de 25 ou 30 ans n’ont pas.
Par exemple, savez-vous que tous les Français âgés de 18 à 25 ans ont droit à une allocation pour partir en vacances. 200 euros versés (sous condition de ressources quand même), uniquement pour aller se la couler douce à ne rien faire.
Nommé « Départ 18:25 », ce programme est une initiative de l’Agence nationale pour les chèques vacances. 200 euros pour payer le trajet, l’hébergement ou les extras, en France et à l’étranger. Et au cinéma, pourquoi ils ont droit à un tarif réduit automatique ? ça frise la discrimination. Autre avantage réservé aux plus jeunes, les réductions en train. La SNCF a annoncé hier mettre en vente cinq millions de billets pas chers (39 euros). Et vraiment pas chers pour les moins de 12 ans puisqu’ils ne paieront que 8 euros quel que soit le trajet.
Moi, qui ne peut pas encore prétendre à une carte Vermeil, je dois débourser au minimum 200 euros pour un aller-retour Perpignan-Paris.
Je passe enfin sur les vacances scolaires rallongées de ces deux dernières années…
Et ils osent encore se plaindre les petits jeunes ? Alors que franchement, parfois je les envie.
Arnaud le Guilcher donne une nouvelle chance à son personnage de dépressif chronique lancé dans le grand bain de la fiction dans ses deux premiers romans. Mais il ne va « Toujours pas mieux » (titre du roman) malgré le bel héritage qui se profile devant son existence d’alcoolique névrosé.
Vivant en Californie depuis une dizaine d’années, il revient en France pour prendre possession d’une fromagerie dans les Alpes. Mais le cadeau est empoisonné. La société va mal, c’est le dernier legs de son grand-père, nazi et psychopathe et en plus sa femme vient de le larguer et de disparaître avec la petite dernière.
Délicieusement cynique, avec des envolées à la San-Antonio, ce roman décalé est un parfait antidépresseur.
➤ « Toujours pas mieux » d’Arnaud le Guilcher, Robert-Laffont, 19 €
Bien qu’élu majoritairement par des plus de 60 ans, Emmanuel Macron est le plus jeune président de la République jamais en poste en France. L’ensemble des commentateurs de la vie politique française ont totalement oublié cette nouveauté : le président est plus jeune (parfois beaucoup plus jeune) que ceux qui sont supposés analyser ses faits et gestes. Comment des « experts » depuis un demi siècle peuvent comprendre le logiciel d’un président plus jeune que leurs petits-enfants.
Logique donc que la participation du jeune Manu au jeu de McFly et Carlito, au mieux, leur passe au-dessus de la tête, au pire, les énerve car ils n’y comprennent rien. Qu’ils se rassurent, bon nombre de Français aussi sont hermétiques à ces émissions, mélange de fausse irrévérence et de placements produits plus ou moins déguisés.
La seule chose qui compte dans ces productions audiovisuelles, c’est le nombre de vues et de like. Exactement comme un soir d’élection : tout ce qu’il faut c’est avoir des voix, beaucoup de voix, plus que l’adversaire pour l’emporter à la fin du décompte. Ainsi, faire des promesses que l’on sait pertinemment qu’on ne pourra jamais tenir n’est pas plus honteux que de faire semblant d’avoir de l’humour et de la répartie alors que tout est écrit, scénarisé et codifié au millimètre près.
Comme dans la téléréalité, rien n’est authentique dans ces émissions. La preuve : les animateurs se sont senti obligés de préciser que « tout est vrai, tout est spontané ».
Certains jeunes le croiront peut-être, d’autres, espérons-le, seront un peu plus critiques.
Il est beaucoup question d’ARN messager dans ce film taïwanais. Une technique qui est désormais connue de tous les Français qui chantent les louanges des vaccins nouvelle génération. Dans The Soul, film inédit diffusé sur Netflix, le patron d’une société pharmaceutique d’avant-garde est assassiné dans sa villa luxueuse. Deux suspects : son fils et sa nouvelle femme. Un flic, taciturne et souffrant d’un cancer, va tenter de comprendre l’enchaînement des événements de cette nuit tragique.
Un thriller très sombre, entre science et fantastique, qui risque de donner du grain à moudre aux complotistes de toute sorte. Car visiblement, on peut faire des trucspastrèscatholiquesaveccefameuxARN.
L’espace est de nouveau à la mode. Le départ de Thomas Pesquet pour l’ISS la semaine dernière correspondait à la sortie sur Netflix du film Le passager N°4 réalisé par Joe Penna. Le problème c’est que la réalité semble plus spectaculaire que la fiction dans ce cas précis. De cette intrigue, aussi vide que l’espace entourant la fusée à destination de Mars, on ne retiendra qu’une bonne idée qui renforce le huis clos.
Quand les membres de l’équipage communiquent avec la terre, on n’entend jamais ce que disent les techniciens restés sur place. On devine simplement qu’ils n’ont pas de solution au problème du moment. Le film débute par le décollage du module. Il va vers Mars. Un voyage de deux ans pour les trois occupants : la pilote (Toni Colette) et deux scientifiques (Anna Kendrick et Daniel Dae Kim). Mais au bout d’une journée de vol, ils découvrent un technicien blessé dans un module servant à produire l’oxygène. Non seulement ils se retrouvent à quatre dans un espace exigu mais en plus le fameux oxygène se met à manquer.
Les savants font leur calcul. La réserve n’est plus suffisante pour rejoindre Mars. Les trois quarts du film sont donc des prises de tête pour savoir qui sacrifier, comment trouver de l’oxygène et si le jeu en vaut la chandelle.
Au final ce 4e passager est beaucoup moins regardable que le double (Alien, le 8e passager), sorti en 1979.
Le succès de Game of Thrones fait des envieux. Ils sont nombreux les producteurs qui ont tenté de trouver l’histoire qui serait aussi captivante que la guerre des familles pour le trône de fer. Netflix a peut-être trouvé la perle rare avec l’adaptation de la Saga Grisha, récit de fantasy pour adolescents paru chez Milan en France. Le monde de Grisha est sorti de l’imagination de Leigh Bardugo, autrice d’une première trilogie et d’autres romans évoluant dans le même univers. C’est sans doute cette richesse d’intrigues et de personnages qui a séduit les décideurs de Netflix.
Après quelques mois de retard en raison de la pandémie (le tournage était terminé avant, mais les effets spéciaux ont subi le contrecoup des différents confinements), Netflix a lancé la semaine dernière les huit épisodes de la première saison de Shadow and Bones : la Saga Grisha. Depuis des siècles, le royaume de la Ravka est plongé dans les ténèbres. Exactement le pays est coupé en deux par une zone où un brouillard empêche la lumière de passer. Le Fold où des créatures monstrueuses attaquent les imprudents qui osent y pénétrer. Alina (Jessie Mei Li) est cartographe pour l’armée. Elle s’est engagée pour suivre son ami d’enfance, Mal (Archie Renaux).
Lors d’une traversée du Fold, Alina découvre qu’elle est une Grisha, une sorcière magicienne, pouvant convoquer la lumière. Une Grisha si puissante qu’elle aurait le potentiel de faire disparaître le Fold. Alina va se retrouver au centre d’intérêts divergents, ballottée, manipulée, abandonnée et malmenée. Mal sera toujours présent pour la protéger, mais ce simple mortel sera-t-il assez fort pour contrer les magiciens qui veulent eux récupérer les monstres du Fold pour en faire une armée ?
La série, dense et parfaitement interprétée, essentiellement par de jeunes comédiens britanniques, se dévore d’une traite. On apprécie aussi l’intrigue annexe de la bande des Crows, les kidnappeurs d’Alina dont le pistolero très dilettante interprété par Kit Young. Satisfaction supplémentaire : la saison 1 a une véritable fin. Mais elle laisse des ouvertures pour une possible suite dont la production pourrait être lancée dans peu de temps.
Le succès de « The Office » a donné des idées à Greg Daniels, l’adaptateur américain de cette série anglaise. Sur le même principe (les épisodes sont présentés comme des reportages sur le quotidien d’employés ou de fonctionnaires), « Parks & Recreation » raconte le travail de l’administration d’une petite ville des USA.
Exactement les élus et fonctionnaires chargés des parcs et espaces verts. Le personnage central est Leslie Knope (Amy Poelher), ambitieuse conseillère municipale qui espère que le reportage lui permettra de progresser et gagner des voix.
Pourtant, on apprend très vite que sa nomination n’est pas due à ses compétences mais simplement au pouvoir de sa mère. Leslie, gaffeuse, souvent idiote et vénale, déverse son bagout tout au long des sept saisons et 125 épisodes qui viennent d’être mis en ligne par Amazon Prime.
Si vous déprimez, alternez les épisodes de « The Office » et de « Parks & Recreation », à la fin de la journée vous aurez eu votre lot de fous rires rédempteurs.
Si Philip K. Dick a écrit une nouvelle intitulée « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? », dans la vraie vie, les robots craignent-ils de se retrouver au chômage ou mis à la retraite anticipée ? Vous me direz, on ne connaît pas l’âge de retraite des robots. Ont-ils même le droit de cesser le travail pour ne plus rien faire ? Leur seule limite n’est-elle pas la fameuse obsolescence programmée ?
À moins que ce ne soit tout simplement la pression des administrés qui mette des robots au chômage. L’écrivain américain aurait sans doute fait un roman cocasse et perturbant de cette information datant de la semaine dernière.
La police de New York a décidé de retirer du service actif son chien-robot de la firme Boston Dynamics. Présenté l’an dernier, il a été utilisé à quelques reprises pour faire des patrouilles en ville ou aller dans un bâtiment où se déroulait une prise d’otages. Mais le toutou de fer et d’acier, loin d’attirer la sympathie des enfants et des habitants, avait la fâcheuse tendance à stresser tout le monde. Sans doute car il est impossible de lire ses émotions et donc d’anticiper ses actions. N’est pas R2D2 ou Wall.E (gentils robots de films familiaux américains) qui veut.
Dans le cas de Spot (c’est le nom du modèle de ce chien-robot de Boston Dynamics coûtant quand même plus de 74 000 dollars), il donnait un peu trop l’impression d’être un Robocop à quatre pattes. Sans la moindre once d’humanité dans ses circuits intégrés.
Reste à lui trouver une reconversion. Pourquoi ne pas le placer dans la famille Biden ? C’est de tradition pour un président récemment élu de prendre un nouveau chien. Pas sûr cependant que les services secrets soient d’accord. Un chien ça ne se pirate pas, un robot si.
Disparaître. Arrêter d’être au centre de la société, en marge, invisible. Le premier roman de Damien Ribeiro, installé à Perpignan après une enfance du côté ouest des Pyrénées au Pays basque a pour héros un homme qui, du jour au lendemain, décide de ne plus jouer le jeu du paraître. Il fait partie de ces hommes et femmes, « Les évanescents » (titre du roman paru dans la collection La Brune des éditions du Rouergue), qui se contentent d’une non-vie. Un texte fort, qui oblige le lecteur à se questionner sur sa propre propension à devenir invisible, à se lancer dans une introspection sur ses choix de vie. Attention, on ne sort pas indemne de cette lecture.
Rencontrer Damien Ribeiro après avoir lu son roman Les évanescents, plonge l’interlocuteur dans un abîme d’interrogations. On a encore l’image du personnage principal en tête : un homme insignifiant, ayant décidé du jour au lendemain de se créer une non-vie faite de routine, sans la moindre passion. Pas même un soupçon d’émotion. C’est raconté avec une telle précision chirurgicale qu’on pense que l’auteur, forcément, raconte en partie son vécu. Perdu.
On se retrouve en face d’un homme très grand, élégant, souriant, dont la réussite professionnelle (lire ci-contre) est à l’opposé de l’emploi obscur de rédacteur d’arrêtés municipaux décrochée, par piston, par Michaël Dos Reis. Finalement, ce roman est tout sauf une autofiction. Tout juste trouve-t-on dans la première partie quelques références communes à la jeunesse commune entre Damien et Mickaël. Le premier a tenté de mettre sur papier cette contre-vie qui aurait pu être la sienne.
Le désir d’écrire, Damien Ribeiro l’a toujours eu au fond de lui. Il se lançait régulièrement dans l’écriture de romans. Sans jamais dépasser les trois pages. Mais pour Les évanescents, il a poussé le curseur très loin. L’idée est venue de la très courte nouvelle de Tchekhov, l’homme à l’étui. Un professeur se recroquevillait de plus en plus derrière des protections jusqu’à se sentir si bien dans ce dernier étui, son cercueil. Michaël Dos Reis, après un périple dans le sud de la France à taguer les wagons avec deux copains, décide du jour au lendemain, sur une plage de Cannes, de tout arrêter. Il plonge, nage un peu, refait surface et dès lors, « tout ce qui comptait pour l’heure était de flotter sur le dos en me laissant porter par le sel. La Méditerranée me lavait de cette peinture qui empêchait mon corps de respirer […] et qui ne m’offrait que la marginalité ou la folie pour horizon. » Après ce passage, le roman prend une ampleur, une force, une plénitude étonnante pour une première œuvre.
Se contenter de vivre une « histoire simple, sans passion »
On se met dans les pas de cet homme de plus en plus évanescent. Il se met en couple avec Corinne, une femme « pour qui la perspective de la solitude est inenvisageable. » Parfait car lui a besoin « d’une histoire simple, sans passion, offrant le confort moelleux des tapis d’algues. » Grâce à l’entregent du père de sa compagne, il obtient un poste d’obscur fonctionnaire municipal. Son bureau, sans fenêtre, petit, est le nouveau cercueil de l’homme à l’étui.
Photo Olivier Got/L'Indépendant
Ce texte, que Damien Ribeiro a envoyé à plusieurs éditeurs à la fin de l’été 2019, sur l’insistance de son épouse (lui voulait simplement le mettre gratuitement sur internet), a trouvé preneur au bout de 15 jours. Une sorte de consécration qui a poussé le jeune romancier à se lancer dans son second roman. Une promesse de publication finalement pas tenue. Le second roman achevé, Damien Ribeiro contacte de nouvelles maisons d’édition. L’éditrice de la Brune du Rouergue se montre intéressée. Damien lui parle alors des Évanescents, lui envoie une version légèrement remaniée et très vite la décision de sortir ce texte en priorité est actée.
Après avoir lu ce roman, on ne peut s’empêcher (en plus de la fameuse introspection inévitable), de regarder d’un autre œil ses connaissances. Qui parmi les collègues, amis ou même parents font partie de ces évanescents, adeptes de la transparence ?
Au contraire, qui après une enfance insipide, a décidé, comme Charles D., ami de Michaël, de jouer des coudes pour s’imposer ? Charles D. semble grotesque dans son rôle de vendeur de fenêtres. Un passage finalement hilarant.
Car ce roman, tout en cultivant une certaine noirceur, est aussi bourré de scènes où l’auteur, avec une acuité remarquable, ose raconter sans fard la comédie de la vie. Et souvent, pour s’en sortir, mieux vaut en rire que de chercher à réduire encore et encore son étui.
___________________________
S’imaginer une contre-vie
Un premier roman est souvent autobiographique. Dans Les évanescents, Damien Ribeiro a mis un peu de son vécu. Essentiellement dans la première partie se déroulant au Pays basque. La passion du graf, elle rythmait véritablement sa vie quand il avait 16 ans. Mais la suite, à l’opposé, est la tentative de se créer une « contre-vie ». Une réalité parallèle à son véritable parcours qui n’a rien de celui de Mickaël Dos Reis.
Si la vie de Damien Ribeiro a effectivement basculé d’un coup d’un seul à l’entrée de l’âge adulte, c’est au contraire pour vivre pleinement cette histoire d’amour qui l’a saisi après une rencontre en soirée. Elle est prof de français en pays catalan. Il décide de la rejoindre quittant ses parents avec un simple sac à dos. Une passion qui lui donne l’envie de terminer ses études et de réussir professionnellement. Mais sans renier ses passions. Il avait arrêté le graf mais continuait à composer et produire dans le milieu du rap. « Tout en étant manœuvre pour payer mes études, j’ai obtenu deux masters en droit. Rapidement j’ai trouvé du travail à la Maison des vignerons de l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Puis, il y a 11 ans, j’ai décroché le poste de directeur de la Maison des artisans à Perpignan ».
Une réussite professionnelle à l’opposé de la dérive nihiliste du héros du roman. Mais il est vrai que Damien Ribeiro a un atout dans sa vie, une femme qu’il aime par-dessus tout et à qui il a dédié le roman. Sa première lectrice, celle qui l’a encouragé à envoyer le manuscrit à différentes maisons d’édition. Sa muse.
Du graffiti au Street Art
En se lançant dans l’écriture de son roman, Damien Ribeiro avait l’envie de raconter ses années graffiti et mettre en valeur le milieu du rap qu’il a longtemps côtoyé. On retrouve le premier thème dans le début du texte, quand le héros, encore adolescent, tague son pseudo sur les murs d’un bâtiment en ruines. Ce country club, réservé à l’élite de la côte basque, a longtemps été un lieu interdit aux pauvres. Même les classes moyennes ne pouvaient s’approcher de ce club sélect. Mais l’opération, essentiellement immobilière, a capoté et le Country, à l’abandon, est devenu le terrain de jeu de tous les toxicomanes du BAB (Bayonne, Anglet, Biarritz) et des ados qui y trouvaient des murs vierges à marquer de leurs empreintes. « Sur l’ancien mur du training, nous avions exécuté une fresque où nos noms de guerre se mariaient dans un mélange d’orange et de bleus. »
Cette passion, Damien Ribeiro, des années plus tard, ne la renie pas. Au contraire, il essaie encore et toujours de comprendre ce qui le motivait. Il a définitivement écarté la volonté esthétique. Objectivement, leurs créations étaient moyennes. Juste de la typographie et des couleurs. La mode du graffiti est cyclique. Aujourd’hui on parle plus noblement de Street Art. Mais le fond est le même.
À un moment donné, des jeunes veulent simplement monter qu’ils existent. Et pour cela, rien de plus simple que de laisser une trace sur les murs. Aujourd’hui Damien Ribeiro ne touche plus aux bombes de peinture, mais sur un mur en ruine, peut-être, il reste une trace de son passage, un fragment d’adolescence que personne ne pourra lui enlever.
Toujours aussi acerbe, Albert Dupontel brocarde de nouveau notre société devenue folle.
Le suicidaire (Albert Dupontel), la condamnée (Virgine Efira) et l’aveugle (Nicolas Marié), le trio improbable de la cavale du film Adieu les cons. Jérôme Prébois - ADCB Films
Depuis toujours, Albert Dupontel a un faible pour les ratés, les oubliés de la vie, les imparfaits et autres inadaptés à notre société du toujours plus beau, toujours plus brillant. Il puise dans ces personnages des idées de scénario où toute sa loufoquerie couplée à un anarchisme radical permet de transformer le banal en extraordinaire. Adieu les cons n’échappe pas à cette règle, avec cependant de plus en plus de tendresse pour ces handicapés de la vie sociale.
Tout débute dans le cabinet d’un médecin. Suze Trappet (Virginie Efira) découvre les radios de ses poumons. Elle trouve ça très joli. Le toubib, lui, s’égare en circonvolutions pour ne pas avouer de but en blanc qu’elle est condamnée. JB (Albert Dupontel), informaticien austère, est mis au placard pour laisser la place à un jeune diplômé plus dynamique. Désespéré, il décide de se suicider. Cela tourne mal et le voilà en fuite avec Suze, qui va lui demander de retrouver le fils qu’elle a abandonné quand elle était adolescente. Pour cela ils vont avoir besoin de l’aide de M. Blin (Nicolas Marié), un archiviste rendu aveugle après une bavure policière. Ces Pieds Nickelés vont déjouer tous les pièges des forces de l’ordre et localiser le médecin qui a accouché Suze. Le docteur Lint (Jackie Berroyer), souffre de démence sénile, mais cette histoire lui permet de retrouver un peu de lucidité et finalement, après bien des péripéties improbables (qui font tout le sel du film), le trio va enfin mettre la main sur ce fils disparu et l’aider à mieux gérer sa vie sentimentale de geek coincé et introverti.
Trio équilibré
Cela semble touffu résumé de cette façon, et pourtant le film est d’une fluidité absolue. Les désespoirs de Suze, l’honnêteté de JB, les bravades de M. Blin permettent à chacun de tirer le meilleur de l’autre. Une réelle complicité, tendresse aussi, se noue entre les trois. A noter que dans le rôle de la petite amie du fils de Suze, Marilou Aussiloux, comédienne originaire de Narbonne, prouve qu’elle est aussi à l’aise en tailleur chic qu’en robe d’époque qu’elle porte dans La révolution série diffusée sur Netflix. Autre petit rôle remarqué (et remarquable), Terry Gilliam des Monty Python interprète d’un vendeur d’armes à feu qui pourrait faire de l’ombre à Trump.
Et la morale de l’histoire me direz-vous ? Elle se résume par le titre du film : Adieu les cons !
Film français d’Albert Dupontel avec Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié