vendredi 4 juin 2010

BD - La grande régression de "La Zone" de Stalner


La thématique de science-fiction « Après la bombe » a été un des succès des années 60 et 70. En pleine guerre froide, les auteurs se faisaient peur à imaginer ce que serait notre futur après l'explosion de quelques bombes nucléaires.

De nos jours, c'est plutôt une épidémie ravageuse qui ferait que la civilisation moderne se mettrait à régresser. Un thème qu'aborde Eric Stalner dans sa nouvelle série, « La Zone », prévue en quatre tomes aux éditions Glénat. Dans le nord de l'Angleterre, une petite communauté survit après le grand cataclysme. Des hommes et des femmes repliés sur eux, interdisant à quiconque d'aller vers le Sud, là où la vie est impossible. Ce retour au Moyen âge a également marqué le regain d'influence des hommes d'église et le désintérêt pour quelque chose pourtant d'essentiel : la lecture. 

Lawrence est un des derniers à savoir lire. Dans sa maison, il conserve des milliers d'ouvrages et tente d'apprendre à lire à Keira, une adolescente. Mais si cette dernière est si assidue aux cours, c'est avant tout pour dérober à Lawrence les cartes du pays. Ainsi équipée, elle désire aller à Londres avec deux de ses amis. Lawrence, qui lui connaît l'enfer qu'est devenu la capitale, décide de retrouver Keira. Contraint et forcé, les villageois le considérant comme responsable ont voulu le tuer et ont incendié sa maison, transformant cette basse vengeance en immense autodafé.

Cette nouvelle série semble avoir du souffle et de l'esprit. Si on ne parvient pas encore à s'identifier aux personnages (il ne s'agit que du premier tome), cet album de 56 pages ne manque pas d'action et de rebondissements. Et surtout, on ne peut que saluer ce récit qui tente, à l'avance, de persuader les générations futures de l'intérêt du savoir, de la lecture et de la mémoire des anciens. A lire de toute urgence, en espérant que cette fiction de devienne jamais une réalité.

« La zone » (tome 1), Glénat, 13 € 

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