mercredi 5 février 2025

Roman français - « Tout est chaos » dans l’enfer de la publicité

Paloma, 24 ans, travaille dans une agence de pub. Une lettrée de plus en plus à l’aise face à un univers impitoyable basé sur le paraître et la suspicion. 

Une intellectuelle, passionnée par la philosophie et la littérature. Paloma Madar a pourtant accepté sans hésiter ce boulot de rédactrice free-lance dans une grosse agence de pub parisienne. Une sorte de reconnaissance pour cette fille de restaurateurs. La patronne, surnommée très sérieusement « La reine Margot », a confié Paloma à Benjamin, un quadra distingué, doux et gentil, heureux d’apprendre à la jeune Paloma comment survivre dans ce monde impitoyable de la publicité.

La narratrice de ce roman sociétal signé Carmen Bramly, apprend vite, résumant son métier par cette simple phrase : « enjoliver les choses, n’en montrer que la face désirable. » Elle passe ses journées à rédiger, pubs, dossiers de presse, slogans, scénarios de spots pour de grandes ou petites marques. « Ce que j’invente alimente une grande machine à rêves, produisant des récits sur mesure afin que chacun puisse se projeter, se sublimer. » Une conception romantique de la publicité.

Mais trop de pub tue la pub. Carmen le reconnaît : « Aujourd’hui, plus personne n’attend rien de la publicité. Pire, on cherche à l’éviter. Elle nous traque, s’infiltre partout, parasite les vidéos et mine nos réseaux sociaux. » S’il est beaucoup question du rôle de la publicité (et des publicitaires dépressifs comme Carmen) dans ce roman, c’est aussi le récit d’une chute.

Benjamin est accusé de harcèlement sexuel par une stagiaire. L’occasion rêvée pour la reine Margot pour se débarrasser de ce créatif un peu trop indépendant. Pour Carmen c’est un dilemme. Elle peut l’innocenter. Mais risque alors de mettre fin ainsi à sa collaboration avec l’agence. Une fausse affaire #MeToo noyée dans la marée des véritables scandales. À tous points de vue, le monde de la publicité est un véritable enfer.

« Tout est chaos » de Carmen Bramly, Presses de la Cité, 240 pages, 21 €

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