Jeune maison d'édition belge, Anspach a désormais suffisamment d'expérience et bonne réputation pour attirer des cadors de la BD. Fin janvier ce sont Rodolphe et Griffo qui ont apporté leurs signatures au catalogue de plus en plus prestigieux de la société. Le premier, scénariste ayant des centaines d'albums et des dizaines de séries à son actif, le second, dans le métier depuis le début des années 70, sait tout dessiner, du comique au réalisme en passant par la SF, le fantastique ou les récits historiques comme cette "Main du diable" se déroulant à la fin du XIXe siècle.
Partant d'une nouvelle de Stevenson, le duo a transposé ce court récit de damnation éternelle. A bord d'un bateau reliant Hawaii à San Francisco, Robert Louis Stevenson est abordé par un autre passager, Charles Dawson. Ce dernier veut lui conter une histoire, son histoire. Celle d'un homme à qui tout sourit depuis quelques mois.
Cette chance il la doit à la main du diable, un objet qu'il a acheté à un riche Américain alors que lui-même errait presque sans le sou dans les rues. Depuis, tous ses désirs deviennent réalité. Argent, femmes, maison... sa vie est un rêve. Mais cela a un prix. Il devra revendre (moins cher que ce qu'il l'a acheté) cet objet du diable avant sa mort. Sinon c'est assurément un billet simple pour l'Enfer.
La malédiction va rapidement provoquer angoisses et insomnies à cet homme qui était persuadé de parfaitement vivre cette "chance" unique.
Rodolphe adapte avec clarté et fluidité cette descente aux enfers, donnant l'occasion à Griffo de dessiner de très jolies femmes, des décors spectaculaires et un cauchemar mémorable prouvant qu'il est aussi capable de manier un style graphique différent, plus éthéré, moins réel.
"La main du diable", Anspach, 56 pages, 16 €
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