Démarche très journalistique de Mikael Corre, reporter à La Croix. Après plusieurs reportages sur les violences policières pour le quotidien, il a voulu approfondir le sujet, comprendre pourquoi la police française est à ce point décriée par une bonne frange de la population.
Il a donc passé une année en immersion dans un commissariat. Des séjours de quelques jours à Roubaix, pour rencontrer tous les policiers, du simple planton chargé de l’accueil au grand chef en passant par les hommes de terrains, ceux qui luttent contre les trafiquants d drogue ou les violences du quotidien.
Un récit transformé en roman graphique (reportage graphique plus exactement), par Bouqé. Un dessin simple et rond, comme pour adoucir le quotidien de ces forces de l’ordre si souvent confrontées à l’horreur, la mort. Car ce qu’il ressort principalement de cet album c’est derrière l’uniforme ou la plaque de tout flic, il y a un homme ou une femme, tentant de servir leur pays, de protéger leurs concitoyens, avec plus ou moins de moyens. Certains reconnaissent que leur action est vaine. Pas assez nombreux, dépassés, peu aidés par les politiques. La politique du chiffre cache un marasme important.
Les auteurs constatent une crise profonde, tout en reconnaissant que le système tient le choc malgré les crises, les insuffisances.
« Anatomie d’un commissariat », Bayard Graphic’, 168 pages, 28 €
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