Quand la télé américaine veut faire dans le polar régional, cela donne Emergence, hybride peu convaincant entre grand thème futuriste (les progrès affolants des intelligences artificielles) et héros du quotidien (policière en surpoids élevant seule une ado tout en étant chef du commissariat de la petite ville côtière loin du tumulte de la grande ville) que l’on retrouve sur Amazon Prime après une diffusion sur TF1 l’an dernier.
A l’arrivée c’est tellement peu crédible que les audiences s’effondrent (sur ABC) et que la seconde saison est annulée avant même la fin du tournage de la première. Bref, ces 13 épisodes de la série imaginée par Michele Fazekas et Tara Butters ne sont pas indispensables mais donnent quand même à l’amateur quelques bonnes raisons de perdre une dizaine d’heures. D’abord pour la présence de Terry O’Quinn en grand méchant. L’interprète de Locke dans Lost reste un must dans toute création qui intègre un peu de SF et de fantastique dans son récit. Pour Alexa Swinton, la plus jeune du casting mais sans doute la meilleure. Elle est Piper, fillette amnésique, en réalité androïde aux pouvoirs phénoménaux.
Enfin, sur un autre registre, la composition d’Allison Tolman dans le rôle principal a tendance à transformer le drame en série comique. Elle n’a pas le physique de l’emploi et surtout ne peut s’empêcher à chaque scène de remettre ses cheveux en place, comme si elle était dans un défilé de mode perpétuel.
