lundi 23 octobre 2017

BD - Astérix et Obélix on the road again


Avec cet humour décalé qu’ils ont toujours eu (Ferri depuis ses années Fluide Glacial, Conrad en agitateur du vénérable magazine Spirou du temps des « Hauts de page »), les deux auteurs de la reprise d’Astérix et Obélix ont expliqué que leur mission, tous les deux ans, est « de sauver l’édition française ». Un rôle économique qui ne doit pas les détourner de leur véritable mission : faire rire les Français et quelques millions d’Européens. 

Passons sur les chiffres astronomiques du tirage (Idéfix doit se lamenter de tous ces arbres abattus) et recentrons-nous sur le fond. Avec confiance car le duo, depuis la reprise avec bénédiction d’Uderzo, affine sa complicité, marque un peu de son empreinte la série et surtout est à la hauteur des albums de l’époque bénie. Une histoire de course de chars à travers l’Italie, source inépuisable de gags car toutes les nations de l’empire participent à ce rallye. L’occasion de se moquer du nationalisme, de l’esprit de compétition, de la pub et même, les petits chenapans, de la presse. C’est succulent, on en redemande.

➤ « Astérix et la Transitalique », éd. Albert René, 9,95 €

Les premiers pas du Petit Nicolas

Pour les nostalgiques de la verve de René Goscinny, ceux qui ne supportent pas que d’autres s’essaient à faire vivre ses personnages (voir ci-dessus), chance avec l’exhumation de la première bande dessinée du Petit Nicolas. Car contrairement à ce que tout le monde croit, le jeune héros dessiné par Sempé a débuté en bande dessinée. Les découvrir dans cet album est un plaisir qu’il serait idiot de se priver.

➤ « Le Petit Nicolas », Imav Editions, 12,90 €

De choses et d'autres - De l’élection au sondage

Un peu comme les bonnes séries qui s’arrêtent trop vite, les sondeurs ont le chic pour surfer sur la vague de leurs succès. Vous avez adoré les « Sondages sur la présidentielle », vous allez adorer la saison deux. « Mais, rétorquerez-vous, car mine de rien vous suivez un peu l’actualité, le président n’est pas encore élu depuis six mois, pourquoi chercher déjà à connaître son successeur ? » C’est que les instituts de sondage sont plein de ressources.

Ils ont « vendu » à un journal, (le Journal du Dimanche en l’occurrence) le sondage ultime, celui qui ne sert à rien si ce n’est à faire pérorer les commentateurs politiques en mal de spéculation. L’étude d’opinion ne porte pas sur la prochaine présidentielle, mais celle de cette année. Avec une question toute simple qui quintessencie l’inutilité à son plus haut sommet: « Si l’élection avait lieu aujourd’hui, pour qui voteriez-vous au premier tour ? » À quoi bon connaître ce que feraient les Français car selon toute vraisemblance le cas de figure ne se produira jamais. Et de toute manière, sans dépenser le moindre centime, on se doute que les résultats ne seraient pas inversés en si peu de temps.

Logiquement, Emmanuel Macron reste en tête. Il creuse même un peu l’écart, gagnant quatre points. Marine Le Pen est stable. Mélenchon baisse un peu, mais moins que Fillon rétrogradé en quatrième position. Logique au regard de son « intense » activité médiatique de ces quatre derniers mois. Alors le sondage est trituré en tous sens, on spécule sur l’image de Macron dans l’opinion publique, pas si mauvaise que ne semblent l’affirmer les sondages de popularité, sur l’effet Philippot en direction de l’électorat du FN.

Bref, rien de bien passionnant. Alors en résumé : vivement 2021 et les premiers vrais sondages sur la présidentielle de 2022

BD - Oiseaux de mort dans une France en ruines et sous un "Soleil froid"


La dernière épidémie de grippe aviaire a eu pour conséquence de décimer les élevages de canards dans le sud-ouest du pays. Dans la série « Soleil froid », imaginée par Pécau et dessinée par Damien, le virus est plus puissant, agressif et surtout, transmissible à l’homme. Résultat, quelques mois après son apparition, les oiseaux sont tous exterminés. 

Mais auparavant ils ont tué 80 % de la population mondiale. Jan, un des derniers rescapés, tente de rejoindre un laboratoire qui aurait mis au point un vaccin. Un long périple dans une France en ruine qui passe par Lyon et devrait se terminer dans le troisième tome, dans les Pyrénées, près de la frontière espagnole. On apprécie dans cet album les dessins réalistes de Damien, très à l’aise dans ce mélange de futurisme et fin du monde

➤ « Soleil froid », Delcourt, 14,95 €

BD - "Harmony et le pouvoir des adolescents


Devenu un thème récurrent des nouvelles séries de science-fiction, l’apparition mystérieuse de pouvoirs pour une petite partie de la population est au centre de cette série de Mathieu Reynès, pour la première fois en solo après avoir mis son dessin très expressif au service de différents scénaristes. Harmony, adolescente ordinaire, voit sa vie bouleversée quand elle se découvre des pouvoirs de télékinésie

Enlevée, enfermée, étudiée, elle se retrouve au centre d’enjeux qui la dépassent. Mais loin de se laisser faire, elle prend conscience de sa force et surtout de sa volonté de liberté et d’entraide. Dans le troisième tome du premier cycle, elle revient dans le centre d’où elle vient de s’évader pour porter secours à deux de ses amis qui comme elle ont des pouvoirs. On aime particulièrement le volet « humain » de l’histoire. Amitié entre cobayes, abnégation de certains adultes, soif de pouvoir d’autres : tous les ingrédients sont là pour tenir le lecteur en haleine.

➤ « Harmony » (tome 3), Dupuis, 12 €

mercredi 18 octobre 2017

DVD – Rodin raconté par Jacques Doillon

Avant Gauguin, le cinéma français s’est intéressé à un autre monstre sacré de l’art : Rodin. Isabelle Adjani avait interprété une Camille Claudel inoubliable, Vincent Lindon a endossé la blouse du sculpteur dans le film de Jacques Doillon. Ce film âpre, presque austère, explore les démons de la création. 

Rodin, longtemps ignoré, n’a jamais fait la moindre concession sur son art. Le début du film le voit marié avec la jeune Rose (Séverine Caneele déjà vue dans «L’Humanité » de Bruno Dumont), mais quand il rencontre Camille Claudel (Izïa Higelin), le coup de foudre, amoureux et artistique est immédiat. Une relation forte, créatrice mais aussi très destructrice. 

Et pour restituer le récit dans son contexte, vous pourrez mieux comprendre l’artiste en visionnant « Sculpter Rodin » (31’), entretien croisé inédit de 31 minutes entre Jacques Doillon et Véronique Pattiussi, responsable du fond historique du musée Rodin

➤«Rodin», Wild Side Vidéo, 19,99 € 

DVD – Jean-Pierre Melville : 11 films incontournables

Voilà une anthologie pour amateurs de films noirs. Un bel objet reprenant 11 films de Jean Pierre Melville parmi ses plus connus, mais aussi quelques perles rares et même un court-métrage inédit en DVD, « 24 heures dans la vie d’un clown ». 

Laissez-vous gagner par cet univers « marqué par la Résistance » comme le souligne Philippe Labro auteur de la préface du livre de 76 pages accompagnant le coffret. Plongez dans « Le cercle rouge », vivez au côté d’« Un flic », jouez avec « Bob le flambeur »... 

Delon, Belmondo, Montand, Bourvil : les plus grands acteurs français ont tourné sous les ordres de ce maître du 7e art. Enfin ce sont plus de sept heures de bonus qui sont proposées dont le documentaire « L’armée des ombres, le dessous des cartes ».

➤«Anthologie Melville », 99 € le coffret de 12 DVD, 119 € le coffret de 10 blu-ray. Studiocanal 

Cinéma - Le dard de l’art contemporain

THE SQUARE. Claes Bang incarne Christian, un conservateur de musée aux multiples péripéties. 



Palme d’or surprise en mai dernier au festival de Cannes, « The Square » de Ruben Östlund ne laisse personne indifférent. Pas toujours pour de bonnes raisons. Ce film fait partie des catégories d’œuvres que l’on adore ou qu’on déteste. Pas de juste milieu, de ce jugement tiède et ambigu caractérisant la majorité de la production cinématographique actuelle. Reste que cette satire de la société contemporaine européenne évoluée a le mérite de poser beaucoup de questions et de nous forcer à nous remettre en cause dans les pas du personnage principal, Christian (Claes Bang), conservateur d’un musée d’art contemporain suédois. 

Première situation clivante quand il sort de la gare centrale pour se rendre au travail, le nez dans son téléphone portable comme 80 % de la foule. Des cris au loin. Des appels au secours… Une femme arrive en courant. Se réfugie derrière un homme, juste à côté de Christian. Une personne arrive en hurlant de rage. Christian et l’autre homme s’interposent et font fuir l’importun. La jeune femme disparaît. Un grand sourire illumine la face de Christian, quadra en costume peu habitué à prendre des risques. Cette poussée d’adrénaline le met en joie. Elle ne dure pas longtemps. Cinq minutes plus tard il découvre que tout cela n’était qu’une mise en scène. Dans l’altercation il a été délesté de son téléphone, de son portefeuille et même des boutons de manchette qui lui venaient de son grand-père. 

Le spectateur, après s’être interrogé « Dans une telle situation, quelle aurait été mon attitude? Courage ou fuite ? » n’a pas le temps de répondre qu’une seconde interrogation l’assaille : comment puis-je être aussi naïf… Et de constater qu’on vient immédiatement de se glisser dans la peau de Christian, but premier du réalisateur. 

Obsession 

La suite est tout aussi déroutante. Il doit lancer une nouvelle exposition, trouver des fonds pour financer l’avenir, séduire une journaliste, gérer tant bien que mal le quotidien quand il a la garde de ses filles. Une vie déjà compliquée devenant carrément inextricable par son obsession de retrouver ses biens et de faire payer ces voleurs audacieux. 

Si l’ensemble paraît parfois décousu, il est pourtant d’une grande intelligence. Tout est important dans cette descente aux enfers d’un homme ayant réussi. Ruben Östlund filme son héros comme une coquille vide ballottée sur les flots. À chaque écueil une nouvelle difficulté. Claes Bang est excellent dans ce rôle aux nuances subtiles. Lui, aurait mérité le prix d’interprétation. La Palme fait encore polémique. Mais ce débat est sans fin et dans dix ans personne ne sera toujours d’accord. Exactement comme l’art contemporain ; l’autre vedette du film, encore plus malmené que la bourgeoisie cultivée suédoise, forcément novateur, parfois reconnu, mais jamais véritablement installé car c’est le fondement même de son existence. Le contemporain ne dure jamais longtemps. 

➤ «TheSquare», comédie dramatique de Ruben Östlund (Suède, 2h31) avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West. 


Singeries à table


Quelques moments de bravoure permettent à «The Square» de marquer durablement les esprits. Comme si le réalisateur, en plus de penser à son film comme un tout, avait voulu y intégrer des moments forts que l’on pourrait presque extraire de l’ensemble et présenter comme des courts métrages indépendants. On met dans le lot la scène du préservatif entre Christian et sa maîtresse d’un soir, la jolie journaliste américaine si bizarre (Elisabeth Moss). Non seulement elle vit avec un singe, mais en plus elle tient expressément à mettre elle-même le préservatif usagé dans la poubelle de la salle de bain. 

Reste le passage le plus fort, le plus symbolique du film. Dans sa dramaturgie mais aussi sa symbolique. Christian, pour honorer les nombreux mécènes apportant de l’argent frais au musée, les invite à un dîner de gala. Lustres au plafond, serveurs en tenues, grande cuisine. Une caricature d’une certaine bourgeoisie bien pensante. 

Pour les remercier, Christian organise une performance avec un artiste qui va endosser le rôle d’un singe s’incrustant dans le repas. Un singe curieux, sans manière, hurlant et vociférant, utilisant la peur pour imposer sa domination. Pour jouer cet artiste, le réalisateur a fait appel à un pro des plateaux de cinéma. Il a des dizaines de films à son actif, des millions d’entrées, pourtant on voit son visage à l’écran pour la première fois. Terry Notary est un chorégraphe expert en attitude simiesque. Il a interprété, avant trucages, Rocket dans la dernière Planète des singes, des Orcs dans la trilogie du Hobbit et le fameux Kong dans «Skull Island ». Son mimétisme est saisissant. La scène forte du film, avec un final comme seul Ruben Östlund sait les écrire et les filmer. 

mercredi 11 octobre 2017

DVD - Churchill, le têtu historique

Hasard des sorties, on retrouve Brian Cox dans l’autre DVD de la semaine. Cette fois il endosse le rôle de Churchill dans le biopic signé Jonathan Teplitzky

Le film s’attache à raconter les jours précédents le débarquement allié. Le Premier ministre anglais était opposé à cette opération. Il craignait une boucherie. Finalement, le travail de sape de ses alliés a porté ses fruits et le débarquement a eu lieu. Dès lors, Churchill a été associé à cette journée symbolique qui a marqué l’histoire du monde libre

Le réalisateur, tout en sobriété, fait reposer son film sur les épaules de Brian Cox. Ce dernier s’en tire à merveille, interprétant un Churchill dépressif, chafouin et alcoolique très crédible. Une vision différente et étonnante des arcanes du pouvoir.

➤ « Churchill », Orange Studio, 19,99 €

DVD - Se méfier des inconnues froides

Certains films d’horreur font rire. Volontairement ou pas. Et puis d’autres font un peu peur. Et parfois, dans le lot, un sort de la norme et file « vraiment » la frousse aux spectateurs. « The Jane Doe Identity » est de cette veine. Réalisation léchée d’André Øvredal, interprétation convaincante des deux acteurs principaux (Emile Hirsch et Brian Cox), scénario au cordeau, effets spéciaux bluffants : rien à jeter dans cette histoire. 

Sans oublier le meilleur de l’en semble, la fameuse Jane Doe interprétée par Olwen Catherine Kelly.

Ce film de « pure terreur », se déroule dans une morgue. Une jeune femme morte y est amenée pour autopsie. Le médecin légiste et son fils vont découvrir que ce cadavre recèle bien des surprises. Dehors et dedans. Dans les bonus un making of assez complet, excepté en ce qui concerne les effets spéciaux et le rôle pas évident du tout de la fameuse Jane Doe. 

« The Jane Doe identity », Wild Side Vidéo, 13,99 € le DVD, 19,99 € le blu-ray 

lundi 9 octobre 2017

Fête de la Lucques nouvelle à Bize-Minervois : une olive verte, charnue et savoureuse

Croquer une olive Lucques s’apparente à ces expériences gustatives uniques comme goûter un grand bordeaux ou laisser fondre un morceau de foie gras sur la langue. Immense, incomparable, inoubliable.


La Lucques est la Rolls Royce des olives de table. Remise au goût du jour par la coopérative de l’Oulibo, elle bénéficie depuis l’an dernier d’une appellation d’origine protégée. Fragile, la Lucques nécessite des trésors d’attention pour qu’elle arrive au summum de sa saveur sur vos tables. La récolte de cette année vient de s’achever et les Lucques nouvelles seront les vedettes de la fête organisée dimanche prochain à la coopérative. Depuis 1942, cette structure a beaucoup évolué. En faisant le pari de la qualité et de l’agro-tourisme, l’Oulibo est devenu un poids-lourd économique de la région. Outre les 1700 coopérateurs répartis dans l’Aude, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales, l’Oulibo emploie 35 personnes à l’année sur le site et passe à plus de 60 en haute saison. Pour le directeur, Pierre-André Marty, la Lucques est devenue une passion. Il en parle avec cet amour du producteur pour son produit longuement et patiemment amené à sa perfection. «La Lucques, lorsque vous la préparez, c’est comme un chef dans une cuisine. Vous êtes obligé d’être au contact de l’olive. C’est assez empirique car ça va dépendre de la maturité, de l’endroit d’où elle vient, s’il fait chaud ou humide quand elle est ramassée. Cela reste une olive extrêmement délicate et compliquée à préparer.»

■ Record à battre

Un savoir-faire directement tiré du terroir local. Car la force de l’Oulibo est d’avoir réussi à retrouver la saveur des olives de table «comme les faisaient nos grands-mères sur la toile cirée de la cuisine». Autour de la Lucques, la reine des olives de table, représentant désormais plus de 80 % des olives produites à la coopérative, un parcours ludique et instructif permet de valoriser la structure.

Un tourisme d’entreprise en plein essor, grand pourvoyeur de visiteurs. L’Oulibo fait partie des deux entreprises les plus visitées de France, la 3e en Occitanie. Un travail au long terme amplifié avec des événements ponctuels comme la fête de la Lucques nouvelle de dimanche prochain. Une façon aussi d’associer les autres producteurs locaux de Bize et des environs à cette success-story. Car on pourra déguster des vins primeurs (du Grand Celièr et du Château de Cabezac). Un atelier cuisine, le matin, vous permettra d’apprendre à préparer de l’olive de table «cassée au fenouil». Et puis pour la rigolade, les visiteurs pourront tenter de battre le record du lancer de noyaux de Lucques. Il est de 5,99 mètres pour l’instant. Mais le noyau, incurvé et de petite taille, ne facilite pas le tir. La Lucques, même là, se distingue de ses congénères plus vulgaires. 

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Manger : La cagette du Café du Midi

Devenue la marque de fabrique du Café du Midi, la cagette est un menu du jour amélioré, sur place ou à emporter. Vous pourrez déguster deux petits hors d’œuvre, un plat principal, un fromage et un dessert, le tout servi sur une cagette en osier donnant un cachet particulier à l’ensemble. Simple et bon, excellent rapport qualité-prix. 

Le Café du Midi, Place aux Herbes, 04 68 70 39 18

Visiter : Le royaume de l’olive

Reconnaître une picholine d’une Lucques, monter un aïoli parfait, déguster différentes huiles : la coopérative oléicole de l’Oulibo est une petite école des saveurs. Vous trouverez dans la boutiques les produits locaux mais vous pourrez aussi visiter les installations destinées à la production, de la préparation en saumure au moulin pour en tirer de l’huile d’exception. 

➤ L’Oulibo, 04 68 41 95 84

Déguster : La rosée cochonne 

Coup de cœur de la cheffe du Café du Midi, ce minervois rosé est produit à Aigues-Vives par Pierre Sicard sur un assemblage du comédien Jean-Claude Dreyfus. « Le nez est agréablement fruité par des petits fruits rouges avec une délicate note d’agrume : citron mûr. La bouche est élégante. Un vin avec une bonne tension et une agréable longueur » explique l’acteur, passionné de cochon et de vin.

Domaine Sicard, 04 68 91 23 94