Prise d'otages destroy dans un hypermarché. Bretin et Bonzon signent un polar rigolard où la société de consommation en prend pour son grade.
La ménagère de moins de 50 ans, cœur de cible des publicitaires et de tout gérant de grande surface, est la véritable héroïne de ce roman de Denis Bretin et Laurent Bonzon. Dans « Discount », elle s'appelle Dany. Employée dans un hypermarché, Dany vient de prendre du galon. Son mérite professionnel n'y est pour rien. Par contre, les fellations qu'elle prodigue à son patron dans le local de la photocopieuse... Dany qui rêve d'évasion, de grande vie. A Copacabana, avec quelques millions d'euros, histoire de voir venir.
Mais le problème de Dany, ce matin, c'est Tattoo. Son mec, l'officiel. Elle en a été privée durant 18 mois. Un séjour en prison pour un braquage qui a mal tourné. Tattoo qui a eu l'idée du siècle. Le jour même de sa sortie, il braque une banque avec son frère surnommé Le Castor. Pour une fois, tout se passe bien mais le soir, en allant récupérer sa dulcinée à son boulot, c'est la cata. Le Castor qui attend sur le parking de l'hypermarché, se fait contrôler par deux policiers venus récupérer une kleptomane. Il panique et dessoude les deux flics. Il va annoncer la bonne nouvelle à son frère à l'intérieur alors que les renforts rappliquent, toutes sirènes hurlantes. Les deux malfrats décident de s'enfermer dans le magasin, prenant en otage les quelques personnes qui s'y trouvaient encore.
Otages, ô désespoir !
On entre alors dans la seconde partie du roman, le huis clos qui verra les différents protagonistes révéler leur véritable personnalité. En plus des deux frères, on retrouve donc le directeur de l'hyper, Berthelon, vieux lubrique qui ne raisonne qu'en terme de promotion et de techniques de vente, Dany qui se dit que décidemment, Tattoo et son idiot de frère ne sont pas des cadeaux, un vigile assez rapidement dépassé par les événements, la jeune kleptomane, Oriane Montalembert, punkette gothique révoltée qui est en réalité l'héritière d'une grosse fortune, Leïla, une gloire finissante de la télé réalité ne tenant plus que par la coke qu'elle sniffe à haute dose et son imprésario, mutant sans cœur entre un proxénète et un esclavagiste. Un échantillon finalement très représentatif de l'Humanité d'autant que s'y rajoute Robby, 30 ans, vierge, fan absolu de Leïla. Il s'est glissé incognito dans le bâtiment pour rencontrer la femme de ses rêves.
Ce cocktail va rapidement faire des étincelles car il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Pris au piège, Tattoo veut être pris au sérieux par les forces de l'ordre. Il annonce qu'il exécutera un otage si on ne satisfait pas à ses désirs. Reste à savoir par qui commencer. C'est l'occasion d'un premier grand déballage. Pour Oriane, le vigile s'impose : « Exécuter un vigile, je suis désolé, mais c'est dans l'ordre des choses. » Berthelon approuve, soulignant « la réévaluation de 6 % de la prime de risque en début d'année. » Un vigile qui n'entend pas se laisser faire et propose Leïla : « Flinguer une popstar, une finaliste de Star & Strass, c'est clair qu'on vous prendrait pas pour des rigolos. » Là c'est l'imprésario qui met son grain de sel, désirant protéger sa marchandise, il suggère le nom de Berthelon : « Sérieux, pour l'impact, il faut toujours privilégier le local de l'étape. »
Finalement c'est le directeur qui l'emporte quand il révèle qu'Oriane est la fille d'un notable, la plus grosse fortune du département. Et c'est à son papa que Tattoo va finalement réclamer 40 millions de rançon et une voiture, une Gran Torino rouge pour faire plaisir au Castor, fan de séries télé et notamment de Starsky et Hutch. Bien évidemment rien ne va se dérouler comme prévu et cette nuit dans l'hyper va se transformer en massacre. Reste à savoir qui va buter qui, avec quelles armes, pourquoi et qui en réchappera au final. Le lecteur n'est pas déçu, les deux auteurs multipliant les trouvailles comme les publicitaires des slogans idiots mais accrocheurs.
« Discount » de Bretin et Bonzon, Editions du Masque, 16 €
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